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  • Vacances

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    Décollage demain,

    bonne semaine à tous.

  • Quelques lignes

    "Et Phèdre au labyrinthe avec vous descendue

    Se serait avec vous retrouvée ou perdue,

    a murmuré Marina, en souriant, sans se moquer, les yeux baissés, avec la mine un peu contrite des enfants qui chantent ou récitent un poème; et dans sa bouche les vers de Racine avaient je ne sais quoi d'extraordinaire, parce que j'ai toujours été ému, moi qui ai vu mourir un monde et la petite langue qui nommait ce monde, et qui doute aujourd'hui si la grande langue qui a porté pendant mille ans la littérature française n'est pas entrée, elle aussi, dans un déclin dont nul écrit, nulle forme d'art nouveau ne la sauveront probablement, je suis ému d'entendre de la belle langue dans la bouche de très jeunes gens, surtout une jeune femme nue comme l'était Marina, en cet après-midi d'hiver, dans la pénombre de ma chambre, m'écoutant parler de femmes nées et mortes il y a longtemps et dont la vie lui paraissait, à cause de ces distances qui se mesurent en légendes bien plus qu'en décennies ou en siècle, aussi mythique que celle de Phèdre".

    Ma vie parmi les ombres - Richard Millet - Gallimard (2003)

  • Où allaient-ils ?

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  • Incertitude

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    Serons nous là dans une semaine ?

  • Penser la contradiction

    Vingtième anniversaire (de ces dates terribles dont on aimerait qu’elles n’aient jamais été) de l’accident de Tchernobyl. C’est l’occasion pour les journalistes (bien aidé en cela par le discours doctrinaire des écologistes) de nous ressortir l’énième reportage sur le nuage qui ne s’est pas arrêté à la frontière française; Pripiat, ville fantôme et martyr du nucléaire ; les cancers des « liquiditateurs » et les malformations des nouveau-nés. Ce sont des vérités, absolues et inattaquables. Et comme toutes vérités absolues et inattaquables, elles écrasent le débat, le ferment à tout jamais. Il est donc impossible de dire, vingt après, que si cette catastrophe est arrivée ce n’est pas « la faute » au nucléaire civil mais à cause de défauts de conceptions et surtout, le manquement aux plus élémentaires règles de sécurité. On entend d’ailleurs bien peu parler des deux fous en poste à la centrale ce soir là, ces deux apprentis-sorciers qui ont, au mépris des consignes, coupé le système de refroidissement de secours, entrainant par la même les conditions que l’on sait (pour ceux que cela intéresse, on trouve une très intéressante relation de l’accident dans la parution annuelle « 1986 » de l’Universalia). De cela, et du modèle russe de réacteur, on n’entend plus parler, c’est passé aux oubliettes, à cause, sans doute, de la mode actuelle, qui veut qu’on s’intéresse plus aux conséquences qu’aux causes. Restent que le gouvernement français de l’époque a menti, comme les experts de tout bord qui savaient et n’ont rien dit. Néanmoins, qui, en avril 1986, était prêt à entendre ce discours ? Les hommes politiques, gouvernants et experts ont pris la décision de nier l’évidence, sans doute pour ne pas affoler les populations. C’est un peu le point singulier des démocraties, jusqu’où la parole de vérité peut aller ?
    Sans rapport, je signale aux grenoblois la tenue du 12 au 14 mai des Assises (ou Rencontres) de la république des idées  – La Nouvelle  Critique Sociale – dont on peut lire le programme complet ici. Les partenaires sont, entres autres, Les Inrockuptibles, Le Monde et France Culture. Bref, on est en terrain bien connu, le penser moelleux devrait régner en maître absolu du discours. Sur le site du mouvement, on peut ainsi lire ceci: « Ces crises révèlent, entre autres, les faiblesses du modèle français d’intégration. Dégradés, sous-équipés en services publics, frappés par un très fort chômage et des discriminations massives, mais caractérisés aussi par un tissu économique fragile et des problèmes de sécurité, ces espaces ont été relégués aux marges de la société » (à propos des « quartiers en relégations »). En plaçant ainsi le sujet, on écrase toute forme de débat et de contradictions possibles. L’affaire est entendue, n’allons pas plus loin. J’essaierai d’assister à tous ces tables rondes entre sociologues, associatifs et journalistes, moi, modeste citoyen qui essaye également de « penser la crise des banlieues » (comme on dit à la république des idées).

