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  • Jeunes pousses

    Promenade rituelle du début de printemps au-dessus de Morette, entre Tullins et Vinay, dans la basse vallée de l’Isère. Temps absolument magnifique et chaleur remarquable (25°C). Tous les ans nous nous promenons ici, aux premiers beaux jours. C’est l’occasion d’un pique-nique estival et champêtre. Cette fois-ci, l’air était d’une légèreté appréciable. Les oiseaux chantaient mais ça ne troublait absolument pas le grand silence de la Nature. Les agneaux du mois (peut-être même du jour, si on en croît certaines démarches mal assurées) gambadaient avec leur mère dans les prés. Les buses volaient haut dans le ciel, les lézards étaient comme nous : prompts à se faire dorer au soleil. Ces instants là sont magiques. On aimerait que ce soit toujours ainsi, qu’il n’y ait plus d’hiver ni de froid, ni surtout ces brumes glaciales qui n’en finissent jamais de se dissiper. Pour tous ceux qui n’ont pas encore vu la pointe ensoleillée du printemps, ce tapis de violettes au bord du chemin.

     
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  • Quickly !

    Retour de Paris. Je n’ai pas trop le temps d’écrire là-dessus (une Passion de Bach m’attend au concert dans quelques minutes). Néanmoins (et pour résumer à grandes coudées) :
    « Paris », pas trop de soleil mais tout de même un mercredi agréable (expositions « Lumières » à la BNF Tolbiac, « Madame du Chatelet » à la BNF Richelieu, Petit Palais rénové & achats très modérés de livres chez MM. Gibert, dont le journal 2003 de R.C. Rannoch Moor (que j’ai dévoré (partiellement), avec grand plaisir, dans le TGV), le tout sans prendre ni pavés ni gaz lacrymogènes sur le coin de la figure .
    Hier, escapade aux bords de la Loire (très réussie) malgré le temps plus que bas : Saint-Benoit-sur-Loire (magnifique, malgré les travaux de réfection de la tour porche) & petite église carolingienne de Germigny-des-Prés (mosaïque exceptionnelle) sans parler de la beauté architecturale du sanctuaire élevé par le moine Théodulfe. Au retour, belvèdère sur (et dans) la forêt d'Orléans.
    Compte-rendu complet à venir (ce week-end peut-être).

  • Vieille souche

    medium_l1000228_512.jpg Vieux châtaignier parmi quelques uns de ses congénères, guère mieux en point que lui, quelque part entre Bresson et Haut-Jarrie. Image prise lors de la promenade digestive de ce dimanche. Soleil absent, hélas, mais douceur des beaux jours.

     

  • Rêve, réveils, sites spécifiques de (re)capture, départ.

    Encore un rêve étrange la nuit dernière. Je marche très longtemps dans un pays aride. J'arrive soudain au bout d'une terre et je tombe face à la mer. Je décide de la contourner et me retrouve nez à nez avec une mince bande de terre qui sépare deux grands lacs (eau bleue, très sombre). Le sol est désertique, très peu de végétation. Soudain, je vois le continent en face de moi s'éloigner dans un grondement sourd: une énorme faille jaillit à mes pieds; elle ne cesse de s'agrandir, tant en longueur qu'en profondeur. Je me retourne vers là d'où je viens et me pose cette question: restent-ils des hommes sur mon continent ? Serai-je tout seul pour le reste de ma vie ? une grande tristesse m'envahit. Réveil.

    Faute de mieux, j'attribue ce rêve à i) la lecture récente de la "possibilité d'une île" de M. Houellebecq où le dernier des Daniel clonés, parcourant les terres désolées d'Espagne (bien après l'ouragan nucléaire), tombe sur la fin de la terre, face à la mer (moi, c'est plutôt l'inverse). ii) à l'absence trop récurrente, ces derniers jours, de chocolat et donc aux désordres importants qui se sont créés, au niveau des sites spécifiques de réception des endorphines, dans les quelques synapses qui me restent encore.

