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  • L'autre affaire...

    Il y aura donc une « affaire » Finkielkraut, comme il y a eu, l’année 2000, « l’affaire Camus ». Les procureurs de la doxa officielle ont sonné la charge et l’hallali. Comme souvent, il faut en revenir au fait. A.F. a donné une interview au journal israélien Haaretz (il faudra, un jour, songer à s’inquiéter de la nécessité, pour ceux qui n’ont pas le même avis que Le Monde, Libération, les « Inrocks », etc. de devoir systématiquement s’adresser à des médias étrangers pour que leur parole soit simplement recueillie et ait une chance d'être entendue en France). Dans cette interview, il analyse le récent déferlement de violences dans les banlieues et l’interprète, assez justement, comme d’origine ethnico-religieuse (ce que tout le monde voit très nettement mais feint de ne pas croire). Il évoque également l’antiracisme officiel qui pousse à s’aveugler sur les messages de haine que l’on entend de la part des émeutiers contre les Français, lorsqu’il ne s’agit pas, plus prosaïquement, des « faces de craie ». Il a également le mérite de pousser plus loin l’analyse en montrant bien que c’est également là le symptôme d’une France qui ne s’aime pas, que la loi du fric et du « tout , tout de suite » l’a emporté sur le goût de l’effort, la patience et le travail (donc que l’Ecole a échoué et ne transmet plus grand-chose, en tout cas pas l’idée que ce fut jadis une grande et respectable Institution de notre République). Jeudi dernier, Le Monde, sous la plume de certain Monsieur Sylvain Cypel, donne une recension tout à fait abjecte de l’interview en créant un puzzle ignoble du propos (de manière, bien entendu, à rendre A.F. tout à fait odieux, donc raciste, antimusulman, réactionnaire, …). Le MRAP, alerté par les aboyeurs professionnels, décide de déposer plainte (évidemment !) contre A.F. Celui-ci est sommé de s’expliquer au micro de Jean-Pierre Elkabbach sur l’antenne d’Europe 1. Très adroitement, le philosophe désavoue ce type qu’il n’est pas et qui apparaît ainsi au montage à charge préparé par Le Monde. Nouvelle charge hier matin, dans l’émission « les matins de France Culture » où A.F. a triomphé, sans trop de problème cela va sans dire, du Procureur Sylvain Bourmau (première chambre correctionnelle des « Inrocks », par ailleurs également producteur à France Culture, tout comme A.F.) et déjà en première ligne lorsqu’il s’agissait d’assassiner au printemps de l’an 2000, Renaud Camus sans avoir lu une seule ligne de « La Campagne de France ». S.B. n’a pu apporter aucun élément de fond pour contredire A.F., il s’est contenté du petit jeu habituel du piochage ici ou là. Il ira même jusqu’à reprocher à A.F. d’avoir une vision littéraire de la réalité, de ne pas être un philosophe mais un littéraire. Drôle d’accusation, j’en connais qui donnerait cher pour tout laisser et enfin, atteindre ce point au combien désirable de ne vivre qu’en pays de Littérature, qu’enfin la « sculpture de soi » soit achevée et que l’affreuse réalité nous ait quitté à tout jamais, mais c’est un autre sujet. La violente charge avait débuté, à mon sens, il y a deux ou trois semaines de cela lorsque A.F. fut invité à l’émission « Ripostes » de Serge Moati, face à trois ou quatre français d’origine maghrébine, dont le trop fameux Tariq Ramadan, tout à fait haineux à son endroit. Je m’étais dit, à l’époque, que sa présence ce jour-là, sur un tel plateau de télévision, était une erreur et qu’il n’y avait aucune chance de se faire entendre face à de tels bretteurs, au verbiage si bien rodé. C’était une erreur et je crois qu’il faut au contraire, occuper le terrain, le soutenir du mieux possible pour qu’enfin la chape de plomb s’envole et que le débat s’ouvre sur le fond.

  • Souvenir d'une belle journée

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    Dans le froid d'automne...

     

  • Hélas...

