09 avril 2009

Pour l'âme

Si vous n’avez plus rien à lire – ce dont je doute –, que l’ennuie vous guette – j’en doute encore plus -, si vous pensez que, décidemment, cette année le printemps est long à venir, alors fouillez dans vos poches et tâchez d’y trouver quelques euros pour lire ceci :

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J’espère que ce livre vous donnera d’aussi vives satisfactions que j’en reçois de lui depuis quelques jours. Il y a peut-être un moment où l’on trouve ce que l’on cherche depuis des années, un moment qui fait de la littérature, au-delà du plaisir de lire, une quête accomplie de soi.

Tout tombe

La guerre civile. Tout le monde l’attend, beaucoup la souhaite. J’ai un peu de mal à voir si elle adviendra mais rien n’est impossible. Par un curieux retournement de sens, c’est maintenant de la faute des policiers si un hôtel a brûlé à Strasbourg, lors de la toute pacifique manifestation des casseurs, tous officiellement réunis contre le sommet de l’OTAN, en réalité venus montrer leur haine de la société toute entière. Même le maire – un socialiste, on l’excuse - trouve que l’Etat - donc le gentil contribuable, cette vache à lait – devrait payer pour les destructions opérées par quelques centaines de voyous. Lorsque les CRS font régner un ensemble d’ordre, on parle de violences policières. Lorsqu’ils ne font rien – peut-être sur ordre, pour mieux montrer à la majorité silencieuse des Français qui sont ces petits européens encagoulés et armés de barre de fer – on les accuse de ne pas faire leur travail. Il faudrait, d’ailleurs, revoir un peu la stratégie de lutte contre ces bandes très organisées car elle ne semble pas donner beaucoup de résultats (malgré l’échange de fichiers entre les polices, les petits pacifistes belliqueux voyagent dans la vieille Europe comme si de rien n’était). Mais au plus haut niveau, on a peur de la bavure : qu’un petit fils de bourgeois réfugié dans le Limousin, ami des philosophes de la contestation, se prenne un mauvais coup sur le crâne et ce serait la grande révolution en France (une révolution médiatique, au moins).

Déjà qu’il y en a un dans les geôles de la République dont on peine, visiblement, à prouver la culpabilité malgré ses virées nocturnes près des lignes de TGV. Bon à ce qu’il dit, il faisait l’amour dans les bois avec sa copine (« un moment intime »). C’était une envie un peu pressante, ça arrive à tout le monde. Mais c’est mal tombé, ce n’était pas trop loin d’une ligne TGV et il était bien surveillé. Mais ce n’est pas lui, peut-être, bien que les actes de vandalismes aient mystérieusement cessé depuis son arrestation… Mais ça ne prouve pas sa culpabilité, j’en conviens. Que tout tombe, y compris les investigations policières et des procédures judiciaires, c’est un peu trop une évidence actuellement pour que cela ait besoin d’être à nouveau relevé. A tous niveaux, de la plus haute fonction au plus petit exécutant, nous avons ce que nous méritons, c'est-à-dire souvent la bassesse, l’incurie et la faiblesse. Jadis, un Français dans la force de l’âge, n’aurait pas eu besoin d’un blog pour décrire une situation calamiteuse ; il aurait tout fait pour rassembler quelques amis et convenir avec eux de changer la situation. Mais là aussi, tout tombe, et le dégoût et le laisser-faire seront peut-être un jour un amer souvenir lors de notre chute finale.

Il est très marquant de voir combien ces révolutionnaires du début de siècle n’assument pas leur actes, en tout cas pas sans mensonges ni forces cagoules ou foulards. Peut-être que cela est mu par une gentille paranoïa (contre « l’Etat policier ») mais que risquent t-ils vraiment, sauf à avoir peurs de leur propre violence ? Il y aura toujours un petit journaliste pour les défendre. Et qu’un seul d’entre de cette nécessaire corporation se saisisse du dossier, c’est la moitié du chemin vers la liberté de faite (en société médiatique maxima).

Tout change, en effet. Même la réalité, celle que l’on voit n’est pas la réalité. Il faut tout réécrire, on nous ment ! Un pacifiste, un vrai sans doute, selon les critères habituels (cheveux un peu longs, barbiche abandonnée, paupière lourde du cannabis consommé plus que de raison) ne trouvait pas si mauvais ces casseurs assoiffés d’en découdre. C’est bien là le problème, que les modérés aient les yeux assez embrumés pour ne pas voir au-delà. On remarquera, d’ailleurs, qu’un mouvement d’idées incapable de calmer et d’organiser ses éléments extrêmes est voué à l’échec. Tant mieux, pour une fois.

Derrière quelques beaux rêveurs – on souhaite tous être pacifistes, quelle belle idée ! – se cachent de drôles de zozos qui ont fini par croire ce qu’ils racontaient. Que l’OTAN soit là ? mais c’est bénédiction pour nous autres petits Pays, qui n’avons gardé que l’arrogance de notre ancienne puissance, incapables de créer une vraie défense européenne et de penser en groupe une vraie entité européenne (sinon pour l’économie). Que ferions-nous sans les Américains, sans leur technologie et sans leur force ? Serions-nous en train d’acheter actuellement la paie des braves avec Saddam Hussein contre deux ou trois gazages de kurdes irakiens ?

