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  • Le dernier phare

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    Grenoble, Tour Perret, éclairages de fin d'année.

  • Cueillette de la journée

    Deux heures de perdues cet après-midi, au cinéma, à m’ennuyer devant le dernier film d’Abel Ferrarra (Mary). Même La belle Juliette Binoche semble perdue entre son rôle d’actrice jouant Marie-Madeleine, puis d’actrice se prenant pour Marie-Madeleine. Tous les vieux clichés sont là (Jésus barbu et les cheveux longs), le journaliste new-yorkais qui doute puis se met à croire (en l’espace de deux jours) parce que sa propre histoire personnelle est en danger et, dernière couche, un pseudo-documentaire (un peu à la manière de l’excellente série « Origines du christianisme », mais en bien moins convaincant) sur Jésus (qui était-il, un messie, un gourrou ?). En bonus, un portrait (à décharge) d’un réalisateur hollywoodien dénué de finesse et tellement mal « cadré » qu’il dessert le propos. Si j’en crois ceci, le journal Le Monde a trouvé le film « bouillonnant ». Je dois avoir le sang froid.
    Deux magnifiques documentaires, hier et ce soir, sur Arte à 19h00. Le premier montrait de superbes vues du lac Baïkal, en plein cœur de la Sibérie. Un bout du monde fascinant, quasi désert et seulement peuplé de quelques russes vivants dans des conditions plus que rudimentaires. Mais un pays à la beauté touchante (cette alliance d’eau – de petite mer en l’occurrence – et de montagnes). La plus belle saison semble être la débâcle printanière sur fond de rives couvertes de bouleaux.  Ce soir, dans le même cycle d’émissions, un reportage sur le fameux express côtier norvégien qui part de Bergen et remonte les côtes vers le nord, sur près de 2500 kms. Là aussi, des paysages à couper le souffle. On peut simplement reprocher à ces petits films (courts, ils durent 45 minutes) de vouloir traiter trop de sujets sans en avoir le temps. On en arrive à passer sans cesse du coq à l’âne (l’élevage du saumon puis la surveillance du cachalot puis les parcs nationaux en Norvège et ainsi de suite). Pour ma part, je regrette qu’il n’y ait pas de choix de fait, de parti pris un peu audacieux. J’aurai volontiers souhaité de lents et beaux travellings sur les montagnes enneigées, sans commentaire ni musique sinon le souffle du vent du nord.
    En Irak, Bernard Planche, plus ou moins membre d’une association humanitaire (ou franc-tireur, ce n’est pas clair) est retenu prisonnier depuis 3 semaines. Hier, après un long silence, une cassette a été diffusée le montrant sous les kalachnikovs de ses geôliers. Ce silence répond à un autre silence : celui de nos bien-pensants journalistes. Où sont MM Ménard et July et leurs acolytes ? Impossible de le dire car on ne les entend pas. C’est une honte qui s’ajoute à celle de notre ministre des Affaires Etrangères, Philippe Douste-Blazy, qui déclare (sans rougir) à l’attention des ravisseurs de notre malheureux concitoyen, qu’il ne faut pas confondre, la France n’est pas militairement impliquée et qu’il n’y a donc pas de raison de maintenir en captivité ce malheureux. Ce faisant, il justifie par l’absurde les enlèvements d’Américains et de leurs alliés. M. Norpois, où êtes-vous ?
                Au lieu de jouer au pseudo-agitateur en essayant de mouiller son patron (Serge July) soi-disant surpris dans les bras de Nicolas Sarkozy (rassurez-vous, ce n’était qu’une accolade), Daniel Scheidermann ferait bien de consacrer l’une de ses prochaines émissions « Arrêt sur images » à l’étonnante chape de plomb qui règne dans les médias sur l’enlèvement de Bernard Planche. On pourrait lancer le débat ainsi : pour être bien soutenu, faut-il mieux être un otage journaliste écrivant au kilomètre des articles à charge contre les Américains ou une tête-brûlée d’humanitaire s’évertuant à réparer des pompes à eau ?
                Nouveau « marronnier » des fêtes de fin d’année pour les journalistes : la revente des cadeaux de Noël. J’ai lu un article là-dessus dans Libération et entendu cinq ou six fois le même reportage entre TF1, France 2 et France 3. Je serai curieux de savoir qui a lancé le scoop (dépêche d’agence ? peu probable, bon coup levé et aussitôt repris en échos ? sans doute). Bien entendu, c’est un sujet sans aucune forme d’intérêt. On aimerait que ce temps précieux pour l’information soit consacré, par exemple, aux violences sans fin dans la province d’Ituri au Zaïre.
                Seconde valeur sûre, le problème du déneigement des autoroutes lorsque les conditions climatiques sont en adéquation avec la saison : hivernales. Là-aussi, éternelles micros-trottoirs (qu’on devrait interdire, tant ils sont dévoyés et n’apportent rien aux faits) et aller-retour d’interviews entre la Préfecture, le responsable de la DDE, les associations d’usagers, etc.  Rassurons-nous, la première chaleur printanière nous permettra d’entendre la vieille rengaine sur le réchauffement de la planète.
                [Tout en écrivant ceci, j’écoute Radio Classique où la speakerine parle de Georg Muffate].

