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Air du temps

  • L'horreur.

    Le 13 novembre, une dizaine de musulmans a réussi à tuer cent trente personnes et à en blesser plusieurs centaines. Pour la première fois, des terroristes se sont fait exploser sur le territoire métropolitain. Au mois de juin, un homme avait été décapité en Isère par un autre fou de Dieu (présenté d’abord comme déséquilibré puis rapidement reconnu pour ce qu’il est). L’effroi est considérable, à tous les niveaux de la société. Même leurs coreligionnaires, semblent, cette fois-ci abasourdis. On les entend toujours aussi peu (ou aussi mal) mais c’est à peu près le sentiment qui ressort des « micros-trottoirs ». L’état d’urgence a été décrété immédiatement. A Sens, un couvre-feu a même été mis en place. Il n’y a pas de jours sans « annonce » de perquisition, de saisie d’armes, de stupéfiants, etc. Une partie des complices ou des auteurs du carnage a été éliminé le mercredi suivant à Saint-Denis. Ils étaient apparemment logés par un petit caïd de banlieue, lui-même musulman (sans doute pas très pratiquant si on en croit sa parure). Les comparses et complices étaient tous plus ou moins connus des Services de police, fichés pour radicalisation ou pour délinquance « ordinaire ». Tous avaient été en Syrie ou se réclamaient du djihad ; deux ou plus des bombes humaines étaient arrivés, via la Grèce, dans le flux des migrants illégaux qui ne cesse de grossir depuis le début le début de l’année et qui s’est encore accru depuis l’été, date ou la chancelière Merkel les a appelé à venir sans restriction, leur offrant gite, couvert et emploi. Elle a depuis fait marche arrière, son pays étant débordé par la masse considérable des nouveaux-venus, Syriens, Africains, Afghans, que sais-je encore ? La Commission européenne a emboîté le pas de l’Allemagne. La France, pour une fois, a un peu minaudé et pris le « minimum syndical. Les Français semblent majoritairement hostiles à la venue de nouveaux immigrés. Les sondages pour les élections régionales plaçaient dès l’été le Front National en bonne position, les socialistes en nette baisse, et Les Républicains – quel nom de parti ridicule ! – en position incertaine. Si la machine médiatique mise en place par le ministre Cazeneuve s’est attachée à montrer les forces de l’ordre aux frontières avec l’Italie, refoulant les « clandestins », elle a également permis de montrer que le saupoudrage était maintenant la mise et que le plus urgent était de répartir les migrants demandeurs d’asile partout où ils n’étaient pas jusque-là. De courageux et pharisiens maires ont demandés (et obtenus sans délais) leur quota de migrants, pour se donner un beau sauf-conduit médiatique (à défaut d’être toujours populaire auprès de leurs électeurs). Dans le même temps, on apprenait que les déboutés du droit d’asile n’étaient qu’exceptionnellement reconduits à la frontière. Etre en France est maintenant suffisant pour être naturalisé quelques années après. Bref, l’appel d’air n’est pas fini.

    Les récents événements ont montré que les frontières de l’Europe (et les frontières intra-européennes tout autant) étaient des passoires où tout à chacun pouvait librement voyager, les plus malintentionnés encore plus, et sans surveillance ni contrôle. Très rapidement, de nombreuses polémiques ont vu le jour. Les Services antiterroristes furent accusés d’être incapables de rationaliser leur surveillance, d’être même inefficaces malgré les récentes et (trop) nombreux réorganisations. Je n’en sais rien, et ne me joindrai pas à la meute des experts de la vingt-cinquième heure qui nous abreuvent de leurs certitudes sur les chaines d’informations en continu. Ce qui semblent encore fonctionner, pour le coup, c’est le travail rapide d’enquête après le drame qui a permis de retrouver sans délai, les éléments du puzzle jusqu’à mettre hors d’état de nuire certains des terroristes. Malheureusement, tout cela s’accompagne d’une déplorable mascarade médiatique où le « patron » du RAID va (dans une langue bien vilaine, soit dit en passant) raconter, rejouer – je ne vois pas d’autres mots – l’assaut donné par ses hommes dans la cache de Saint-Denis. On l’a vu successivement en treillis ou en grande tenue de policier. Il est probable que ce show médiatique fasse partie de la contre-guerre médiatique nécessaire pour « rassurer » les citoyens, sans doute pas « pour faire peur » aux terroristes, tous en provenance de zone de guerre autrement plus violente. Bref, depuis janvier (au moins) le pays est plongé dans le storrytelling ; tous les ministres s’y sont mis, Cazeneuve en tête qui possède en ce genre un savoir-faire magistral (la mine sombre, le self-control, le vocabulaire choisi). Valls emboîte le pas (ou donne le la). Hollande n’arrive pas à la cheville de ses ministres, ne pouvant pas mettre une once de grandeur dans sa diction. Son redoublement du sujet, maintenant devenu tout à fait pathologique, le dessert beaucoup (encore que bien des journalistes aient emboîté le pas, libérés sans doute qu’ils sont par l’exemple venant du haut, et qui vaut quitus). Le ministère de la Défense, jadis si discret, a maintenant ses communicants en chef. Pas un seul vol de reconnaissance ou largage de bombes n’est suivi d’un communiqué de presse. Bref, il faut baratiner, toujours plus, souvent pour ne rien dire du tout. Les Français demandent leur drogue, ils veulent leur dose d’image et de bavardages, aussi insipides qu’ils soient. Peut-être que tout cela les maintient sous anesthésie générale.

    J’ai appris la commission de ces attentats alors que j’étais dans le TGV en route pour Lille où je me rendais pour l’enterrement de mon amie S. J’ai peu dormi, m’étant couché très tard. Le réveil, avec l’annonce de cette centaine de mort, fut encore plus difficile et, pour tout dire, totalement tragique. Sidération, tristesse infinie comme pour chaque victime du terrorisme, aussi éloigné qu’on soit des victimes. En l’occurrence, la « génération Bataclan » comme il faut maintenant dire en suivant la novlangue officielle est (presque) aussi éloignée de moi que le sont les monstres qui ont commis cet acte. Je ne les mets pas au même niveau, bien au contraire. Ce sont des victimes, des innocents assassinés au hasard, sans une once pitié ou de remords. Très désagréablement, les médias officiels en ont fait des sortes de héros. Le Monde, jamais à court d’idée pour caresser les sentiments dans le sens de l’émotion brute, à même publier de courtes biographies des victimes. Elles sont toutes décrites comme gentilles, attentives, ouvertes aux autres, etc. Je trouve cela totalement déplacé, sans doute en partie par ce que suis moi-même rien de tout cela ; un journaliste aurait sans doute bien du mal à trouver quelque chose de positif dans ma vie. Il faudrait broder alors qu’on souhaiterait être anonyme, une fois de plus, et surtout après sa mort. Pour en revenir à la vie des morts, je fus très troublé d’apprendre que nombre d’ingénieurs, de cadres, d’universitaires, de « professions supérieures » comme on disait jadis, parmi les victimes, avaient des goûts personnels plus proches du divertissement que de la culture. Et même, le rock et la bande dessinée étaient toute leur vie. Je ne me lasse pas de redécouvrir cela à chaque fois. Pour tout dire, je n’arrive pas à m’y résoudre. Mais, à quoi bon ? Puisque maintenant tout se vaut à peu près.

    L’hommage national de vendredi dernier (28 novembre) a été sur ce point tout à fait révélateur. Le discours écrit par François Hollande était, pour ce que j’en ai entendu, bien passable, un peu laborieux et manquant de hauteur (on est habitué). Pour la cérémonie, les chansonnettes de variétés n’avaient guère leur place en ce lieu, même si Bach, également, a été entendu. L’histoire de la  musique française – si l’on voulait faire dans le national – regorge de pièces de choix (le requiem de Duruflé, celui de Fauré, etc.) autrement plus fortes et intenses qu’une chanson de Barbara. Peut-être a-t-on voulu ne gêner personne et satisfaire ce que les familles écoutent chez elle (de la variété, donc). Reste que l’hommage est manqué, à mon sens. L’invitation à pavoiser n’était pas mauvaise, mais la parole politique, le propos de l’élu du Peuple, est à ce point faible, qu’une foule de ricaneurs a trouvé cela déplacé. La République toute entière, par l’affaiblissement de la voix du président, est ainsi meurtrie. Malheureusement, cela ne date pas d’aujourd’hui et les attentats n’en sont pas la cause.