31 mars 2009

Day is gone

Concert du trio de Brad Mehldau, samedi 28 mars à la MC2. Mine un peu terne, sourire rare, pantalon trop petit et trop court, le pianiste a néanmoins donné un très beau concert pour la clôture du festival de jazz de Grenoble, édition 2009. Il y avait foule dans le Grand Théâtre mais l’Auditorium aurait été mieux adapté. Un concert (Dusapin) était programmé de longue date dans ce dernier. J’avais même pris une place. Mais le grand art contemporain ou la fine fleur du trio jazz, il fallait choisir. Du monde, donc, et de la jeunesse surtout (avec une belle queue de distribution vers les téléramistes). Belle machine que ce groupe qui joue comme il respire avec un grand souffle : du lyrisme sans petitesse. Toujours de grandes idées, portées bien haut. Jeff Ballard à la batterie est très bien, (moins boom-boom que Rossi ?) avec un style et un son très caractéristique. Grenadier, parfait comme d’habitude. Des compositions connues, d’autres un peu moins et cinq bis pour atteindre les deux heures de concert. Joie de jouer, plaisir de l’écoute. Grâce à M. et ses tics de groupie fiévreuse, nous étions excellemment bien placée, en position stratégique : un œil sur la main gauche (et laquelle !) de Brad, l’autre sur les doigts coulissants et agiles de Larry, le troisième sur les balais soyeux de Jeff. L’ère Radiohead semble révolue. La foule, soupirante et anxieuse attendait Exit music for a film. Elle n’aura droit qu’à une très belle version de Still crazy after all this years.

05 mars 2009

Guadeloupéens doubout !

44 jours de grèves, 250 millions d’euros pour le budget de l’État…. Victoire sur toute la ligne pour le LKP. Je ne sais pas si cet accord paraphé hier sera un immense bienfait pour les Guadeloupéens, surtout si les entreprises sont obligés de licencier à tout va suite à cette grève sauvage, violente et générale. Mais ce n’est pas grave, les Martiniquais attendent aussi leur chèque, les Réunionnais n’en sont encore qu’aux prémices violents (encore un petit effort pour atteindre le racisme anti-blanc des frères de misère Antillais). Qu’ils ne s’inquiètent pas : le pouvoir métropolitain s’abaissera comme il s’est abaissé ailleurs (pas de vague, achetons la paie sociale). C’est d’autant plus facile de donner de l’argent quand on n’en a pas le premier centime en poche (le déficit public vient d’atteindre 75% du PIB). Encore un petit effort et nous pourrons tous travailler gratis pendant un an pour payer nos dettes. Alors certes, les Guadeloupéens nécessiteux viennent de toucher un joli petit chèque, de quoi renouveler la télé ou le téléphone portable. Et puis, s’il en reste un peu, de quoi se payer un ti’ punch. Et des fruits et des légumes importés, aussi. Bien entendu, le pouvoir d’achat n’est que la vitrine, l’attrape-nigaud. Ce qui compte, c’est que les Antilles prennent doucement le chemin de l’indépendance – qu’on appelle encore pudiquement l’autonomie -, qu’elles ne soient françaises que lorsqu’il s’agit de recevoir les aides de la générosité public et restent elles-mêmes –et surtout pas une partie du tout, de la France – le reste du temps. Chiche ? Haïti les fait rêver ? Accédons à leur désir, donnons leur cette possibilité d’avenir !

17 février 2009

Vas y Elie, c'est bon / bon / bon

 

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Ressemblance troublante...

16 février 2009

Outre-mer

Le réveil des Guadeloupéens à quelque chose d’un peu suspect, de si peu spontané. La crise a bon dos. La vie dans les Antilles est chère, c’est entendu. Elle l’est d’autant plus que les produits qui y sont consommés sont en grande majorité importés. Lors de notre séjour dans cette Île superbe, nous avions été surpris du peu d’espaces cultivés, notamment du peu de terrains maraichers. Pourtant, le volcan et le climat semblent propices à de fructueuses récoltes. Beaucoup de terrains semblaient à l’abandon et d’autant plus que l’exubérance de la végétation a tôt fait de réduire les défrichements peu soutenus dans le temps. Néanmoins, les marchés (de produits locaux) ne semblaient pas être mal approvisionnés…

Le plus choquant dans cette révolte et la sensation d’être face à une lutte des noirs contre les blancs (ou, du moins, contre les békés, ces grands propriétaires ou entrepreneurs qui semblent avoir sous leur coude la force productrice de l’Île). Les banderoles secouées en l’air par les manifestants sont écrites en créole, leur leader s’exprime dans la même langue devant les médias (mais il parle aussi très bien le français). Alors, manifestations contre la crise ou contre la métropole ? Je n’ai pas l’impression que Pays oublie nos compatriotes d’outre-mer. Regardons les statistiques du R.M.I (et bientôt du R.S.A.), le nombre de postes occupés dans la fonction publique par les Antillais (y compris en métropole). Je me méfie des idées toutes faites qui voudraient nous faire croire que le blanc est le patron et le noir le larbin (pour ne pas dire l’esclave, comme on l’entend ici ou là). Quoiqu’il en soit, la grenade est dégoupillée, la contagion gagne l’arc antillais (au grand plaisir de Madame Taubira, venue souffler un peu sur les braises). D’ailleurs, il me semble que la Guyane avait déjà connue il y a quelques mois de cela pareils manifestations de rejet et de revendications. Le volcan est donc en train de bouillir, espérons pour les Guadeloupéens qu’il n’explose pas. Hélas, la grève semble tenue par des syndicats « chauds-bouillants » qui ne semblent pas renoncés à divers actes d’intimidations dont le premier est d’empêcher ceux qui le souhaite d’aller travailler (vieille méthode bien connue, en métropole itou). Encore une fois, le climat économique me semble être la partie émergée de l’iceberg et les revendications sentent trop le goût de la division et l’esprit de révolte, à connotation identitaire, pour être prises comme un pur problème de salaires et de vie chère. Il ne serait pas acceptable que les Antilles se dirigent vers un scénario à la Corse.