  • Au feu !

    Nouvelles des feux en Nouvelle-Calédonie. Le sujet a enfin été traité dans les journaux télévisuels de métropole. On apprend ce soir que 2500 hectares de forêt primaire sont partis en fumée ; 40 pompiers (!) luttent – il en faudrait 800 dit le commentateur, appuyés par de faibles moyens (2 hélicoptères et c’est tout). Chaque année, sur cette île, ce sont environ 10000 hectares qui passent du vert à cendres (plus d’informations ici).
    Journée de tri dans ma liste de « favoris » (le terme « marques-pages » serait plus juste) parmi les blogs. Je constate que nombreux sont les sites éphémères ou plus du tout mis à jour.
    Au courrier, je reçois le premier numéro de la lettre d’information des Musiciens du Louvre-Grenoble, intitulée Lyre. Y figure un article sur Mirella Giardelli qui a pris la direction de l’Atelier de la compagnie: elle est devenue « cheffe d’Atelier ». J’ignorais que chef avait son féminin. Mon petit Robert - édition datée de juin 2000 - également.
    A propos des MdL-G, je signale aux amateurs que le concert « Ultimes symphonies » (comprendre Mozart, n°40 et 41) sera diffusé sur les ondes de Radio Classique le 9 janvier 2006 à 21 heures. On nous promet également un Didon et Enée pour juin 2006 au Châtelet, avec Jessye Norman dans le rôle de Didon (ah bon ?).

  • Une journée d'hiver

    Vent terrible ce soir. Le thermomètre est déjà à -1°C et les météorologues annoncent -7°C pour demain matin, ce qui sera sans doute, vu la belle nuit étoilée qui s’annonce. Quelques flocons de neige cet après midi, mais une atmosphère qui reste sèche (ciels bleus entre deux nuées de coton) et impression himalayenne sur nos belles montagnes (le vent du nord donnait l’impression que les sommets de Belledonne fumaient de la vapeur d’eau).
    A propos de feu, j’ai appris hier midi, tout à fait par hasard, (en regardant le décrochage régional « outre-mer » sur France 3) qu’une partie de la Nouvelle Calédonie était en feu (notamment toute une zone d’importance du point de vu biologique). Aujourd’hui, c’était une éruption violente (la cinquième de l’année) de la Soufrière à la Réunion. De tout cela, on n’entend guère parler dans les médias nationaux.
    A propos de tropiques, L. et moi avons dégusté dimanche midi un excellent ananas (variété Victoria, provenance Ile Maurice), tout à fait hors de prix et qui me donne très mauvaise conscience si je songe à la débauche d’énergies fossiles qu’il a fallu consommer (avion notamment) pour faire parvenir ce précieux fruit jusqu’au marché de Grenoble. D’un autre côté, cela aide peut-être de petits producteurs à poursuivre la voie de la qualité au détriment de la quantité (on trouve pour 5 ou 6 fois moins chers de détestables ananas).
    Cinéma, cet après-midi, pour le dernier film de Kim Ki-Duk : « l’Arc ». C’est une jolie fable (peut-être un conte moral), très bien mise en scène. On retrouve ce thème de l’isolement sur l’eau, déjà traité dans le difficile « l’Ile » mais avec une plus grande douceur. Le film est quasi muet (un peu comme « les Locataires ») mais les acteurs jouent bien notamment, cette jeune femme (Han Yeo-Reum) au visage d’ange. Pour en savoir plus c’est ici.