  • Une petite perle

    Article publié dans le Figaro (rublique "opinions") le 18 avril 2006, par Michaël Prazan* et Jacques Tarnero**

    "Aujourd'hui, dans la queue des manifestations anti-CPE, voilà qu'un groupe «anarcho quelque chose» prend pour cible l'EHESS, le temple des sciences sociales, sis boulevard Raspail, et va saccager les bureaux de ceux-là mêmes qui sont le plus enclins à comprendre le mouvement social, quel qu'il soit, pourvu qu'il soit contre. Contre le pouvoir, contre l'autorité, contre ceux qui sont pour, contre l'Etat, contre l'Amérique... La gauche de la gauche en état d'ivresse a ainsi saccagé un temple de la «gauche bobo» ! Pour ne pas être en reste sur sa gauche de gauche, la «gauche bobo» sociologique a décidé de faire des graffitis, et des canettes de bière de la gauche de gauche un objet d'études. Cela va de soi quand on fait profession de penser. Il faut aller au plus profond du mouvement social pour que, boulevard Raspail, on en tire les éléments définitifs de compréhension du monde. Ce que les esprits bornés, voire les «néo-réacs» ne voient pas, les sociologues gauche de gauche, eux, le voient. A quoi servent les sociologues en 2006 ? Qu'observent-ils du monde qu'ils côtoient ? Quelle est leur pensée du monde qui est, de celui qui vient ? On aurait pu imaginer une mise à distance de l'idéologie. La «pensée juste», la marxologie comme postulat de recherche, tout cela aurait dû être usé par la découverte des divers passés radieux. Eh bien, non, il n'en est rien. La dénonciation de «l'ordre bourgeois», de la «pensée néocoloniale», de «l'ordre capitaliste», bref le combat contre les «néo-réacs» de tout poil reste à l'ordre du jour des paradigmes scientifiques, mais en empruntant désormais des voies nouvelles. Faut-il avoir peur du monde qui vient ? Vous, les «néo-réacs» qui craignez pour l'avenir de vos enfants, pour la confusion des âmes, la disparition des héritages culturels, des valeurs morales, de l'orthographe et des traditions (quelle horreur !), n'ayez pas peur. Ainsi vous qui croyiez que l'islamisme représentait une menace pour la démocratie et les libertés individuelles, vous qui pensiez que la violence et la barbarie – avec son cortège de sexisme et d'intolérances en tout genre – se développaient de manière inquiétante dans certaines populations de certaines banlieues, vous qui craigniez que notre jeunesse soit la proie du fanatisme et de l'obscurantiste, rassurez-vous ! Nos brillants esprits et analystes du réel vous démontrent, preuves à l'appui, que tout cela n'est que pure spéculation avec arrière-pensées nauséabondes et certainement «islamophobes». Etiez-vous inquiets, à l'échelle nationale, de la montée des revendications communautaristes, et de la percée d'un islamisme pas toujours sympathique, véhiculant parfois une pointe de sexisme, d'homophobie et d'antisémitisme ? Rassurez-vous, Laurent Lévy, ancien avocat du MRAP (et père d'Alma et de Lila, les égéries de la lutte pro-voile) nous a récemment éclairés là-dessus dans un petit livre sobrement intitulé Le Spectre du communautarisme. En fait, votre impression était épidermique et totalement infondée. Vous avez été effrayés par quelques rumeurs de tournantes dans des caves malfamées ? La sociologie est là, par le couperet d'une démonstration scientifique sans appel, pour démentir vos craintes. A grands renforts de statistiques et de savantes analyses, Laurent Mucchielli, chercheur au CNRS, prendra le temps de vous expliquer que les «tournantes» sont un écran de fumée inventé de toutes pièces par les médias et les islamophobes. Une propagande droitière, en somme, de quelques «pompiers pyromanes», rien de plus... Et quand certaines de ces caves servent à l'occasion d'alcôves à l'abri des regards dans lesquelles on peut séquestrer, torturer et assassiner un jeune homme choisi par ses bourreaux parce que juif, d'autres voix vous demanderont de ne pas vous alarmer : rien à voir avec du racisme ou de l'antisémitisme. Quant aux émeutes de banlieues, vous, qui vous étiez émus de voir quelques écoles incendiées, réjouissez-vous ! Il ne s'agissait que d'une prise de conscience politique et citoyenne un peu virile, couplée à une revendication anticapitaliste. Si vous demeurez incrédules, Clémentine Autain se charge de vous le démontrer noir sur blanc dans l'introduction de son Lendemains de révolte aux éditions La Dispute. Clémentine Autain sait de quoi elle parle. Elle est jeune (comme les insurgés comparés aux communards et aux prolétaires protestataires du Front populaire) et adjointe à la Mairie de Paris. Vous, les «néo-réacs», les rabat-joie, les empêcheurs de tourner en rond, les paranoïaques, étiez abusivement inquiets pour la liberté, la démocratie, les droits de l'homme, et l'avenir du monde. Alors cessez donc vos jérémiades ! Car tout va pour le mieux dans le meilleur (des mondes) des sciences sociales."

     *Ecrivain et cinéaste documentariste, auteur de Pierre Goldman, le frère de l'ombre (Seuil). **Sociologue, auteur du film Décryptage.