 

03 février 2009

Télé 2009

Dimanche, il y avait quelque chose de réjouissant qu’une chaîne comme Arte puisse consacrer une après-midi entière à la retransmission – même en différée – de quelques uns des concerts de la Folle journée de Nantes, consacrée cette année à Bach (enfin aux allemands autour de Bach). Les enregistrements n’étaient pas mauvais du tout, la réalisation plutôt sobre. Il fallait bien supporter les coupures (L. est folle de Gustav Hofer en étudiant mal rasé) et les jingles mais ne gâchons pas notre plaisir et réjouissons nous ! France musique consacrait également la journée à l’évènement, avec tout autant de bonheur pour l’auditeur. Réjouissons-nous !

L’audiovisuelle public a été dans la tourmente, en ce début d’année, surtout du fait des râleurs qui n’ont vu que des mauvais côté à la suppression de la publicité du début de soirée. Personnellement, je trouve que c’est une très bonne chose – qu’il faudrait étendre à toutes les heures d’écoute. Certes, la redevance va augmenter, et sans doute encore plus dans les années qui viennent. Le problème est que l’Etat (et donc les contribuables) n’ont pas les moyens de soutenir un nombre aussi considérable de chaînes. France 3, notamment, est trop proche de France 2 (qui est trop proche de TF1, mais c’est une autre histoire). Gardons la proximité et faisons en une vraie chaîne de proximité, arrêtons les redites et les terrains contigus avec France 5 qui, elle, lorgne souvent du côté d’Arte. On en rêve tous : une seule et belle chaîne culturelle, élitiste, curieuse, ouverte sur le savoir et la connaissance qui diffuse des films en V.O. (sous titrés, ne soyons pas maso). Hélas, le pouvoir – Sarkozy dirait l’actionnaire – dilue ses maigres moyens dans des canaux médiocres en flattant surtout les uns par rapport aux autres (France ô en est un excellent exemple). Le comble de la nullité, sur le service public, avait été atteint en début ou en fin d’année dernière ou deux grandes heures avaient été consacrées à Michel Drucker ; un Drucker hagiographique, un « Drucker par lui-même », complaisant à souhait, très nauséabond. Il est l’illustration même de l’intouchable, de celui qu’on n’est pas près de ne plus voir. Ma grand-mère adorait Drucker.

D’ailleurs, c’est une tendance lourde : ce complaire dans l’autocitation, voire le nombre d’émissions de décryptage des médias…par les médias. Il me semble que l’honnêteté professionnelle du corps médiatique devrait laisser cette lourde tache à d’autres qu’à eux. Ce décryptage est d’ailleurs très sélectif, il ne s’agit que d’évoquer quelques grosses stars du microcosme et surtout « leur actualité », les bruits de couloirs et de rapporter trois ragots qui sont souvent de l’intoxication (mais toute le monde y croit ou feint d’y croire). Ce faisant, cela donne beaucoup d’importance à des gens et des faits qui ne méritent pas tant. On regarde trop la télé !

19 janvier 2009

Roads

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Que rien ne serait plus désirable pour l'histoire

« Dangeau était un esprit au-dessous du médiocre, très futile, très incapable en tout genre, prenant volontiers l'ombre pour le corps, qui ne se repaissait que de vent, et qui s'en contentait parfaitement. Toute sa capacité n'allait qu'à se bien conduire, ne blesser personne, multiplier les bouffées de vent qui le flattaient, acquérir, conserver et jouir d'une sorte de considération, sans vouloir s'apercevoir qu'à commencer par le roi, ses vanités et ses fatuités divertissaient souvent les compagnies, ni des panneaux où on le faisait tomber souvent là-dessus. Avec tout cela, ses Mémoires sont remplis de faits que taisent les gazettes, gagneront beaucoup en vieillissant, serviront beaucoup à qui voudra écrire plus solidement, pour l'exactitude de la chronologie, et pour éviter confusion. Enfin ils représentent, avec la plus désirable précision, le tableau extérieur de la cour, des journées, de tout ce qui la compose, les occupations, les amusements, le partage de la vie du roi, le gros de celle de tout le monde, en sorte que rien ne serait plus désirable pour l'histoire que d'avoir de semblables Mémoires de tous les règnes, s'il était possible, depuis Charles V, qui jetteraient une lumière merveilleuse parmi cette futilité sur tout ce qui a été écrit de ces règnes. » Saint-Simon, Mémoires, année 1720.

Résurrection

On a un peu de mal à comprendre pourquoi les Israéliens se sont arrêtés en si bon chemin à Gaza alors qu’ils tenaient les Hamassistes au bout de leur canon. Une fois plus, il n’y aura pas de vainqueurs et beaucoup de perdants. En ne prenant pas position pour interdire le futur trafic d’armes par les tunnels entre la Bande de Gaza et l’Egypte, les Israéliens se retrouveront dans quelques semaines au même point qu’il y a un mois. Et les petites roquettes Kassav (de plus en plus perfectionnées, grâce au grand frère Iranien) continueront de pleuvoir.

