05 novembre 2009

Marche forcée


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"A l'automne 1974, le cinéaste allemand Werner Herzog apprend que son amie Lotte Eisner, critique et historienne du cinéma, est très malade. Depuis Munich, il décide de se rendre auprès d'elle à Paris, avec la certitude qu'elle survivra s'il voyage à pied. Tenu du 23 novembre au 14 décembre, ce journal de marche est le témoignage d'un homme qui nous fait partager tour à tour ses moments d'exaltation, d'épuisement, de plénitude."

Excellent petit livre qui se lit d'un trait (ou le temps d'un voyage en bus). Une pépite du présent de narration, aux phrases percutantes. Une aventure insensée au nom de l’amitié. A découvrir.

03 novembre 2009

Penseur de notre temps

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"Il m’a fallu rencontrer l’Islam pour mesurer le péril qui menace aujourd’hui la pensée française. Je pardonne mal au premier de me présenter notre image, de m’obliger à constater combien la France est en train de devenir musulmane. Chez les Musulmans comme chez nous, j’observe la même attitude livresque, le même esprit utopique, et cette conviction obstinée qu’il suffit de trancher les problèmes sur le papier pour en être débarrassé aussitôt. A l’abri d’un rationalisme juridique et formaliste, nous nous construisons pareillement une image du monde et de la société où toutes les difficultés sont justiciables d’une logique artificieuse, et nous ne nous rendons pas compte que l’univers ne se compose plus des objets dont nous parlons".

Claude Lévi-Strauss, Tristes tropiques, 1955.

02 novembre 2009

Une justice pour tous

Drôle de psychodrame que l’émotion suscitée par le renvoi de l’ancien président de la République devant tribunal. Je ne comprends absolument pas les mines attristés et les bons sentiments de droite et de gauche qui trouvent que trop c’est trop. Chirac, président, était intouchable car il était la France. Le viser, lui, c’était entacher le Pays tout entier d’une marque d’infamie. On ne pouvait le traîner devant les tribunaux d’exception (et laquelle !) que pour trahison. Redevenu citoyen Français, sans mandat électif, il est amené à répondre des faits qui ne sont pas prescrits. Ce qu’on lui reproche n’est pas rien et mérite d’être jugé. L’homme Chirac est adoré des Français, donc des médias, donc de la classe politique. Je trouve cette mansuétude bien étrange et s’il était condamné pour les faits qui lui sont reprochés, le petit peuple aura beau jeu de dire « tous pourris », « collusion des puissants », etc. Les arguments les plus fallacieux qui sont avancés sont de deux types : 1) « c’est une vieille histoire » (certes, mais non prescrite et ce n’est pas au journaliste/au politicien du coin de dire le droit (c’est d’ailleurs pour cela que le droit existe)), 2) « tout le monde faisait la même chose au même moment » (sans doute, mais ce n’est pas une raison pour ne pas juger celui qu’on soupçonne d’avoir commis ce délit). Sur ce, se déroule toute une insidieuse campagne médiatique sur la Fondation du président, le bien qu’elle répand par-delà les océans sur les pays pauvres, etc. C’est sans doute juste et très vrai. Mais a-t-on le droit de mettre cela en avant, ou même en regard, lorsqu’il s’agit de la justice de son pays ?

30 octobre 2009

Tête à l'envers

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[Chamalières-sur-Loire]

26 octobre 2009

Autumn leaves

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Epidémie de c.....

La récente épidémie de grippe A, et la campagne de vaccination qui va bientôt débuter, sont l’occasion d’une incroyable crise d’hystérie anti-vaccinale. Folie d’ailleurs relayer par le corps médical (ou ce que la corporation journalistique nous présente comme telle). La qualité du débat est tombé si bas que le petit rédacteur en chef d’une petite antenne locale d’un média national se doit de trouver la voie discordante, ou supposée telle : celle ou celui qui ne se fera pas vacciner, parce qu’il sait – c’est la copine du fils de la concierge qui lui a dit – que le vaccin est très dangereux : il aura une grosse rougeur, un peu de douleur et quelques dixième de degré de fièvre. Mais l’adjuvant, c’est terrible. On ne sait pas trop ce que c’est mais toute le monde le dit, c’est très dangereux.