  • Clin d'oeil pour J.

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    Ici aussi les pétales sont à terre !

  • Une autre époque, tout un symbole.

    Jadis, un leader politique en visite à l'étranger réservait ses premiers entretiens à l'autorité politique du pays invitant. Hier, Hu Jintao, président chinois, a rencontré Bill Gates avant même d'avoir eu une seule réunion de travail avec ses homologues américains. C'est bien là la signature du triomphe du capitalisme, tout spécialement en Chine. Microsoft et son richissime dirigeant sont des puissances à flatter et à ménager, en tout cas bien plus que le président de la Nation la plus puissante du monde. Mais peut-être que cette domination (technique, scientifique, financière, militaire...) vient justement de la force de son capitalisme. Ne serait-ce ainsi qu'un hommage (une courbette ?) au vrai maître du monde. Nos cauchemars les plus fous deviennent réalité.

  • Aria et une variation

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    Partition de l'aria
    Ma variation préférée est la vingt-cinquième.
    Ecrites pour divertir le comte Keyserkingk durant ses pénibles insomnies (1741 ou 1742)

  • Polyphonies

    « le baril du brut » vient de dire – ou de lire sur son prompteur - Audrey Pulvar. La semaine dernière, c’était Bernard Portugal (toujours sur France 3) : « fin du confinement pour les éleveurs de l’Ain… ». Est-ce que les agriculteurs étaient enfermés avec leurs bêtes dans les hangars ? Dire qu’on parle de cas de cannibalisme, j’espère qu’il n’est rien arrivé à l’un de ces malheureux ! Très agréable promenade hier dans ce qu’on nomme, par esprit de généralisation, le « nord-Isère » qui, pour le grenoblois commence à Voiron  (à peu près). Ce terroir là est assez varié, plus joli qu’il n’y parait de prime abord. Le but ultime – il en faut toujours un – était la visite de l’abbatiale de Saint-Chef et, surtout, la découverte de ses fresques d’époque romane. Jeudi soir dernier, l’auditorium du Cargo/MC2 était plein à craquer pour le récital de Zhu Xiao-Mei. Etait-ce le programme (Variations Goldberg) qui fut l’aimant pour un tel regroupement de mélomanes? Le jeu de la pianiste est magistral de contenu et de retenue. Chaque note semble être là au bon moment, à l’instant précis. Je me suis avisé un peu plus tard dans la soirée que cette manière de jouer les Goldberg ressemblait beaucoup à celle de Rosalyn Tureck (que ceux qui savent me pardonnent, je ne parle que depuis la rive de l’amateur). On est donc loin des contorsions gouldiennes. Le plus bel ensemble de fresques est pour la chapelle haute où on accède en montant un très très étroit escalier de pierre. On est en pleine symbolique (quitter le terrestre pour le céleste dit la jeune guide, très gentille et tout à fait enthousiaste). Pendant le concert, le reflet du projecteur dessinait sur les cheveux de l’interprète comme une auréole divine. C’était troublant, nous étions jeudi saint. Idée banale, mais cette aria et les trente variations qui en découlent, n’est-ce pas là la peinture de l’âme humaine (joie, entrain, tristesse, taedium vitae, excitation, complainte,…). Si j’avais le temps, je relirai les variations G. de Nancy Huston (où il est aussi question des règles des femmes, mais je m’éloigne). La partie basse de la chapelle est en assez mauvais état, peut-être à cause de l’humidité qui régnait jadis dans cette pièce exigüe. C’est tout de même étonnant que cela corresponde aussi avec la partie restaurée a stacco dans les années soixante du siècle dernier.  Car voilà bien le mystère de l’interprétation musicale : faire ressortir toute la partition et par delà, l’intention du compositeur, aller plus loin que les indications de rythme ou de tonalité. Jouer pour jouer, pleinement et justement. Zhu Xiao-Mei a passé cinq ans en Mongolie durant la révolution culturelle (elle est arrivée en France en 1979). Elle a  enregistré également les partitas de Bach. A propos des P., j’ai écouté ce week-end le disque du jeune claveciniste François Guerrier. Je ne m’y trouve pas, je n’entre pas dans le disque, je m’y ennuie (je m'étais promis de ne pas en parler !). A l’université Pierre Mendès-France de Grenoble, on estime à environ trois cents mille euros la facture des dégâts des manifestations « anti-CPE ». Sur les images tournées aujourd’hui et ce week-end, on voit bien peu d’étudiants gratter les autocollants et remettre en ordre ce qui peut encore l’être (c'est-à-dire pas le matériel électrique, informatique ou pédagogique : tout ce qui représentait la connaissance et sa transmission a été méticuleusement détruit). D’ailleurs, sont-ce bien des étudiants qu’on voyait dans la galerie des amphithéâtres ? Depuis quand les étudiants vivent avec des bandes de chiens errants et des barriques de vin rouge « la Villageoise » ? Même Yannick Vallée, président de la conférence des présidents d’Université, ne comprend pas ce désastre et pourtant, comme il le dit lui-même, il a de la sympathie pour les étudiants. L’un de ses collègues de PMF disait, toujours sur l’antenne de France 3 : « ça va être juste, mais ça devrait aller, les examens vont pouvoir être organisés normalement ». Ah bon, donc six semaines de cours en moins, cela ne posent pas de problème pour se présenter à l’examen ? Mais que font-ils pendant ces six semaines ? Dans la chapelle haute de Saint-Chef, le symbole règne en maître (après Dieu). Le Christ dans sa mandorle nous guide du regard vers les quatre premiers élus de la Jérusalem Céleste. Un ange tient par le bras un saint s’apprêtant à les rejoindre. On voit aussi les douze vieillards de l’apocalypse et les douze de la Cène, assis côte à cote sur le même banc (lien entre la Bible et les Evangiles). En bis, la pianiste a joué un musique « bien connue de mes synapses » mais dont je suis infoutu de savoir ce que c’est. Je me risque : musique allemande, peut-être Schubert ou Brahms.  Autour du village de Saint-Chef, il y a de belles promenades à la campagne. La notre fut de passer vers le château de Chapeau Cornu et Arcisse où restent de très belles maisons dauphinoises (tuiles en écailles) dont quelques unes en pisé (75% de l’habitat rural en Rhône-Alpes est en pisé, si j'en crois le petit musée du patrimoine de Saint-Chef). Un peu après le hameau du Biousse, nous avons longuement admiré un vénérable châtaignier, sans doute l’un des plus beaux du département, au fut magistral car il part du sol parfaitement cylindrique et solide comme un roc. Lentement, il s’évase et les premières branches ne sont qu’à cinq ou six mètres au-dessus. Sa chevelure est immense. Quel âge peut-il avoir ? Combien de tempêtes a-t-il vécu ? Les croisements de mains dans certaines variations sont incroyables. Il faut tenir le rythme, la pulsation. La pianiste jouait sans temps mort entre les variations, juste le souffle de la respiration, la sienne et celle de la musique. Le style des personnages à Saint-Chef me semble bien moins d’influence byzantine comparé à celui de la fresque de l’abside de Brézé-le-Châtel, visitée l’été 2004. On retrouve simplement les mêmes petits punctums : filets de noir autour des yeux en amende et doigts longs. Tout, d’ailleurs, dans cet art médiéval semble longiligne.

