29 janvier 2012
Yves Bonnefoy
Je signale à mes lecteurs grenoblois, la venue de Yves Bonnefoy le 31 janvier et le 1er février pour deux "conférences" à l'invitation de l'université Stendhal. Plus d'informations ici.
15:59 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17 janvier 2012
Mort de Gustav Leonhardt

J’apprends ce soir, avec une infinie tristesse, la mort du claveciniste, organiste et chef d’orchestre hollandais Gustav Leonhardt. Il avait quatre-vingt-trois ans. Prémonition ou pas, il se trouve que je m’étais étonné, il y a quelques jours de cela, de ne plus entendre parler de lui. Une rapide recherche sur le Réseau m’avait appris que le musicien, fatigué, annulait ses engagement pour cette année. Je l’ai entendu deux fois au concert. La première à Ambronay, au milieu des années quatre-vingt-dix, dans un programme de musique allemande (Georg Böhm et consorts). Je me souviens très bien de son infinie majesté, de sa classe (qui n’a rien à voir avec le « classe ! » des cours de lycée), notamment de cette petite mais belle pudeur qui lui faisait ranger précipitamment ses lunettes dans la poche de sa veste avant de s’incliner respectueusement devant le public. L’homme avait quelque chose de raide, de roide aurait-on écrit au temps de Bach et des Couperin. Il était, pour moi, l’image du protestant austère. Sa musique, son interprétation, autant que je puisse en juger avaient l’art si subtil et si maitrisé du métronome : le débit régulier, chaque note en temps et en heure. La seconde fois que je l’ai entendu fut au musée des Beaux-Arts à Lyon, dans la belle mais petite salle qui regroupe quelques splendeurs parmi les splendeurs des tapis orientaux. Il jouait sur l’un des clavecins « historiques » du musée. C’était sans doute au début de ce siècle. Le programme était consacré, il me semble, à Louis Couperin. Je n’oublie pas quel génial chef d’orchestre il fut (avec Harnoncourt). Leur intégrale des Cantates de Bach a voyagé avec moi (et continue) grâce, notamment à l’émission « Bach et l’Europe » de Jacques Merlet et Claude Noisette de Crozat que l’on entendait tous les dimanches matin sur France Musique, à l’heure de la messe (ou un peu avant). Sa direction de la Passion selon Saint-Matthieu reste un summum d’émotion et d’engagement qui n’a pas pris une ride. Il va nous manquer.
20:45 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
09 janvier 2012
Nacht und Träume

Très beau disque, d'une pudeur et d'une justesse incroyables. La voix vient de si loin (prise de son remarquable). Un disque à offrir.
21:15 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Bonne...
Parmi tout ce qui nous quitte, la présentation de ses vœux à l'entourage (famille, amis, connaissances, ...) est au firmament du départ. Il était jadis – il y a cinq ans, encore – convenu de présenter ses vœux à ses aînés, aux femmes quand on était un homme. Professionnellement, c’était presque une joie d’écrire un petit message aux collègues d’ici ou d’ailleurs. Mais tout cela a disparu et deux ou trois jours après la reprise de l’activité, vous passez pour un fou. Bien entendu, c’est la contrainte que l’on chasse ; la norme et la forme ne sont plus d’actualité. Je n’arrive pas à m’y faire. Le SMS est roi ; cela ne me gêne pas et j’en ai reçu plus que je n’en ai écrit. Ce qui me perturbe là-dedans, c’est le côté impersonnel du message, envoyé à la volée à une liste de « contacts », ce vilain mot de l’informatique. Où sont passés les amis et l’attention personnelle qu’on leur doit ? Ceci dit, j’ai deux ou trois contre-exemples, ces amis qui prennent le soin d’écrire un message qui vous soit vraiment adressé, mêlant allusion personnelle et souhaits de portée générale (le bonheur, la santé, les bonnes fortunes, en amour comme en argent). Ces messages-là vont droit au cœur. Mais l’époque est à la simplification, aux cent-quarante caractères pour dire ses états d’âme ou ses compulsions (convulsions) d’achats. Le bizarre ou le drôle est que cette année, j’ai écrit plus de message à de parfaits inconnus – je veux dire à des gens dont je n’ai jamais vu le visage – qu’à des amis (ou d’anciens amis ?). Magie des réseaux, je finis par croire qu’il y a une richesse, ni virtuelle ni désincarnée sur la Toile. A vous tous, donc, bonne et heureuse année.
20:59 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
21 octobre 2011
Rotherie
J’ai terminé cette semaine Le rabaissement dernier livre de Roth paru en français après avoir lu Portnoy et son complexe, ouvrage que je pensais avoir dans ma bibliothèque et que je confondais avec Quand elle était gentille. Je n’ai jamais terminé ce dernier (il faut que je m’y replonge) mais j’ai un souvenir très net de ma lecture initiale. C’était à M. alors que L. passait un entretien d’embauche et que l’attendais dans la voiture, un soir froid et gris d’hiver ou d’automne. Le Rabaissement n’est peut-être pas le chef d’œuvre de Roth (comme on le lit ici ou là). L’auteur donne de plus en plus de livre courts (la série Nemesis) et tournant tous autour de la vieillesse et de la déchéance physique. Dans ce dernier opus, ces thèmes en recroisent d’autres comme le métier d’acteur (comprendre le métier d’écrivain ?) et le désir sexuel. L’histoire de cette lesbienne que le personnage principale « retourne » pour être ensuite lui-même quitté n’est pas la meilleure partie du livre. Elle est un peu trop irréelle et bien trop vite amenée pour paraître crédible. Il y a donc un parfum de trop et de trop vite dans ce livre. Trop de chemins sont amorcés (la folie, l’hôpital psychiatrique, l’amitié disjointe par le temps). On ressent une urgence à traiter de tout. Est-ce là le signe d’une angoisse de fin de vie ? C’est sans doute trop évident pour être uniquement cela.