    Etat de la France (suite…) :

    L’Etat, qui vit à crédit depuis des lustres (on nous annonce maintenant plus de mille milliards d’euros de déficit) permettra bientôt à nos concitoyens de souscrire des prêts hypothécaires rechargeables. C’est le début de la course en avant. Le risque est énorme de vivre de crédits en crédits mais bon, pour relancer la consommation, que ne ferait-on pas ?
    Tollé général et unanime au sujet d’un décret pris par le gouvernement le 24 décembre (les journalistes commentent « en catimini ») au sujet de la possibilité donnée aux agents des caisses d’assurance chômage de croiser leur données avec celles en possession de l’administration fiscale. But avoué (louable et bien entendu nécessaire pour une administration qui est comptable de nos deniers) : vérifier simplement qu’il n’y a pas de fraude. Et il fallait entendre tous ces représentants de chômeurs (ou se désignant comme tels) trouver cela absolument scandaleux, injuste, etc. … L’immense majorité des « ayants droits » ne doit pas se sentir concernée: ils n’ont rien à se reprocher; pour les autres les sanctions doivent tomber. Mais notre pays n’a plus le goût de la Loi, il n’est pas légaliste. Me peine beaucoup d’entendre Julien Dray, au nom du Parti Socialiste, vociférer et perdre sa salive pour ce qui n’en vaut vraiment pas la peine.
    Dernier round, le mouvement « Ni putes ni soumises » (pour qui j’ai toujours eu de la sympathie (dans le fond) malgré les évidentes manipulations dont il est le jouet (sans doute avec son accord), notamment parce qu’il posait de front le problème d’une religion (ou une tradition) liberticide pour les femmes dans un pays laïque et attaché plus que tout au respect de l’être humain et des libertés individuelles), par la voix de sa porte parole (ou présidente ?) Fadela Amara, appelait Jacques Chirac à gracier (dans un grand geste de concorde nationale) nos petits chéris, arrêtés au mois de novembre, après avoir lancer des cocktails Molotov contre des écoles ou dans des bus. Cet appel me paraît aller tellement contre l’Etat de droit et le respect de la Loi que les bras m’en tombent. Comment oser écrire une telle revendication alors que c’était pour elles, ces femmes des citées (sabir journalistique, comprendre en réalité : musulmanes et/ou issues d’une tradition familiale maghrébine ou africaine) le moyen de faire avancer leur cause en mettant en lumière tout l’horreur des banlieues et du poids terribles des bandes d’hommes jeunes sur leur tranquillité et, trop souvent, leur intégrité physique ? Mystère.

  • Hommage

    Courte note, sous forme d’hommage à mon grand-père qui aurait eu, aujourd’hui même, cent ans. Sa mère l’avait baptisé du Saint du jour (Etienne). Il aura à peu près tout connu du siècle dernier (l’exode du nord de la France, à 10 ans, pendant la première guerre mondiale, la survie pendant la seconde (un exode avorté), les trente glorieuses ensuite, l’arrivée de Mitterrand). C’est sur ses genoux que je lisais chaque mercredi, au milieu des années soixante-dix, le « Canard Enchaîné » (j’ai toujours, ici, son vieux fauteuil club anglais (qui lui avait été offert en 1962 pour son départ à la retraite) que j’ai passablement contribué à démolir dans mes jeunes années) . Il était d’une infinie bonté, d’une gentillesse à toute épreuve.

  • Et la Musique dans tout ça ?