  • Belvédère de Côte-Rouge

    Le belvédère de Côte-Rouge, au-dessus de Monestier-de-Clermont, doit être compté parmi les cinq plus beaux du département. Hélas (ou tant mieux), il ne semble pas très connu bien qu’il soit très facile de s’y rendre, même pour des personnes peu habituées à la marche. Samedi dernier, c’était un grand plaisir d’y retourné. Si le ciel était un peu couvert, l’air avait déjà une belle tiédeur de printemps. La promenade débute au col de Fraisse, aux pieds d’un vilain émetteur de télévision. On parcourt tout d’abord un chemin large entre sapins et hêtres. Après avoir traversé un pré, un chemin de récent traçage conduit en quelques boucles au sommet. Lors de notre précédent passage, le sommet était plus garni de végétation qu’il ne l’est en ce début de printemps. De récentes et larges coupes de bois permettent même d’avoir une très vaste vue. Le point de vue s’est enrichi de deux panneaux décrivant les principaux sommets visibles depuis là. Rien ne gêne pour le 360°, la vue est immense (Seynepi (avec, à ses pieds, les eaux turquoises du lac de Monteynard), bout du plateau mathésin, pic de l’Olan, Sirac (tout au fond du paysage, en regardant au sud), massif de l’Obiou, Trièves dans toute sa largeur, col de la Croix-Haute, col de Menée, Mont-Aiguille, Mur des Sarrazins, Chartreuse, sommet de la Peyrouse du Connex). Le retour se fait par le versant ensoleillé (pins) où la schiste affleure sur la pente du chemin. On peut pousser au-delà de la ferme de la Roche pour découvrir un saisissant panorama du lac de Monteynard. Un moment précieux.

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    8 avril, 14h10 (couleurs naturelles)
  • Spring is here !

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    Malgré la neige et le froid,
    la vie reprend,
    Ces quelques fleurs pour toutes celles et ceux qui les voudront.