Arte a diffusé ce mois-ci (? ou en septembre, je ne sais plus) un beau documentaire-entretien de Karel sur Roth où celui-ci parle abondamment de ses livres. J’ai cru lire que dix heures d’entretiens avaient été enregistrées pour en tirer l’habituel format de cinquante minutes. Est-ce que cela sera un jour visible ?
Portnoy est bien entendu un chef d’œuvre absolu qui marque et magnétise profondément son lecteur. Le rythme est endiablé et fouille si intimement dans la vie du héros que le lecteur se sent lui-même à la place de ce fabuleux obsédé sexuel de Newark. La réussite littéraire et donc totale. C’est peut-être le livre par lequel il faut commencer. J’ai bien envie de reprendre toute la file dans l’ordre chronologique car les brèches de ma connaissance de la vie de Nathan Zuckerman sontimmenses. J’ai un très bon souvenir de La Tâche, dévoré alors que nous étions en Guadeloupe (en novembre 2006, il y aura bientôt cinq ans) et un autre encore plus frais et plus intense du Complot contre l’Amérique. Je n’ai jamais terminé J’ai épousé un communiste que L. avait beaucoup aimé et qui ne m’a jamais fait grand effet. Là-aussi, il faudra s’y remettre attentivement.
21:35 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
03 août 2011
Image du passé
Musique en Grésivaudan, vendredi 1er juillet 2011 (Quatuor Amôn : Chostakovitch, quatuor #7 & 9, Beethoven, quatuor #8).
Excellent concert dans l’église à la belle acoustique de l’abbé Calès à Tencin. L’audience aux cheveux bien grisonnants n’était guère fournie. J’ai bien peur que ces petits festivals soient à terme condamnés. Ils vivent de subvention des autorités départementales (peut-être) et n’attirent plus. La présidente de l’association qui l’organise a dit quelques mots pour rappeler la situation et la précarité totale d’une telle démarche, devenue sacerdoce. Les artistes, souvent jeunes et toujours talentueux, sont à défrayer de leur frais et leur cachet doit-être payé. Hélas, l’argent pour la musique (classique) manque. Elle ne manque pas pour les festivals de troisième ou quatrième zone pourvus que ceux-ci soient dans l’air du temps (multiculturels et nous promettant un monde sans frontière, sympathiques en diable*). Il n’y aura donc dans dix ou vingt ans plus personne pour aller au concert et encore moins de monde pour les organiser. Ironie du sort, le dernier bulletin du Conseil général nous livrait (à propos du prochain Festival Berlioz à la Côte St-André) le coup de poignard de la bouche de Monsieur Pascal Payen (vice-président chargé de la culture) :
« La musique classique est perçue comme une discipline très élitiste. Qu’en pensez-vous ?
« En Isère, avec le Festival Berlioz, nous prouvons le contraire. Un public de plus en plus large découvre la musique classique et notamment les jeunes. Le prix des places y est moins cher que dans les autres festivals de même importance. Et tout autour du festival, des récitals et des animations, dont beaucoup sont gratuites, dépoussièrent l’image de la musique classique. »
Bien entendu, la musique (classique) n’a pas besoin d’être dépoussiérée, c’est la cervelle des fameux « jeunes » qui doit-être dépoussiérée. Dans ce genre de brochure départementale, on ne parle jamais de l’éducation au goût et de l’envie de découvrir, de la curiosité. Puisque les jeunes ne s’intéressent à rien de ce qui a fait jadis la culture de tout Être soucieux de sortir un peu du quotidien, autant changer la culture elle-même : rendons-la sympathique, mettons-la au niveau de ces idiots peut-être qu’elle finira par les intéresser (en short en casquette vissée sur la tête). Je l’ai déjà écrit ici : ce n’est pas le prix des places le problème. La Maison de la culture (MC2) de Grenoble propose des places à des tarifs plus qu’attractifs aux « moins de vingt-six ans » et pourtant, de jeunes, on n’en voit guère (sauf les musiciens des Ecoles de musique et les enfants des parents qui se soucient réellement de l'éducation au monde de leur progéniture). Bref, c’est peine perdue. Toute la chaîne de transmission est rouillée et tombe en ruine : les professeurs agrégés adorent feu les Rita Mitsouko ou Mika (et alors ? dit le lecteur énervé que je n’entends pas). En allant au concert, le rite social compte autant que le plaisir d’avoir plaisir. Les codes sociaux, déjà bien attaqués et oubliés de tous, se créent et se cultivent lors de ces évènements : on ne vient pas en short de plage ; si l’on doit parler, on chuchote à l’oreille de son voisin, etc. Le pire et triste, dans l’histoire, est que les autorités départementales semblent elles-mêmes bien peu intéressées par la musique classique, sauf à la marge pour vanter leurs inutiles actions.
Du concert, je retiens que, décidemment, les quatuors de Chostakovitch sont d’une belle trempe. Je les pratique les jours d’hiver dans la voiture. Leur noirceur volcanique et débridée me plaît. Chaque phrase ouvre un horizon à parcourir. Bien entendu, s’il s’agissait de mourir demain, ce sont les quatuors de Beethoven qu’il faudrait réécouter jusqu’à la fin. Mais c’est le monument qu’on glorifie, l’origine de ce qui suivra et qui se poursuit de nos jours (une référence au passé, quelle horreur dans une époque qui n’aime que ce qu’elle a vu naitre !). Le quatuor est peut-être la forme musicale parfaite, celle qui se rapproche le plus de la conversation humaine et de la verbalisation de la pensée. Il est l’amitié incarnée.
* voilà que Grenoble, capitale du Dauphiné, organise cette semaine deux jours de fêtes… catalanes !
21:37 Publié dans Air du temps, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20 juillet 2011
...