    Mes adieux, aujourd'hui, à J. que je ne reverrai sans doute pas avant son départ pour Tokyo. Je lui est offert "l'empire des signes" de Barthes (livre fascinant) et "Lauve le pur" de Richard Millet. Ce dernier ouvrage m'a terriblement ému lorsque je l'ai lu et qui continu, au fil du temps, d'être essentiel pour moi. L'idée du blog d'expatriée fait sont chemin; en tout cas, j'ai fait le commercial pour H&F, ventant tous les mérites de notre gentil hébegeur!

  • Philosophe

    Lien vers l'interview donnée récemment à la chaîne KTO par Alain Finkielkraut. Cinquante minutes très intéressantes (dont un portrait pas trop mal réalisé) pour comprendre l'homme, son parcours et sa pensée. Ceux qui ne l'aiment guère seront tout de même intéressés. Pour les autres, ce sera l'occasion de cotoyer une nouvelle fois la réflexion d'un homme de ""l'ancien temps"" qui peut, néanmoins, se permettre d'écrire un livre intitulé "Nous autres, modernes".

     

  • D'un voyage l'autre

    J., ma collègue et amie, part dans quelques jours au Japon (post-doc). Je l’ai incité à créer un blog pour que nous puissions profiter de ses découvertes au pays du soleil levant. Pour l’instant, l’idée n’a pas l’air de l’emballer (J. si tu me lis…). J’espère néanmoins que cela se fera. Il me semble que, dans le cas présent, le blog est un formidable outil pour voyager à distance. Partir, partir, toujours être ailleurs, voilà bien le goût de ceux qui restent au port !

    J’ai oublié de parler du concert de vendredi soir, dans l’auditorium de la MC2, où le quatuor Debussy donnait la deuxième soirée - marathon : plus de trois heures de musique - de son intégral des quatuors de Chostakovitch. Quelle musique étrange, surprenante, changeante à souhait. On a toujours l’impression de passer du coq à l’âne. Dès qu’une jolie phrase est trouvée, il y a une rupture, du chaos. La musique est rarement sereine, souvent violente mais en définitive captivante et tout à fait intéressante à suivre (j’ai renoncé à décrypter quoique ce soit, n’étant pas musicien). Le public était plus que clairsemé mais tout à fait attentif (l’épidémie de toux semble s’éloigner). Comme il restait pas mal de places libres, j’ai un peu voyagé dans le grand auditorium en essayant de me placer dans une position assez excentrée, au fond de la salle. J’ai compris ainsi ce qu’était une belle acoustique. Où que vous soyez, le son vous atteint avec la même force, la même justesse et le même délié.

    [Je précise qu'on vient de m'avouer où étaient cachées les tablettes de chocolat. Faute avouée, à demi pardonnée, non ?]

  • Se perdre !

    La meilleure façon de se perdre à l'heure du GPS:

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    Car se perdre, c'est divaguer, découvrir, aller au fil de l'eau et du temps, n'être pas sûr d'arriver, aller de découvertes en découvertes, folâtrer doucement mais surtout rêver, partir ailleurs, commencer sa réforme, être heureux, ne plus finir d'aimer ce pays.

     

  • Deux mondes

    Hier après-midi, au retour de l'une des plus venteuses et froides promenades de ma vie, j’eu le grand bonheur d’écouter le Pavé dans la Mare, l’émission de F. Lodeon consacrée, ce dimanche, aux interprétations du 12ième quatuor de Beethoven. On peut écouter l’émission ici . La version retenue est l’interprétation (très belle) du quatuor Amadeus.


    Promenade digestive, donc, dans la proche banlieue grenobloise : sommet de Bellevue au-dessus de Brié-et-Angonnes. Pour un peu nous nous serions crus en Sibérie. Le vent du nord soufflait sans discontinuer, non sous formes de rafales mais comme un souffle d’aspirateur géant. J’ai rarement vu un tel zéphire. Reste que le soleil était là, derrière les minces nuages cotonneux. Cette promenade est vraiment très bien pour l’après-déjeuner d’hiver : pas trop longue, sans aucune difficulté avec un très beau parcours en forêt pour le retour. Au sommet la vue est assez vaste, sans être grandiose.