Reste que cette guerre éclaire, fondamentalement asymétrique (comme il faut dire maintenant lorsqu’un des belligérants est inférieur sur le plan des armes) restera comme magistrale, brutale et odieuse. Mais la faute à qui ? La faute au camp de la démocratie (où les dirigeants du pays sont élus et démis par les urnes) ou la faute au camp des barbus intégristes, antisémites et volontiers portés au coup d’Etat. D’ailleurs le plus grand échec d’Israël aura été de ne pas réussir à ouvrir un coin entre les fous de Dieu, et les modérés-réalistes au point que l’Autorité palestienne appelle aujourd’hui à un grand gouvernement d’intérêt national avec … le Hamas (après avoir été mis dehors manu militari par ces mêmes barbus) ! La martyrologie arabe, bien aidée en cela par nos utiles perfusions de nourritures et de médicaments, renait toujours de ses cendres, à la moindre alerte, pour masquer ses propres faiblesses et manquements. Un aparté, pour dire combien l’Union Européenne a tenu les Palestiniens à bout de bras dans un passé très récent, ce qui rend encore plus odieux les « Europe complice » qu’on lit ici ou là lors des manifestations de soutien en France. Où sont les pays arabes modérés et les rois du pétrole ? Où sont-ils marqués sur les banderoles de nos islamistes nationaux (alors qu’ils ont bien moins fait que nous) ? Ne feront-ils jamais un jour le travail qui leur incombe en premier : se défaire à tout jamais des fous et des cinglés de leur religion ? On voit bien que le problème local résonne avec de sourdes rivalités entre pays voire entre groupes d’une même religion et que ces rois fainéants assis sur leur trône de barils ont plus d’un intérêt au statu quo et à l’attentisme prudent.

Sur le plan médiatique, cette guerre aura été l’énième triomphe du bombardé face au démocrate et au camp de la Liberté. Rien à dire, les images et les mises en scène étaient parfaites, sans doute trop pour ne pas êtres vraies (loin de moi de nier l’existence de la mort de tous ces innocents).

En France, la messe était dite avant même que la guerre ne soit déclenchée. Le parti était pris d’avance : être du côté du pauvre-peuple-palestinien-si-sournoisement-agressé par le déluge de feu d’un peuple en avance d’un demi-siècle sur l’autre. La vieille antienne mille fois psalmodiée du journaliste engagé pour la veuve et l’orphelin. Rien à dire, la messe fut parfaite, sans un pli.  Et surtout, ne pas en douter car on vous expliquera en long, en large et en très grand travers que cette guerre fut couverte avec la plus grande justesse et le souci constant de ne jamais prendre parti pour l’un ou l’autre ! Bien voyons !

Pour la France, des enseignements sont à tirer. Le premier est la formidable mobilisation d’une communauté (ou peut-être même d’une religion) pour les Palestiniens. Il fallait les voir – comme je les ai vus encore ce samedi à G. – ces manifestants bien organisés venues avec femmes (voilées) et marmaille nombreuse scander leur haine d’Israël. Ils n’étaient pas seuls, quelques dames patronnesse de RESF étaient là aussi, avec leur pull en cachemire et le Télérama négligemment sortis de leur houppelande des toutes dernières collections de la CAMIF. Il y avait aussi tout ce que la gauche la plus ultra et nauséabonde pouvait compter, volontiers tiers-mondistes, prête à ramasser dans son grand sac toutes les haines du monde pourvues qu’elles puissent lui permettre de se hausser d’un petit cran (vers le grand soir). En face, peu de monde pour soutenir nos frères en Liberté.

Que va-t-il se passer maintenant ?

Mettre sous tutelle internationale les Palestiniens aurait du être fait depuis des lustres en profitant de cette période de calme pour former une vraie élite palestienne qui ne soit pas pourrie par le clientélisme et la corruption. Le premier problème qu’on pourrait leur confier serait de trouver une solution à l’extraordinaire taux de fécondité qui est une bombe à retardement pour un tel pays, sans ressource et sans possibilité pour son avenir immédiat.

C’est maintenant impossible car aucun gouvernement occidental ne se risquera à mettre les troupes qui s’imposeraient face à des fous capables de se suicider pour leur cause, y compris chez nous, dans nos villes et dans nos métros. Compter sur un sursaut des états arabes ? Que feront-elles là-bas alors qu’elle bâillonne déjà sous un joug de fer leur propre peuple ? Rien à espérer dans ce sens là.

Arrivera peut-être un jour où les Israéliens les plus ultras iront faire exploser une bombe atomique au-dessus de l’Iran, ce qui allumerait bien sûr un brasier gigantesque. Il est donc de notre devoir, et plus que jamais, de tout faire pour que l’Iran n’ait jamais accès à la bombe car nous ne maitriserons ensuite plus rien.

05 janvier 2009

Une de plus

Et voilà, c’est fini, le bon temps, les jours tranquilles devant le thé fumant, les livres qu’on feuillette négligemment, en prenant son temps, les bons petits plats qui se mitonnent (presque) tout seuls. Les vacances ont du bon, le travail aussi, sans doute ou peut-être. Bonne année à tous !

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(Vercors, hier)

 

12 décembre 2008

Sarabande, etc.