Courrier des lecteurs du Monde (daté du 20 juillet) : « Quand elle envisage de convertir le 14 juillet en défilé citoyen, Eva Joly ne se contente pas de malmener nos traditions nationales, elle en bouscule encore la cohérence. Il n’y a pas, en effet, de citoyens, et c’est une antienne depuis Condorcet, là où les nouvelles générations ne sont pas dûment instruites et éduquées. Or le parti de Mme Joly vient de porter à la présidence de son conseil fédéral, en la personne de Philippe Meirieu, un doctrinaire de la pédagogie dont la contribution à l’effondrement de l’école est notoire. Dès lors, deux choses l’une : ou bien la candidate de la présidentielle adhère aux principes dont l’application a conduit la jeunesse à ignorer sa langue, son histoire et sa culture, et elle s’interdit l’expression « défilé citoyen ». Ou bien elle reconnaît que son alliance avec les mystiques de l’ « infantocratie » est le simple résultat d’un calcul électoral, et elle abandonne du même coup toute posture moralisatrice. La cohérence est à ce prix. » (Michel Leroux, La Mure d’Isère).
Je propose qu’on donne la légion d’honneur à ce Monsieur Leroux !
21:24 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18 juillet 2011
De sottises en sottises...
Demain sera célébré un hommage national aux derniers militaires tombés en Afghanistan. Quelle est donc cette guerre dont on fixe la fin en précisant haut et fort le calendrier de retour de nos troupes ? C’est une mascarade et une tâche de honte pour le pouvoir politique qui donne des ordres si absurdes. Il n’y aura jamais de transfert de pouvoir au pouvoir loyaliste et corrompu de Kaboul. Sitôt que nous aurons le dos tourné (c’est-à-dire bientôt), les talibans (« les insurgés », dans la nouvelle phraséologie officielle) auront vite fait de reprendrent la main et de se rendre maîtres de tout.Ce sera donc un échec ; un gâchis humain, moral et financier. Dix ans de perdus. Les géopoliticiens – du moins, ceux qui enfermés dans leur bureau ne passent pas chaque début de soirée dans les émissions « café du commerce » telles qu’il en fleurit un peu partout sur tous les vecteurs d’information ; ceux-là disent que le problème afghan trouve sa source dans les frontières de ce pays avec le Pakistan. Peut-être. Reste qu’on ne mène pas une guerre en s’assurant d’abord et avant tout du bon vouloir de la population. Dix ans après, malgré les dispensaires, les travaux d’infrastructure et les patrouilles sympathiques parmi la population « tout sourire » notre doctrine est un échec cuisant. Faire la guerre, c’est aussi dire aux populations, choisissez c’est nous ou eux. Mais on ne fait rien de cela, apeurés par la conséquence d’une bavure, d’une erreur de frappe. Il y aura toujours un Ghesquière et un Taponier pour vous faire un bon petit sujet qui remue les consciences du côté du de la bohème indignée des arrondissements de l’Est parisien.
La libération des deux acolytes aura été un grand moment du très réconfortant « entre nous » qui caractérise les médias (j’allais écrire les médias français). Belle séance émotion à France Télévisions, larme à l’œil et tout et tout. Ils ont à ce point le seul et vrai pouvoir que personne ne songerait à leur dire « n’avez-vous pas l’impression d’exagérer un peu ? ». A ce point satisfait d’eux-mêmes, totalement dépourvus de sens moral – ce vilain mot - et du sentiment de honte, leur autocongratulation dépasse le cadre du corporatisme. Il est bien ce qu’il faut appeler un fascisme, au sens premier, la volonté d’imposer aux autres sa volonté.
La droite qui nous gouverne, si malhabile, si sotte dans ses sorties médiatiques en a fait l’amère expérience. On ne critique pas impunément le journalisme en France ! Mentionner que, peut-être, des risques ont été pris en s’aventurant ainsi en plein nid de guêpes, dire que la recherche des otages coûte de l’argent ou fait prendre des risques à ceux qui sont chargés de les délivrer, tout cela n’est pas vrai et ne doit pas être dit. Investis de leur mission divine, le journaliste est toujours là où il doit-être. Le pire, c’est que c’est vrai mais cela n’exclut pas le doute, le questionnement et au final, le repentir.
Je suis un type affreux mais je pense qu’un agent de la DGSE enlevé par des barbus en Somalie a droit à plus de respect, de considération et d’attention que deux journalistes de France Télévision. Son travail est ombre face aux projecteurs médiatiques. Il n’aurait pas dû avoir son quart d’heure de célébrité sous les projecteurs. Il a donné sa vie à la Nation, dans le silence et par la discrétion. Ce n’est pas rien par les temps qui courent.
La récente sortie de Madame Eva Joly (maintenant candidate officielle du parti écologiste à l’élection présidentielle de l’année prochaine) sur le caractère colonial du défilé militaire organisé chaque année pour le 14 juillet et donc, selon elle, sa nécessaire suppression, signe le vrai visage du mouvement, de ses leaders et, au-delà, de ses sympathisants et militants. L’écologie a bon dos (comme toujours). Le programme est rouge vif et embrasse les modes et les rages vindicatives du moment. Celles qui coulent le mieux entre la molle doxa du « tous pourris » de Mélenchon aux « portes ouvertes à toutes et à tous pour l’installation en France » de la gauche dans son ensemble. L’écologie, en tentant d’embrasser la gauche, ne fait que se dissoudre en elle. Cela fait vingt ans que cela crève les yeux sauf au parti concerné. Comment un tel aveuglement est-il possible ? Mystère. La courte aventure Hulot a montré combien la base est enfermée (et plus encore la direction du mouvement) et enterré dans sa boue gauchiste. Pour la première fois, un homme providentiel et à peu près consensuel avait la possibilité de porter loin et fort des idées justes et décisives de respect de l’environnement. On lui a fait passer un joli petit quart d’heure au commissariat politique. Décidemment, l’homme était bien trouble (son passé à TF1) et son autocritique trop sommaire. A croire que ce parti de factions n’est animé que par le désir de servir de paillasson au parti socialiste. Dix députés et un beau ministère de l’écologie, voilà ce qui va les mettre en pamoison. Je n’ai toujours pas compris pourquoi ces gens soutenaient que l’écologie était forcément de gauche. Encore quelques années et ils vont finir par nous dégoûter d’elle.