  • Sans-culotisme

    L’annonce du remplacement du CPE par la énième mesurette inutile et inefficace a été rendue publique ce matin. Notre démocratie est vraiment malade. Une minorité aura réussi à faire plier l’Etat de droit, le fondement de notre démocratie. Je pense à tous nos compatriotes de l’étranger qui doivent êtres rouges de honte de ce viol fait à notre République. Mais comme c’était prévisible, cela ne suffira pas. Les étudiants veulent maintenant le retrait du CNE, puis ce sera la tête de Villepin (je pense à ce « A mort, Villepin », qu’on pouvait lire, placardé à l’entrée d’un lycée de Besançon (ou Nancy, je ne sais plus) et devant cette banderole horrible paradaient, souriants et joviaux, les délégués FSU (penser à faire une note un jour sur M. Aschieri) et les parents FCPE prêts à en découdre avec les forces de l’ordre pour protéger les chers petits de l’infâme police de droite). On a un peu l’impression d’être revenu au règne des sans-culottes sous la Révolution. La fourche à la main, pardon, le téléphone portable à la main, et le bonnet sur la tête (la charmante Julie Coudry a d’ailleurs enlevé le sien, aujourd’hui, peut-être pour montrer que la révolte devait cesser, comme un signe pour l’inconscient de ses petits camarades), ils s’en vont crier leur haine de la démocratie, des politique « tous pourris », nous livrant ainsi le portrait en creux de cette génération, la leur, avide de musique compressée et de cocooning douillet, mais aussi de nourriture sans OGM (ce en quoi je les rejoins).
    Nous voilà donc repartis dans l’interminable série des contrats aidés pour les « jeunes en difficultés », c’est une fois de plus, traiter le malade pour ses symptômes avant d’avoir reconnue la maladie. On voit poindre la différence entre la droite et la gauche. Cette dernière préfère créer des emplois dans la fonction publique (d’ailleurs en pure perte, sauf pour les déficits publics) pour avoir la paix, sans doute sans y croire mais par pure nostalgie des lectures de jeunesse sur l’Etat protecteur et infiniment bon. Car, au regret des admirateurs du socialisme à la française, l’Etat n’a pas vocation à employer la totalité de la population (bien que ce soit le rêve de nos jeunes). La droite, dans pareille situation, gâche l’argent dans des mesures inutiles et inefficaces. Le fin mot de l’histoire, ce soir, pour un jeune actioniste,  avec cette jolie répartie lors de la 555ième AG : « attendez, on en est pas arrivé là pour ça, le retrait du CPE, il n’en a jamais été question comme finalité … nous ce’contre’quoi on lutte, c’est le capitalisme, quoi ». On a rarement vu manière plus belle de se tirer une balle dans le pied !
    Villepin a esquissé ce soir un autre chantier, qu’il ne mènera pas lui-même, vu que son seul et unique but est, maintenant, de mouiller Sarkozy dans tout et partout pour le faire chuter : c’est celui de l’Université et de la professionnalisation de ses diplômes. Hélas, le malentendu persiste. L’Université n’a jamais eu pour vocation de former des cadres d’entreprises. Depuis toujours, son objectif est de former des professeurs et des chercheurs. Hélas, la malheureuse n’a pu faire face à l’afflux des classes d’âge qu’on envoyait, tous les ans plus nombreuses, la fleur au fusil (le diplôme du bac en poche), se faire hacher menu à la fin de la deuxième année de DEUG (maintenant, c’est un peu plus tôt dans la section L du LMD). Faute d’avoir su développer une filière professionnelle parallèle (à part les IUT et quelques DESS), les amphis sont saturés, les moyens alloués notablement insuffisants et les étudiants s’y ennuient à mourir devant des savoirs pointus et qui les dépassent (on aimerait bien fréquenter les amphis à 35-40 ans, lorsque la jeunesse s’est passée, que le plomb à (enfin) atteint la tête). La troisième voie est peut-être là : se servir de l’ossature de l’U. pour répondre aux besoins des entreprises – ce qui implique, pour le corps enseignant, de remettre son petit livre rouge dans sa poche et de ne pas voir l’Entreprise comme le diable, le mal incarné), créer une sorte d’Université Professionnelle ou d’Ecole Supérieure Professionnelle, adossée à l’Université et aux savoirs de ses professeurs, accessible à tous ceux qui ont le désir de travailler en Entreprises et qui n’ont surtout pas l'envie de devenir professeur ou chercheur. D’ailleurs, cela fonctionne déjà assez bien pour les formations professionnelles types DESS. Il faudrait aussi rappeler que si chacun peut prétendre intégrer l’U. (c’est même une noble et très respectable ambition), cela ne doit en aucun cas être un droit de fait, que sélection il y aura toujours et que c’est normal, car si on donne un diplôme à tout le monde, il ne vaut plus rien (voir le bac). D’ailleurs, les écoles d’ingénieurs (mais aussi de commerce, …) sélectionnent à l’entrée et les diplômés sont souvent très brillants, tout à fait à même de remplir leur rôle. Hélas, on le voit tous les jours, le diplôme ne suffit plus, il faut aussi des entreprises performantes et dynamiques. Hélas, en France, lorsqu’on veut mettre un peu d’huile dans les rouages, c’est toute une histoire.