    Samedi midi, déjeuner dans un très bon restaurant corse de G., l’Atelier, ouvert il y a un ou deux ans de cela, rue Dominique Villars (au cœur d’un des plus beaux quartiers de la ville). Décoration sobre avec un brin de modernisme (rampes halogènes au-dessus des longues tables de bois) qui peut agacer (tuyaux de gaz et lignes électriques sont bien visibles) mais joli parquet de sapin qui va très bien au lieu. Ici, aussi, on voit les hommes de l’art mais c’est derrière une baie de plexiglas dépoli (donc on ne voit pas grand-chose, et c’est très bien ainsi). La cuisine est excellente (une très belle tranche de thon à l’agliolu ou des lentilles au figatellu; desserts : mi-cuit au chocolat et crème brulée aux oranges confites). Une bonne adresse avec un personnel gentil, simple et souriant.


    [je viens de m’apercevoir que ma tablette de chocolat avait disparu. Les menaces de L. ont donc été mises à execution. Comment vais-je faire jusqu’à la fin de la semaine ?]


    Que penser du CPE ? Que penser des étudiants ?


    Etudiants, nous avons tous eu nos moments de révolte, ce déferlement un peu bête et grégaire qui tend à (nous) démontrer que nous sommes tous solidaires. On sait bien que cela n’est qu’un feu de paille et participe sans doute du passage vers un monde d’adultes. Pour raccourcir et tailler large : tuer le père (l’Autorité) pour mieux l’accepter ensuite. Ces petites révoltes restent festives et rigolardes un moment, puis viennent le temps du doute et le renoncement. A cette heure, nous sommes à peu près à la fin du temps d’extase, sans que le doute advienne. Les ajustements annoncés par le premier Ministre, hier soir, ne semblent pas avoir été accueillis favorablement. On peut parler de dialogue de sourds.
    Je vois aussi que rien n’a changé : l’occupation des locaux est toujours d’actualité, du fait d’une minorité qui terrorise les étudiants voulant (trop simplement) travailler. J’ai bien connu, jadis, ces éléments extérieurs, petits brigadistes des causes impossibles, militants postrévolutionnaires d’un Kampuchéa pas trop démocratique. Le vote à bulletin secret les horrifie: ils préfèrent le coup de force, le regard noir sur ceux qui ne lèvent pas la main au moment voulu, les insinuations et enfin les insultes. « Facho » est leur préférée. Ils oublient un peu vite qu’être fasciste, c’est justement endosser le costume qui leur va si bien : imposer aux autres sa volonté, par tous les moyens de contraintes possibles.
    Me faisait bien rire, ce soir, lors du décrochage « Grenoble » de France 3 Rhône-Alpes, certain militant étudiant de la cause. Il nous faisait visiter (sans rire du tout), la « fac » occupée (avec tout l’assentiment du corps enseignant, mais bon) et nous présentait ici, la salle de réflexion (population avachie et bras en l’air à voter), là le lieu de création artistique (concours de calicots pour la prochaine manif’). Le quidam (et la moitié de ceux qu’on voit ces jours-ci à la télévision) portent une tignasse mal définie (celle qu’arborait uniquement les Jamaïcains il y a vingt ou trente ans), une tenue de combat kaki et les inévitables piercings.
    Dans quelques années, nous le retrouverons, peut-être sur cette même antenne, pour un énième reportage sur la « galère » des jeunes. Il nous dira que ce n’est pas juste, qu’il ne trouve pas de travail malgré son DEA en sociologie des exclus (ou en psychologie du travailleur social en milieu altermondialiste), que c’est du racisme anti-jeunes (ce mot de racisme sera devenu, dans ce cours laps de temps, et en contradiction absolu avec le sens qui a prévalu jusqu’ici, une sorte de sésame permettant d’apitoyer tout à chacun).
    Plus gravement, se pose le problème des deux démocraties (l’élective et la participative), de leur poids respectif, du déclin de la première face à la seconde. J’ai encore la naïveté de penser que le vote, ce mandat donné à l’élu avec toute la signification symbolique (ontologique, peut-être), ce don de son (petit et limité) pouvoir à un être humain pour définir une majorité, définir une orientation générale, était le ciment de notre système politique. Je constate, tristement, que ce principe est attaqué de toutes parts.