La droite, toujours la même, au lieu de travailler sur le fond et donc de montrer combien les propos de cette Dame sont sots, bêtes et stupides, préfère attaquer sur le volet (glissant) de la nationalité (ou plutôt la double nationalité) de l’impétrante. C’était le seul angle qui allait obligatoirement ressouder la vieille gauche autour de son aile couleur épinards (bio). Cela n’a pas manqué. Bien entendu, c’est indéfendable. Madame Joly a servi la France, aussi récente que soit sa nationalité française. Fillon n’attaquait pas dans cette direction, il supposait que son histoire récente et personnelle avec la France était peut-être la cause d’une méconnaissance des us et coutumes du pays concernant la célébration de la Fête nationale par un défilé militaire. C’était pour le coup, la prendre pour une demeurée ce qu’elle n’est pas (à ce que je vois dans le prisme déformant de la réalité).
Pour revenir au 14 juillet, on ne peut que s’étonner du slogan choisi par SOS racisme « la France, c’est nous » n’ai pas fait plus de vagues. C’est tout bonnement attentatoire à l’indivisibilité nationale. Imaginez un tel slogan dans un meeting de l’UMP ! On en aurait entendu des pleureuses et des aboyeurs. Et là, rien, pas un mot. Silence dans une mer d’huile. Il faut dire que quelques centaines de milliers de noceurs se déhanchant sur les rythmes métissés et bien comme il faut d’un Yannick Noah cela n’encourage pas à se poser quelques questions. Après tout, l’histoire est claire. SOS racisme travaille pour le PS comme, en cyclisme, le coéquipier travaille pour le sprinter de son équipe.
22:12 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
13 juin 2011
Le Dépaysement / J.C. Bailly
Jean Christophe Bailly - Le dépaysement par centrepompidou
Excellent livre, très enrichissant. Je vous le conseille.
18:17 Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
25 mai 2011
Bach or not Bach ?
Je n'ai été que moyennement emballé hier soir à la MC2 en écoutant l'interprétation de Nicholas Angelich des Variations Goldberg. Le disque, qui vient de sortir, me plait plutôt. Etait-ce la chaleur de l'Auditorium, les tousseurs ? Les moments vifs et intenses m'ont paru agité, souvent un peu confus. Peut-être l'acoustique, le piano ? Les variations lentes et mélancoliques sont par contre très belles, traitées comme de la musique romantique mais sans excès, sans pathos. Le cycle, dans son ensemble se tient mais je ne sentais pas le Bach de l'au delà. Je pensais à une sorte de passage obligé: pièces de prestige pour concertiste chevronné et reconnu. Je dois me tromper !
21:02 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01 mai 2011
Voyageuse au livre
Elle était assise en face de moi, plutôt jolie (jeans et veste de cuir), une petite marque (chute ?) sur le sourcil gauche, les yeux sombres, quelques tâches de rousseur, moins de 26 ans (carte de réduction 12-25), acrobate du SMS, son prénom est Émilie. Elle lisait ça:

(je note ça pour ne pas oublier)
20:54 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Kommt,...
20:34 Publié dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08 mars 2011
Bistrot-blog
Je reprends ici les grands entretiens avec Aline Cut, commencés en 2006 et 2007.
AC : Cher Inactuel, vous vous faites rare sur ce blog. Lassitude ?
I : Lassitude, oui sans doute et puis le temps qui passe, le manque d’envie de répéter toujours la même rengaine, le « à quoi bon ? » qui gagne. Enfin, réjouissez-vous de me revoir en face de vous, prêt à faire valoir mon point de vue.
AC : Je m’en réjouis, n’en doutez pas ! Le monde a bien évolué depuis notre dernier entretien. Quelle est votre réaction aux printemps de la liberté qui souffle en Afrique du Nord et dans les pays musulmans, en général.
Je me réjouis que les peuples opprimés aient réussi à se débarrasser des tyrans qui les gouvernaient. Tout s’est passé si vite. Le monde est un peu chaos, abasourdi par la rapidité du changement et sa soudaineté. Néanmoins, tout n’est pas rose. En Lybie, rien n’est réglé. Le pays me semble plonger dans une guerre civile qui risque d’être sans fin. Passez-moi l’expression mais c’est le bordel et on ne voit pas qui organisera l’ordre et le retour au calme.
AC : La France, l’Europe ?
Sans doute pas, nous ne sommes pas les bienvenus, l’ambiguïté récente de notre politique ne plaide pas en notre faveur. Remarquez bien que, malgré les critiques, nous ne restons pas les bras ballants contrairement aux « pays frères » qui ne se préoccupent pas beaucoup du sort de leurs ressortissants. C’est encore à nous, malgré l’hostilité de la rue arabe, selon l’expression consacrée, de nous occuper de tout cela. Je ne suis pas certain que cela nous ménage de meilleurs sentiments mais nous avons l’habitude d’être le dindon de la farce…
AC : Ce changement de gouvernance génère bien de l’inquiétude.
I : Oui et c’est justifié. On sait ce qu’on perd, on ne s’est pas ce qu’on gagne suivant l’adage bien connu. Restons optimistes ! Je ne crois pas la jeunesse de ces pays soit si différente de la nôtre. Tout compte fait, que veut-elle ? Elle a partout la même aspiration ; une belle paire de chaussures de sport et un Iphone. De Shanghai à Alger, le désir est le même : consommer tranquillement – ce qui implique d’en avoir les moyens - et vivre sa vie ; être soit même le centre du monde avec en bordures, deux ou trois petites préoccupations écologiques dans une universalité mondialisée, métissée dans un peuple monde transparent.