    Un versant intéressant de l’onde de choc post-attentat fut sur les réseaux sociaux. Si vous êtes lecteur de X ou de Y (sans oublier Z) tous critiques du monde comme il va, c’est que vous êtes leur fervent soutien, ami du camp du mal. Des defriendages furent légion dans les premières heures. Il fallait se nommer et dire dans quel camp on était (et surtout pas critiquer tel ou tel). Tout cela venant de personne prêchant au quotidien la tolérance, et toujours attentive à la liberté d’expression (celle-ci étant, justement, de quelques fois n’avoir rien à dire de particulier). Il y eut également des traînées de poudre, des publications en boucle et sans fin. Villepin et Trévidic ont été les plus cités, les plus relayés et quelques fois les plus adorés. Le moment avait besoin d’oracles et de messies. Ces grandes paroles m’ont toute semblé un peu frelatées, même s’il y avait sans doute du vrai dans leur propos.

    Par ailleurs, j’ai senti bien des catholiques mal dans leurs sandales. Ils étaient très justement horrifiés par la situation, mais un peu paralysés par le fait que toute critique un peu forte de l’Islam, était, en filigrane, une certaine remise en question de la religion (même si les Catholiques ne se font pas exploser et ne commettent pas d’attentat aveugle, il leur suffisait de dire cela). Leur Pape (le mien ?) ne les aide pas beaucoup en ce sens, en versant, à mon avis, dans un tiers-mondisme facile et sympa, et vers un refus de reconnaissance d’où vient le mal (sans doute pour éviter de mettre de l’huile sur un feu déjà bouillant).  Le temps de l’ouverture à l’autre, au message d’apaisement sans fin (et sans suite) envers les musulmans est peut-être maintenant dépassé. Sans appeler à la guerre, il faudrait peut-être dire les choses comme elles sont. La situation est à peu près la même pour l’accueil des migrants : respecter, partager et vivre le message de l’Evangile (l’accueil et l’aide aux pauvres, aux nécessiteux) tout en refusant de voir que cette arrivée de populations étrangères, en grande majorité musulmane, accélère le déclin du catholicisme dans le pays, sans pousser les récalcitrants, dont je fais suis, vers l’Eglise. Il y n’y aura donc pas de sursaut de ce côté-là, la croyance religieuse dépassant, hélas, le sentiment d’appartenance à une civilisation commune (qu’on soit croyant ou pas, mais Français, Occidental, avec une histoire commune).

    Pour terminer, les monstres ayants commis ces actes ont à peu près le même profil que ceux du début janvier. Ils sont jeunes, désocialisés avant ou après des faits de délinquance, souvent condamnés mais n’ayant que bien rarement payés leur dette à la société. Ils étaient spontanément les petits chéris d’une certaine classe politique qui ne peut les décrire que comme des victimes du système ou du vieux fond de racisme des Français (les petits blancs). L’Ecole n’a rien pu faire pour eux, ne réussissant pas à les sauver de leur déterminisme social, ethnique et religieux, renforçant même sans doute leur pauvreté intellectuelle.  D’ailleurs, leurs voisins, leurs coreligionnaires, les services sociaux, personne ne comprend leur trajectoire. C’est bien là le plus inquiétant. On ne voit pas la réalité de ces êtres. Ils ne sont pas des têtes pensantes, souvent décrits comme peu religieux, mauvais pratiquants, probablement aussi abêtis par les fripes et les gadgets technologiques que n’importe quel Français de leur âge. Ils sont à ce titre, très Français-du-temps-présent. Reste à comprendre pourquoi ils sont la proie si facile pour les fous de Dieu du drapeau noir. Qu’est-ce qui les pousse dans les bras de la mort ? La volonté d’être un héros ? Mais ils sont déjà caïds de cité avec l’assentiment d’une partie des élus du peuple (la paix sociale n’a pas de prix). Un certain nombre d’entre eux sont des convertis de fraîche date. Ont-ils besoin d’une transcendance qu’ils ne retrouvent pas ailleurs ?  Mais la plupart ne possèdent même pas les rudiments de la religion qu’ils prétendent servir. D’une manière générale, l’Islam semble bien trop compliquée pour les têtes vides. Tous les responsables religieux musulmans paraissent détenir leur vérité du Coran. Tout n'est-il qu’interprétation des sourates, à ne pas prendre au sens littéral, si j’ai bien compris ? Un autre, ailleurs, vous dira le contraire. Pour conclure,

    « Sans rail ni terminus, ne vat-on pas se mettre à baguenauder, se complaire à tout  et n’importe quoi, sans critère ni repères ? Et si tout devient également dérisoire, matière à persiflages et à guignolades, pourquoi se gêner et ne pas demander 100000 euros au Qatar pour une petite conférence ? Le démon de l’absolu nous a quitté en emportant dans ses bagages le noir et blanc, bon débarras ; tant pis pour l’amour immodéré du vrai, qui fait le fanatique, et tant mieux pour les nuanciers et les étalonnages. Mais la remise à l’horizontale d’une société de consommateurs impatients voulant tout,  tout de suite, ne fait pas que décourager l’épargne et l’investissement en encourageant les achats d’impulsion, voire à piquer dans la caisse. Elle devra faire face à l’insurrection meurtrière des verticales refoulées aux confins, dont le feu sacré viendra nous lécher les pieds. Et tenter, à domicile, d’échapper à l’ennui de notre nouvelle triade : compétitivité, productivité, rentabilité. La chair est triste, l’horizontale aussi, surtout quand on ne lit plus de livres ; et les distractions au cynisme assez limité. »

    Régis Debray Madame H.

  • Race

     

    « A Sébikhotane, après ma conférence, maints élèves vinrent à moi, spontanément. Ni la différence de race, ni celle de l'âge ne nous étaient à contrainte. »

    Maurice Genevoix, Trente mille jours.

     

    « […] je pense beaucoup à ce qui se passe dans notre pays et dans le monde, et j’ai de fréquentes crises d’angoisse, non pas sur l’avenir matériel de notre race, mais sur son avenir moral […]

    Roland Barthes, Lettre à Philippe Rebeyrol, 7 mars 1940, in Roland Barthes - Album (Seuil, 2015)

     

  • Transhumance

    « Une des manifestations les plus évidentes de la formidable spécularité en œuvre est bien entendu le tourisme de masse, une section considérable de l’humanité consacrant maintenant une bonne part de son temps, et, non moindre, de son argent, à aller contempler les autres, ou la même, en leur habitat naturel, c’est-à-dire bien sûr culturel – lequel habitat doit bien sûr, pour faire face au tourisme de masse, pour donner satisfaction aux voyageurs à leurs habitudes, à leurs goûts, pour administrer des flots humains de grande ampleur et bien sûr pour assurer aux pays hôtes les notoires ‘’retombées économiques’’ sans quoi tout cela n’aurait qu’un maigre intérêt pour eux, procéder à des aménagements toujours plus massifs, dont l’effet le plus évident, et en même temps le plus durable, est que non seulement ils dépouillent de tout attrait les régions visitées mais qu’ils les rendent de plus en plus étroitement semblables au pays d’origine de leurs visiteurs. Plus les uns sont avides de connaitre les autres, moins ces autres sont autres et plus fort est leur désir, à leur tour, de jouer aux touristes et de connaître les régions d’où leur arrive cet afflux continu de voyageurs et de curieux »