J’avais noté, l’autre jour, ma déception de n’avoir pu assister au concert de David Grimal à Seyssins. En réalité, la manifestation n’avait pas eu lieu pour une raison que j’ignore. Hier soir, je n’ai donc pas manqué ma seconde chance et je me suis joint à la très modeste assemblée – à peine cinquante personnes, ce qui est une honte pour un interprète de ce calibre – qui assistait à ce très beau moment musical. Bon, l’église était glaciale mais bien plus chaude que le vent du Nord accompagné des derniers flocons qui soufflait dehors. Et puis, la belle musique réchauffe le corps (après avoir échauffé l’esprit). Comment dire qu’on a beaucoup aimé, que certains passages – surtout les plus lents, ceux où l’archet vient, comme une plume, frotter avec une infinie délicatesse les cordes (bourrée de la partita n° 1) – sont absolument inouïs ? L’ensemble n’atteint peut-être pas l’intensité métronomique et canoniale de l’interprétation de Nathan Milstein (que je préfère entres toutes) mais réserve une lecture passionnante et infiniment personnelle de ces pièces passionnantes (pour les détails, les inflexions et les changements de rythme). Ce qui est sûr, c’est qu’on oublie ses soucis quotidiens, notamment de savoir si on a éteint le gaz et ce maudit caillou dans sa chaussure droite. Quand on en arrive là - notamment, lors des longues et inoubliables minutes de la célèbre chaconne de la deuxième partita -, c’est que la musique lumineuse a atteint le point le plus profond de notre hippocampe.

09 décembre 2008

Neige molle

Ce week-end, de misérables petits Jeux de neige furent organisés par la municipalité grenobloise pour amadouer le Comité olympique français (sous-chapitre « J.O. 2018 »). On nage dans le gigantisme et la mégalomanie la plus horrible. Un immense tremplin a donc été construit dans le seul poumon vert de la ville de Grenoble, le parc Paul Mistral récemment défiguré par un stade de football (le sport de masse, déjà). Neige à gogo amenée à grand renfort de camions express des stations de ski avoisinantes et complétée de production locale (canons à poudre). Heureusement, le temps était plutôt doux ce week-end, donc le snowpark s’est vite transformé en bourbier. Trois jours après l’évènement, les tas de neige grisâtre n’en finissent pas de fondre. Et quelle tristesse de voir ces petits citadins tournés comme des lapins en cage sur une petite piste dérisoire de neige à demi-fondue. Quelle tristesse surtout de les voir ici alors qu’ils sont entourés des plus belles montagnes qui soient. D’ailleurs, ils n’y sont que trop souvent, sur ces belles montagnes, pour assouvir leur petit plaisir égoïste de skieur au mépris de la montagne (la vraie, celle qui reste sauvage et inaccessible). Il n’y a plus de distance entre l’ici et l’ailleurs (comme ces temples modernes remplis de neige de culture en plein désert). Malheureusement, l’opposition à ces délires mégalomaniaques n’est pas très digne et son mélange des genres (« contre le flicage que seraient ces JO. de 2018 ») signe un peu trop son appartenance à la limite la plus à gauche de la gauche, tendance nihiliste et « zonards à chiens ». Rien de bien sérieux, donc. D’ailleurs la contre manifestation sera festive (bien entendu !) et sonore (bah oui !). Et puis, vendredi soir – ou plutôt samedi, à trois heures du matin, réveil en sursaut : boum-boum dans la cuvette grenobloise, une monstrueuse sono hurle depuis la Bastille sa rage aux dormeurs. Une soirée électro-je-sais-plus-quoi a été associée à « l’évènement » Jeux de neige. Décidemment, les sponsors – toujours les mêmes, ceux de l’abêtissement le plus vil (téléphone portable, lecteurs mp3) – pourront être contents : maxi impact et maxi public. Ce réveil matinal – impossible de retrouver la sérénité, noyé dans un train d’ondes basse fréquence – sera l’occasion d’un beau rêve : Rameau (ou Marin Marais ou Boismortier) diffusé à plein poumons depuis la montagne du Rachais (qui porte la Bastille). On imagine déjà les sopranos de RESF, tendance SNEPSUP : « mais c’est absolument insupportable d’imposer votre musique de vieux à des gens qui viennent d’ailleurs et dont ce n’est pas la culture… ».

24 novembre 2008

Ici de mille fards la traïson se déguise

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 Ici de mille fards la traïson se déguise,
Ici mille forfaits pullulent à foison,
Ici ne se punit l'homicide ou poison,
Et la richesse ici par usure est acquise

Ici les grands maisons viennent de bâtardise,
Ici ne se croit rien sans humaine raison,
Ici la volupté est toujours de saison,
Et d'autant plus y plaît que moins elle est permise.

Pense le demeurant. Si est-ce toutefois
Qu'on garde encore ici quelque forme de lois,
Et n'en est point du tout la justice bannie.

Ici le grand seigneur n'achète l'action,
Et pour priver autrui de sa possession
N'arme son mauvais droit de force et tyrannie.