AC : Ah ! Vos vieux thèmes…
I : La démocratie est un grand bien ! Souhaitons leur autant de joie et de bonheur que nous de vivre dans ce merveilleux système (ce n’est pas ironique). Hélas, je ne crois pas que la démocratie est la même ici ou là. Et je ne parle même pas de la tradition démocratique et qui va être un rude challenge (pour parler la novlangue) dans des pays qui ne l’ont jamais connue. D’ailleurs, c’est l’une des questions les plus passionnantes de cette révolution. Ces pays vont-ils épouser notre modèle, en combien de temps ? Quelle sera la friction du pouvoir du Peuple et le pouvoir de Dieu ?
AC : Vous n’êtes pas très optimiste ?
I : Si, je le suis, car la classe politique qui gouvernera est en grande partie issue de nos modèles démocratiques et souvent, même, a été formée dans nos écoles, a vécu dans notre monde (occidentale). Reste le poids (le mauvais) de la tradition, de la religion, des luttes tribales, etc. Comment calquer un modèle démocratique issue d’une civilisation profondément sécularisée sur une civilisation théocratique et clanique ? Mystère, nous verrons.
AC : Sans parler de la corruption, à tous les étages.
I : Oui ! Et ce sera le plus dur à vaincre. Ces révolutions tombent au plus mauvais moment vu l’état de l’économie mondiale. De quoi vivre pour ces peuples, sans autres ressources que le tourisme et la manne pétrolière ? Les Chinois, viendront peut-être les sauver en dépeçant le cadavre…
AC : Chine très absente pour l’instant…
I : Et elle le restera puisqu’en interne, le black-out règne. Il n’y a pour elle aucun intérêt à créer du désir parmi sa jeunesse. Je note au passage combien le manque de démocratie en Chine arrange tout le monde (dans la civilisation de l’IPhone pour tous). Une révolution là-bas et ce serait toute la planète qui verserait dans le désastre ! La Chine s’occupera de l’Afrique du Nord comme elle s’occupe du reste de l’Afrique aujourd’hui : comme débouché de ses produits et comme réserve à matière première.
AC : Pensez-vous que ces révolutions modifieront les équilibres migratoires ?
Probablement. Du côté de Lampedusa ou de Vintimille, on en est déjà persuadé. Kadhafi était d’une aide précieuse (brutale et sauvage, suivant son penchant) pour réguler les flux en provenance d’Afrique. On ne lui a pas acheté cette faveur à vil prix. Il a beau jeu, maintenant, « d’ouvrir les vannes », sans doute aussi parce qu’il ne contrôle plus rien sur ce point précis (comme sur d’autres). Hélas, nous autres, pauvres Européens insouciants n’avons rien de prêt pour répondre à cet afflux. Chaque pays se retourne fébrilement sur son territoire. On ne peut pas demander à l’Italie d’accueillir tout ce beau monde « en attendant que ». Le flux n’est pas prêt de se tarir. Il faut prendre des décisions courageuses et ne pas permettre à cette immigration de prendre pieds sur le sol européen pour deux raisons essentielles : i) nous avons déjà du mal à éponger les vagues précédentes (avec toutes les difficultés qui y sont associées), ii) la situation du marché de l’emploi ne nous permet plus de fournir du travail à tous. Il faut donc fermement et courageusement dire « non, ça suffit ». Ce soir, j’entendais de jeunes Tunisiens, arrêtés à la frontière italienne dire « on est parti parce qu’en Tunisie, il y a des pillages et plus de police ». Ce n’est pas un argument recevable ! On ne peut pas quitter son pays alors que l’espace des libertés s’élargit, que tout est à reconstruire ! Bien entendu, il ne s’agit pas de les rejeter à la mer mais d’aider leur pays vers la voie qui est la nôtre. Hélas, si on les aide, on nous traite d’ingérence, de France-Afrique et de France-Total. Si on ne fait rien, on nous traite d’horribles êtres sans cœur ! Encore une fois, demandons au Chinois ce qu’ils font ! Je note – ou plutôt, je relève à nouveau – combien cette parole d’opposition et de contrition vient d’une partie de notre Peuple, ces Français nourrit de la haine de soi qui n’ont que le mot métissage et immigration à la bouche. C’est l’un des évènements les plus déterminants de ces trente dernières années. Comment une partie importante de notre Nation a versé dans le parti pro-immigration ? Pourquoi cette masse informe s’est rassemblée autour de ce thème ? La sociologie ne s’est pas emparée de cette belle question. C’est bien dommage ! Nous en rediscuterons.
21:44 Publié dans Air du temps, Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
02 janvier 2011
Bonne...
...année à toutes et tous.
Ma première bonne résolution est de reprendre le fil de l'écriture sur Inactuel.
Portez-vous bien !

15:41 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
20 octobre 2010
C'était hier...
19:18 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
01 septembre 2010
Frissons d'été
Comme prévu, le flan médiatique est retombé. Tout est redevenu calme à La Villeneuve (comme à Gennevilliers (guet-apens, cette nuit, contre les forces de l’ordre à coup de parpaings)). Oui, tout est calme ou tout le redeviendra sous peu. A France 3 Grenoble, on a déjà (re)sorti le reportage parfait. Une bonne petite famille de blancs, très « gauche-assosses-médiateurs-grand frères » qui nous (dé)montre par a plus b que la vision du quartier donnée au mois de juillet à la France entière (et jusqu’aux Etats-Unis) n’est pas la réalité, que tout est bien normal, bien convivial, parfaitement métissé et tout et tout. Ah oui, si cela va mal, c’est la faute à l’Etat qui ne paye plus les assosses, etc. Qu’il y ait d’autres problèmes et en premier lieu des voyous, trafiquants en tout genre, on n’en entend pas parler puisque ce n’est pas la réalité et cela n’a jamais été ainsi.