Comme pour le passage de l’an mil, on voit donc la rumeur, la peur grotesque des crétins enfler jusqu’à tuer tout raisonnement, tout esprit critique. Sans doute, certains supporteront très mal ce remède, plusieurs, peut-être en mourront. C’est très triste, regrettable mais c’est ainsi, c’est la loi des statistiques et des grands nombres. Faut-il laisser le virus se propager à tout berzingue pour notre petit confort ? Certainement pas. On a le droit, bien entendu, d’être contre la vaccination, pour des raisons personnelles. Mais on n’a pas le droit de mettre la vie des autres en danger (le premier axiome de la liberté, non ?). Je remarque, d’ailleurs, que celles et ceux qui hurlent aujourd’hui sont les premiers à donner les bonnes leçons de morale sur les comportements à tenir en telle ou telle occasion, champions de la prophylaxie, des dépistages préventifs et des fameux (et justes) combats contre les conduites à risque. Mais la leur, au non jamais !

Sur le fond, combien avons-nous vus de reportages sur le mode d’action d’un virus ? Sa méthode de fabrication ? Du nombre de maladie qu’on a pu éradiquer ou, au moins, dont on a pu freiner la propagation et combattre les terribles conséquences grâce à la vaccination. Très peu. Le niveau d’éducation scientifique (ne parlons même pas des connaissances) est tombé si bas (malgré le fameux slogan au positivisme implacable du niveau qui monte) que c’est maintenant presque impossible de faire passer un message de façon sereine et raisonnable (au moins, raisonnée). Un jour, Le zapping permanent et le culte de l’égoïsme nous emmènerons tous dans la tombe.

23 octobre 2009

Mélancolie

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Ici

23 septembre 2009

Pixels par millions

Je n’ai pas beaucoup avancé dans la retranscription des étapes marquantes du récent voyage en Forez et en Auvergne car j’ai, pour l’instant, beaucoup trop à faire avec les photographies. On peut les consulter au fur et à mesure de leur enregistrement dans Flickr grâce à ce petit outil (ça évite de « tourner les pages » dans Flickr).

Bach + Bach

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Deux disques « Bach » (ou de transcriptions de pièces de Bach), deux femmes au piano. Les ressemblances s’arrêtent-là. Le disque de Grimaud est plus vif, tempétueux  - le concerto BMW1052 y est pour beaucoup – mais, même la chaconne de Busoni d’après la deuxième partita pour violon, défile au galop (mais sans fausses allures). Chez Queffelec, on est dans la méditation lointaine et mélancolique – trop, à mon goût – ; ça devient une marque de fabrique, un ton qu’on retrouve d’un bout à l’autre du disque. Chaque note est ultra-précise et pourtant on entend énormément l’interprétation, le sens ou la lecture personnelle de la pianiste. Ce n’est pas condamnable mais c’est un peu monotone (chaque note lente, détachée du reste). Ceci dit, cette lecture fonctionne à merveille dans l’aria des Variations Golderg nimbée d’une jolie poésie et d’une grande rigueur métronomique. La prise de son chez Grimaud est très proche. Chez Queffelec - le début du disque surtout - tout est lointain, distancié de l’auditeur. Les deux sont à écouter, bien entendu !

20 septembre 2009

Le bocal

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Fish Tank film d’Andrea Arnold avec Katie Jarvis, Michael Fassbender, etc.

Très beau film, sur la naissance au monde adulte d’une adolescente prolétarienne Anglaise. Difficulté de vivre, difficulté d’aimer (et d’être aimée), difficulté de vivre de sa passion, brûlure du désir à l’adolescence. Tous ces thèmes sont excellemment bien traités, avec une tension dramatique soutenue jusqu’au bout du film (sans happy-end, ça nous change des téléfilms mielleux). Le portrait de l’amant de la mère qui devient également, un soir de saoulerie, l’amant de la fille est très bien amené (Cf. sa veulerie post-coïtum). L’atmosphère est sinistre, la mère ne parle à sa fille que par insultes et reproches. Les adolescents (et les parents) picolent d’importance ou volent des pièces de voitures dans les casses. Et malgré tout ça, une grande humanité se dégage de l’ensemble, sans misérabilisme. Jamais –en France, du moins - on n’a aussi bien filmé les H.L.M. (la vie des pauvres, la promiscuité, l’oisiveté). Et malgré le contexte et le Pays, on est à mille lieux des maximes marxistes d’un Ken Loach. Une vraie révélation avec une actrice profondément juste, poignante quelque fois. Chaudement recommandé.