    Pour en revenir au « TGV magazine », je trouve qu’il s’acquitte tout de même assez bien de sa tâche. Son unique raison d’être est d’inciter à la vente de billets TGV. Il est donc organisé pour présenter les évènements culturels ou artistiques dans les Régions. Au voyageur de « bouger » (comme on dit maintenant) en prenant le rail, si possible. J’ai ainsi pu m’apercevoir qu’une exposition (peut-être intéressante, à voir) sur le mouvement pictorialiste en photographie se tient jusqu’au 15 janvier au musée des Beaux-arts de Rennes pour en savoir (guère plus), c’est ici).
    [A l’instant, affreuse version, sur Radio Classique, de la Messe en Si de Bach par le chœur et l’orchestre de la BBC dirigés par Otto Klemperer, avec un Agnus Dei atroce : violons mièvres et Soprano à la peine (Janet Baker, pourtant) ; René Jacobs dans la version de référence dirigée par Gustav Leonhardt est mille coudées au-dessus. Autre perle, toujours sur la même antenne : « En janvier 2006 ; Mozart fête ses 250 ans ». Le malheureux, s’il était encore parmi nous ! Et d’où vient cette idée de toujours fêter et ne jamais commémorer ?]
    Encore une journée de grisaille (très fine couche). Comme je dis toujours à L. : « c’est grand beau au-dessus des nuages ».
    Une nouvelle journée où les jingles de « Alpes 1 » résonnent à tue-tête dans les bus des Transports de l’Agglomération Grenobloise (TAG). N’essayez pas de vous en plaindre (comme j’ai pu le faire, jadis, sur le forum de discussion du site non-officiel de la TAG (ouf !)). Il y aura toujours un sociologue ou dix usagers pour trouver ça très bien (« sympa ! »), reposant et tout et tout. D’ailleurs, la majorité des étudiants fréquentant la ligne que j’emprunte est, soit absorbée par l’écoute de Pascal Obispo sur lecteur mp3 (le lecteur mp3, une idée à fouiller pour une prochaine note), soit scotchée sur l’écran du sacro-saint « portable ». Quand je pense que je travaille pour fabriquer de tels objets !

  • Jeux de maux

    Mon voyage récent à Paris m’a permis de découvrir le dernier numéro de « TGV magazine » gracieusement fourni aux voyageurs de première classe (et peut-être, également, aux autres). Sa lecture m’a permis de constater, une nouvelle fois, que le jeu de mots « à la Libération » se répand un peu partout à une vitesse foudroyante. Au point qu’on ne sait plus vraiment qui a été le précurseur dans cette course effrénée à la calamité.
    Je livre ici un petit florilège pioché dans ce numéro n°80 (décembre 2006) :
    Couverture: « Alain Ducasse, cuisine et indépendance », « croisière moins bateau »
    Page 11: « foot et citoyenneté : un terrain d’entente ».
    Page 16 (rubrique « Train de vie » (!)/Shopping »): « Elles du désir » (à propos d’une planche de surf des neiges), « Il nous casque les oreilles » (à propos d’un casque de ski), « du poil aux pattes » (à propos de bottes), « chat en chaleur » (à propos d’un bonnet en fibre polaire), « un bon fond » (à propos d’une paire de ski de fond). Le titre de cette page est « Neige en attitude ».
    Page 23: « carburants : en verts et contre tous » puis page 24: « un train peut en cacher un autre » (à propos des économies d’énergie pour les trains du futur) ; page 28: « ça gaze pour les bus lillois ».
    Page 30: « des croisières moins bateau ».
    Page 34: «  Olivier Amsellem : midi soixante » (à propos des photographies d’Olivier Ansellem sur l’architecture années 60 dans le midi de la France)
    Page 50: « Bret Easton Ellis : l’ego land »
    Page 54: « Zem ou Zem pas »  (Sur l’acteur Roschdy Zem)
    Page 62: « Une bouchée d’art frais »
    Page 64: « Romeries »  (à propos d’un festival de musique tzigane et de cirque)
    Page 66: « Freire du monde »  (à propos d’une exposition des photographies de Carlos Freire)
    Page 66: « Corps à cœurs »  (à propos du Lac des Cygnes)
    Page 68: « Bouillon de couture » (à propos des loisirs créatifs)
    Qu’on me pardonne les oublis et ceux que je n’ai pas compris.