  • Comment (bis)

    Et bien, même Philippe Lançon (Liberation) a aimé :

    http://www.liberation.fr/page.php?Article=365931

    Courez vite chez votre libraire !

     

     

  • Comment ?

    Autant le dire tout de suite, le dernier livre de Renaud Camus intitulé « Comment massacrer efficacement une maison de campagne en dix-huit leçons » est un pur joyau. C’est le livre qui manquait dans sa bibliographie, même si les lecteurs assidus ne découvriront pas là une nouveauté thématique dans sa réflexion esthétique. En effet, le problème de l’enlaidissement du monde, traité ici par le biais, mineur - vue l’immensité de la tâche - de la « maison de campagne », fait parti des sujets récurrents développés par notre auteur dans ses écrits. Notamment, les volumes du Journal permettent d’évoquer, au fil du temps et, par trop d'exemples, la dégradation de notre univers dans ce qu’il a de plus visuel et donc de plus sensible.
    L’angle d’attaque est, ici, consacré à la maison de campagne qu’il ne faut pas confondre avec la maison à la campagne. Cette dernière peut-être un vilain pavillon de banlieue transporté à la campagne, comprendre établi sur un territoire rural. Non, la maison de campagne est autre chose : « le terme de campagne, à lui seul, suffit à suggérer quelque chose où le temps entre pour beaucoup. Le mot est tout entier imprégné de littérature, de poésie, d’histoire, d’épaisseur des siècles » […] Exeunt les maisons neuves, donc : je le répète, elles ne sont pas notre sujet » (p11).
    Le livre s’organise autour de dix-huit thématiques. Chacune représente un outrage à faire subir à sa demeure pour la dénaturer à tout jamais et lui permettre de perdre ainsi son identité originelle. On l’aura compris, c’est une liste en miroir des avatars endurés par les plus belles de nos demeures que l’auteur dresse ainsi.
    La première leçon traite de l’enlèvement des crépis, jadis supposé cacher la misère d’un appareil de piètre qualité. Je pense, pour ma part, que l’égocentrisme ambiant, qui a beaucoup à voir avec le triomphe de « l’idéologie du sympa » – terme dont R.C. est l’inventeur – pousse ainsi les propriétaires à faire table rase du passé, à imposer plus que tout la marque de leur passage, si possible en se conformant au goût du jour qui veut la pierre à nue, si modeste soit-elle. Très justement, Renaud Camus montre qu’il ne faut pas pour autant en faire une règle absolue. La pierre de taille, celle de nos églises comme de nos beaux châteaux, n’a pas besoin de badigeon (sa beauté, c’est justement cette présence). Et même dans bien des cas, un chaînage d’angle ou un encadrement de fenêtre de belle qualité seraient dénaturés par le crépi que l’on réserve à la façade.
    Les cinq leçons suivantes traitent justement des ouvertures et du mauvais sort qu’on leur fait subir, soit en enlevant le sublime (un volet de bois enrichi de l’inestimable patine du temps) soit en rajoutant des éléments architecturaux qui n’ont rien à voir avec le style ou le goût de la bâtisse. Les exemples les plus saisissants sont, à mon avis, le volet roulant coulissant (si possible en plastique bon marché) et le remplacement des menuiseries en bois par de modernes huisseries et divers encadrements en plastique (ou pire, en aluminium). On retrouve ces deux matières abjectes dans la leçon douze (« Mettez des meubles de jardin en matière plastique ») et quatorze (« Ajoutez une véranda »).
    On peut compléter la liste des malheurs dont ont à subir nos belles demeures par le goût pour l’ajout. Que cette addition soit un vilain garage (leçon quinze), un portail (leçon seize) ou une simple parabole pour la télévision (« Sonorisez », dernière leçon).
    On rit beaucoup en lisant ce livre et ce n’est pas la moindre de ses nombreuses qualités. Reste à notre auteur de poursuivre sur sa lancée. Le public serait ravi de voir compléter le premier volume de la collection par un titre consacré au saccage actuel du Paysage français. Panneaux publicitaires, tôles ondulées sur les toits, silos et fermes en parpaings, ce ne sont pas les exemples qui manquent (hélas). Ce seront autant de leçons à traiter, pour notre plus grand plaisir de lecteur.