     

    Renaud Camus – La Civilisation des prénoms (Chez l’auteur, 2014)

     

    Photographie Le DL/Jean-François Souchet

  • Consternation(s)

    Hier, en fin de matinée, un commando de deux musulmans a assassiné douze personnes au siège du journal satirique Charlie Hebdo. Peines, rages et douleurs infinis, comment cela pourrait-il être autrement ? Aussitôt des manifestations spontanées ont fleuri ici ou là dans tout le Pays. Les plus hautes autorités de l’Islam de France (sic) alors en voyage chez le pape, leur nouvel ami bienveillant, ont appelé les fidèles du prophète à se joindre aux divers cortèges. Un rapide tour des médias sociaux montre qu’il y avait bien peu de mahométans dans ces rassemblements et beaucoup de l’éternelle petite gauche pleurnicheuse et bien-pensante. Rapidement, également, un slogan sot et idiot « je suis Charlie » a fleuri un petit peu partout, se répandant à grande vitesse sur la toile (le mieux étant de l’afficher comme photographie de profil internet sur le plus de sites,  pour bien montrer sa communion en douleur insondable). Hélas, c’est une communion de non-pensée. Mais où vivent ces gens, ne lisent-ils pas les journaux, ne regardent-ils pas la télévision ? N’ont-ils pas compris que ce qui a été perpétré hier n’est que le quotidien de millions de personnes en terre d’Islam ? Communion de non-pensée, également, car au lieu de s’identifier à la victime-cible, il serait urgent de se déciller et de voir d’où vient le mal et quelle religion en est le terreau fertile. Mais surtout, pas-d’amalgame, comme le disent si bien nos hommes politiques à la mine défaite (on les comprend). Charlie Hebdo les traînait dans la boue, sans doute moins que les catholiques et les musulmans, mais ils l’adoraient, par un curieux masochisme de bon aloi qui leur a également permis de rire aux éclats (avec la foule des abrutis subjugués) devant les Guignols de Canal +. Hélas, comme ces derniers, Charlie Hebdo n'avait oublié qu’une chose : rire de lui-même et de sa bassesse. Mais c’était peut-être son ignominie qui faisait une part du génie de son génie, rare talent de la satire la plus effrénée, sans limite, ordurière, devant laquelle on rit pour satisfaire ses sens les plus bêtes et méchants, tout en jouissant d’être si bête et méchant de rire ainsi.

    Que va-t-il se passer maintenant ? Sans doute rien. Tous – journalistes, politiciens, monde de l’entreprise, sociologues appointés, etc. –  mettront une énergie colossale – ils ont de la ressource, les bougres ! – à nous convaincre que nos sens nous trompent, que l’Islam est fondamentalement une religion de paix, que les musulmans sont tous des gens de grande tolérance religieuse, etc. Ce qui est vrai, mais oui, il n’y a qu’à consulter une carte des conflits meurtriers sur notre Terre pour voir combien l’Islam n’a rien à faire là-dedans. D’autres idiots (les idiots inutiles) iront incendier des mosquées, peut-être même agresser physiquement des musulmans. Ces criminels sans cervelle détruiront dans l’œuf tout combat digne et républicain (mais ferme) contre cette religion qui sème la terreur et la mort. Les prédictions du dernier livre de Houellebecq sont peut-être bonnes. En 2020, la France et les Français seront à ce point anesthésiés (l’anesthésie aura été longue mais finalement complète) que l’élection d’un musulman modéré est peut-être possible, actée par les forces girouettes d’une classe politique muette dissoute dans un centre-gauche-droit de guimauve, sous le regard protecteur de Monseigneur, si content de se requinquer pour si peu de frais.

    Malheureusement, nous n’avons peut-être aucune autre solution que de nous soumettre, le venin étant instillé depuis longtemps dans nos veines. Il a gagné jusqu’à gâter complètement notre esprit. Au nom des valeurs qui sont les nôtres (démocratie, tolérance, respect mutuel) nous serons incapables de changer le cours des choses. La France mourra à cause de ses propres idéaux.  L’épiphénomène Front National, si tenté qu’il puisse prendre un jour une part du gâteau, nous fera perdre bien du temps pourtant si utile pour enclencher enfin la révolte. La martingale est viciée car en donnant jadis délibérément et généreusement  la nationalité française à nos enfants d’immigrés –  toujours incapable d’embrasser nos valeurs après trois générations (1000 ou plus de nos « « enfants » » combattent contre leur patrie en Syrie et en Irak) – nous nous coupons du dernier ressort à notre disposition : renvoyer ces binationaux à leur chère terre d’Islam. Aucun politicien en place ne peut le faire, soit par calcul électorale de circonstance, soit par amour sincère des mahométans. De toute façon, les traités européens sont ainsi faits, qu’une cour de justice supranationale aura tôt fait de nous remettre dans le droit chemin.

    Voilà, il n’y a plus qu’à aimer tant que nous le pouvons les nôtres, profiter de nos derniers bons moment, ne plus penser que la France du futur sera la terre que nos ancêtres ont bâti si patiemment, élevant notre civilisation au plus haut.

    Postface : j’ai été bouleversé par l’intervention de Jeannette Bougrab, ce soir, sur le plateau du journal de TF1 (face à un infâme journaliste)

    Postface 2,  la superbe chronique de Pierre Jourde : http://pierre-jourde.blogs.nouvelobs.com/archive/2015/01/07/les-salauds-absolus-552076.html

     

  • Un anniversaire et une parution

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    Parmi les témoignages sur le Vercors résistant, la parution récente de La vie inimitable – dans les maquis du Trièves et du Vercors en 1943 et 1944 d’Yves Pérotin « Pothier » est et sera un phare essentiel de l’histoire de la Résistance. Le livre est magnifiquement édité et commenté par la fille de l’auteur, Anne Pérotin-Dumon, chercheur à l’IHTP. Je ne suis pas fan du renvoi des notes à la fin des ouvrages, obligeant ainsi le lecteur à d’interminables tournages de pages. Mais la qualité de cet appareil, souvent très éclairant du point de vue historique, est un atout majeur du livre. Ce récit oscille avec bonheur entre le journal personnel et carnet de marche des unités combattantes. Il relate, au quotidien, la vie des maquisards sans cacher les moments difficiles, y compris ceux liés à la vie en communauté, aux frictions entre hommes. Il ne « psychologise » pas et ne s’aventure pas sur le terrain des explications concernant le manque de soutien des Alliés au printemps 1944. Les combats de Vassieux au col de La Chau sont parfaitement retranscrits dans un style vivant. Il y a un intérêt littéraire à lire ce texte, écrit d’une belle plume vivante et pétrie de références spirituelles et littéraires. En ce sens, il est un parfait complément aux Témoignages sur le Vercors de Joseph La Picirella qui, lui, a visé, jour après jour, à l’exhaustivité, à la relation des faits et des morts, qu’ils soient dans le camp de la Résistance ou dans celui de l’occupant.