  • Paysages de l'Art

    Saint-Benoit-sur-Loire fut la grande découverte de mes dernières vacances. La cité pourrait-être le modèle de la petite ville française, à demi-endormie, un jour de semaine du mois de mars, sous la brume d’une fin d’hiver, . Elle ne doit s’animer un peu que lorsque les beaux jours sont revenus. J’imagine alors les cars de touristes, les groupes du troisième âge et la déferlante des amateurs d’art roman (dont je fais parti). Doivent également se rassembler là les dimanches de la belle saison quelques dévots (s’ils en restent) et les amateurs de chant grégorien (les moines de  entonnent la sainte messe à 11h00 le dimanche). En résumé, un jeudi gris de mars est le jour idéal pour découvrir en paix ce beau monument. De l’extérieur, l’abbatiale à un faux air de ressemblance avec la Charité-sur-Loire qui se trouve un peu plus en amont du sauvage fleuve (pas très loin de Nevers). Ce qu’il n’y a pas à la Charité, c’est cette tour-porche qui accueille les visiteurs à Saint-Benoît. Les chapiteaux de cette partie sont connus pour être parmi les plus beaux de France (chapiteaux historiés et corinthiens). Ils sont taillés dans une pierre jaune qui tranche un peu. Hélas, la moitié d’entre eux était invisible car se tient actuellement une vaste entreprise de réfection ou de consolidation de cette partie du monument. C’est bien dommage, mais ce sera un (bon) prétexte pour y retourner. L’intérieur de la nef est d’un beau style roman, simple et pur qui dégage un bel ordonnancement des volumes, sans lourdeur et avec une grande maîtrise des effets architectoniques.  Il y a un joli triforium sur mur aveugle dans le chœur avec de très jolis chapiteaux, hélas il est difficile de les apercevoir du sol. Impossible, également, de découvrir le déambulatoire. Messieurs les moines se réservent cette partie de l’édifice. Des visites sont bien organisées par le frère chargé de cette tâche. Hélas, rien de prévu ce jour-là. Ces visites guidées par des religieux (ou des laïques dévots) sont souvent frustrantes car le discours appuie sur le message symbolique alors que j’aimerai qu’on me parle style, choix d’architecte et carrières de pierres. Nous avons déjà eu affaire à un apprenti prêtre à la cathédrale Saint-Jean de Lyon (que nous avons réussi à semer le lendemain à Saint-Martin d’Aynay). Il y a deux ans en Bourgogne, c’était une jeune fille de bonne famille (sans doute future nonne) qui nous parlait de la Grace divine posée sur la colline de Vézelay. Je déplore que les moines de Saint-Benoît ne permettent pas la visite libre à l’amateur d’art de cette partie de l’édifice car c’est souvent en ces lieux reculés du chœur que naissent les meilleurs avis sur le bâtiment, en tout cas, c’est souvent de là qu’on en tombe définitivement amoureux (par exemple, Saint-Philibert à Tournus ou Saint-Martin-des-Champs à Paris). Tout aussi impossible d’apercevoir le chevet. Il faut se faufiler dans une petite rue pour apercevoir, sur la pointe des pieds, la partie haute du bâtiment. Un magnifique pavement de marbres et de porphyres est conservé sur le sol du chœur. Les motifs géométriques (notamment des triangles) sont savamment agencés pour former un motif collectif et unique à l’œil. Repose sur ce sol d'époque romaine, le gisant de Philippe Ier, quatrième roi de la race des capétiens. La crypte est tout à fait surprenante, notamment par son pilier central évasé sur lequel reposent les voutes ayant prises naissance sur de massifs et courts piliers. L’impression de masse et de puissance est tout à fait saisissante. Le côté sanctuaire (ici reposent ou reposaient les restes de Saint-Benoît « ramenés » du Mont-Cassin par les moines de l’abbaye de Fleury au VIIe siècle) est très présent, ne serait-ce que par l’absence quasi-totale de lumière. Le portail nord, restauré en 1996 raconte, au linteau, la découverte des restes du Saint et leur transport jusqu’aux bords de Loire. Le tympan représente un Christ au livre ouvert accompagné du tétramorphe.
    Le fleuve est tout proche et, de ses rives, on aperçoit très bien l’abbatiale ; c’est peut-être même de là qu’on en a la vue la plus belle, tant il faut, quelques fois, de la distance pour apprécier la beauté pure.
    Se créée également cette douce alchimie entre terre – je veux dire champs et prés, pays de bocage ou de forêt -  et architecture qui donne une âme et un relief particulier à un paysage, le faisant passer, comme par enchantement, de banal à pur joyau.
    Faut-il redire ici que si tout cela est magnifique, c’est qu’on a pris soin de ne pas polluer (pour l’instant) le lieu d’antennes satellites ou de panneaux publicitaires.

