26 janvier 2010

Vérité

"Le désastre familial, c'est dynastique" (Philip Roth, La bête qui meurt)

14 janvier 2010

Vol au voile

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Burqa ou pas ? Grand débat national oblige, les vieilles poussières mises sous le tapis remontent à la surface. Alors ? Faut-il légiférer pour ou contre la burqa et dans quels lieux et à quels moments ? Oulla, que c’est compliqué ! Je note qu’il y a vingt ans, c’était le débat sur le voile à l’école et que maintenant ce sont des pratiques autrement plus extrêmes et inquiétantes qui sont en jeu.

 

Le fond est bien connu, par-delà la saine volonté de respecter la dignité de la femme (enfin c’est déjà prendre partie, en tant qu’occidental non musulman), c’est bien de savoir jusqu’où nous pourrons avaler les couleuvres islamiques. Il suffit de rappeler, de marteler  -puisqu’on n’entend plus rien, à cause de nos médias à la résonnance sélective - que l’expression de sa religion dans la sphère publique ne fait pas partie, (ne fait plus) partie de notre patrimoine nationale commun (au moins depuis 1905). La religion et son expression ostentatoire ou non, font parties de la sphère privé et doivent donc s’exprimer chez soi, chez ses amis croyants, à la mosquée mais pas dans la rue, ni devant une école, ni à l’hôpital, ni au Liedl, etc. Et cette affichage est d’autant plus intolérable à nous, Français, que notre histoire, nos valeurs ne sauraient souffrir d’une telle aliénation de la personne humaine. Encore une fois, c’est ce que nous pensons, nous autres occidentaux jadis chrétiens, maintenant en voie de sécularisation à peu près complète. J’ai la faiblesse de croire que ce modèle de civilisation, fait de respect des femmes et de leur liberté vaut mieux qu’un enfermement et une soumission (fut-il accepté).

 

Toute règle absolue souffre d’exceptions. La plus justifiée concerne les croyants chrétiens qui font partie de notre histoire, qui sont notre pays autant qu’un athée. Le voile de la bonne-sœur ne me gène pas, ni la croix, ni la soutane du curé parce que c’est ce que nous étions, c’est le socle sur lequel nous nous sommes construits. Il faut avoir le courage de le dire : la France n’a jamais été et n’est pas un pays musulman. Nous n’avons pas à nous plier à des règles qui n’ont jamais été et qui ne sont pas les nôtres !

 

On nous rebat les oreilles que les musulmans (ou les étrangers quant on ne veut pas les stigmatiser, comme ils disent) n’arrivent pas à s’intégrer chez nous. C’est de notre fait puisque nous sommes d’infâmes racistes (l’affaire est entendue). Mais que font certains pour s’intégrer chez nous, parmi nous ? Ne serait-il pas souhaitable, au moins par respect du peuple accueillant de respecter ses coutumes et ses usages ? Notre pays garanti la liberté religieuse. Personne, en France, n’est privé du droit élémentaire de pratiquer sa religion (contrairement aux Coptes d’Egypte…).

 

Je note que les problèmes de non-intégration ne se posent pas que pour les musulmans. Par exemple, les hommes Sikhs portent le turban. Néanmoins, on le souffre d’autant mieux qu’ils sont bien moins nombreux que les musulmans en France et, qu’à cause de cela ou à cause de leur comportement général (calme et respectueux), ils attirent moins le regard sur eux. Il y a aussi qu’ils tolèrent les autres religions et qu’ils ne se placent pas d’emblée en terme de rapport de force et de domination. N’oublions pas que l’islam (quoiqu’on en dise) est une religion de conversion qui n’a pas pour vocation de vivre à côté d’autres religions. Nous aurons bientôt à nous en souvenir, je le crains.

13 janvier 2010

Débile...

C'est un peu fou, mais je me suis aperçu que lorsque j'enregistrais des notes à partir de Firefox, on ne les voyait pas sur Internet Explorer (8). Très confus, tout ça. Je n'ai pas le temps de me pencher sur les détails donc les deux dernières sont doublées. Mes excuses aux amis du renard à queue courbée...