18 septembre 2009

Le maire au maillot...

Demain, remise d’abonnements MC2 aux bénévoles et animateurs d’associations culturelles dans les quartiers ?

[Courte note dédiée à Monsieur Georges G., en respectueux hommage]

Le patrimoine, c'est d'abord le territoire du pays

« Et qu'en est-il du reste du patrimoine français ?

Le patrimoine, c'est d'abord le territoire du pays, et il est massacré. On bétonne l'équivalent d'un département français tous les dix ans. Rien ne va plus. C'est le fiasco complet de l'aménagement du territoire en relation avec le patrimoine. On bâtit n'importe comment, de manière anarchique, au lieu de recentrer la ville et les villages sur eux-mêmes. Avec la décentralisation de l'urbanisme, les lotissements se sont développés, il y a partout des villages-rues sans commerces, très chers en équipements publics. C'est l'un des problèmes majeurs. »

Extrait d’une interview de Jean-Michel Leniaud, historien, au Monde (17 septembre 2009).

Samedi 5 septembre 2009

Grenoble, St-Etienne, St-Rambert, Chambles, Château d’Essalois*, Château de Sury-le-Comtal**, Prieuré St-Romain-du-Puy***, Montbrison.

 

Départ matinal. J’ai voulu éviter le nœud autoroutier entre le grand périphérique lyonnais et l’A7 car j’en garde un cuisant souvenir lors de mon dernier passage : au moins une heure sans bouger pour prendre la bretelle pour St-Etienne. Cette fois-ci, je suis passé par la route nationale (maintenant départemental) qui mène à Vienne par La-Côte-St-André. J’ai réussi à m’emmêler les pinceaux dans la plaine de Bièvres mais la route fut excellente.

A la radio, j’écoutais la nouvelle émission du samedi matin, avant Répliques, celle qui parle d’économie et remplace le bourrage de crâne Masse critique de Martel. De l’Economie, je ne connais à peu près rien, bien entendu (comme au reste, d’ailleurs). Il s’agit d’une sorte de débats entre spécialistes de la chose, tous très habiles dans leur propos et à peu près tous en désaccord, si j’ai bien compris. A retenir : le problème de fond n’est pas la gesticulation sarkozyste autour des bonus des traders mais les problèmes plus complexes de liquidités, de taux de change, de la vanne à crédits ouverte en grand en Chine, etc. Sur la route, il faut ensuite éviter de se tuer sur l’Autoroute vers Saint-Etienne, qui est une horreur de trafic et de dangers. Tout ce pays-là est absolument monstrueux ! Les vilaines collines sont totalement urbanisées ; on se déplace au fond d’une vallée pauvre et sinistre. Arrivé à Saint-Etienne, ce n’est guère mieux. La ville se répand en couche épaisse sur des collinettes de golfs miniatures. Grandes barres d’immeubles un peu partout, antennes relais et hertziens. A fuir ! Mais c’est probablement injuste car la ville (son centre, s’il existe) doit pouvoir offrir mieux ; déjà, son musée d’art moderne, réputé. Jadis, j’étais venu passer là une sorte d’entretien pour une année universitaire supplémentaire dans une formation naissante qui semblait bien bancale. Mon sentiment n’avait pas été très bon. Je me souviens qu’un professeur ou un formateur m’avait reconduit à la gare par une succession d’avenues en pentes vertigineuses longées par des maisons noires. Rien de très engageant !