    Les violences dans les banlieues auront au moins permis d’ouvrir un débat. Je ne suis pas sûr que ce soit le bon car les tabous sont encore puissants. Néanmoins, les langues se délient et les idées fusent. Si seulement le débat sur le référendum à propos de la constitution européenne avait eu cette ampleur, la victoire du non n’aurait pas été si nette. Pour en revenir aux violences, d’ailleurs en fort recul mais pas encore complètement arrêtées (la Police parle avec une belle langue de bois de « situation habituelle », comprenez que si cent voitures brulent chaque week-end, c’est un chiffre tout à fait normal (à défaut d’être admissible !)), elles m’auront permis de réfléchir sur une idée qui traînait depuis longtemps dans mon esprit ; c’est celle du « sentiment général » à opposer au « sentiment particulier ». C’est, là-aussi, une des clés du problème et un des écueils pour se former une opinion personnelle. Les journalistes (et plus particulièrement ceux de la presse audio-visuelle) sont passés maitres dans l’art de fabriquer des reportages à charge ou à décharge. Je m’explique, pour ne pas stigmatiser une communauté, on cible l’individu. Lorsque le balancier est parti trop loin, on sort un contre reportage montrant « les initiatives positives », les « exemples réussis d’intégration », etc. Le problème (en fait, c’est même tout à fait rassurant et positif) est qu’on trouvera toujours un « jeune » issu de l’immigration récente, travailleur, ambitieux, intelligent, etc. qui aura su mettre toutes les chances (maigres disent les tenants du point de vue « victime à outrance de discrimination ») de son côté pour obtenir un bon diplôme, un bel emploi, etc. De l’autre côté, on trouvera toujours des bandes de casseurs issus de l’immigration récente. La question est de faire la part des choses, de ne pas se laisser influencer ni par un côté ni par l’autre. Les exemples que l’on nous donne à observer sont, par nature, ponctuels, incertains et présentés par d’autres que nous (on ne les choisit pas, on nous les livre prêt à être consommés lors des grandes messes télévisuelles que sont les « journaux de 20 heures »).
    Le décryptage devient ainsi cornélien pour notre esprit, déjà influencé par notre propre vécu (imaginons le quidam agressé par des individus « de couleurs » qui aura spontanément envie de penser « c’est un problème lié à l’immigration ») ou par une sorte de mécanisme régulateur penchant vers le coercitif envers soi-même (« mes amis (mes collègues, mon voisin, …) pensent tous qu’il ne faut pas dire que c’est un problème lié à l’immigration ; je ne peux pas l’avancer, ce serait me mettre en porte-à-faux, d’ailleurs cela fait 20 ans qu’on entend qu’éloges du multiculturalisme et du métissage en cours de la société française, c’est que ça doit-être vrai », etc.). Pas facile, donc, de trancher, si tenté que cela soit possible de manière absolue et définitive. Le sens a toujours son feuilleté plus ou moins agréable.
                Pour ma part, je m’en tiens à quelques fondamentaux (les miens, en tout cas) avec, en premier, le respect absolu de la Loi qui nous permet à tous de vivre en paie; c’est le ciment qui nous lie, en harmonie, les uns aux autres. Ce rétablissement de la loi doit se faire en premier lieux vis-à-vis de ceux qui ne la respectent pas : casseurs, bien sûr, mais aussi et surtout, trafiquants en tous genres, chef de gangs, etc. Deuxièmement, je pense qu’il s’agit bien de violences interethniques, qu’elles ont sans doute une origine liée au sentiment de racisme ou de discrimination dont les émeutiers disent être victimes (ou ce qu’en dit leurs relais d’opinion plus ou moins bien délégués à parler à leur place ; il faudrait un jour entendre sérieusement les casseurs et les laisser exprimer (par des mots (si cela leur est possible) leur mal-être).  Je constate, également, que beaucoup d’émeutiers ou de simples quidam interviewés dans la rue parlent des « blancs », de « Français » ou pire de « faces de craie » lorsqu’il s’agit de définir le Français de souche, que donc le racisme est aussi la chose malheureusement la mieux partagée dans cette France du troisième millénaire. Troisièmement je constate que, contrairement à ce qui nous est rabâché tous les jours, l’Etat (ou la Nation solidaire, par le biais des Services Publics, aides financières diverses des collectivités locales) est bien présent dans les banlieues (d’ailleurs des mairies ont été attaquées mais aussi des écoles, des centres sociaux, etc.) et qu’il n’y a pas de politique discriminatoire institutionnalisée. Il faudrait même effectuer un jour le bilan honnête et impartial des sommes engagées pour ici rénover, là reconstruire et voir leur utilité réelle. Quatrièmement, si la France a toujours été une terre d’immigration, il faut en rappeler l’histoire et le mode. Notamment, il faut cesser de se voiler la face et admettre que l’immigration récente et importante en nombre d’une population d’origine maghrébine en majorité (mais aussi noir africaine) est un phénomène tout à fait récent dans l’histoire du pays. Les populations intégrées au vingtième siècle étaient majoritairement chrétienne,  que la France n’est pas destinée à devenir une terre musulmane ; ce qui ne veut pas dire que les musulmans ne doivent pas s’y sentir exclus de facto. Il faut aussi cesser de nous dire que la majorité des Français ont pour parents ou grands-parents un étranger. Si tenté que cela soit vrai, il faut dire d’où cet ancêtre est issu et l’on constatera que les vagues d’immigration récente ne sont pas celles de nos aïeuls. D’autre part, arrêtons les faux-semblants : il faut mieux connaître les flux migratoires ce qui implique de préciser l’origine ethnique des nouveaux arrivants. Cela n’a rien d’infamant d’être né à Alger ou à Monrovia, c’est tout aussi noble que d’être issu d’une bonne famille de Saint-Cloud. C’est le tabou suprême mais hier soir encore, le Président parlait des « français de toutes origines », c’est donc que l’origine est un bien précieux et que de devenir Français ne lave pas du passé (heureusement !). Logiquement, il faut freiner les flux migratoires qui par leur accroissement incessants ne font qu’aggraver la situation au détriment même, peut-être, des réfugiés politiques ou demandeurs d’asiles qui voient leur légitime demande noyée dans le nombre. Remarquons d’ailleurs que, si certains immigrés d’ici crachent allègrement sur la France responsable, à leur yeux, de tous leurs maux, d’autres, au pays, n’attendent que de rejoindre l’Europe légalement (« Chirac, des visas, des visas » criaient jadis les jeunes algériens) ou illégalement. C’est donc que notre pays n’est pas aussi pourri qu’on veut bien nous le faire croire.