Bright Star (2 pour IE)

Bright Star, le film de Jane Campion, est à la fois un bonheur et une déception. Dans la salle « Chaplin » du cinéma Le Club de G., le public était fourni – normal, c’est la première semaine et il faisait (très) froid dehors. Beaucoup de femmes dans la cinquantaine ou s’en approchant. Le film relate l'histoire d’amour entre le poète Anglais John Keats et sa voisine (et plus ou moins hébergeuse) Fanny Brawne, d’un rang social plus élevé. Après un départ tiède, ils tombent amoureux, Keats ne peut l’épouser (trop pauvre) et part en Italie alors qu’il est malade. Il meurt, il a 28 ans (ou 25, je ne sais plus). Fanny est inconsolable (rien d’étonnant). Le film de Campion est cinématographiquement, photographiquement très beau (images claires, cadrages parfaits, chaque détail dans le champ est réfléchi et précis). L’attention au décor est soutenu tant pour les intérieurs que les extérieurs qui sont parfaitement filmés. Contrairement à ce que j’avais lu ici ou là, la musique n’est ni lourde ni apposée comme pour appuyer la narration cinématographique. Pour tout cela, c’est un pur bonheur qui rappelle La leçon de piano. Les sentiments, le rapprochement des âmes et des corps (très chastement) est bien filmé mais un peu trop attendu (les lits contre la cloison, les lettres d’amour cachetées). Ce qui passe moins, c’est qu’à tout cela – et c’est déjà beaucoup – se mêle assez maladroitement, l’évocation de la création poétique. C’est difficilement montrable, puisqu’il faut narrer par l'image un processus éminemment personnel, intime. Et de cela, on ne sait pas grand-chose, on ne voit même rien, sinon par le truchement de la relation amoureuse. Du coup, le film hésite, traîne un peu en langueur, ne sait pas trop où il va. Personnellement, je pense que le crescendo amoureux est traité trop vite – c’est pourtant là où il y a le plus à raconter, et les variations peuvent être infinies - parce qu’il y a la suite à montrer (les temps heureux, la fin tragique). Les acteurs sont plutôt bons et crédibles, les second rôles très fins et soignés. En résumé, un bon moment qui n’atteint pas les sommets.

 

« Étincelante étoile, constant puissè-je à ton instar »

Étincelante étoile, constant puissè-je à ton instar
Non pas naviguer seul dans la splendeur du haut de la nuit
A surveiller de mes paupières pour l’éternité désunies,
Comme de la nature l’ermite insomnieux et patient,
Les eaux mouvantes dans le rituel de leur tâche
D’ablution  purifiante des rivages humains de la terre,
Ni contempler le satin du masque frais tombé
De la neige sur les montagnes et sur les landes —
Non, mais toujours constant, toujours inaltérable,
Avoir pour oreiller le sein mûr de mon bel amour,
Afin de sentir à jamais la douceur berçante de sa houle,
Éveillé à jamais d’un trouble délicieux,
Toujours, toujours ouïr de sa respiration le rythme tendre,
Et vivre ainsi toujours — ou bien m’évanouir dans la mort.

 

« Bright star ! would I were steadfast as thou art »

Bright star ! would I were steadfast as thou art —
Not in lone splendour hung aloft the night
And watching, with eternal lids apart,
Like nature’s patient, sleepless Eremite,
The moving waters at their priestlike task
Of pure ablution round earth’s human shores,
Or gazing ont the new soft-fallen mask
Of snow upon the moutains and the moors —
No — yet still steadfast, still unchangeable,
Pillowed upon my fair love’s ripening breast,
To feel for ever its soft swell and fall,
Awake for ever in a sweet unrest,
Still, still to heart her tender-taken breath,
And so live ever — or else swoon to death.

(Note du traducteur : Longtemps tenu pour le dernier poème de Keats, écrit le 29 septembre 1820 où il le copia en marge de l’exemplaire de Shakespeare de son compagnon de voyage en Italie, Joseph Severn. La découverte de la transcription d’une version antérieure datée de 1819 rend cette date impossible. Mais qu’importe !) John Keats, Seul dans la splendeur, La Différence, 1990, traduit de l’anglais par Robert Davreu).

12 janvier 2010

Rohmer est mort

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Rohmer est mort. Son cinéma avait le génie de nous rendre aimable le moindre badinage, de nous sortir des contingences habituelles et triviales pour nous faire rêver à un au-delà proche qui paraissait si inatteignable : celui où les relations amoureuses entre les hommes et les femmes sont placées sous le signe du verbe et de la parole. Personne n’a pris sa suite. Le futur n’en sera que plus triste.