A force de bretelles d’autoroute, on finit par gagner le plateau Forézien, la grande plaine adossée aux monts du Forez. Première visite pour l’église Saint-André à St-Rambert (qu’on appelle aussi le quartier St-Rambert de St-Just-St-Rambert, c’est compliqué). Bien entendu, l’église est verrouillée à double tour mais il est possible de se faire prêter les clés à l’Office du tourisme (accueil charmant et souriant). L’intérieur est intéressant, il y a une curieuse suite de bas-reliefs, dont on se demande bien ce qu’ils font à cette hauteur et si ce ne sont pas des remplois, des ajouts, des comblements postérieurs de vide. Il y a deux clochers sur cette église dont un, très beau, excessivement massif fait un peu penser au modèle francilien « à la croisée du transept ». Quelques chapiteaux, surtout ceux près du portail d’entrée sous le clocher porche. Cette façade-là est très proprette, trop nettoyée et de récente date. De plus, le matin n’est bien sûr pas la bonne heure pour la voir. A côté de cette massive église, se tient une petite chapelle (Saint-Jean) qui est très peu de chose à l’extérieur mais assez jolie à l’intérieur, avec une belle abside romane et ses colonnes et chapiteaux. La ville de St-Rambert possède encore quelques vieilles maisons, même si sa proximité de la capitale régionale en a fait une cité dortoir. Il y a une belle porte, ou passage, dit franchise.

Avant de découvrir le château d’Essalois, je suis allé jusqu’à Chambles qui domine de très haut la Loire, élargie par le barrage de Grangent. C’est-là un très joli site, surtout vu depuis le sommet d’un donjon ou tour médiévale qu’on gagne par un escalier vertigineux et une succession d’échelles fixes. La vue, au fait, est panoramique (mais le vent du Nord soufflait très fort). Chambles, le village, est totalement endormi, pas un chat. On gagne Essalois par une petite route qui se termine en grand parking. Il faut un petit quart d’heure de marche pour rejoindre le château mais on doit aussi pouvoir terminer en voiture, le chemin est à peu près carrossable (mis à part quelques dalles granitiques qui affleurent). Le site est beau, le château ne l’est pas vraiment. Il date de 1580 mais surtout du XIXe et encore plus du XXe. L’intérieur a été totalement repris, sécurisé, mis aux normes, etc. Il n’y a pas toujours de toits mais le sentiment est celui d’être dans un chantier qui vient de se terminer. On domine toujours la Loire et ce curieux château de Grangent sur son île esseulée sur le fleuve. Il y a, sur une colline, en face d’Essalois, une sorte de château ou monastère qui attire l’œil et le soleil. C’est très beau.

Le château de Sury-le-Comtal n’est visible qu’en milieu d’après-midi, j’en profite pour me rendre au prieuré de St-Romain-du-Puy. Comme la Sacra-San-Michele, près de Turin, que nous avons découvert au mois de mai de cette année, il est situé sur un éperon rocheux. Site superbe sur la grande plaine du Forez. Encore plus beau depuis que le soleil a tourné sur sa trajectoire et qu’il illumine maintenant toute la région. On accède au prieuré par un petit chemin au travers des vignes, c’est assez pittoresque. Cet édifice est superbe, ancien au possible (origine carolingienne), complexe, rempli de reprises et de remplois. Au chevet des médaillons sculptés sont insérés dans les murs. L’intérieur est très « pur roman » avec une belle crypte et des fresques du martyr de Saint-Romain qui paraissent très fraîches (peut-être restaurées dans un passé récent). Il y a bien cette « usine fumante » qui était déjà là en 1980 (Cf. Journal d’un voyage en France) qui gâche toute la vue vers le Nord. Le portail d’entrée est d’un beau style fin du gothique.

Du château de Sury-le-Comtal, on ne voit pas grand-chose temps que la porte d’entrée n’est pas franchie. Celle-ci est à proximité très immédiate de l’église (jadis seigneuriale). Le château n’a pas grand air, à l’extérieur ; il est même peu de choses avec toute la partie Nord en ruine depuis l’incendie de 1937. Mais, comme pour les bonbons fourrés, le délice est à l’intérieur. Il y a un très bel ensemble de boiseries, toutes très variées et en assez bon état malgré que bien des pièces soient dans « le jus », ce que j’aime beaucoup. La propriétaire, qui me fait découvrir sa demeure, est charmante et tout à fait passionnée (on ne saurait l’être moins vu les richesses qui s’y trouvent). Un tout petit couloir mène à une sorte de chapelle privée qui, elle-même, donne dans l’église derrière un claustra de pierre.