    Le soixante-dixième anniversaire de la Libération de la France a donné lieu à plusieurs « évènements » dans notre Région. Le musée de la Résistance et de la Déportation de Grenoble propose ainsi une exposition intitulée Vercors 40/44. Elle est sans doute destinée à un large public de scolaires car elle ne propose presque aucun document original mais que des fac-similés et de grands panneaux verdâtres à visée informative et pédagogique. C’est un peu indigne de l’événement à l’heure où les survivants sont de moins nombreux et où l’Ecole ne transmet plus grand chose. Hélas, le micro-espace au rez-de-chaussée du musée se prête assez mal à des expositions d’envergure. Il aurait sans doute été possible de délocaliser l’exposition dans un des nombreux lieux vides (l’ancien musée de peintures, l’ancien palais de justice, …) de Grenoble qui possèdent de beaux volumes pour de grands événements. Mais peut-être qu’alors, c’est l’exposition elle-même qui serait apparue bien chétive. Le catalogue est plus intéressant et un complément tout à fait indispensable. Malheureusement, on y lit sous la plume Philippe Hanus, une charge contre le discours de Nicolas Sarkozy aux Glières en novembre 2009, accusé cette-fois-ci de ne pas avoir reconnu la contribution des étrangers à la Libération de la France puisqu’il a dit que dans notre pays « il n’y a pas de place pour la burqa ». Ce petit paragraphe tombe très mal à propos dans le contexte actuel et relance une polémique inutile. Sur le fond, je partage bien entendu l’avis du président de la République de l’époque : la burqa n’a rien à faire en France (faut-il encore l’écrire ?).  J’avais déjà noté un changement de ton général sur la vision historique (ou des historiens de notre temps)  dans l’intéressant volume intitulé Vercors – Résistance en résonnance publié en 2008 (sous la direction de Gilles Vergnon et … Philippe Hanus) à l’occasion du soixantième anniversaire. L’Histoire s’ennuie avec le passé, déjà largement relaté par les témoins des combats. Les historiens, à force de mises en perspective, finissent par transférer leurs propres paradigmes dans leurs écrits. Il ne s’agit plus de comprendre, il faut préparer l’acceptation du fait qu’il n’y a pas une Résistance mais des résistances – la majuscule est difficile à mettre – et si possible démontrer  que les « combats » de maintenant (comprendre la lutte pour les soi-disant sans-papiers, les minorités visibles et invisibles) est la mère de toutes les batailles et est, en tous points, comparable à la Libération de la France à la fin de dernière guerre. L’Etranger, la figure de l’Etranger est ainsi mise au firmament  – souvent à raison lorsque son courage  a permis de libérer un Pays qui n’était pas le sien – pour les besoins de la cause du jour.

    Beaucoup plus intéressante est l’exposition Ecrire et résister proposée par la bibliothèque municipale de Grenoble qui a sorti de ses archives de nombreux documents liés aux écrivains résistants, notamment des lettres de Jean Prévost, figure essentielle et tutélaire de cette période pour les gens de lettres. Ici, l’espace est vaste et bien organisé. On est à l’aise pour lire et voir. Il n’y a malheureusement pas de catalogue.

     

    Pour l’instant, les cérémonies de commémoration des premiers combats du Vercors ont eu bien peu de retentissement. La cérémonie au mémorial de Saint-Nizier-du-Moucherotte fut on ne peut plus plate et consensuelle : on fait chanter une classe ou deux de scolaires pensant peut-être ainsi que la transmission de la mémoire de l’Histoire est réalisée. Notre maire, fidèle à lui-même et au soi-mêmisme qui est sa règle suprême est venu comme il va chercher son pain (en jeans et sans cravate). Aucune autorité politique gouvernementale ne s’est déplacée (peut-être n’est-ce-pas si mal vue l’équipe en place). Mais, attendons les « temps forts » de juillet et août pour tirer des conclusions sur le versant commémoratif.

  • Un maître à ne pas penser

    Plutôt que de ressasser ce que j’ai déjà dû écrire ici – je n’ai pas le courage de retourner en arrière, le sujet n’en vaut pas la peine – concernant ce vieillard délirant de Stéphane Hessel, je préfère recopier, ci-dessous, le communiqué du CRIF qui résume parfaitement ma pensée et avec qui je suis en plus parfait accord. Hessel est à l’image de notre époque. Que quatre millions de personnes aient acheté son horrible brochure, que des traine-savates d’Europe et d’ailleurs se soient revendiquées de lui en dit assez sur ce bonhomme infect, par ailleurs grand soutien des musulmans terroristes du Hamas, etc.,

     

    « Il est de notoriété publique que nous étions très opposés à ses prises de position, notamment à sa volonté  obsessionnelle de faire de Gaza l'épicentre de l'injustice dans ce monde et du Hamas un mouvement pacifique, quasiment d'assistance sociale, contrastant avec son indifférence aux tragédies humaines et aux crimes de masse qui se déroulent de nos jours  dans un silence général.

    Il est vrai  que nous étions stupéfaits par sa propension à grandir ou à laisser grandir par ses thuriféraires dévoués,  le rôle qu'il avait tenu dans plusieurs événements importants de notre histoire ainsi que par la volonté des médias de ne pas relayer ses déclarations sur la bénignité de l'occupation nazie en France qui, émises par tout autre que lui, auraient soulevé l'indignation.

    Il va sans dire que nous étions effarés par le succès de son fascicule d'une indigente indignation.

    Nous pensons que la mise au pavois de Stéphane Hessel, malgré ses accommodements avec la vérité historique et sa faiblesse argumentative, en dit beaucoup sur le désarroi intellectuel de notre société et sur le rôle aberrant qu'y joue le marketing des individus qu’on  transforme  à bas prix en luminaires idéologiques.

    Stéphane Hessel fut avant tout un maître à ne pas penser.

    Son grand âge, son sourire, son apparente ingénuité, son indignation focalisée et ses poèmes surannés évoquaient un monde angélique, mais pavaient la route, certainement sans qu’il le voulût lui-même,  aux véritables criminels tapis derrière l’enfer des bonnes intentions.

     Le travail de déconstruction de Stéphane Hessel sera effectué. Mais en ce jour de sa mort, nous voulons aussi retenir de lui qu'il fut un résistant courageux, un contributeur, modeste, mais réel, à la lutte pour les droits de l'Homme (y compris à l'époque des refuzniks) et un amoureux passionné des lettres françaises. »

     

  • Mali (I)

     

    La  guerre qui se mène actuellement au Mali est celle de notre Liberté des années à venir. Le cancer « islamiste » - j’ai de plus en plus de mal à employer ce terme, je préfère mille fois celui de terrorisme musulman – est une plaie toujours sanglante, une épine dans notre pied. Nous sommes partis d’Afghanistan couverts de honte, celle d'avoir dit des années durant que nous n’étions pas en guerre mais à la demande des populations locales ou de leurs dirigeants corrompus et mafieux pour "participer au rétablissement de la paix et au développement du Pays", celle d’avoir affirmé haut et fort des dates de retrait toujours plus rapprochées sans même donner quelques objectifs militaires à atteindre. Cette guerre qui n’a jamais dit son nom nous a coûté 88 soldats et des centaines de blessés. Certes, nous avons formé une armée (ou tenter de le faire) avant même d’avoir gagné une once de terrain. Nos soldats n’ont tenu que des points stratégiques, ils n’ont rien conquis faute d’ordre en ce sens. Ils ont fait de la formation, de la police, de l’assistance aux populations (qui les a souvent bien mal remerciés) mais en aucun cas ils n’ont gagné militairement, sauf quelques coups de force. Les talibans, malins, ont reculés et avancés quand il le fallait. Ils sont toujours là et le seront encore pour longtemps, la zone sera un bubon infecté pour des décennies. Certes, les drones sont là : ils ont permis d’éliminer quelques chefs, de désorganiser ici ou là, mais ces fanatiques ont cette capacité redoutable de toujours se remobiliser juqu'au don de leur vie qui, pour eux, contrairement à nous, ne vaut pas grand-chose. Nous, Occidentaux, ne faisons que de nous démobiliser, ne luttant que pour le maintien de l’univers marchand et la jouissance de l’immédiat par le consumérisme à outrance. Je lisais l’autre jour dans le Monde, un long article consacré aux familles et aux proches de nos militaires tués. Quelques-uns n’ont de cesse que de porter plainte et d’accuser le commandement militaire et au-delà « les politiques » de fautes, d’erreurs, d’errances. Qu’il y ait eu des erreurs, personnes n’en doutent mais, jadis, quand on était militaire (ou d’une famille de militaire) on avait l’esprit du groupe, du corps et celui de l’intérêt suprême de la Nation. On apprend ainsi, au détour de l’article, que malgré l’interdiction formelle des autorités militaires, les soldats ont des portables. Au Mali, on voit un soldat Français porter un foulard avec une tête de mort, sans doute bien loin de l’uniforme officiel. La forme, la tenue, le respect de la règle, tout cela est ce qui nous quitte en premier. Ce qui est très marquant,  également, est que tout le monde parle et veut parler à tort et à travers. L’Etat-major a sans doute dû taper un peu du poing sur la table car, au commencement des opérations maliennes, il suffisait d’écouter tel ou tel homme de troupe pour connaitre les grands mouvements tactiques ou, au moins, les axes d’attaque. Le moindre soldat a donc un portable, un appareil photo, un compte twitter, une ribambelle d’amis sur Facebook. Il est comme le lycéen, il n’a en général rien à dire de bien intéressant mais le dit instantanément à la ronde au grand bonheur du journaliste qui, au Mali, s’étonne que la guerre soit « sans image ».