  • Rénovation

    Un voyage à Paris, suite. L. et moi sommes passés, l’année dernière, devant les Arts et Métiers. La restauration de la chapelle (du moins, ce qu’il est possible d’en voir depuis la rue) nous avait agréablement surpris. Hélas, le musée était fermé. Cette fois-ci, j’ai pu me promener à ma guise dans un lieu profondément rénové il y a deux ou trois ans. Dans mon souvenir (qui doit dater d’au moins vingt ans), c’était une suite de salles extrêmement sombres, surtout la fameuse chapelle.

    La visite débute maintenant par les salles du second étage, en enfilades, qui sont très agréablement agencées et présentent, dans des vitrines, les principales évolutions des technologies (je m’étonne qu’on ait pas encore sous-titré ce lieu « musée des Technologies ») à savoir, techniques de construction, de communications mais aussi de maitrise de l’énergie. C’est donc un musée d’ingénieurs qui me plait car l’expérience y tient une place toute particulière et prépondérante. La muséographie est moderne et discrète. Il semble se tenir de temps en temps de petits ateliers expérimentaux pour les classes scolaires, sous une forme qu’on pouvait admirer jadis au Palais de la Découverte (je ne sais pas ce qu’il en est maintenant).

    La chapelle a été magistralement restaurée et le déambulatoire permet d’admirer une architecture de transition à Paris. Certes la pierre est bien blanche et l’ensemble renvoie un côté assez clinquant. Mais le contraste est assez net avec la nef du XIXe siècle recouverte de peintures décoratives plus ou moins heureuses. Celle-ci sert de salle d’exposition à de grandes pièces qu’on ne savait visiblement pas où mettre ailleurs (avions, automobiles). L’escalier métallique n’est pas très heureux dans un tel lieu mais il permet au moins de se donner un peu de hauteur et de découvrir la partie la plus ancienne sous un bel angle.

  • Souvenir

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    DEVANT LE MARTYR JUIF INCONNU

    INCLINE TON RESPECT, TA PIETE POUR TOUS LES MARTYRS

    CHEMINE EN PENSEE AVEC EUX LE LONG DE LEUR VOIE

    DOULOUREUSE. ELLE TE CONDUIRA AU PLUS HAUT SOMMET
    DE JUSTICE ET DE VERITE.
  • Bloc-notes des derniers jours

    Théâtre : Au Cargo de Grenoble, measure for measure de Shakespeare par la compagnie britannique de Simon McGurney (qui interprétait le rôle du Comte). Scénographie assez moderne où les moyens techniques servent la pièce. Hélas, bien peu de moments de repos sont ménagés aux spectateurs et l’enchaînement des scènes à grand coups de haut-parleurs finit par lasser un peu. Sur la pièce, peu de choses à dire, c’est du Shakespeare avec les rebondissements, les complots et cette peinture si juste des sentiments humains (méchanceté, veulerie, mensonge).

    Cinéma : Three Times de Hou Hsiao Hsien. Trois histoires d’amour en trois actes (début XXe, 1960, début XXIe). Très peu de paroles dans le premier tableau (1960), tout se joue autour d’une table de billard, des rendez-vous manqués, des sourires. L’ancien temps est une peinture de la condition de la femme (pas très bonne). C’est le temps, encore une fois, des rendez-vous manqués. Dernière période, assez hideuse, confuse, encore des rendez-vous et l’amour qui s’envole. Au final, un film malgré tout plaisant qui laisse un coût d’inachevé mais c’est sans doute un parti-pris pointilliste.

    Photographie : Exposition collective de jeunes talents à la mairie du Xe arrondissement (jusqu’au 17 janvier, parisiens courez-y vite). Ils ne sont plus amateurs, certains sont déjà des professionnels (au sens où c’est leur activité principale), à peu près tous ont quelque chose à dire (de qualité) même s’il n’y a pas d’unité des thématiques (des enfants de Lisbonne à des photos de nu dans une cour de ferme) ni des moyens (N&B, numérique). Cette exposition montre au passage que, n’en déplaise à la FNAC et aux « marathons du numérique », on ne s’impose pas photographe en un jour, cela demande souvent du temps et une réflexion aigüe sur sa démarche. A ce sujet, je me suis toujours demandé si, finalement, la démarche artistique et le discours critique ne marchaient pas ensemble, d’un même pas. J’étais déjà conquis par le travail de mon amie Sandrine. Confronté au travail des autres, son talent ne m'apparaît que plus sûr.