  • Dédoublement de la recherche publicitaire

    Cela fait bien quatre ou cinq ans que je ne suis plus abonné à Télérama (et je m’en porte pas plus mal) mais je reçois encore de la publicité pour rempiler. Il est très pénible de se faire ainsi harceler par des courriers non sollicités ; ils finissent tous à la poubelle (du tri sélectif). Je considère qu’un refus (un silence, dans le cas présent) devrait mieux être pris en compte par les commerciaux. Hélas, depuis quelques temps, il n’y a pas de semaine sans lettre de relance. A l’époque de l’abonnement au Monde, c’était à peu près la même chose. Tous les médias « partenaires » n’avaient de cesse de nous écrire de la part du M. Même le Monde Diplo (comme on dit dans les salons du côté du 6ième arrondissement, chez les descendants des Verdurin) était assez téméraire pour me solliciter. Ce n’était pas la dernière lettre à finir à la poubelle.
    Ce matin, dans le bus de la TAG, c’était NRJ à tue-tête et pour tous. Ne pouvant me concentrer sur ma lecture avec un tel pataquès dans les oreilles, j’ai fait comme tout le monde : je me suis mis à écouter les 5 minutes qui ne sont pas de la pub, horoscope et météo. Et sur cette courte période, tout l’horreur de cette radio m’est apparue : poujadisme, populisme et molle satisfaction de soit. Etait invitée je ne sais quelle compétitrice de concours de chant comme il s’en donne toutes les semaines sur TF1 et M6. L’animateur (il doit se croire journaliste) lui demandait comment elle avait appris son repêchage pour la finale suite à un « bug informatique ». Il lui demandait notamment si elle avait reçu des organisateurs un SMS ou un message enregistré sur la messagerie de son téléphone portable. Sa réponse fut : « non, non, ils m’ont appelé dans la réalité [ici, un silence] euh, ben y m’ont appelé au téléphone, quoi ! ». Comme quoi, la réalité à un peu tendance à se dédoubler en ces temps d’aventure numérique de la parole. Seul le temps, notre vieil ami, coule toujours ses secondes quoiqu’il advienne.
    Dans l’indifférence quasi générale (c’est moins sexy que la loi DADVSI), a été adopté par l’Assemblée Nationale, hier, le texte définitif de la loi de programme pour la recherche. Ceux que cela concerne et les somnambules pourront lire le document complet (car nul n’est censé ignorer la Loi). Ce texte provoque moult remous parmi les personnels concernés. La création de l’ANR (Agence Nationale de la Recherche), notamment, est vilipendée par certains des nôtres. Je trouve, au contraire, que cette agence de moyens va dans le bon sens, notamment parce que l’évaluation des projets se fait par des experts qui sont des pairs (fini les tours de passe-passe dans les ministères). Certes, l’orientation générale, c'est-à-dire la répartition des moyens budgétaires, est donnée par le pouvoir politique. Et c’est tant mieux, car jusqu’à preuve du contraire l’autogestion ne mène à rien. Et ce sont les représentants du peuple, démocratiquement élus qui doivent fixer le cap, et faire des choix (dont ils sont responsables, enfin, temps qu’ils sont au pouvoir). Nous sommes peut-être les derniers à adopter une agence de moyen (même les Chinois s’y sont mis, comme on peut le lire ici), grossièrement copié de la NSF (National Science Foundation) américaine. Ah Français, encore un effort !

  • Le problème avec...