Le parc est assez grand. Il donne vers l’Ouest et la rivière de la Mare, dont les débordements réguliers imbibent des prés humides et moussus. Il y a là quelques vieux arbres, dans le style du jardin anglais et une belle pièce d’eau dormante. Ce château, un peu caché, un peu absent est à découvrir.

Montbrison n’a pas bonne mine. Le Vizézy, le ruisseau qui la traverse est minuscule. Il y a quelques belles maisons entourées d’une sorte de boulevard extérieur qui donne à la ville sa forme et sa structure. Ce n’est pas vilain mais ce n’est pas superbe (mais tout ne peut sans doute pas l’être). Animation de samedi après-midi en province (c’est dire…). Vu la maison natale de Pierre Boulez, sur une belle avenue, très calme. La salle d’héraldique (et historique) La Diana était « exceptionnellement » fermée ce samedi (mince !). Elle est le siège d’une savante association d’érudits. L’église Notre-Dame de l’Espérance est assez belle. L’intérieur renferme le beau gisant de Guy IV, un comte de Forez mort en 1239 ainsi que la première posée en 1229 et une superbe croix. J’ai fait quelques recherches au cimetière pour trouver la tombe de Levet, le poète né à Montbrison. Elle a du être relevée depuis des années maintenant. En 1980, déjà, elle n’avait pas bonne mine (Cf. Journal d’un voyage en France). La conciergerie ( ?) du cimetière est bouclée à double ou triple tour. Il y avait, à proximité, une jeune femme toute en noir, au regard infiniment triste qui se recueillait sur une tombe récente. Il y a aussi un grand carré du Souvenir Français. Mauvais dîner d’une pizza avenue de la Libération et mauvaise nuit à l’hôtel Marytel, bruyant.

17 septembre 2009

L'horizon enveloppant

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« Quiconque émet aujourd’hui une phrase écrite ou orale n’entre plus dans les mêmes protocoles, ne convoquent plus les mêmes accords, n’active plus les mêmes liens. La langue n’est plus l’horizon enveloppant et paisible qu’elle fut probablement, jadis, pour quelques-uns ; elle n’a plus l’évidence de l’air qu’on respire, du chemin emprunté chaque jour, de l’arbre au bout de l’allée. » Lire, également, ici.

01 septembre 2009

Les derniers jours du monde

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Je mets une photo un peu aguicheuse pour encourager les mâles réticents (et toutes les femmes qui aiment les hommes et les femmes) à voir ce film fou des frères Larrieu. Les critiques reprochent les incohérences et les personnages au profil psychologique incongrus. Mais c’est justement ça le fond du film ! C’est la fin du monde, tout sombre, seul l’amour surnage, jusqu’au grand éclair thermonucléaire final. On ne saurait rêver mieux ! La traversée de Paris des derniers Adam et Eve de l’humanité, nus comme des vers, est magnifique. La belle chanson de Léo Ferré (« ton style, c’est ton cul ») fait un très beau générique de fin. Une belle critique de Jérôme Leroy ici.

Quand Amazon nous pousse un peu la main...

Chers lecteurs et utilisateurs d’Amazon, j’attire votre attention et vous incite à la méfiance vis à vis du service « Amazon Premium » qui permet de recevoir ses commandes en livraison express, gratuitement pendant un mois. En réalité, le premier mois est gratuit, ensuite c’est un service payant facturé 49 euros par an. En acceptant les conditions générales (celles qu’on ne lit jamais, à tort), cet abonnement est conclus tacitement (le montant vous est donc prélevé automatiquement). Vente forcée ? Pas vraiment puisque a) on vous a prévenu (chaussez vos lunettes et n'oubliez pas les bas de pages), b) vous pouvez résilier (« ne pas convertir » dans le jargon amazonien) en vous rendant sur « mon compte » et en farfouillant un peu. Pour échapper à ce vilain prélèvement automatique, je vous conseille, en outre, : a) de supprimer (toujours dans « mon compte/moyens de payement ») la référence de la ou les cartes bancaires utilisées pour le paiement de vos commandes, b) d’activer cette option de « non conversion » automatique et d’en garder une copie d’écran.