Jadis, j’avais le projet de noter à chaque fois que je voyais ces pauvres petites dix minutes de désinformation locale, le nombre de reportages consacrés aux sans papiers, aux associations qui les soutiennent, aux instituteurs refuzniks, aux vieilles dames de RESF, à toutes ces populations tellement dans le moule de la plus bête bienpensance. Je crois que je vais finir par m’y atteler.
Nouveau petit chapitre, celui des Roms, absolument insignifiant (le chapitre, pas les Roms) mais qui signe la fin de la politique des communiqués et des effets d’annonce. Mon Dieu, qu’avons-nous fait pour avoir une droite aussi sotte, maladroite et stupide ! Il faut bien entendu faire sans rien dire puisqu’on communique ou pas, il y aura toujours un torche-papier de Libération pour monter un petit article incendiaire aussitôt repris par la cantonade.
Les Roms chassés de Roumanie par les Roumains qui les traitent, pour le coup, comme des chiens et des moins que rien - et qui, d’ailleurs, on le culot de venir, sans rougir, nous faire la morale – sont, une fois arrivés en France, en situation de non intégration. Pourquoi le sont-ils ? Parce que leur projet n’est pas de rejoindre la communauté nationale mais de vivre entre eux, suivant leurs habitudes et leurs préceptes, bien souvent sous la coupe d’organisation mafieuse (esclavage des enfants, femmes chargés de marmailles trainant toute la journée à la recherche de la pièce, etc.) en sachant que la vie ici (quoiqu’on en dise) est meilleure ici que là-bas. Pourquoi ne pas les accueillir, après tout ? Mais alors, à nos conditions (pas aux leurs) : apprendre notre langue, renoncer à la vie communautaire unilatérale et tout faire pour ne plus donner la terrible impression qu’ils sont là pour simplement profiter du système, en vivant de rapines et d’expédients. Certes, en France leurs enfants sont scolarisés (plus ou moins) et c’est peut-être par eux que les parents pourront changer. Hélas, notre pauvre pays ne peut plus accueillir toute la misère, n’a ni le temps, ni la patience, ni sans doute l’envie de prendre en charge une nouvelle communauté alors qu’elle a déjà bien des soucis avec les éléments récemment associés à la Nation. Bref, comme le dit André Glucksmann dans un article paru dans Le Monde daté d’aujourd’hui, on a sans doute « le droit à l’errance », au vivre librement partout et à tout moment mais ce droit inaliénable ne doit pas se faire au détriment des autres (et principalement au détriment de ceux qui accueillent). Il est d’ailleurs très frappant de noter qu’à chaque fois que des problèmes surviennent (avec certains Roms, avec certains membres de la Nation issus de l’immigration, avec certains manouches, …) c’est obligatoirement du côté de la communauté qui accueille (la France, les Français dans leur ensemble) que sont présentés les problèmes et jamais de l’autre côté.
Tout cela s’explique aisément par la « metissophilie » galopante et dominante qui règne depuis quelques décennies. L’autre -celui qu'on appelait jadis l'étranger, avant que les frontières ne soient doctrinalement abolies - est par essence bon ; en tout cas meilleur que nous, vieux chancres pourris d’une Nation qui n’en finit pas de crever.
[Sur ce, une annonce reçue sur Facebook : au musée Dauphinois, la prochaine exposition s’intitule « Ce que nous devons à l’Afrique », que la réciproque soit possible ou même évocable et bien cela est devenu indicible: nous en sommes arrivés là !]
22:03 Publié dans Air du temps, Du journalisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19 juillet 2010
Les joies de la diversité
« Quartier sensible », « quartier populaire » ? Rétablissons immédiatement la vérité : le « quartier » de La Villeneuve est un quartier peuplé à forte majorité de personnes d’origine immigrée (ou assimilée), plus quelques petits blancs (tiers-mondistes, alters-ceci-cela, ex-crypto, bobos débuts de siècle, ...) heureux de trouver là des appartements de grandes surfaces à prix réduits (et qui vont encore baisser, vu le contexte).
Il n’y a pas besoin d’être bien informé pour savoir que ce « quartier » est aussi un lieu de vie communautaire, ethnique et religieux en marge de la société française et de son Etat de droit. Ce qui prime, ce sont les trafics, les banditismes et les menus larcins (pour la frange la plus criminogène, pour le reste de la population, c’est de couvrir l’autre moitié ou de vivre complaisamment entre soi, selon ses règles (qui ne sont pas les nôtres), souvent bien loin du souci de s’intégrer (ne parlons même pas d’essayer de participer à l’expérience française)). Bien entendu, ils y aussi des exceptions qui crèvent, littéralement, de vivre là et qui n’ont pas le choix d’aller ailleurs, celles et ceux qui voient leur CV refusés vu le quartier dans lequel ils habitent, etc. Ceux-là, on ne les voit jamais ; ils se taisent, par peur sans doute, par souci confraternel ou coreligionnaire de ne pas se plaindre auprès d’un autre que celui de sa communauté.
Tout cela est connu mais le multicultarisme du lieu (qui tend d’ailleurs à la monoculture) est hautement apprécié des édiles locaux qui y voient une illustration réussie du « vivre ensemble » de la « diversité », etc.
Bref, la boutique tourne tranquillement : on rénove, on repeint les immeubles (souvent, immédiatement dégradés et tagués (on parle d’incivilités depuis que le tag est devenu un « art »), on achète la paie sociale, du moment qu’on ne fourre pas trop son nez dans les petits trafics locaux : tout est tacite et non-dit : respect mutuel (comme ils disent).
Hélas, un jour, un petit voyou déjà condamné, multirécidiviste (d’ailleurs, pourtant en liberté) commet un casse un peu trop gros pour lui. Course poursuite, échange de coups de feu : il meurt devant son immeuble (quel drôle d’endroit pour aller se réfugier alors qu’on est pourchassé ? Preuve, s’il en fallait, pour contredire les vérités toutes faites de « grand banditisme »)).