Bright star (2)

Bright Star, le film de Jane Campion, est à la fois un bonheur et une déception. Dans la salle « Chaplin » du cinéma Le Club de G., le public était fourni – normal, c’est la première semaine et il faisait (très) froid dehors. Beaucoup de femmes dans la cinquantaine ou s’en approchant. Le film relate l'histoire d’amour entre le poète Anglais John Keats et sa voisine (et plus ou moins hébergeuse) Fanny Brawne, d’un rang social plus élevé. Après un départ tiède, ils tombent amoureux, Keats ne peut l’épouser (trop pauvre) et part en Italie alors qu’il est malade. Il meurt, il a 28 ans (ou 25, je ne sais plus). Fanny est inconsolable (rien d’étonnant). Le film de Campion est cinématographiquement, photographiquement très beau (images claires, cadrages parfaits, chaque détail dans le champ est réfléchi et précis). L’attention au décor est soutenu tant pour les intérieurs que les extérieurs qui sont parfaitement filmés. Contrairement à ce que j’avais lu ici ou là, la musique n’est ni lourde ni apposée comme pour appuyer la narration cinématographique. Pour tout cela, c’est un pur bonheur qui rappelle La leçon de piano. Les sentiments, le rapprochement des âmes et des corps (très chastement) est bien filmé mais un peu trop attendu (les lits contre la cloison, les lettres d’amour cachetées). Ce qui passe moins, c’est qu’à tout cela – et c’est déjà beaucoup – se mêle assez maladroitement, l’évocation de la création poétique. C’est difficilement montrable, puisqu’il faut narrer par l'image un processus éminemment personnel, intime. Et de cela, on ne sait pas grand-chose, on ne voit même rien, sinon par le truchement de la relation amoureuse. Du coup, le film hésite, traîne un peu en langueur, ne sait pas trop où il va. Personnellement, je pense que le crescendo amoureux est traité trop vite – c’est pourtant là où il y a le plus à raconter, et les variations peuvent être infinies - parce qu’il y a la suite à montrer (les temps heureux, la fin tragique). Les acteurs sont plutôt bons et crédibles, les second rôles très fins et soignés. En résumé, un bon moment qui n’atteint pas les sommets.

05 janvier 2010

Bright star

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But when the melancholy fit shall fall
Sudden from heaven like a weeping cloud,
That fosters the droop-headed flowers all,
And hides the green hill in an April shroud;

[Mais quand s’abattra la Mélancolie,

Soudaine messagère des Cieux, nuage de larmes,

Qui abreuve les fleurs aux têtes tombantes,

Et cache la verte colline sous un linceul d’Avril]

(John Keats, traduction Alain Suied, Éditions Arfuyen)

08 décembre 2009

Un débat, ah bon ?

Le débat public sur les Nanotechnologies, qui devait avoir lieu à Grenoble le 1er décembre, a fort logiquement accouché d’une souris. Les petits agitateurs en polaire de chanvre et kéfiés de Proudhon Marx Organisation ont, fidèles à leur tactique fasciste et totalitaire, suffisamment perturbé le déroulement de la séance pour rendre le débat impossible. Ce n’est pas une surprise puisque des perturbateurs frères – à moins que ce ne soient les mêmes – avaient déjà, quelques jours avant, sonné l’hallali à Lille. Ces crétins rusés ont beau jeu de dire que le débat n’est pas démocratique puisque « les décisions sont déjà prises ». Au moins, le petit peuple, celui qui vote encore peut voir qui empêche la démocratie d’exister. C’est un peu comme ces Français, nés en France de parents immigrés, qui brûlent des voitures, obligent des petits blancs à klaxonner à chaque victoire de l’équipe…d’Algérie. Les choses sont claires, il suffit d’ouvrir les yeux et de voir qui fait quoi, qui emmerde qui (et surtout d’éteindre le poste de radio car alors on nous assure que ce que l’on voit n’est pas ce qui est...).

Mais, pour en revenir aux Nanotechnologies, on peut avancer deux ou trois éléments :

1) L’intitulé du débat est mauvais. Associer une échelle dimensionnelle (l’échelle nanométrique, du milliardième de mètre) à la technologie, c’est, dès le départ, partir sur une mauvaise piste. Pourquoi ne pas parler de Nanosciences, Nanomatériaux, Nano-médecine, voire même de Nano-Ethique (ou d’éthique à l’échelle des objets du nanomètre). C’est bien connu, la technologie fait peur. Elle est l’avenir au quotidien. Elle promet de changer le présent, en bien ou en mal. L’intitulé, un peu vague, « Débat sur les Nanos » auraient évité de fermer d’emblée la porte sémantique. D’autant plus que ces autres aspects sont plus ou moins traités (devaient être traités…) dans les réunions itinérantes organisées sur le territoire.