  • Avec un peu de retard

    Il est bien difficile de ne pas dire ici un mot sur la période d’émeutes urbaines qui semble, en ce mercredi soir, toucher à sa fin. J’aurai souhaité une autre occasion pour livrer cette première note « air du temps », hélas les évènements imposent. Depuis dix jours, les banlieues puis les villes principales ou secondaires du pays ont été touchées par une vague sans précédent de guérillas urbaines avec leur cortège d’atteintes aux biens publics (école, annexes de mairie, centres sociaux) ou aux biens publics (voitures, immeubles) et, hélas, aux personnes puisqu’au moins deux personnes ont été tuées durant ces scènes de violence. Le gouvernement français et, plus encore, le Président de la République auront constamment été en décalage total avec la réalité, se cantonnant tout d’abord dans une attente prudente, laissant ainsi le rival pour 2007, Nicolas Sarkozy, gérer la crise; puis, la situation ne s’améliorant pas, en prenant, hier, un arrêté  « d’état d’urgence » ou, en tout cas, de loi d’exception autorisant la mise en place de couvre-feux pour tout ou partie des personnes dans certains quartiers. Ce qu’il faut bien appeler ce « retard à l’allumage » ne sera pas peu au moment où il faudra juger leurs actes de gouvernance, mais c’est une autre histoire.
    Le ministre de l’Intérieur a déclenché, sans doute involontairement, un incendie en déclarant qu’il voulait débarrasser la « racaille » des banlieues. On ne pas lui reprocher cette intention. C’est tout de même le minimum que puisse dire (et surtout faire) un ministre responsable. Hélas, c’est aussi le roi de l’annonce plus ou moins bien contrôlée. Celle-ci a servi de détonateur. Les voyous ont pu ensuite se déchainer à leur guise. Les médias ont tout d’abord (comme toujours) servi de caisse de résonnance « à la colère des banlieues » avec les habituels reportages sur « le mal être, la discrimination, le chômage, le manque de crédit dans ceci ou cela ». Mais, beaucoup plus rapidement que le gouvernement, ils ont vu la colère s’amplifier et l’anarchie s’installer. Le ton a alors changé, les reportages se sont faits plus proches des victimes (les vraies et seules victimes) : les malheureux ayant perdus leur voiture ou les responsables associatifs voyant leur centre social partir en fumée (par exemple, les Essarts à Echirolles, dans la banlieue de Grenoble). Il faut également ajouter qu’au moins une voiture de journalistes est partie en fumée, ce qui n’est jamais très bon pour rallier à sa cause ce marais mou de l’opinion qu’est devenu le journalisme.
      Nous avons eu également quelques jolis moments de sociologie (primitive) avec ces figures imposées de circonstances que sont le « grand frère » ou  « le médiateur social » dont on oublie de dire qu’ils ne sont qu’un refuge à l’idéologie molle, la signature de la démission de l’Etat, incapable d’assurer la cohésion de la Nation en son nom mais obligé de déléguer à des personnes dont rien ne justifie le choix (et surtout pas, trop souvent, le passé d’ancien délinquant) pour tenter de rétablir l’ordre et avant tout la Loi.
    Hélas, et comme d’habitude, les mesures annoncées ne sont qu’un énième saupoudrage d’argent, sans aucune réflexion ni stratégie et, surtout, sans analyse de fond (le temps était à l’étouffement du feu, pas au débroussaillage préventif).