  • Interpellé alors qu’il siphone un réservoir

    Il était environ une heure du matin, dans la nuit de vendredi à samedi, quand les gendarmes de la brigade de Voreppe (Isère), en patrouille, ont été intrigués par une activité inhabituelle dans le périmètre d’une société située dans une zone industrielle en bordure d’autoroute.

    Là, sur le parking de l’entreprise, les militaires ont en effet surpris un homme qui siphonnait le réservoir d’un camion.

    Interpellé, cet homme d’une quarantaine d’années de nationalité roumaine a ensuite été placé en garde à vue. Il a ensuite été laissé libre avec une obligation de quitter le territoire français, délivrée par la préfecture.

    (Le Dauphiné libéré du 9 décembre 2012)

    Peine symbolique qui ne sera probablement pas appliquée.

  • "Des protagonistes aux contentieux lourds et anciens"

    "Des coups de feu, des versions divergentes, des protagonistes aux contentieux lourds et anciens… « On est dans du classique » regrette le procureur-adjoint Thierry Villardo, à l’abord de son réquisitoire. « Ce n’est pas la première fois que le tribunal voit des gens naviguant dans le trafic de drogue se confronter… » Mais le magistrat prévient aussi : « Ce dossier sort de l’ordinaire car il est de nature à faire penser à nos concitoyens qu’il y a un dérèglement. Que les tirs au pied des cités deviennent un peu trop fréquents… »

    « On a correctionnalisé ce qui aurait dû être jugé par une cour d’assises »

    C’était le 27 mars 2011, cité Louis-Gros à Avignon. Un bar, “L’Oxygène”, plein, théâtre d’une altercation, puis des coups de feu en direction d’un homme qui se cache derrière une voiture. Sept tirs, dont l’avocat de la victime M e Lemaire dira qu’ils témoignent d’une « intention homicide. […] On a correctionnalisé ce qui aurait dû être jugé par une cour d’assises : tentative de meurtre ! »

    Hier, dans le box du tribunal correctionnel d’Avignon, Hakim Kirane, Grenoblois de 33 ans, a été condamné à cinq ans ferme pour avoir tiré en direction d’Abdelkhader Belkatir. À ses côtés, Abdelhak Abbad, 23 ans, présenté comme le “commanditaire” qui aurait fourni l’arme de poing, écope de 30 mois ferme. Ce qui a dégénéré, ce serait un sérieux conflit entre les familles Abbad et Belkatir. En juin dernier, la cour d’assises du Gard a condamné lourdement le frère d’Abdelkhader Belkatir, pour un braquage de convoi chargé en shit, à Roquemaure, perpétré fin 2009. Le frère d’Abdelhak Abbad, Mohammed, était lui aussi parmi les accusés. Mais condamné moins lourdement : il aurait “balancé”. Depuis, c’était tendu… « On est dans un milieu où ça ne rigole pas » rappelle M e Girault, avocat de M.Kirane. Tous disent « flipper » d’une potentielle agression de l’autre camp. L’un (Mohammed Abbad) a déménagé loin de la cité, l’autre (Abdelkhader Belkatir) réfléchit à fermer son épicerie… Le troisième (Abdelhak Abbad) a été interpellé en octobre 2011, caché dans un placard, en fuite. Ambiance glacée dans le quartier.

    M e Marmillot, avocat d’Abdelhak Abbad, a prôné l’apaisement : « Que les Belkatir se calment, que les Abbad se calment, et nous aurons fait preuve de justice mais aussi de pacification. » Et à l’adresse de la partie civile : « Les vraies victimes ne sont pas celles qui vont au conflit, mais celles qui cherchent à l’éviter. »

    Chacun sa version

    Selon la victime, épicier et père de famille à Monclar, c’est après une altercation entre son frère et Hakim Kirane au bar plus tôt dans l’après-midi, qu’il s’est fait tirer dessus un peu plus tard, devant ce même bar. Le tireur l’aurait visé à plusieurs reprises, d’abord à pied, puis installé sur la fenêtre ouverte d’une voiture conduite par son complice.

    Les prévenus, eux, affirment avoir voulu se défendre, puis fuir en voiture, devant l’arrivée de nombreux “belligérants” en voiture à proximité du fameux bar. Tous les témoignages recueillis au cours de l’instruction du juge Mick ont mis à mal leur version."

    "No comment", comme nous indique à le faire Le Dauphiné Libéré de ce 24 août 2012.

  • Les joies du vivre ensemble...

    "Des footballeurs règlent leurs comptes à coups de batte de base-ball

    Tout aurait commencé par un match de football. Une partie de ballon rond lors d’un tournoi organisé samedi à proximité d’Alpexpo, à Grenoble. Ce jour-là, au cours du match, le ton serait monté entre une équipe composée de Camerounais et une autre composée de joueurs de nationalité angolaise. Une embrouille sans conséquence. À ce moment-là… Batte de base-ball, poing américain, machette, et d’après certains témoignages, arme à feu…Mais dimanche, en fin de journée, alors qu’ils s’étaient une nouvelle fois retrouvés pour taper dans le ballon, les footballeurs camerounais ont vu débarquer six hommes et une femme sur le terrain.

    Sept personnes, munies d’une batte de base-ball, d’un poing américain, d’une machette, et même, d’après certains témoignages, d’une arme à feu… Le groupe armé s’en est violemment pris à un Camerounais de 38 ans. Un homme qui, après avoir reçu un coup de batte de base-ball dans le dos, a réussi à prendre la fuite. Il aurait été légèrement blessé. Les sept agresseurs ont ensuite rapidement quitté les lieux. Les policiers grenoblois, alertés, ont finalement retrouvé trois hommes correspondant aux signalements des agresseurs, en train de se débarrasser d’une batte de base-ball en aluminium et d’un poing américain.

    Les trois hommes, âgés de 16, 19 et 25 ans et de nationalité angolaise, ont été interpellés avant d’être placés en garde à vue. Des circonstances toujours flouesHier en fin de journée, ils étaient toujours entendus par les hommes de la Sûreté départementale en charge de l’enquête. Leur garde à vue étant prolongée de 24 heures. Les policiers cherchent à savoir si les trois mis en cause ont participé à l’agression dont a été victime le Camerounais. Les enquêteurs essayent également d’identifier d’autres personnes qui auraient également pu prendre part à la rixe. Une rixe dont on ignorait toujours, hier soir, les motifs et les circonstances exactes. Rien ne permettait d’établir avec certitude qu’aucun contentieux n’opposait les membres des deux équipes avant le tournoi de samedi…"

    (Dauphiné Libéré de ce jour)

  • Décidemment...