Immédiatement, la machine bien huilée de la victimisation (bien aidée par les médias complaisants) se met en place « on l’a laissé crevé comme un chien » et la « maman va porter plainte ». S’en suivent deux nuits d’émeutes, quelques dizaines de tirs de balles (« réelles » comme on dit sur France 3) et deux ou trois dizaines de miracles pour qu’aucun policier ne soit blessé ou tué.
Sur ce, visite ministérielle : mine sévère, mots durs, ronds de jambe et effets d’annonce (trois quarts d’heure, montre en main). Deux ou trois centaines de policiers mobilisés dont quelques unités d’élites. On attend le verdict de la quatrième nuit. De toute façon, dans huit jours, le petit train aura repris son cours. On continuera à fermer les yeux, à faire comme si rien n’était.
Monsieur notre Maire aura toujours la mèche rebelle et le regard sombre pour appeler à un « Grenelle de la sécurité » (le malheureux n’a donc pas compris que de ces grandes messes, il ne sort jamais rien, sinon des promesses-à-tenir-qu’on-ne-tient-jamais) et que la sécurité publique lui incombe tout autant qu’à l’Etat, démissionnaire (car embourbé dans la média-doxa dominante qui donne à nos petites victimes la stature d’Intouchables) et à court d’argent, sans doute aussi à cause des milliards déversés dans les multiples, redondantes et inutiles politiques de la Ville. Oui, mais voilà, payer quelques policiers municipaux, les doter des moyens nécessaires à l’exercice de leur pouvoir, les mettre sur le terrain, quelle aventure inhumaine pour un socialiste (déjà qu’il faut se coltiner les petits blancs anars qui vous démontent les belles caméras toutes neuves installées dans les zones du centre, lieux de barbarie, eux aussi, passée une certaine heure du soir) et surtout arrêter l’angélisme bien pensant qui fait qu’un voyou d’origine immigré à toujours le bénéfice du doute et deux ou trois dizaines de circonstances atténuantes.
Bref, le choix est simple, construire moins de lieux à vocation communautaires pour acheter la paie (telle salle, bien utile pour les mariages du « quartier ») ou festifs pour petits blancs (la fameuse salle ethnico-électro-rap attendue depuis des lustres et qui va finir par lui aliéner tout le quartier Championnet si elle n’est pas construite avant la fin de la mandature) et mettre un peu plus de sous dans la sécurité de tous (quel mot odieux !).
Sur le fond, si on voulait en finir (ou tenter d’en finir), on n’attendrait pas le soir venu de se faire tirer dessus par deux ou trois dizaines de petits malfrats bien embusqués dans leur belle Galerie de l’Arlequin (un bel héritage de l’urbanisme du XXe qu’il faudrait songer à raser tant elle est devenue la forteresse imprenable pour les Forces de l’ordre). On aurait profité de ce beau dimanche ensoleillé (le temps était très frais, aussi) pour le vider de fonds en comble de ses habitants et de sa drogue en barre. O certes, quel effort ! Il aurait fallu deux ou trois milliers de policiers déterminés, bien armés et un peu de volonté politique pour affronter les deux ou trois militants écologistes encore à Grenoble à cette heure avancée de l’été (les autres sont dans des campings bio de l’Île de Ré) venus protester officiellement : « c’est une honte ! Stigmatiser (sic) ainsi une population ».
Et puis, comme un dimanche n’aurait pas suffi, on aurait recommencé le lendemain, à l’aube, et puis le jeudi et le vendredi. Autant de fois que nécessaire pour rétablir l’ordre et faire changer le camp de la peur. Et cette fois-ci, après trente ou quarante ans de victimisation et de bonne volonté pas vraiment bijective, on pourrait (un petit peu) redresser la tête. Certes, il aurait aussi fallu tenir les caméras à l’écart (en juillet, ça tombe bien, les journalistes sont eux aussi dans les campings de l’Île de Ré ou occuper à secouer les marronniers de saison (comme le reste de l’année, d’ailleurs))
Et les petits voyous qu’on attraperait, plutôt que de les mettre avec les leurs en prison (mais, j’y songe, encore faudrait-il qu’ils soient condamnés, et qu’on ne leur trouve pas dix excuses) on les enverrait se fatiguer un peu au travail (combien d’hectares de maquis à débroussailler en Corse ? Combien de kilomètres de digue à refaire face à la mer qui monte, inexorablement ?), sans portable, sans Nike aux pieds, sans BMW rutilantes. Et sans ménagement, en respectant leur dignité d’être humain, en tentant une dernière fois de leur donner une éducation et des règles de vie pour vivre en France.
Et cela autant de temps que nécessaire et aussi difficile que cela soit pour le pauvre budget de l’Etat (combien de gardiens en plus à embaucher pour les encadrer sous la futaie de châtaigniers de l’Île de beauté?).
Au passage, on aurait mis deux ou trois milliers de sociologues(*) au boulot (s’il en reste suffisamment hormis ceux qui nous servent la soupe « victimes de la colonisation » depuis trente ou quarante ans) pour nous éclairer un peu sur les causes de tout cela (ou tenter de convaincre ceux qui ne voient pas). Ce qui implique de mettre la barre à 180° dans les écoles de journalismes, histoire de reprendre la main, aussi, sur le seul pouvoir qui reste (à part celui des armes).
Il est bien entendu trop tard pour tous ces travaux d’Hercule. Il faudra, dans le futur, avaler toujours plus de couleuvres, subir d’humiliations en écoutant les antiennes de la diversité obligatoire pour tous (peu importe le prix à payer). Majoritairement, le Pays aura changé, il sera vidé de tout ce qui faisait sa beauté (son Droit (pas coutumier), sa Justice (pas expéditive), sa laïcité, etc.). Nous ne serons plus qu’un pays livré aux bandes de pillard, en proie aux coups d’état permanents, sans aucun recours pour s’en sortir.