    On a essayé de nous faire croire (et on a fini par s’en persuader) que la cause profonde était économique parce que vivre dans une banlieue en étant noir ou maghrébin c’est-être relégué dans une zone de pauvreté extrême, presque pire que les zones les plus désertiques du Sahel. Ce faisant, on s’émeut de voir interviewés les émeutiers parés des derniers vêtements à la mode (la leur), de téléphones portables dernier-cris. Mais d’où vient l’argent alors ? Du RMI des parents ? Hélas, les pauvres, ils ont jeté l’éponge bien avant nous, laissant leurs enfants dans la rue, ne se préoccupant pas beaucoup du sort de leur descendance. Bien entendu, une partie du revenu vient de cette fameuse « économie souterraine » qu’on ferait bien d’appeler une fois pour toute illégale ou « argent volé » ou « argent de la drogue » car les euphémismes finissent par nous détourner de la réalité (on préfère toujours le sucré à l’amer). Beaucoup ont glosé sur l’effet du propos de Nicolas Sarkozy sur les chefs de bandes, voyants à terme leur pouvoir local sur les trafics en tout genre s’amenuiser et ainsi, déclencheur d’une révolte pour le maintien de la domination sur l’espace de prédation. L’inorganisation dans le choix des « cibles » à détruire (« on casse ce qui nous passe devant les yeux ») et la jeunesse des émeutiers pourrait faire croire le contraire. Les enquêtes de Police, si elles aboutissent un jour, nous permettront peut-être d’y voir plus clair et de définir si les voyous ont été manipulés et par qui. Hélas, c’est bientôt période d’élections et les amnisties de fait ou de circonstances (les fameuses consignes données aux Parquets, toujours dans le sens de la plus grande mansuétude) ne nous permettent guère d’espérer. Car c’est un fait, en France, la Loi s’applique toujours la prochaine fois. Le voyou n’a que des rappels à la Loi, puis le joli sursis et enfin, au bout du (mauvais) compte, la condamnation. On fait mine, ces temps-ci, de se montrer ferme hélas, on oublie de dire que les prisons sont pleines et ne sont pas les lieux les plus fréquentables pour y commencer sa réforme en toute sérénité. C’est un faux semblant que se donne la société pour mieux doper son amnésie. Il faudrait tout de même un jour s’interroger sur ce nombre toujours plus important d’actes de violence, de récidive et il faut bien le dire, de l’inutilité de toute mesure coercitive qui n’est pas compris par le condamné sauf comme une brimade de plus.
    Car voilà bien le fait, de loin le plus inquiétant, toujours sous-jacent et toujours éludé, cette victimisation systématique de l’individu hors-la-loi (au sens le plus premier du terme) : depuis le « s’il a brûlé une voiture, ce n’est pas de sa faute, c’est le système qui l’a conduit à le faire » jusqu’au « s’il n’a pas de travail, c’est que l’école est profondément inégalitaire ». Ce faisant, on trouve excuse à tout. L’individu est totalement dédouané de son comportement, donc il recommence et ainsi de suite. Ce cercle, au combien non-vertueux est implacable. C’est pourtant la doxa bien pensante du moment et véhiculer comme telle dans tous les relais d’opinion.
    Je crois, plus que tout, à l’effort personnel, au goût de la découverte, à la curiosité pour toutes choses. La crise est donc aussi socioculturelle (et c’est, à mon sens, la faillite de l’Ecole de ne pas avoir pu se substituer aux carences parentales en ce domaine, de ne plus transmettre ce goût du travail personnel). Je vois encore ce « jeune » dire au micro du journaliste qui l’interviewait que lui aussi avait mis des costumes-cravate pour les entretiens d’embauche mais que les patrons ne voulaient pas de lui. Si on exclut les cas avérés et inexcusables de racisme, on peut comprendre les chefs d’entreprise de ne pas vouloir un tel individu car hélas, l’habit ne fait pas le moine, et son niveau de langage, son référentiel socioculturel ne peuvent pas être en adéquation avec leurs légitimes demandes d’un employeur. Que peux faire un employé incapable de s’exprimer correctement avec ses collègues (on ne parle même pas des relations avec ses éventuels clients) ?