    Le problème avec les magnolias, c’est que leur floraison est si éphémère qu’on prend conscience de la préciosité du temps. La journée fut magnifique, une légèreté de l’air remarquable, un certain silence. On n’entendait que la sève montée le long des troncs et les bourgeons s’entrouvrir. La nature rattrape le temps perdu (les semaines de froid). Les montagnes sont encore bien blanches mais ça ne saurait durer. Faute de bus, je suis rentré à pieds. Il faut à peu près une heure, à petit rythme, mais je devrai le faire plus souvent. Pas de keffiehs ni de jeunes filles au look ethnique croisés à l’horizon (ce sont les habits préférés des jeunes anti-CPE, comme le remarquait judicieusement les Inroks dans leur dernière parution). Personnellement, j’associe le keffieh au terrorisme palestinien, aux étoffes dont se parent les bombes humaines avant d’aller se faire exposer en Israël. Pour les I., c’est juste une identification à un peuple en lutte. Je trouve le lien un peu court entre jeunes Français et Palestiniens en lutte pour vivre en Palestine. Je pense toujours à la phrase de Rousseau dans les Confessions : « Je commençais ma réforme par mon équipage ».
     Enfin bon, comme tout m’échappe dans cette agitation estudiantino-syndicale, que je ne comprends pas comment 70% de la population puisse trouver que notre président de la République à jeter de l’huile sur le feu en annonçant cette terrible volte-face, au mépris des lois votées par la représentation nationale.
    A table, ce midi, j’ai bien ri (en moi) lorsque l’inévitable discussion, entre le fromage et le dessert, à glisser vers les syndicats. Une mienne collègue s’inquiétait du peu d’effets d'iceux et de la raison du peu d’influence de leurs actions en France (au moins dans les années précédentes). Et plus elle avançait en son discours, et plus je voyais que nos idées étaient orthogonales, à six-heures-midi les unes des autres que j’ai filé tranquillement par quelques « oui-oui » bien placés. J’ai juste tenté un petit « enfin, bon, il n’y a plus de syndicat progressiste, inscrit dans la réforme et le bien public (je pensais à feue la CFDT de Mme Notta) » mais les sourcils de mon interlocutrice ont subitement pris une drôle d’inflexion, comme deux points virgules; je me suis abstenu d’aller plus en avant.
    Rêve un peu drôle cette nuit, lié à la conférence scientifique où j’ai passée la semaine dernière. Dans mes songes, nous sommes dans un grand hôtel, près de la mer (alors qu'en réalité, c’était la montagne). L. est avec moi (bien entendu, elle n’assiste pas à la conférence). Je la rejoins, lors d’une pose. Elle prend un bain de soleil (alors que je suis « bien habillé », avec le petit sac stupide qu’on nous donne en ce genre d’endroit). En m’approchant d’elle, je vois qu’elle est à demi-nue. Je lui dis "mais tu es folle?" alors que j’aperçois, se rapprochant de nous, un groupe de congressistes à l’autre bout de la plage. Elle se lève et crie « piou-piou ». Fin du rêve (France Info, chronique économique, 6h24).

  • Une Passion

    Retour sur le concert de l’Ensemble Stravaganza à l’église Saint-Jean de Grenoble. C’était le vendredi 25 mars, pour une Passion selon Saint-Matthieu de très haute tenue, d’un grand engagement, tant des deux chœurs que des musiciens de l’Ensemble baroque du Léman. Les solistes étaient Isabelle Poulenard (partie de soprano), Jean-Michel Fumas (alto), Jean Delescluse (Ténor), Philippe Cantor (Basse) et un formidable Evangéliste par la voix de Christophe Einhorn. L’ensemble était dirigé par Yves Rassendren.
    J’avais un peu peur de l’acoustique dans cette surprenante église en forme de soucoupe volante (patrimoine du XXe siècle). L’intérieur est tout en bois et l’absorption du son excellente. Le grand avantage est sans doute d’avoir une très bonne qualité d’écoute où que l’on se trouve. Lorsqu’on est familier d’une telle œuvre, l’écoute d’une nouvelle version peut-être assez étrange. J’ai toujours la sensation de chercher dans l’interprétation que j’entends ce qui me lie ou m’écarte de la version que je pratique le plus. Or ici, rien de tout cela. Tout coule à merveille. Le sens théâtral, les effets du dialogue entre le double chœur, tout est captivant d’un bout à l’autre. Je ne suis pas croyant mais c’est bien ce genre d’œuvre qui pourrait donner envie de le devenir. La tension dramatique monte, inexorablement, dans la première partie; culmine à l’arrestation de Jésus mais sans jamais redescendre ensuite (sauf vers la sérénité). Le programme-livret du concert était très bien réalisé, c’était même un modèle du genre : clair, instructif, précis et complet. Il y aurait bien des lignes à écrire sur le rôle du hautbois, en tant que dialogue ou miroir de la voix (humaine ou divine), par exemple dans le récitatif d’alto de la seconde partie (Ach Golgotha, unselges Golgotha). Ici ou là, subsistent d’heureuses et baroques, pour le coup, utilisations du dialogue entre la parole et la viole (par exemple, dans le bel air de basse Komm, süsses Kreuz, so will ich sagen). Suit ensuite le récitatif final des quatre solistes interrompus, à chaque alternance, par le très beau Mein Jesus ! gute Nacht entonné par les chœurs (qu’on évitera de traduire par « bonne nuit » mais par un plus juste « dors en paix »(au passage, quel joli titre pour un livre ou un recueil de poésies que ce « dors en paix »)). Le point culminant est le paisible chœur final qui doit être un sacré chausse-trappes pour le chef d’orchestre. Le risque est en effet grand que les voix se mélangent, que les parties s’annulent les unes les autres et que tout finisse dans une grande confusion. Heureusement ce n’était pas le cas, en ce vendredi soir du début de printemps !