2) Sur le fond, rien n’oblige une démocratie, qu’on devrait recoller une fois pour toute à ce quelle est au premier chef: la démocratie politique et pas la démocratie participative (de récente invention poitevine), à organiser sans cesse des débats et consultations du peuple. En société médiatique maxima (la nôtre), toute annonce créée sa contre annonce, son contre forum, son contre-feux. Le pouvoir (politique), celui qui exerce sa fonction au nom du Peuple, n’a pas à rechercher sans cesse l’aval du Peuple pour gouverner. Gouverner c’est diriger au nom de la majorité dans l’intérêt général. Le peuple est souverain dans les urnes. Il devrait élire ses représentants pour un projet, une philosophie du monde, une façon d’être à la vie et aux autres. Hors des élections, c’est de moins en moins le politique qui gouverne mais de plus en plus le médiatique (les journalistes), le groupe de pressions (la communauté) et d’autant plus qu’il a des relais dans les médias. Le politique est tétanisé par le médiatique puisque sans lui, il n’est rien (qui oserait couper la parole sèchement à un Monsieur Demorand, comme il ne se prive pas de le faire face aux élus du peuple, souvent avec leur peur consentante ?)

3) Cet intérêt général est bien connu (sauf des décroissants en IPod): les « Nanos ceci-cela » participeront sans doute au développement (économique, sociétal (peut-être),…) de la population même si des points restent à surveiller quant aux libertés individuelles (encore que cela ne concerne pas que les « Nanos blablas » mais l’idée du progrès en général), quant aux risques sanitaires, par exemple. Et tout cela, est bien connu, assez bien identifié, fait déjà de programmes de recherches financés au niveau français ou européen et sur d’autres continents. Y compris pour les aspects plus philosophiques et éthiques. Par exemple, faut-il reprendre nos vieux paradigmes maintenant que la taille des objets diminue ? Peut-on appliquer tranquillement nos vieilles croyances et théories morales et philosophiques? C’est ce débat-là qui est intéressant, pas de savoir s’il faut utiliser des oxydes de titane pour bronzer plus ou moins dangereusement !

4) Ce débat montre l’urgence de former l’ensemble de la population aux sciences et à la démarche scientifique. Par exemple, qu’est-ce qu’une vérité scientifique ? L’hystérie anti-vaccinale nous avait déjà montré l’ampleur du problème sur ce point.

5) Sur un fond encore plus profond (!), ce mouvement d’agitation fragilisera encore plus le monde de la Recherche puisqu’on pourrait dire « Ils (les anarchistes en dreadlocks) ont raison de protester : on NOUS CACHE QUELQUE CHOSE ». Et voilà la ritournelle du complot, du « tous pourris », matinée de sauce antimilitariste. Que faire contre ça ? Débattre, sans doute…

28 novembre 2009

Loin

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L’éloignement

09 novembre 2009

Chute de la mémoire

Sans aucune surprise, l’anniversaire de la chute du mur (entre la RFA et la RDA) n’est pas à la hauteur de ce qui s’est passé à ce moment là. Ce n’est pas que la découverte de la société de consommation – surtout vue et décrite par ses aspects les plus néfastes – par les Allemands de l’est, c’est surtout la victoire du monde libre (souvenez-vous, la démocratie) face à la tyrannie liberticide du communisme. Et de cela, on n’entend bien peu parler. Ce qui amuse les médias, c’est le folklore (Rostropovitch jouant Bach, le symbole) et les débats mimétiques et entendus mille fois (Mitterrand a t-il loupé le coche ?). Dans le pire des cas, on va jusqu’à comparer le mur que les Israéliens ont construit face au islamistes, (pour simplement garantir leur survie, faut-il le rappeler) au mur de la honte de l’Europe de l’est.

Ce qu’il faudrait dire, rappeler, marteler sans cesse, c’est combien le communisme a été une barbarie, l’horreur absolue pour des millions d’humains. Pour celles et ceux que l’amnésie n’a pas encore atteint, il est temps de lire (ou de relire), le fameux Livre noir du communisme dirigé par S. Courtois et dont une édition de poche (Pocket/Agora) vient de sortir. L’évocation implacable des faits (au sens historique) donne froid dans le dos : massacres, famines organisées, goulags russes ou laogaï chinois, tortures, privations de libertés, etc. La liste est longue des malheurs endurés par les hommes au-delà du rideau de fer (au sens large). L’incipit est à méditer : « La vie a perdu contre la mort, mais la mémoire gagne dans son combat contre le néant » (Tzedan Todorov, Les Abus de la mémoire).