    Extraits:
    « Pour tchernobyliser efficacement ne jetez rien, ou jetez tout dans le jardin. […] Ou bien soyez très paresseux : que votre seuil et votre cour soient l’endroit le plus éloigné où vous consentirez à trimballer, à partir de votre cuisine, l’ancienne cuisinière hors d’usage. […] ignorez résolument l’existence des décharges publiques, qui sont toujours trop loin et malcommodes. […] Méprisez la loi qui interdit d’abandonner dans la nature des carcasses d’automobiles… » (Leçon huit, « Tchernobylisez », p.72)
    « Voici par exemple cette élégante maison Louis XVI, ou Directoire, mettons : pas grande, très simple, très sobre, mais où tout a été calculé sans calcul, sans application trop visible, avec une sûre nonchalance, pour dire le goût de la lumière si ce n’est l’amour des Lumières, l’adhésion tranquille à un idéal de clarté sans contrainte et de symétrie sans sévérité, l’amitié pour l’air serait le grand air, et pour la transparence. Le massacreur résolu devra bien s’appliquer à ne rien voir de tout cela. D’ailleurs il est essentiel qu’il soit insensible aux différents styles et à leurs variations chronologiques, géographiques ou sociologiques. Pour lui une maison de campagne est une maison de campagne, et une maison de campagne se doit absolument d’être « rustique » - il ne sort pas d là.
    Nous parlions plus haut de la mode « poutre app » qui aurait poutrappisé jusqu’à des appartements Art déco dans les immeubles de Roux-Spitz ou de Mallet-Stevens. Le massacreur rusticisant s’inscrit dans la même tradition. D’ailleurs il a la passion de la poutre, lui aussi, et il en fait grand usage. Il a remarqué qu’en les plus authentiques rustiques des édifices campagnards, fermes ou granges, étables ou chais, il était fréquent qu’une poutre servît de linteau aux portes et fenêtres. Dès lors, il ne peut plus concevoir une baie sans poutre en linteau. La poutre en linteau est pour lui la marque de la vraie maison de campagne. Il en met partout, quitte à défigurer dans ce dessein de belles et claires et simples fenêtres du XVIIIe ou du XIXe siècle, qui présentent à ses yeux le défaut de n’être pas assez pittoresques, pas assez rustiques. » (dixième leçon, « Rusticisez », p.87)

  • Combien ?

    Question (essentielle) posée par P. Bruckner dans l'article paru aujourd'hui dans le journal Libération (à propos des caricatures danoises de Mahomet):

    "Combien de temps l'esprit de pénitence étouffera-t-il chez nous l'esprit de résistance ?"

    On peut lire l'article  ici.

  • Que du bonheur

    Un disque que j'aime beaucoup. Je l'écoute en boucle ces jours-ci. Je le conseille à mes fidèles et mélomanes lecteurs (également aux autres)  :

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    La beauté des derniers quatuors est le rythme; tout est dans l'enchainement.
    Plus j'écoute ces oeuvres et plus je m'en persuade.
  • Keep hope !