(Du Bellay, Les Regrets, sonnet #127)

19 novembre 2008

Histoire de bêtes

[Journée du lundi 10 novembre]

Bien qu’elle ne soit pas très éloignée de G., la partie de la Drôme qu’on appelle « des collines » nous est mal connue. Il n’y a pas vraiment de rupture entre les paysages que l’on voit à Saint-Antoine l’Abbaye et ceux, tout aussi moelleux, de la basse vallée de l’Herbasse. Nous avons donc découvert tout ce pays par une large boucle pédestre autour du village de Montmiral. La journée commença assez mal car nous nous retrouvâmes assez vite face à une espèce de chien loup, à la mine bien menaçante, et à l’air peu engageant (bien qu’il ne nous ait jamais aboyé dessus). Bref, le départ de la promenade fut repoussé à bonnes distances de ce molosse. Bien que le chemin fût bien balisé et fort connu de tous, il nous fallait traverser certaines exploitations agricoles, dans le genre hangars en tôles dont on ne sait jamais si un fameux « chien de ferme » ne va pas jaillir de sa cachette. Ses petites angoisses, très injustifiées dans le cas présent, ne laissent guère nos nerfs en repos, ce qui est toujours bien préjudiciable à une randonnée sereine et ouverte le paysage. Le pays, pourtant, est assez beau car il domine largement la plaine de l’Isère dans un moutonnement assez harmonieux qui porte la vue jusqu’au Vercors et ses plus hauts sommets (Grande Moucherolle, Grand Veymont) que l’on voyait très nettement au-dessus du rebord occidentale du plateau. Certes les forêts sont très pauvres (bouleaux chétifs et châtaigniers gros comme le poing, de temps un beau hêtre) mais leur étalement, entre les prés et les maigres champs cultivés croulants sous les galets laissés ici au würm, donnent une assez belle harmonie à la campagne. De jolis petits ruisseaux – on ose à peine les appeler rivières - sont dispersés ça et là à travers les failles dans la pierre de molasse, très utilisée aux alentours dans les plus belles constructions du passé. La plus belle de ces ruisselles est la bien nommée Joyeuse qui coule comme elle peut en de larges (et bien peu profondes) méandres. Le déjeuner fut vraiment pris sur le pousse (sans doute le dernier pique-nique au grand air de la saison) car le vent, bien qu’il vienne du Sud, n’était pas très chaud. Au retour, nous avons jeté un œil sur l’église de Montmiral qui a été coupée en deux au XIXe siècle et affublée d’un assez triste et grotesque clocher. Heureusement, le chevet et une partie de la nef sont d’origine beaucoup plus ancienne. Armé de notre Dauphiné roman Zodiaque, nous sommes ensuite partis à la découverte de quelques unes des églises et chapelles de la région. Premier arrêt pour la chapelle Saint-Ange, à Geyssans, mais de nouveau un chien à tête de loup, au pelage fauve comme un lion nous a fait quitter précipitamment le petit cimetière qui entoure ce modeste édifice. C’est bien dommage, car nous n’avons pas eu le temps de le découvrir plus à fond (inutile de penser y entrer : toutes les édifices religieux sont depuis longtemps barricadés à double-tour). La route se poursuit jusqu’à Arthemornay où l’église Saint-Marcellin est très bien mise en valeur, parfaitement propre. Le clocher est très intéressant ainsi que le chevet, assez disparate. Il était dit que nous n’en avions pas fini avec les sales bêtes car L. fut à deux doigt de mettre le pied sur cette superbe couleuvre à collier qui se prélassait tranquillement au chaud soleil d’automne. Prochaine étape : Bathernay et son église Saint-Etienne, un peu isolée du village, en position dominante. Cette fois-ci nous avons du affronter une espèce de boule de poils noirs – peut-être un griffon – qui était très très hostile (sans doute parce qu’il eût aussi peur que nous). Bref… grand détour pour éviter le monstre à dents pointues. Nous sommes donc arrivés par le haut, en voiture, ce qui est, en définitive, le meilleur chemin pour prendre pieds devant le petit cimetière. La route qui y mène est absolument dans le vertige de la ligne de crêtes ; la vue réellement immense, encore plus dominante qu’à Montmiral. Comme le ciel était plutôt sur la pente de l’éclaircissement, c’était encore mieux. Pour en revenir à Saint-Etienne, je ne sais pas si la maison forte qui se trouve à ses côtés n’est pas plus belle que l’édifice religieux. Leur architecture se complète à merveille, le gothique répondant au roman. J’ai beaucoup aimé ces sortes d’atlantes dans la veine grotesque qui n’en finissent pas, depuis des siècles, de supporter le toit de l’église. L’intérieur est un peu trop propre pour paraître ancien ; ce qu’il est pourtant. Au final, on est toujours moins bête avec son volume Zodiaque dans la main car c’est lui qui n’oublie rien (des pierres et du temps qui passe). Au retour – il faisait déjà presque nuit – nous avons jeté un œil au mystérieux château de Crépol qui parait bien endormi mais pas du tout abandonné. Nous sommes arrivés trop tard pour prendre en photographie la grande façade occidentale de Saint-Antoine l’Abbaye sous les derniers rayons de soleil. Chouette, il faudra revenir !

