Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Sur la presqu'île

    Lyon, suite du séjour. Samedi midi nous avons très agréablement déjeuné dans l’une (« le sud ») des cinq brasseries de Paul Bocuse. Il faut toujours s’inquiéter lorsque la folie des grandeurs saisit un homme déjà couronné. Le risque majeur est de perdre le rythme, de devenir une enseigne gigantesque, d’étouffer le mythe par la folie des grandeurs. La première bonne surprise est un repas savoureux et complet (entrée-plat-dessert) pour 22 euros ce qui, de nos jours, est un petit exploit. La qualité est au rendez-vous et le savoir faire apparaît bien vite. Nous avons particulièrement apprécié le dos de daurade grillé sur légumes apprêtés en minestrone. Et c’est dans cette « soupe » chaude grossière de légumes accompagnés de pesto que la classe se révèle. La cuisson des légumes est parfaite, les haricots en grains sont moelleux et ne viennent pas épaissir la sauce par perte de leur précieuse pulpe. Les dés de pommes de terre et de céleris se tiennent bien, le fond est limpide, l’assaisonnement parfait sans aucun excès. Question service, c’est un peu moins bien mais ça reste un ton au-dessus de ce qui se pratique dans des lieux bien plus établis. Au sud, on vous dit « bonjour Madame, Monsieur » ; le « messieurs-dames » n’a jamais eu droit de citer en ce lieu. Les garçons sont drapés dans d’impeccables et immaculés tabliers. Les nappes sont du même blanc. Étonnamment, une sorte de set de table en papier fait désordre sur ce bel aplat. Mais peut-être est-ce pour activer la mise en place du second service (rendement, rendement). C’est sans doute aussi pour cela que les plats sont servis trop rapidement les uns à la suite des autres, que les quelques minutes propices et souhaitables à la « descente » œsophagienne ne sont pas respectées. Rien de plus gênant aussi – mais ce ne fut pas trop le cas ici – que les coups d’œil des serveurs vers l’assiette pour jauger du degré d’avancement du repas. Ceci dit, le restaurant était à moitié vide et peut-être qu’on avait, plus que de coutume, du temps à nous accorder. Cela pourrait expliquer cette carafe d’eau qu’on nous apporte sans l’avoir même demandée (et avant même qu’elle soit totalement vide) alors que d’habitude, il faut la quémander cinq ou six fois et finir par agiter ostensiblement le précieux contenant pour être enfin servi. Cette première halte nous a donné envie de découvrir les autres points cardinaux du domaine de Monsieur Bocuse.

    A l’Hôtel D. (d’une bonne chaîne hôtelière), climatisation en panne mais petit prix qu’on nous offre d’office (« prix week-end ») ; les deux sont peut-être liés. Vieil immeuble refait de fond en comble (faux plafonds pour loger les gaines de refroidissement). Autre étonnement, le réseau de télévision diffuse (canal 11) le programme « séduction ». En journée, ce sont de vieux navets de Joe d’Amato, réalisateur qui a du permettre à la chaîne M6 de gagner des millions en deuxième partie de soirée les dimanches pluvieux d’hiver. Le grotesque fait rire, il n’y absolument rien de désirable dans ces ébats simulés (et pas très stimulés ni stimulants) dans des décors de carton-pâte, tournés avec des acteurs bien peu inspirés (mais comment font-ils pour ne pas éclater de rire). C’est le comique porté au plus haut point : les costumes sont ridicules, les lumières blafardes, les chairs bien tristes. Mais peut-être faut-il regarder tout cela au troisième ou quatrième degré. Tard dans la soirée, le style change, le très cru remplace le très soft comme la nuit remplace le jour. Un hôtel pour V.R.P. dans les meilleurs recueils houellebecquiens…

    A deux pas de là, les travaux de restauration de la belle église romane de Saint-Martin-d’Ainay avancent à grand pas. L’extérieur est pimpant, crépi de frais. Nous sommes retournés jeter un œil à l’intérieur (malgré notre peur de retrouver le jeune séminariste de notre dernier passage en ce lieu – décembre 2004 – qui nous avait  initié à la symbolique cachée et spirituelle du lieu. Ouf ! Il y a un très belle série de pilastres historiés de part et d’autre du chœur, avec de jolis jeux d’éclairage (mais c'est peut-être involontaire).