    Art : Mélancolie, génie et folie en occident au Grand Palais. Exposition qui fera sans doute date. Je l’ai beaucoup appréciée même si le propos est traité de façon parcellaire (comment être exhaustif sur une thématique aussi large ?). C’est avant tout un choix de conservateur et les œuvres présentées ne sont que des jalons. Le catalogue, que j’ai commencé à parcourir avec plaisir, est plus qu’une somme, c’est une autre visite, une autre présentation. Hélas, et malgré ce que j’ai pu lire ici ou là, la muséographie n’est pas extraordinaire avec la persistance d’un parcours linéaire pour un sujet qui ne l’est pas du tout. Il y a des œuvres magnifiques, d’autres moins intéressantes. Les amateurs des gravures de Dürer devront s’y rendre ; ceux de De Chirico également. Je m’étonne que la photographie des pionniers ou des grands anciens comme Le Gray soit absente. La musique est traitée un peu vite, sur un panneau, dans un vestibule, au pied d’un escalier qui mène aux salles de l’étage. Celles-ci sont très intéressantes et beaucoup moins encombrées de visiteurs. Ces galeries du Grand Palais manquent d’ailleurs d’espace et de recul, les œuvres sont souvent les unes sur les autres, les vitrines disposées sous les tableaux de sorte que si l’on regarde une œuvre, la gêne est mutuelle. Les peintures de Friedrich sont en effet remplies d’une mélancolie pure. La lumière (ou son absence) qui s’en dégage en est peut-être la cause. On a le même sentiment dans les grandes œuvres figuratives de Hopper. Pour moi, la mélancolie est avant tout la nostalgie, la conscience qu’il y a eu un passé, un temps révolu. C’est donc un sentiment de perte et d’abandon.

  • Sonates et partitas

    En cette morne soirée, j’écoute les sonates et partitas pour violon seul de Bach interprétées par Kristof Barati, jeune virtuose que je ne connaissais pas. Ce disque est l’unique musique depuis quelques jours. Je m’enthousiasme à en découvrir à chaque minute une nouvelle facette. Pour moi, c’est l’antithèse absolue de la musique ennuyeuse. Il y a toujours un coup d’archet qui surprend, une coloration qui m’émeut. Je ne suis pas très familier du violon chez Bach au contraire des œuvres pour clavier. Ce violon m’a plongé dans les souvenirs. Ma première et unique écoute en concert de ces sonates pour violon remonte à un dimanche de printemps, en 1992. J’avais traversé une partie de Paris pour écouter un interprète dont je n’ai pas mémorisé le nom. Je me souviens d’un ciel radieux, d’une église à la nef haute et très lumineuse, près des Invalides (?). L’interprète, un homme de grande taille se tenait droit comme un i. Et c’est tout (c’est peut-être déjà beaucoup car il y a bien des moments musicaux qui se sont échappés de mes synapses). Je retiens souvent mieux et plus longtemps le contexte, un visage, un chapeau ou les éternels bruits de programme que l’on froisse au moment le plus sublime. Je revois souvent en songe la nuque de la jeune fille à Ambronay, en 1999 ou en 2000, mais se souvenir là est lié à un moment musical d’une intensité rare (Passion selon Saint-Matthieu dirigée par Tom Koopman). M’avait troublé qu’une fille si jeune soit d’abord le nez dans le programme puis, ensuite, mais lentement, captivée par l’écoute à en garder une fixité, presque une raideur du haut du corps tout à fait étrange.

    M’obsède depuis dix ans, à intervalles plus ou moins réguliers, une phrase de Diderot à propos de Rousseau : « il n’y a que le méchant qui soit seul ». Je ne suis même plus très sûr que se soit Diderot l’auteur (« Règnes de Claude et Néron » ?). M’obsède depuis deux mois, la phrase prononcée par Jean (Pascal Gregory) lors du retour de Gabrielle (Isabelle Huppert) après sa courte escapade adultérine : « au fond je ne vous connais pas ». Je la trouve d’une intensité tout à fait tragique car sa simplicité la rend cruelle, assassine, d’une portée bien au-delà des mots. Ce pourrait-être un beau titre pour un livre.