17 novembre 2008

La Vie moderne

Ce documentaire de Raymond Depardon est une petite déception. A vrai dire, certains aspects me plaisent mais je le trouve un peu trop léger par rapport à la gravité du sujet. Ce que je n’aime pas, en particulier, c’est la parole de sociologue dont s’affuble le réalisateur pour faire parler des paysans (et surtout les plus vieux d’entre eux) qui n’ont pas envie d’ouvrir la bouche (les fameux taiseux). Je n’aime pas beaucoup ses questions incessantes, ses relances perpétuelles (On dirait Nicolas Demorand !). Il me semble que certains silences, fussent-ils dans des décors de cuisines éternellement figés dans les années cinquante, disent, émeuvent, bouleversent plus que trois mots difficilement arrachés. Pour ne pas tomber dans l’évocation « fin-du-temps-des-vieux-paysans », le réalisateur s’est attelé à interroger quelques « jeunes » mais, à mon avis, en restant à la surface des problèmes (difficulté de s’installer, difficulté d’acheter des terres), toutes choses que l’on sait déjà que trop. Il n’y a rien, malheureusement, sur l’envie de travailler (et quel labeur !) dans ces solitudes de moyenne-montagne. L’autre gros défaut du documentaire, trop court, est de ne pas assez laisser parler les images pour ce qu’elles sont. Il y n’y a pas, sauf les longs et superbes plans du début et de la fin, de véritable embrassade au pays, à la terre, à l’immensité des paysages. On ne ressent que très rarement, trop furtivement, la beauté de la pierre, l’âpreté de l’air, la limpidité des sources jaillissantes. D’ailleurs, on voit trop de forêts, pas assez de ciels et de vallons. La trilogie, qui se clôt par ce film, avait sans doute des vertus cathartiques pour le réalisateur (fils de paysans qui n’a pas repris la ferme familial, etc.). Le mérite d’un tel travail est de faire un état des lieux d’un monde dont les derniers représentants sont au bord de mourir, au propre comme au figuré. Tout un monde qui sera bientôt lointain et distant mais qui, d’ores et déjà, provoque une sourde et sombre mélancolie sur le spectateur (musique de Fauré aidant).

A l’occasion de la sortie du film, un livre de photographies de R.B. est disponible au Seuil.

13 novembre 2008

Les pierres

Dimanche dernier, le temps n’était pas très agréable mais nous avons tout de même réussi à sortir aux bons moments de l'après-midi, qui se font de plus en plus courts, depuis le changement d’heure. Première étape: la tombe de Messiaen à Saintt-Théoffrey, près de Laffray, sur le plateau matheysin. Je pensais à un monument plus isolé des autres tombes. Il n’en est rien, bien qu’elle soit assez originale, sans être tape à l’œil. Elle correspond assez bien, je crois, au personnage. Du cimetière, on aperçoit un peu les lacs de la Matheysine et le paysage. Mais c’est depuis la ligne de crête qui sépare le côté lac du côté Notre-Dame-de-Vaulx que la vue la plus large, immense même. Le chemin des Crêts (les biens nommés !) est très beau car la forêt (de hêtres, principalement) est souvent percée de belles vues sur l’un ou l’autre des versants. A l’extrémité de cette modeste épine dorsale, il est même possible de dominer à peu près tout et d’avoir un horizon dégagé, jusqu’à la Chartreuse et Grenoble au Nord, jusqu’à la Mure et le massif de l’Obiou au Sud, jusqu’à l’Oisans, Belledonne et la saignée de la Romanche à l’Est. Ce plateau à mi-hauteur (mais glacial l’hiver) est décidemment très tentant pour y établir ses quartiers… En redescendant vers Vizille, nous nous sommes arrêtés à l’église Saint-Firmin de Notre-Dame-de-Mésage qui est peut-être la plus belle église du département, en tout cas dans le top ten. C’est le volume, la stéréotomie - comme je crois qu’il faut dire -, qui est parfaite dans ce monument. On a l’impression d’un petit bloc homogène, aux lignes pures, à la pierre – du tuf – aussi belle de près que de loin. Le clocher est peut-être la pièce maitresse de l’ensemble ; il est bien assis sans paraître lourd ni disgracieux. C’est peut-être la grâce (de Dieu, des bâtisseurs, …) qu’il faut évoquer en admirant cette splendeur. Le volume Dauphiné roman de Zodiaque parle d’un site sublime. Je ne suis pas tout à fait de cet avis. La basse vallée de la Romanche, à Vizille, n’est pas spécialement jolie bien que le site, entourée de montagnes assez abruptes, soit intéressant (intéressant, surtout, pour celui qui ne connaît pas la montagne, les Alpes) mais l’église est à quelques mètres en contrebas de la célèbre et de funeste mémoire « descente de Laffrey », ce qui n’est pas vraiment un poste de haute solitude.