    "Il n’a pas le permis de conduire, et les policiers le savent. Alors quand ils ont aperçu Yacine Assidi au volant d’une Volkswagen Golf avenue Marie-Reynoard, les fonctionnaires de police en patrouille dans le secteur ce 18 juillet ont décidé de contrôler le véhicule conduit par l’Échirollois. Un jeune homme de 22 ans qui a immédiatement donné l’identité de son frère pour tenter de semer le doute des policiers. Sauf que dans coffre de la voiture louée, ces derniers ont découvert une importante quantité d’objets volés. Des ordinateurs portables, une console de jeu, un caméscope ou des jumelles provenant de plusieurs cambriolages commis les jours précédents. « C’est à cause du permis que j’ai donné le nom de mon frère », a expliqué Yacine Assidi, hier, à la barre du tribunal correctionnel de Grenoble. « Vous avez une idée très singulière de l’esprit de famille », lui a rétorqué le président. Sur l’embarrassante marchandise découverte dans le véhicule, le jeune homme déjà condamné à six reprises s’est également expliqué : « On m’a donné ces objets parce que j’allais partir au bled et je devais les revendre là-bas ». Histoire « d’amortir le voyage », avait-il déclaré aux policiers au cours de sa garde à vue… « Les cambrioleurs “travaillent” pour des gens comme lui », a affirmé la représentante du ministère public avant de requérir huit mois d’emprisonnement pour le recel d’objets volés et le défaut de permis de conduire et quatre mois d’emprisonnement pour l’usurpation d’identité à l’encontre du jeune Échirollois. M e Gallo, qui défendait le prévenu, n’a pas cherché à atténuer ce qu’il a appelé « l’idiotie » de son client. « Il avait caché à sa compagne qu’il n’avait pas le permis », a-t-il ajouté. Yacine Assidi a été reconnu coupable des faits qui lui étaient reprochés et condamné à six mois d’emprisonnement pour le recel et le défaut de permis et trois mois d’emprisonnement pour l’usurpation d’identité. Il a été maintenu en détention." (toujours le Daubé de ce jour).

  • Une certaine réalité.

    "Dix-sept kilos et demi de résine de cannabis et 3 920 euros. Voilà ce que les policiers de la brigade anticriminalité de Grenoble avaient découvert dans une Peugeot 207 circulant sur l’A480 et que les trajectoires avaient intrigué le 30 avril dernier. À bord du véhicule, Hichem Cheribet et Wail Sid avaient eu du mal à expliquer la présence de cette importante quantité de haschich contenue dans un carton d’aspirateur posé dans le coffre.

    Tous les deux avaient nié, au cours de leur garde à vue, connaître l’existence de cette cargaison gênante. Tout juste avaient-ils expliqué être allé à Lyon où « on avait dû mettre des choses dans le coffre » à leur insu. Un voyage pour effacer une dette. Hier, à la barre du tribunal correctionnel de Grenoble devant lequel ils comparaissaient détenus, les deux hommes visiblement crispés en ont dit un peu plus. Mais pas trop… Hichem Cheribet a expliqué avoir accompagné son ami Wail Sid à Lyon à la demande de ce dernier.

    Là, il avait vu un homme lui donner de l’argent et mettre un paquet dans le coffre sans en connaître le contenu. Wail Sid, quant à lui, a finalement expliqué s’être mis à consommer de la résine de cannabis après une agression dont il a été victime et qui aurait brisé ses rêves de carrière de sportif de haut niveau. Une consommation qui lui aurait fait accumuler une dette d’un millier d’euros. Pour la rembourser, il aurait été contraint d’effectuer ce “voyage” à Lyon. « Les personnes qui tirent profit de ce genre de trafic sont toujours dans l’ombre et utilisent des gens comme vous », a concédé le président.

    Les deux hommes maintenus en détention

    « Ce ne sont pas des délinquants chevronnés », a ajouté la représentante du ministère public à propos de ces deux hommes aux casiers judiciaires peu épais mais « à qui l’ont reproche des faits graves ». « Ils ne sont certes pas à la tête d’un trafic mais à un niveau suffisamment sérieux pour avoir 17,510 kg de résine de cannabis entre les mains », a-t-elle poursuivi avant de requérir deux ans d’emprisonnement à l’encontre des deux prévenus.

    « Il n’y a pas d’élément objectif », a lancé Me Girault à propos des faits reprochés à Hichem Cheribet dont il assurait la défense et qui, selon lui, ne connaissait pas le but du voyage à Lyon entrepris par son ami. Et l’avocat d’appeler le tribunal laisser son client « passer son Bac pro ». Placé en détention provisoire, ce dernier n’avait en effet pas pu se présenter aux épreuves en juin dernier. Me Gallo, qui défendait Wail Sid, a pour sa part cherché à minimiser l’importance de son client pour qui il n’a pas caché sa peur. « On peut espérer pour lui. Il mérite d’être sauvé », a-t-il conclu. Wail Sid et Hichem Cheribet ont finalement été reconnus coupable des faits qui leur étaient reprochés. Les deux hommes ont été condamnés à dix-huit mois d’emprisonnement assortis, pour le premier, de six mois avec sursis et, pour le second, de six mois avec sursis mise à l’épreuve." (Dauphiné Libéré de ce jour).

    Peu de commentaires à apporter sauf qu'au Dauphiné Liberé on n'hésite pas à appeler un chat un chat, ce qui simplifie la lecture entre les lignes et les conclusions à tirer.

  • (Lire entre les lignes)

    "Ce sont des habitants de la rue Georges-de-Manteyer, au cœur du quartier Teisseire à Grenoble, qui ont alerté les services de police, mardi vers 22 heures, après avoir entendu les détonations de plusieurs coups de feu.

    Rapidement sur place, les policiers de la brigade anticriminalité de Grenoble ont alors vu une Citroën DS 3 démarrer sur les chapeaux de roue et s’enfuir.

    Prise en chasse, la voiture a pu être interceptée et stoppée à l’issue d’une brève course-poursuite. À bord se trouvaient quatre habitants du quartier… ainsi qu’une matraque télescopique et une arme de poing, en l’occurrence un revolver de calibre 38, qui ont aussitôt été saisies.

    Un cinquième homme s’est alors présenté aux forces de l’ordre en affirmant être le propriétaire de l’arme à feu.

    En inspectant les lieux à l’endroit où selon les témoins les coups de feu semblaient avoir été tirés un peu plus tôt, les policiers ont retrouvé trois étuis de balle dans un buisson... à côté d’un pistolet-automatique qui a évidemment été également saisi. Hospitalisé un peu plus tôt avec une plaie à l’abdomen, il prétend s’être blessé lui-même

    Personne ne semble, pour autant, avoir été blessé par arme à feu.

    Interpellés, les cinq suspects tous majeurs et tous domiciliés dans le quartier Teisseire ont été placés en garde à vue à l’hôtel de police de Grenoble et entendus, hier, par les enquêteurs de la Sûreté départementale.de Grenoble.

    Entre-temps, ces mêmes enquêteurs ont appris que plus tôt dans la soirée (c'est-à-dire avant les coups de feu), un jeune homme également domicilié dans le quartier Teisseire et appartenant à la famille de l’un des cinq suspects interpellés avait été hospitalisé pour une plaie profonde à l’abdomen, manifestement provoquée par un coup de couteau.

    Entendu à son tour, le blessé dont les jours ne sont pas en danger a prétendu qu’il avait été victime d’un accident domestique en cuisinant.

    Une version peu convaincante pour les policiers qui semblent plutôt privilégier l’hypothèse d’un règlement de comptes ou d’une tentative d’intimidation.

    Ils poursuivent donc leurs investigations afin d’établir ce qui s’est véritablement passé, mardi soir, dans le quartier Teisseire…"

    (Dauphiné Libéré, 19 juillet 2012).

  • Anniversaire

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    Pas un mot, nul part, pour marquer le tricentenaire de la naissance de Rousseau. C'est tout de même bien dommage mais, que voulez-vous, Robert Sabatier est mort ! Homo festivus est à la fête, à l'heure même où j'écris ces lignes. Se déroulent ici ou là des "pique-niques" citoyens (sic) sensés fêter la naissance du grand homme. Jamais écrivain ne fut plus lié à l'introspection et à l'écoute de soi. Ricaner entre bobos en mangeant un kebab, rien de plus éloigné de Rousseau. Mais ne gâchons pas notre plaisir, il est si rare.