    Visite bien trop rapide aux collections permanentes du musée des Beaux-arts qui, dans mes souvenirs vieux de dix ans, était un musée de l’ancien temps. Il n’est pas du tout comme cela. Il est même d’une belle modernité. Les antiquités sont très bien présentées avec quelques pièces remarquables, notamment de beaux chapiteaux romans (et un splendide bas relief de jongleur), un très beau devant de sarcophage paléochrétien (Jésus et les quatre évangélistes) et une belle collection d’art d’Asie mineure. La statuaire du XIXe est présentée dans l’ancienne chapelle du couvent. Les collections de peinture sont très riches. Il y a une très belle Cène de Philippe de Champaigne mais je n’ai pas retrouvé la Mort de Lucrèce de Guido Cagnacci. Face à face, une immense scène allégorique de Puvis de Chavannes (les visages sont hideux) et une superbe scène de Lecture de Fantin-Latour (beauté et expression des visages, en contraste des vêtements sombres portées par les deux femmes). Et en plus de tout cela, des impressionnistes et quelques peintres locaux (dont des petits tableaux de paysage d’Auguste Ravier dont nous projetons depuis des lustres d’aller découvrir la maison-musée à Morestel).

    medium_L1010148_512.jpg
     Les époux, époque romaine.
    Musée des Beaux-Arts, Lyon.
  • Une histoire d'eau et d'alcool

    De retour après deux jours à Lyon. Hier soir, sublime concert du trio de Keith Jarrett, malheureusement un peu gâché par la pluie, ondée maline et maligne qui nous assailli depuis notre arrivée dans l’arène (le théâtre antique de Fourvière) jusqu’à la dernière note du deuxième rappel. Mais il fallait plus que d’être mouillé jusqu’aux os, les chaussures en millefeuilles remplies d’eau, pour être déçu de sa soirée. Francis Marmande a écrit - comme toujours – un bel article paru dans Le Monde de ce soir. Que dire de plus, si ce n’est que tous les spectateurs n’ont pas eu la politesse d’attendre jusqu’à la fin. Les ponchos « sacs en plastique » généreusement distribués (moyennant un euro) ayant la fâcheuse tendance de produire un bruit de contenants à chips une fois mouillés. Après deux parties, d’une heure chacune, de très haute tenue, les deux rappels furent vraiment merveilleux. Le Someday my prince will come parfaitement enlevé et maitrisé (comme souvent, le charme vient du romantisme échevelé des ballades de l’American song-book), suivi d’un Poinciana au rythme trépidant, le swing magistral en plus. Ce trio fait penser à la pâte à crêpes : chacun des trois ingrédients de base est indispensable pour réussir la recette. C’est ce qui force l’admiration : être capable d’associer trois purs talents, sans ego, pour donner force et vie à la musique. Tout semble toujours couler de source, rien n’est oublié, les détails comme la ligne directrice. C’est l’art de la digression dans le cercle fermé, une quadrature du cercle en trois points. J’ai noté, également, le don génial de K.J. pour clôturer les morceaux, savoir trouver la chute comme le dessert clos admirablement un bon repas. A tel point qu'il a une fois réussi à "feinter" Jack DeJohnette qui préparait une sortie sur ses magiques cymbales au son de métal ciselé : la dernière note fut en définitive pour une extrémité ou l’autre du clavier. Si le classicisme existe en jazz, il est à chercher dans ce trio qui par le travail accompli depuis presque vingt-cinq ans, marque déjà l’histoire de ce style musical ; un peu comme les meilleurs interprètes du quatuor à cordes en musique classique, gardiens pour l’éternité d’une tradition qui porte au plus haut le goût musical.

    Pour les curieux, je signale qu’une belle version de Someday my prince will come peut-être écoutée dans l’album Up for it enregistré en juillet 2002 à Juan-les-Pins. Pour Poinciana, c’est dans le double album Whisper not du concert du 5 juillet 1999 au Palais des Congrès.

    Je me réjouis que la rédaction du Monde ait attribué les deux-tiers d’une page (bémol: large photo incluse) à l’article de Francis Marmande. C’est d’autant plus remarquable que l’autre partie de la planche est consacrée à « l’évènement musical de la journée » (comme on dit sur Canal+) : le concert parisien de ces vieilles loques du rock, a.k.a Rolling Stones, vieilles pierres de grès datant de l’ère primaire et qui n’en finissent pas de s’effriter vers les entrailles et les tréfonds. A l’heure des bilans, il n’y aura pas photo. Le trio de K.J. aura mille fois plus apporté à l’histoire de la Musique que ce quatuor de milliardaires déguisés en vieux pirates (bandanas et cocotiers aux îles Fidji). Mais dire cela est impossible, c’est donné un coup de pieds dans le mythe patiemment édifié depuis des lustres, bien aidé en cela par des médias aux anges (fric, sexe, drogue et rock and roll). La dernière trouvaille est gigantesque de vide et de fatuité dans le registre de la création ou d’art (en cela elle montre bien le niveau général) : les teenagers mais aussi leur « papa » (comme dirait ZZ) peuvent dès maintenant télécharger sur leur portable - cette vilaine petite machine qui tuera un jour définitivement le beau mot de Musique – les meilleurs titres du « groupe-mythique-des-quarante-dernières-années ».