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05 novembre 2009

Marche forcée


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"A l'automne 1974, le cinéaste allemand Werner Herzog apprend que son amie Lotte Eisner, critique et historienne du cinéma, est très malade. Depuis Munich, il décide de se rendre auprès d'elle à Paris, avec la certitude qu'elle survivra s'il voyage à pied. Tenu du 23 novembre au 14 décembre, ce journal de marche est le témoignage d'un homme qui nous fait partager tour à tour ses moments d'exaltation, d'épuisement, de plénitude."

Excellent petit livre qui se lit d'un trait (ou le temps d'un voyage en bus). Une pépite du présent de narration, aux phrases percutantes. Une aventure insensée au nom de l’amitié. A découvrir.

03 novembre 2009

Penseur de notre temps

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"Il m’a fallu rencontrer l’Islam pour mesurer le péril qui menace aujourd’hui la pensée française. Je pardonne mal au premier de me présenter notre image, de m’obliger à constater combien la France est en train de devenir musulmane. Chez les Musulmans comme chez nous, j’observe la même attitude livresque, le même esprit utopique, et cette conviction obstinée qu’il suffit de trancher les problèmes sur le papier pour en être débarrassé aussitôt. A l’abri d’un rationalisme juridique et formaliste, nous nous construisons pareillement une image du monde et de la société où toutes les difficultés sont justiciables d’une logique artificieuse, et nous ne nous rendons pas compte que l’univers ne se compose plus des objets dont nous parlons".

Claude Lévi-Strauss, Tristes tropiques, 1955.

02 novembre 2009

Une justice pour tous

Drôle de psychodrame que l’émotion suscitée par le renvoi de l’ancien président de la République devant tribunal. Je ne comprends absolument pas les mines attristés et les bons sentiments de droite et de gauche qui trouvent que trop c’est trop. Chirac, président, était intouchable car il était la France. Le viser, lui, c’était entacher le Pays tout entier d’une marque d’infamie. On ne pouvait le traîner devant les tribunaux d’exception (et laquelle !) que pour trahison. Redevenu citoyen Français, sans mandat électif, il est amené à répondre des faits qui ne sont pas prescrits. Ce qu’on lui reproche n’est pas rien et mérite d’être jugé. L’homme Chirac est adoré des Français, donc des médias, donc de la classe politique. Je trouve cette mansuétude bien étrange et s’il était condamné pour les faits qui lui sont reprochés, le petit peuple aura beau jeu de dire « tous pourris », « collusion des puissants », etc. Les arguments les plus fallacieux qui sont avancés sont de deux types : 1) « c’est une vieille histoire » (certes, mais non prescrite et ce n’est pas au journaliste/au politicien du coin de dire le droit (c’est d’ailleurs pour cela que le droit existe)), 2) « tout le monde faisait la même chose au même moment » (sans doute, mais ce n’est pas une raison pour ne pas juger celui qu’on soupçonne d’avoir commis ce délit). Sur ce, se déroule toute une insidieuse campagne médiatique sur la Fondation du président, le bien qu’elle répand par-delà les océans sur les pays pauvres, etc. C’est sans doute juste et très vrai. Mais a-t-on le droit de mettre cela en avant, ou même en regard, lorsqu’il s’agit de la justice de son pays ?

30 octobre 2009

Tête à l'envers

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[Chamalières-sur-Loire]

26 octobre 2009

Autumn leaves

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Epidémie de c.....

La récente épidémie de grippe A, et la campagne de vaccination qui va bientôt débuter, sont l’occasion d’une incroyable crise d’hystérie anti-vaccinale. Folie d’ailleurs relayer par le corps médical (ou ce que la corporation journalistique nous présente comme telle). La qualité du débat est tombé si bas que le petit rédacteur en chef d’une petite antenne locale d’un média national se doit de trouver la voie discordante, ou supposée telle : celle ou celui qui ne se fera pas vacciner, parce qu’il sait – c’est la copine du fils de la concierge qui lui a dit – que le vaccin est très dangereux : il aura une grosse rougeur, un peu de douleur et quelques dixième de degré de fièvre. Mais l’adjuvant, c’est terrible. On ne sait pas trop ce que c’est mais toute le monde le dit, c’est très dangereux.