    Manifestations plus ou moins monstres, aujourd’hui, contre le Contrat Premier Embauche. La police annonce 400000 manifestants, la CGT en a compté 1 million. Comme il existe une Cours de Compte qui vérifie l’utilisation par les Services de l’Etat de nos deniers, il faudrait penser à créer une Cours du Compte des Manifestants (CCM ?) pour donner une évaluation précise et fondée sur des relevés automatisés (les capteurs ont rarement des états d’âme). Bref, là n’est pas l’essentiel, on l’aura compris.

    Ce projet de Loi relatif au CPE me pose bien des interrogations. Assis confortablement dans mon fauteuil, avec dans le portefeuille un CDI, je me sens solidaire (« tous solidaires » hurlait, ce matin, notre ayatollah cégétiste battant le rappel pour la manif’) avec ceux qui aspirent à un projet de vie un temps soit peu construit et qui ont donc besoin de pouvoir se projeter dans l’avenir (avoir un emploi en CDI = un prêt bancaire plus facile, par exemple). Le CPE serait sans doute parfait dans une période de plein emploi. Si j’ai bien compris les données, il y a tout lieu de penser que ce CPE n’apportera pas d’embellie durable à notre économie puisqu’elle est structurellement plombée par notre incapacité à rebondir, innover et développer (de nouveaux services, produits, …). Il faut, sans doute, accepter que les fabrications de produits manufacturés quittent notre sol, l’effort gigantesque (plus dur que de monter en haut de l’Everest) doit maintenant porter sur « le coup suivant », ne pas louper la marche. Cela ne pourra se faire qu’en remettant en marche notre système éducatif et en arrêtant de rêver à des chimères. Je comprends tout à fait que, pour une partie de la population, la pilule soit difficile à avaler, soit parce qu’elle ait pu croire à des jours forcements meilleurs, soit parce qu’elle se sent totalement désarmée face aux mutations du monde.

    Néanmoins, et c’est ce qui m’inquiète, je crois qu’une majorité de Français n’a pas compris la mutation sans précédent qu’est en train de vivre l’économie mondiale, ce qu’on appellera peut-être la troisième ou quatrième révolution (sans doute pas industrielle). Le système finira par s’équilibrer, une fois qu’une majorité de Chinois, Indiens, Brésilien, etc. aura accédé à un niveau de revenus suffisants, les coûts de productions raugmenteront mécaniquement (à cause de la hausse des salaires) et donc les économies des uns et des autres pourraient ainsi s’équilibrer. Hélas, le paramètre temps de régulation n’est pas sous notre maîtrise. La Terre (ou la mère Nature) nous aura peut-être abandonné d’ici là. A ce propos, m’inquiètent beaucoup les louanges qu’on entend un peu partout sur le dynamisme de la population mondiale (je veux dire de son augmentation effrénée). Il me paraît plus qu’urgent de souhaiter une baisse rapide et soutenue de la natalité, notamment dans les pays émergeants qui n’auront sans doute pas les moyens de faire face (et il n’y aura plus de solidarité mondiale pour les aider: adieux toasts à la cantonade en rêvant d’une taxe sur les billets d’avion).

    C’est ce qu’ont très bien compris les Chinois il y a vingt ou trente ans. L’argument classiquement opposé est de dire qu’il faudra des bras pour faire tourner l’économie des pays et payer les retraites des travailleurs d’aujourd’hui. C’est je crois faire l’erreur de ne pas tirer les leçons du passé. Le dynamisme de l’économie mondiale n’était pas jusqu’ici lié à l’afflux d’une main d’œuvre pléthorique mais, plus simplement, aux gains de productivité et aux innovations techniques & technologiques (en premier lieu, les télécommunications et l’informatique). Le choix des dirigeants Chinois a été (récemment, tous comptes faits) de sortir leur pays de la ruralité et de massivement encourager le peuple à investir les lieux de fabrication de produits manufacturés.