12 novembre 2008

Quand on arrive en ville

Samedi soir, en compagnie des H., nous avons testé le tout nouveau restaurant Pignol qui vient d’ouvrir dans l’ancien couvent Sainte-Cécile, ex-théâtre le Rio, et futur quartier général des éditions Glénat. Nous étions parmi les tous premiers car le lieu avait été inauguré la veille ou l’avant-veille. Il est bien entendu qu’on ne devrait jamais aller dans un restaurant le lendemain de l’ouverture puisque, par définition, tout n’est pas réglé : ni le service, ni la restauration. Ce n’était pas si catastrophique mais ce n’est pas l’expérience culinaire du siècle (enfin, le siècle est encore long). Le cadre est agréable ; tout à fait dans la veine pseudo moderne et un peu froid qui a court actuellement : peu de couleur, du noir, des gris anthracites, des tables en tôle, etc. Côté assiette, ce n’est pas la révolution gastronomique. Le rapport qualité-prix n’est pas extraordinaire et on à l’impression d’avoir vu (et gouté) mille fois ces petites décoctions en amuse-bouches. L’assaisonnement de la crème d’ortie n’était pas bon (trop fort), idem pour la moule aux échalottes ( ?) qui reste trop longtemps en bouche (pour rester poli). Une petite tranche de foie gras, pour suivre, assez mesquine mais au goût assez bien placé (L. dit qu’il était trop fade mais je croix qu’on s’est trop habitué à mettre des tonnes d’épices sur le foie gras). La volaille de Bresse (bizarrement servie avec sa peau tannée) était parfaite en consistance (comme quoi, d’avoir de bons produits), la sauce trop crémeuse, légèrement écœurante surtout avec l’amidon des pâtes : il y a des mélanges à éviter ! Les morilles n’étaient là qu’en prétexte, comme souvent. Dessert un peu cartonneux mais pas trop sucré (ouf !). La crème a brulé longtemps mais, du coup, elle apparaissait à moitié liquide, tendance grumeaux, lorsqu’il fallait se la mettre en bouche. C’était peut-être l’effet recherché ? Il y avait beaucoup de sociologie à faire ce soir là : toute la bonne bourgeoisie locale s’était donnée rendez-vous pour voir et goûter, dire « on était parmi les premiers ». Il y avait, notamment, un homme qui ressemblait comme deux gouttes d’eau à Houellebecq (incroyable), quelques vagues connaissances (G. est vraiment la plus petite ville de province de France !). Cette partie de l’ancien couvent a été très fortement restaurée. Je ne suis pas fou des appliques murales pour l’éclairage mais les pots (pour les arbustes) dans la petite cours, côté rue de l’Alma, donnent une jolie lumière. Bref, il faudra revenir dans ce bel endroit lorsqu’il aura atteint sa vitesse de croisière, qu’un peu plus de plats seront disponibles au choix (idem pour la carte des vins, mais notre Saint-Joseph n’était pas mal du tout).

Pour bien terminer la soirée, nous sommes allés au cinéma voir Appaloosa, un western de réalisation contemporaine, qui se veut revisiter les codes du genre. C’est un grand échec ! On ne s’ennuie pas mais on ne voit pas où est la nouveauté. Il y a bien une petite once d’ironie, de clin d’œil au passé mais cela ne va jamais très loin : l’histoire, la mise en scène, les décors sont on-ne-peut-plus convenus. Les acteurs ne sont pas spécialement mauvais, c’est déjà ça !

08 novembre 2008

Trop tard...

J’étais un peu triste de découvrir, jeudi soir, que David Grimal donnait, le soir même, un récital Bach à Seyssins (banlieue huppée de Grenoble, fief de Didier Migaud). Il était trop tard pour s’y rendre, peut-être même pour trouver une place. J’étais déçu pour trois raisons : i) j’aime beaucoup ce musicien : son interprétation de la sonate en la majeur de Franck (avec George Pludermacher) fait partie de mes disques préférés que je réécoute toujours avec beaucoup de plaisir ; ii) je ne connais pas son enregistrement des sonates et partitas pour violon, œuvres majeures que je chérie, iii) l’église Saint-Martin de Seyssins est l’une des plus belles églises du département, à l’éblouissante simplicité et dotée d’une excellente acoustique. Mince !

30 octobre 2008

Pour la suppression immédiate et définitive de la radio obligatoire pour tous dans les bus de la TAG (Transports de l’Agglomération Grenobloise).

Nous, utilisateurs réguliers et irréguliers de la TAG, avons constaté que depuis plusieurs mois la radio France Bleue Isère était diffusée dans tous les bus de la Compagnie.

 

Nous lui rappelons que son offre de service n’est que de nous transporter d’un point A à un point B en veillant  i) à notre sécurité, ii) au respect des horaires de desserte (ponctualité), iii) aux temps de parcours. La diffusion de la radio ne fait en aucun parti du besoin (et encore moins du désir) des utilisateurs. Nous réclamons donc sa suppression sine die, complète et définitive sans qu’il soit nécessaire, à chaque voyage, de manifester son désaccord auprès du chauffeur qui, dans la plupart des cas, éteint purement et simplement le poste de radio sans faire d’histoire (encore heureux…).

 

La situation actuelle conduit à des moments ubuesques où France Bleue Isère est diffusée à tue-tête dans le bus (bien qu’elle soit généralement inaudible dès que le véhicule roule : bruits aérodynamiques, de carrosserie, quand ce n’est pas tout l’intérieur du bus qui vibre à l’unisson) alors que la moitié, au moins, des passagers écoute un téléphone portable et/ou un diffuseur de musique encodée en mp3, quelque fois, d’ailleurs, en faisant « « « profiter » » » l’ensemble des occupants du bus. Bien souvent, le chauffeur est lui-même connecté à une autre fréquence via une discrète oreillette quand ce n’est pas un simple poste de radio posé près de son volant, ajoutant ainsi à la cacophonie ambiante. Cette situation nuit gravement aux autres occupants en ne leur permettant pas de lire, de rêver ou d’avoir l’esprit et l’âme en repos. Les bus, comme tous les lieux de séjours partagés sans accointances particulières entre les personnes présentes, doivent rester des places où le silence est maître, où les conversations doivent se faire à voix basse en ayant, à chaque instant, le souci et l'obligation de ne pas imposer ses musiques et ses humeurs à ses voisins.

 

D’autre part, les programmes de France Bleue Isère sont d’une médiocrité sans nom, d’ailleurs indigne d’une chaîne du réseau d’Etat, où les faits divers, le sport et les chansons de variétés sont le fond de commerce principal. La diffusion d’un tel canal va à l’encontre de la nécessaire édification culturelle du Peuple, à l’heure où celui-ci est déjà trop souvent l’objet et la victime du divertissement débilitant, à toutes heures et en tous lieux.