  • Bilan (I)

     

     

    Cher Inactuel, je me réjouis de vous retrouver. Que vous inspirent les résultats du premier tour de l’élection présidentielle ?

     

    Cher Aline Cut, tout le plaisir est pour moi. Il y a beaucoup à dire, je vais essayer de faire court. J’élimine rapidement l’hurluberlu Cheminade et les vrais dangers pour la démocratie que sont les deux candidats « révolutionnaires » Poutou et Arthaud qui, dieu merci, n’ont recueillis que les voix des nostalgiques du régime soviétique et de ses quelques millions de morts.

     

    Vous n’exagérez pas un peu ?

     

    Si, bien entendu, vous me connaissez ! Disons que leur discours n’est que doctrinal, une diarrhée verbale contre les « patrons » et « la droite ». Ils n’ont rien à proposer car ils n’aspirent à rien sauf au chaos, d’ailleurs en grande partie fantasmé. Le monde ouvrier les rejette car ils sont forts en gueule mais faibles en idée et nuls en réalité. Le temps n’est plus au grand soir mais à l’approche inventive et réelle des problèmes du petit peuple. Ils sont lassés comme ils doivent sans doute se lasser d’eux-mêmes.

     

    Eva Joly ?

     

    J’ai fini par avoir de la tendresse pour cette femme qui n’était sans doute pas sotte mais loin du calibre pour supporter une telle campagne. EELV a fait une erreur magistrale en ne choisissant pas Hulot. Lui seul avait l’aura pour porter haut leurs idées. Hélas, les Ecologistes ne sont qu’un supplétif du parti socialiste. Ils auront un ministère ou deux. Fondamentalement – je l’ai déjà dit – ces gens sont de gauche avec tout ce qui va avec : l’aveuglement idéologique et le refus de la réalité et du pragmatisme. Leur existence n'est que d’être ultras, arcboutés sur leur position, sans souplesse d’esprit. Ils auront donc quelques députés, feront la bronca sur le nucléaire et puis quoi d’autres ? Dans des villes importantes comme Grenoble, on voit bien leur positionnement : ni dieu ni maître jusqu’à se porter en farouche opposition au maire socialiste. Ici, ils incarnent parfaitement le bobo, c’est-à-dire le petit blanc éduqué qui vit dans les villes (le fameux centre-ville) qui est comme l’extrême gauche, extrêmement doctrinaire, volontiers tiers-mondiste et « immigrationiste » , il est donc à la manœuvre dans toutes les associations (les trop fameuses assauces) d’aide aux soi-disant sans papier. Bien entendu, ses enfants ne vont que dans les meilleurs établissements et ne fréquentent les franges de banlieue que pour se fournir en cannabis. Ils n’ont pas que de mauvaises idées mais ont du mal à se projeter en avant.

     

    Que voulez-vous dire ?

     

    En 2012, une majorité de la population est sincèrement persuadée que le gaspillage énergétique, la consommation de masse et tous les excès ne sont absolument pas supportables. Cet état de fait est intégré. Des solutions arrivent, notamment dans les villes. Roulez moins avec sa voiture, portez attention à l’environnement et aux autres. Les Ecologistes n’arrivent pas à dépasser ce germe qui est leur existence première. L’esprit est revanchard, contre le fameux lobby du complexe « militaro-industriel » et autres courtes idées du genre, ce qui pousse certains d’entre eux (la majorité, hélas) à une opposition d’ultras, notamment vers la peste libertaire. Ils sont antimilitaristes par pose coutumière sans bien réfléchir au monde dans lequel ils vivent. Par exemple, ils ont en horreur de ce dire Français mais se voient « citoyens du monde » et autres sottises de cet acabit. Ils sont l’incarnation même du refus de l’idée national dans les couches éduquées du Pays.

     

    Mélenchon ?

     

    J’ai toujours été magnétisé par son bagout. J’ai le souvenir d’avoir vu et entendu ses diatribes lors du Forum Libération à la MC2 (en 2011 ?) et lors de son passage à l’émission Répliques animée par Alain Finkielkraut. Et puis badaboum le voilà crédité d’un score faible (mais bien au-dessus de ce que les seuls communistes auraient pu obtenir). Bien entendu, ce type et ses idées sont indigestes et dégoutants. Les youyous entendus à Marseille ont été de puissants révélateurs à ce sujet.

     

    C’est-à-dire ?

     

    Eh bien, il n’était là que comme râteau de Hollande : un pur jardinier chargé de collecter à gauche pour que Hollande puisse se centrer au centre-gauche (au moins sur le réalisme économique). Mélenchon a donc promis tout et n’importe quoi, en bon doctrinaire. Le pire est qu’il était peut-être de bonne fois sur certaines propositions (ce qui rend le personnage encore plus monstrueux). Son côté « 1792 », son admiration pour Robespierre, pour la tyrannie du peuple (enfin la tyrannie d’un dirigeant du peuple) le rendait encore plus méprisable. Et puis, hier soir, comme un petit garçon qui a commis une erreur, il s’incline devant Hollande sans rien demander. Les larrons étaient donc bien en foire. Il sera récompensé pour sa juste peine : quelques députés et peut-être même un ministère. Nous verrons après le 6 mai, jusqu’où auront été les petits arrangements entre socialistes.

     

    [la suite demain]

     

  • Fin de partie

     

    à Monsieur G.G., avant-dernier des Mohicans.

    J-4 comme on dit à TF1. Je n’ai rien écrit sur cette campagne présidentielle, qui touche à sa fin. Qu’elle fut nulle et qu’elle signe la signature patente de la désintégration en marche de notre pays, c’est trop net pour le redire. Pour la première fois, on ne choisira pas un président pour la France mais un président pour préserver son emploi, pour payer moins cher son essence et pour se garantir par le droit de vote l’entérinement d’une situation de  fait : la petite vie tranquille parmi sa communauté. Oui, nous allons tranquillement vers une libanisation du pays. Bientôt on nous interdira d’être Français ; il faudra être créole, métisse, idolâtre du coloré et surtout pas blanc. Le petit blanc que je suis a perdu définitivement la partie. Si ce n’est pas maintenant, ce sera pour bientôt. La fabrique du crétin est en marche (on apprend aujourd’hui que la Licence de l’université est frappée du même mal que le baccalauréat: être donné à tous en récompense de l’assiduité) , la culture se confond avec le divertissement, les musées sont des centres commerciaux, la Justice compte les ramettes de papier, nos prisons sont des mosquées, notre ministre des Affaires étrangères s’exprime en anglais à la tribune de l’ONU, etc. Il aura donc flotté sur cette campagne un gout d’égoïsme, un refus du monde, un repli sur soir (sauf pour ce qui concerne les vannes ouvertes de l’immigration, forcément bienveillante, nécessaire et « richesse pour le pays »). Hollande sera élu le 6 mai. Nous aurons le droit à un été radieux : vanne ouverte sur les dépenses et un automne froid et rigoureux (100000 très riches et 20 millions de contribuables payeront pour le reste) . Le pays sera profondément dévasté par l'urbanisation sociale hors norme que nous promet le socialisme triomphant. Ce bonhomme, à l’image de la classe politique dans son ensemble, souffre d’un manque évident de grandeur. Ils sont petits car ils parlent aux uns et aux autres plutôt que de parler au Peuple, dans son ensemble. D'ailleurs, ils ne parlent que sous le contrôle de la toute puissante sphère médiatique, faiseuse de roi ou d'enfer. Après tout nous n’avons que ce que nous méritons.