29 août 2009

L'homme sali

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Quelques lignes pour réagir au terrible lynchage antiraciste et médiatique – c’est souvent le même – que subit actuellement Paul Girod de Langlade, préfet de la République française, ancien officier de l’Armée. Je ne connais pas cette homme, sinon par le truchement de deux ou trois dépêches AFP retravaillées par des journalistes mous et consensuels. Son parcours, ses états de service, son dévouement pour l’Etat n’appellent que respect dû à l’homme et éloge à ses actions. L’abattage auquel il est soumis, l’aboiement rempli de haine de ceux qui l’accusent – toujours les mêmes, en de pareil cas, MM. Aounit et Sopo, par exemple – ne font que renforcer mon soutien envers lui. Etre raciste, ce n’est pas dire ce qu’il aurait dit : « il n’y a que des Africains ici » ou « on se croirait en Afrique ici », c’est dire à un Africain : « je te hais, je t’abhorre, je te déteste pour ce que tu es, au plus profond de toi, pour ta nature même ». Pour ce que j’en sais, ces propos là n’ont pas été prononcés, bien heureusement ! Les nuances et le sens n’ont plus cours en notre beau pays. Il sera même bientôt interdit de dire quoique ce soit, puis même de le penser in petto. Son ministre, courageusement, s’est vite couvert politiquement en s’achetant une belle virginité auprès des Fouquier-Tinville du bien-pensé: le limoger sur le champ, jeter sur lui et sur ses proches la honte et l’opprobre plutôt que d’attendre, au moins, les résultats de la procédure d’enquête et le renvoi éventuel devant la justice. Quoiqu’il arrive, l’homme est à terre, comme il l’a déjà été en 2002 et en 2006 mais où il obtint de la justice de son pays un non lieu et une victoire en appel.

26 août 2009

La rébellion n'est pas un contenu

« On ne se « rebelle » jamais contre rien, la rébellion est vide, puisqu'elle est précisément devenue le fin mot de l'ordre culturel établi, l'étiquette qui fait vendre. La rébellion n'est pas un contenu, c'est une attitude comme disent les journalistes de mode, c'est-à-dire un accessoire commercial comme un autre, un grigri décoratif. Un machin destiné à rendre désirable pour les « jeunes » les produits de l'industrie culturelle*. La novlangue l'a emporté : les mots disent le contraire de leur sens. Le conformisme s'appelle rébellion. Les Inrockuptibles, c'est exactement cela. Cette « rébellion », c'est à dire cette illusion destinée à rendre plus sexy un total acquiescement aux valeurs dominantes, Les Inrockuptibles en est le parfait représentant. »

in La banque, c’est rebelle (Pierre Jourde)

* Personnellement, j’aurais écrit « industrie du divertissement ».

Quitter sa dépouille

« L'école est, par excellence, le lieu où l'on doit apprendre à lire. Mais elle a depuis quelque temps changé son fusil d'épaule. Au lieu de mettre l'admiration au cœur du projet éducatif, elle met la culture au pluriel et devient ainsi la poubelle de l'actualité et de la mode. Elle se ferme aux œuvres sous couleur de s'ouvrir au monde. Il faut que le président de la République dise du mal d'un grand roman du XVIIe siècle pour que les tenants d'une pédagogie de proximité redécouvrent ses vertus. Ceux-là mêmes qui considèrent comme arbitraire et réactionnaire l'idée d'une préséance de la langue classique sur la langue des banlieues brandissent maintenant face au bling-bling l'étendard de La princesse de Clèves. Mais une école qui a besoin pour réintégrer Madame de Lafayette de lui décerner, comme au rap, le label de la rébellion a oublié que sa mission première est de dépayser les élèves et de les transporter hors d'eux-mêmes. »

Extrait de l’entretien entre François Busnel et Alain Finkielkraut à l’occasion de la parution du livre du philosophe intitulé Un coeur intelligent (Stock, Flammarion).

21 août 2009

Lapsus

Hier soir, sur France Info: "Usain Bolt a définitivement rayé des tablettes Michael Jackson ... euh pardon.... Michael Jonhson"