(*) entendu hier soir sur France Info, tel bonhomme, Directeur de recherche au CNRS (ce qui n'est pas rien) nous dire que si les "jeunes" s'arment et tirent sur les policiers, c'est parce que ces derniers portent tout un attirail militaire (gilet par balle, etc.)et que l'escalade venait donc des forces de police ! J'en suis resté stupéfait. Comment peut-on être si con ?
21:52 Publié dans Air du temps, Du journalisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06 juillet 2010
Mots justes
20:37 Publié dans Air du temps, Renaud Camus | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
26 avril 2010
Tout va bien !
« On ne va pas faire toute une histoire pour ce voile ».
Jean-Marc Souami, présentateur de la météo sur France 3, en introduction au bulletin de ce soir.
Il s’agissait du voile nuageux, bien entendu. En (très gros) sous entendu, c’était le problème de la burqa.
La position devant le prompteur, sans contradiction possible, est le moyen idéal pour faire passer sa petite idée café du commerce. Ce que pense Monsieur Souami de la situation actuelle du pays, on s’en moque un peu car son statut de lecteur- gesticulateur à vie devant un écran virtuel ne l’autorise guère à être écouté es qualité pour débattre des problèmes avec nos minorités visibles et invisibles (rayée la mention inutile). Mais cette petite phrase, pétrie d’humour qui n’en a pas l’air est l’arme absolue du discours bien-pensant : elle désarçonne car elle fait rire. Et de petits rires en petits rires, on finit par rire de tout (voir comment une émission ridicule et insignifiante comme celle de Denisot sur Canal+ a réussi, au fil des années, à se faire une place au soleil dans le paysage audiovisuel).
Pour en revenir à France 3, le décrochage régional (« Alpes ») de ce soir était une nouvelle illustration de l’extraordinaire pouvoir qu’ont les journalistes de choisir ce qu’ils veulent montrer, dire, faire dire, ce qu’ils soutiennent, ce qu’ils n’aiment pas. Vingt-six avril aidant, c’était donc la charge promise contre le nucléaire avec ses illustrations hautement prévisibles : manifs d’A-sauces anti nucléaires, interview de la Dame Rivasi et direct-plateau avec un barbu dont je n’ai pas retenu le nom, actuel président de la CRIRAD. Tous ces personnes défendent des idées hautement estimables (grosso modo, "le nucléaire, c’est dangereux"). D’où une belle charge contre le nucléaire dans son ensemble en oubliant bien entendu de dire que ce qui est arrivé à Tchernobyl fut le résultat d’un pays à bout de souffle, d’une idée du nucléaire emprunte de dogmatisme dans un pays non démocratique (l’URSS) qui méprisait la vie de ses citoyens (enfin, lorsqu’avant d’être écologiste début de siècle, on a été compagnon de route ou sympathisant du Communisme dans les années soixante-dix, c’est toujours un peu dur de cracher dans la soupe).
Mais de ces évidences, on n’en entend pas parler ; c’est plus facile de tout mettre dans le même sac et de conchier à l’unisson l’idée du nucléaire dans son ensemble. L’ironie du sort – qui me fait toujours rire – est que ce sont les écologistes (et leur mouvance d’activistes très nuisibles et bruyants) qui ont conduit Monsieur Jospin à décréter le démantèlement de Super Phénix, signant par là l’arrêt des recherches sur la transmutation qui aurait (peut-être) permis - dix niveaux de conditionnel - de trouver une partie des solutions au problème – car s’en est un, et très sérieux – de l’élimination (ou de la non élimination) des déchets. Mais passons...
Si les journalistes faisaient leur travail avec sérieux et compétence, ce serait le genre d’arguments à mettre sur la table comme celui d’aller interviewer la partie adverse. Mais non, c’est plus porteur, d’être partisan, dans l’ambiance actuel de flatter ce qui va dans le sens du vent. Peu importe que celui-ci tourne dans un jour, une semaine ou un an.
On est journaliste et encore plus, on est journaliste du Service public, on se doit donc de dire et montrer ce qui est bien. La liberté, c’est eux. Avc cela ils vous diront en plus que jamais, au non jamais, ils n’auront été si totalement sous la pression du Pouvoir !
20:47 Publié dans Du journalisme | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
14 avril 2010
Trente ans....

« Mais plus loin, alors que je roulais vers Florac, le ciel, comme dans un changement à vue, s’est dégagé d’un seul coup. C’était après l’orage une journée nouvelle, offerte et plus précieuse d’être sans place assignée dans les calendriers […]. La pluie avait exhalé toutes les odeurs lourdes de la terre au printemps sur sa fin. J’étais dans une tumultueuse exaltation de bonheur. Et j’ai pensé alors qu’il me plairait d’écrire un livre sur la France, sur les paysages de France et sur leur saison la plus belle, celle-là, entre le fracas de Pâques et celui de l’été. »
« Je ne crois pas l’amour des lieux si répandu, au fond, qu’on se plairait à nous le faire croire, et m’étonne toujours, et m’agace, du peu d’attention que suscitent, et si courte, en général, au détour d’une route, un beau panorama sur une longue vallée aux plans bien marqués, la courbe solennelle d’un fleuve, l’échelonnement de collines bleutées sertissant une église romane, un hameau, une ferme auprès d’un bosquet. Je ne sache personne, non plus, sauf ma mère et un ami aujourd’hui exilé, perdu de vue, qui soit en voyage au diapason de mon enthousiasme, de ma curiosité, de ma frénésie à voir encore, la nuit presque tombée, et même au-delà, parfois, à la lumière des phares, un château perdu dans des bois, à suivre encore un chemin, à faire encore un détour. »
(Préface, écrite le 13 avril 1980, du Journal d’un voyage en France)
20:24 Publié dans Renaud Camus | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note