Comme pour le passage de l’an mil, on voit donc la rumeur, la peur grotesque des crétins enfler jusqu’à tuer tout raisonnement, tout esprit critique. Sans doute, certains supporteront très mal ce remède, plusieurs, peut-être en mourront. C’est très triste, regrettable mais c’est ainsi, c’est la loi des statistiques et des grands nombres. Faut-il laisser le virus se propager à tout berzingue pour notre petit confort ? Certainement pas. On a le droit, bien entendu, d’être contre la vaccination, pour des raisons personnelles. Mais on n’a pas le droit de mettre la vie des autres en danger (le premier axiome de la liberté, non ?). Je remarque, d’ailleurs, que celles et ceux qui hurlent aujourd’hui sont les premiers à donner les bonnes leçons de morale sur les comportements à tenir en telle ou telle occasion, champions de la prophylaxie, des dépistages préventifs et des fameux (et justes) combats contre les conduites à risque. Mais la leur, au non jamais !

Sur le fond, combien avons-nous vus de reportages sur le mode d’action d’un virus ? Sa méthode de fabrication ? Du nombre de maladie qu’on a pu éradiquer ou, au moins, dont on a pu freiner la propagation et combattre les terribles conséquences grâce à la vaccination. Très peu. Le niveau d’éducation scientifique (ne parlons même pas des connaissances) est tombé si bas (malgré le fameux slogan au positivisme implacable du niveau qui monte) que c’est maintenant presque impossible de faire passer un message de façon sereine et raisonnable (au moins, raisonnée). Un jour, Le zapping permanent et le culte de l’égoïsme nous emmènerons tous dans la tombe.

23 octobre 2009

Mélancolie

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Ici

23 septembre 2009

Pixels par millions

Je n’ai pas beaucoup avancé dans la retranscription des étapes marquantes du récent voyage en Forez et en Auvergne car j’ai, pour l’instant, beaucoup trop à faire avec les photographies. On peut les consulter au fur et à mesure de leur enregistrement dans Flickr grâce à ce petit outil (ça évite de « tourner les pages » dans Flickr).

Bach + Bach

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Deux disques « Bach » (ou de transcriptions de pièces de Bach), deux femmes au piano. Les ressemblances s’arrêtent-là. Le disque de Grimaud est plus vif, tempétueux  - le concerto BMW1052 y est pour beaucoup – mais, même la chaconne de Busoni d’après la deuxième partita pour violon, défile au galop (mais sans fausses allures). Chez Queffelec, on est dans la méditation lointaine et mélancolique – trop, à mon goût – ; ça devient une marque de fabrique, un ton qu’on retrouve d’un bout à l’autre du disque. Chaque note est ultra-précise et pourtant on entend énormément l’interprétation, le sens ou la lecture personnelle de la pianiste. Ce n’est pas condamnable mais c’est un peu monotone (chaque note lente, détachée du reste). Ceci dit, cette lecture fonctionne à merveille dans l’aria des Variations Golderg nimbée d’une jolie poésie et d’une grande rigueur métronomique. La prise de son chez Grimaud est très proche. Chez Queffelec - le début du disque surtout - tout est lointain, distancié de l’auditeur. Les deux sont à écouter, bien entendu !

20 septembre 2009

Le bocal

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Fish Tank film d’Andrea Arnold avec Katie Jarvis, Michael Fassbender, etc.

Très beau film, sur la naissance au monde adulte d’une adolescente prolétarienne Anglaise. Difficulté de vivre, difficulté d’aimer (et d’être aimée), difficulté de vivre de sa passion, brûlure du désir à l’adolescence. Tous ces thèmes sont excellemment bien traités, avec une tension dramatique soutenue jusqu’au bout du film (sans happy-end, ça nous change des téléfilms mielleux). Le portrait de l’amant de la mère qui devient également, un soir de saoulerie, l’amant de la fille est très bien amené (Cf. sa veulerie post-coïtum). L’atmosphère est sinistre, la mère ne parle à sa fille que par insultes et reproches. Les adolescents (et les parents) picolent d’importance ou volent des pièces de voitures dans les casses. Et malgré tout ça, une grande humanité se dégage de l’ensemble, sans misérabilisme. Jamais –en France, du moins - on n’a aussi bien filmé les H.L.M. (la vie des pauvres, la promiscuité, l’oisiveté). Et malgré le contexte et le Pays, on est à mille lieux des maximes marxistes d’un Ken Loach. Une vraie révélation avec une actrice profondément juste, poignante quelque fois. Chaudement recommandé.