     

  • Crétins des Alpes

     

    Quelques lignes pour parler un peu de l’élection présidentielle. Jamais élection n’aura été autant pilotée par le journalisme, les « éditorialistes » et la bassesse de ce milieu. Parmi tous les petits sites hideux qui se montent à ce sujet, il faut signaler celui créé par des apprentis journalistes grenoblois avec le grand assentiment du Dauphiné Libéré, il s’agit de « si j’étais président ». Le site outre qu’il est vilain car inspiré de la bande dessinée, malcommode dans la navigation (sans doute pour se donner un genre 9.0) croit pouvoir penser à notre place et nous donne son petit point de vue détestable sur tel ou tel. Qui sont ces crétins ? Et bien, les futures têtes pensantes de France Inter  et, plus surement,  les érudits des faits divers de 20 Minutes ou du journal régional de France 3 Alpes.  

     

  • Bonne...

    Parmi tout ce qui nous quitte, la présentation de ses vœux à l'entourage (famille, amis, connaissances, ...) est au firmament du départ. Il était jadis – il y a cinq ans, encore – convenu de présenter ses vœux à ses aînés, aux femmes quand on était un homme. Professionnellement, c’était presque une joie d’écrire un petit message aux collègues d’ici ou d’ailleurs. Mais tout cela a disparu et deux ou trois jours après la reprise de l’activité, vous passez pour un fou. Bien entendu, c’est la contrainte que l’on chasse ; la norme et la forme ne sont plus d’actualité. Je n’arrive pas à m’y faire. Le SMS est roi ; cela ne me gêne pas et j’en ai reçu plus que je n’en ai écrit. Ce qui me perturbe là-dedans, c’est le côté impersonnel du message, envoyé à la volée à une liste de « contacts », ce vilain mot de l’informatique. Où sont passés les amis et l’attention personnelle qu’on leur doit ? Ceci dit, j’ai deux ou trois contre-exemples, ces amis qui prennent le soin d’écrire un message qui vous soit vraiment adressé, mêlant allusion personnelle et souhaits de portée générale (le bonheur, la santé, les bonnes fortunes, en amour comme en  argent). Ces messages-là vont droit au cœur. Mais l’époque est à la simplification, aux cent-quarante caractères pour dire ses états d’âme ou ses compulsions (convulsions) d’achats. Le bizarre ou le drôle est que cette année, j’ai écrit plus de message à de parfaits inconnus – je veux dire à des gens dont je n’ai jamais vu le visage – qu’à des amis (ou d’anciens amis ?). Magie des réseaux, je finis par croire qu’il y a une richesse, ni virtuelle ni désincarnée sur la Toile.  A vous tous, donc, bonne et heureuse année.

     

  • Image du passé

     

    Musique en Grésivaudan, vendredi 1er juillet 2011 (Quatuor Amôn : Chostakovitch, quatuor #7 & 9, Beethoven, quatuor #8).

    Excellent concert dans l’église à la belle acoustique de l’abbé Calès à Tencin. L’audience aux cheveux bien grisonnants n’était guère fournie. J’ai bien peur que ces petits festivals soient à terme condamnés. Ils vivent de subvention des autorités départementales (peut-être) et n’attirent plus. La présidente de l’association qui l’organise a dit quelques mots pour rappeler la situation et la précarité totale d’une telle démarche, devenue sacerdoce. Les artistes, souvent jeunes et toujours talentueux, sont à défrayer de leur frais et leur cachet doit-être payé. Hélas, l’argent pour la musique (classique) manque. Elle ne manque pas pour les festivals de troisième ou quatrième zone pourvus que ceux-ci soient dans l’air du temps (multiculturels et nous promettant un monde sans frontière, sympathiques en diable*). Il n’y aura donc dans dix ou vingt ans plus personne pour aller au concert et encore moins de monde pour les organiser. Ironie du sort, le dernier bulletin du Conseil général nous livrait (à propos du prochain Festival Berlioz à la Côte St-André) le coup de poignard de la bouche de Monsieur Pascal Payen (vice-président chargé de la culture) :

    « La musique classique est perçue comme une discipline très élitiste. Qu’en pensez-vous ?

    « En Isère, avec le Festival Berlioz, nous prouvons le contraire. Un public de plus en plus large découvre la musique classique et notamment les jeunes. Le prix des places y est moins cher que dans les autres festivals de même importance. Et tout autour du festival, des récitals et des animations, dont beaucoup sont gratuites, dépoussièrent l’image de la musique classique. »

    Bien entendu, la musique (classique) n’a pas besoin d’être dépoussiérée, c’est la cervelle des fameux « jeunes » qui doit-être dépoussiérée. Dans ce genre de brochure départementale, on ne parle jamais de l’éducation au goût et de l’envie de découvrir, de la curiosité. Puisque les jeunes ne s’intéressent à rien de ce qui a fait jadis la culture de tout Être soucieux de sortir un peu du quotidien, autant changer la culture elle-même : rendons-la sympathique, mettons-la au niveau de ces idiots peut-être qu’elle finira par les intéresser (en short en casquette vissée sur la tête). Je l’ai déjà écrit ici : ce n’est pas le prix des places le problème. La Maison de la culture (MC2) de Grenoble propose des places à des tarifs plus qu’attractifs aux « moins de vingt-six ans » et pourtant, de jeunes, on n’en voit guère (sauf les musiciens des Ecoles de musique et les enfants des parents qui se soucient réellement de l'éducation au monde de leur progéniture). Bref, c’est peine perdue. Toute la chaîne de transmission est rouillée et tombe en ruine : les professeurs agrégés adorent feu les Rita Mitsouko ou Mika (et alors ? dit le lecteur énervé que je n’entends pas). En allant au concert, le rite social compte autant que le plaisir d’avoir plaisir. Les codes sociaux, déjà bien attaqués et oubliés de tous, se créent et se cultivent lors de ces évènements : on ne vient pas en short de plage ; si l’on doit parler, on chuchote à l’oreille de son voisin, etc. Le pire et triste, dans l’histoire, est que les autorités départementales semblent elles-mêmes bien peu intéressées par la musique classique, sauf à la marge pour vanter leurs inutiles actions.

    Du concert, je retiens que, décidemment, les quatuors de Chostakovitch sont d’une belle trempe. Je les pratique les jours d’hiver dans la voiture. Leur noirceur volcanique et débridée me plaît. Chaque phrase ouvre un horizon à parcourir. Bien entendu, s’il s’agissait de mourir demain, ce sont les quatuors de Beethoven qu’il faudrait réécouter jusqu’à la fin. Mais c’est le monument qu’on glorifie, l’origine de ce qui suivra et qui se poursuit de nos jours (une référence au passé, quelle horreur dans une époque qui n’aime que ce qu’elle a vu naitre !). Le quatuor est peut-être la forme musicale parfaite, celle qui se rapproche le plus de la conversation humaine et de la verbalisation de la pensée. Il est l’amitié incarnée.

    * voilà que Grenoble, capitale du Dauphiné, organise cette semaine deux jours de fêtes… catalanes !

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    Courrier des lecteurs du Monde (daté du 20 juillet) : « Quand elle envisage de convertir le 14 juillet en défilé citoyen, Eva Joly ne se contente pas de malmener nos traditions nationales, elle en bouscule encore la cohérence. Il n’y a pas, en effet, de citoyens, et c’est une antienne depuis Condorcet, là où les nouvelles générations ne sont pas dûment instruites et éduquées. Or le parti de Mme Joly vient de porter à la présidence de son conseil fédéral, en la personne de Philippe Meirieu, un doctrinaire de la pédagogie dont la contribution à l’effondrement de l’école est notoire. Dès lors, deux choses l’une : ou bien la candidate de la présidentielle adhère aux principes dont l’application a conduit la jeunesse à ignorer sa langue, son histoire et sa culture, et elle s’interdit l’expression « défilé citoyen ». Ou bien elle reconnaît que son alliance avec les mystiques de l’ « infantocratie » est le simple résultat d’un calcul électoral, et elle abandonne du même coup toute posture moralisatrice. La cohérence est à ce prix. » (Michel Leroux, La Mure d’Isère).

    Je propose qu’on donne la légion d’honneur à ce Monsieur Leroux !