    Plus que jamais, le futur sera le temps du rapport de force. L’Europe, noyée par le cynisme de ses dirigeants est mal partie, les Américains vivent et se développent à crédits, sur notre bas de laine. Le projet Chinois, telles que les choses sont, n’est pas de dominer l’économie mondiale (ce sera chose faite dans moins de dix ans) mais un projet de domination politique et géostratégique du Monde. Il y a tout lieu de penser que les pays actuellement forts par leur possession des ressources énergétiques fossiles (pays du golfe persique) seront exclus de fait de la vie politique internationale (puisque l’économie sera tout, il n’y aura de relations entre les Etats qu’en matière économique). Ne seront plus sur le devant de la scène que les pays techniquement et financièrement capables de gérer la transition énergétique. C’est donc maintenant qu’il faut investir et se ressourcer. Même si de très lourds nuages s’amoncellent à l’horizon sur la capacité de la Terre (donc notre intelligence) à digérer le bouillonnement exponentiel, je continue de croire à notre capacité d’adaptation. Après tout, c’est ce qui nous différencie de la poule !

  • à travers le souffle de la V.M.C

    Triste dimanche, donc, à regarder la neige tomber et écouter le vent souffler à travers l’aspiration ininterrompue de la V.M.C. Une éclaircie en fin de soirée, au musée dauphinois, dans la Chapelle, au pied du beau retable, pour entendre une jeune interprète russe, au clavecin, dans un programme varié (Maîtres Français, Bach et Scarlatti). La sonate K.25 de ce dernier est un bel avant goût du printemps qui ne saurait tarder (restons confiants). La Superbe ou La Forqueray (17ième ordre, 3ième Livre) est peut-être la plus belle pièce de François Couperin, en tout cas celle qui me semble le mieux relever du génie français, d’un certain art et pour tout dire, d’une vraie noblesse d’âme.

     

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    [20 février 2005]

     
  • Mort de Philippe Muray

    « Il est hélas certain que votre fanatisme sanglant n’est que l’arbre par trop visible qui cache les répulsions d’une bien plus vaste forêt. Mais le Mal absolu que vous avez tout à coup incarné à la perfection nous permet, une fois encore, de camoufler cet Occident, dont vous avez transformé le cœur du cœur en champ de ruines, n’est plus l’Occident depuis longtemps puisqu’il ne survit que de s’être débarrassé de tout ce sur quoi il avait reposé durant des siècles, à commencer par ces qualités désormais regardées par nous comme éminemment malsaines que sont l’esprit critiques, la conflictualité, la capacité d’intégrer le Mal ou le démoniaque et de les comprendre pour les combattre »


     P. M. in Chers djihadistes…, Mille et Une Nuits (2002).

    A lire en complément, http://www.lesbelleslettres.com/html/chronique_100306.htm : éloge de son éditeur, Michel Desgranges (les Belles Lettres).

  • Tous les goûts sont dans la Nature

    Chaque jeudi soir, l'une des rubriques du décrochage "Grenoble" de France 3 "Rhône-Alpes" est consacrée à un "passionné". Ce soir, c'était au tour de Luc de nous faire partager son goût pour le Droit et, surtout, pour Lara Fabian. Quatre minutes très intéressantes: Luc chez le disquaire à tenter de dénicher un inédit, Luc chez le buraliste qui lui réserve tout ce qui sort sur le sujet,  Luc dans les locaux de Chérie FM qui lui a permis d’approcher la star de ses rêves (qu’il aime beaucoup pour ses textes, malgré qu’ils soient quelques fois un peu tristes). Luc a la quarantaine bien sonnée.

    [Hilary Hahn dans la chaconne de la partita en ré mineur de Bach : j’ai l’impression d’être au Conservatoire, tout est haché menu, sans génie ni grandeur. Seule la prise de son est belle. Au même âge (mais en 1936), Yehudi Menuhin en donnait déjà une version remarquable].

     

    Lecture du prochain week-end:

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  • Derniers rayons

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    Après une journée de giboulées neigeuses et de soleil mêlés