    Hier soir, malheureusement pour nous autres démocrates, 3200 personnes avaient raison face à 80000 autres.

  • Se souvenir

    medium_2714308473.08._SS500_SCLZZZZZZZ_V1079975634_.2.jpg
       MATIERE DE BRETAGNE

    Lumière de genêt, jaune, les pentes
    suppurent vers le ciel, l'épine
    courtise la plaie, cela
    sonne là-dedans, c'est le soir, le néant
    roule ses mers à la prière,
    la voile de sang fait route vers toi.

  • Le parc, la tongue et la chemise

    Merveilleux samedi soir que ce dîner chez M. et son mari. Leur maison n’est pas une maison, c’est un petit château posé au milieu d’un parc immense, un parc comme je les aime : tout juste raisonné, un peu foufou (les prairies ne sont que partiellement coupées, l’herbe y est un peu vagabonde). Les arbres sont magnifiques, vieux et souverainement fatigués. Un havre de paix qui confirme ma première idée : il faut bien une quinzaine d’hectares pour se sentir au calme, chez soi (ce qui n’est pas tout à fait le cas ici). Posée sur cette plaine de clairières, une belle maison - pas si ancienne - mais au charme de l’ancien temps : de la hauteur sous plafonds, quelques centaines de mètres-carrés pour être à l’aise, de beaux parquets craquants, des fenêtres ouvertes sur le ciel et le grand air). Laissez tout tomber et venir cultiver son jardin ici…

     

    Note sur les goûts vestimentaires, sur la mode. L’usage régulier des transports en commun me permet de découvrir les tendances vestimentaires du moment, de vérifier les inflexions quotidiennes et de remarquer les renversements de fin de printemps. Cette année marque le triomphe, sans contestation aucune, de la tongue, au moins pour la gente féminine. Dans la simplicité, le modèle n’est pas monotone, les variations paraissent être inouïes en formes, couleurs et matières. Cette mode marque bien le renversement qui a du s’opérer il y a quelques années de cela, entre les chaussures que l’on mettait en été et qui, généralement, étaient légères mais fermées (ou partiellement ouvertes) et la mode de la plage qui, elle, a évincé tout se qui se trouvait sur son chemin. C’est bien là le triomphe d’un goût contre le goût : être au travail comme chez soi, être dans la rue comme devant sa télé, être soi-même à tout moment. Mais avec la chaleur actuelle, ce n’est absolument pas critiquable, c’est même sans doute fort utile pour baisser sa température interne (ou, au moins, avoir l’impression de respirer un peu plus). Ce n’est pas mon propos ici, mais cette découverte du corps ouvre toute une érotique, car souvent pied dénudé est corps à demi-dévoilé. Mais c’est une autre histoire. Remarquons, également, que, chez les hommes, la sandalette sur chaussettes n’a plus que quelques rares adeptes. Réjouissons en nous !

     

    J’ai également noté qu’il existait une césure assez nette entre les hommes mettant leur chemise dans le pantalon et ceux la laissant traîner au dehors. Je m’étonne que nos amis sociologues ne se soient pas saisis de cette pratique au combien particulière. Elle me semble riche et susceptible de fournir bien des divagations cérébrales à ces chercheurs sur notre quotidien. La frontière en âge semble s’établir vers 35 ans, à peu près (tiens, tiens). Les hommes plus âgés ayant une tendance assez nette à porter la chemise enfournée alors que les plus jeunes la laissent volontiers voler au vent. Il y a derrière tout cela une mode, un état d’esprit (et peut-être d’âme) une relation à soi et aux autres tout à fait différenciée. Comme toute règle qui semble s’établir, la question des contre-exemples est au moins aussi cruciale que celle de la règle majeure. On ne s’étonnera donc pas de découvrir des « vieux-jeunes » - hélas l’habit fait rarement le moine - et des « jeunes-vieux » assez vite rejetés par les leurs, car l’adhésion aux codes est le préambule à l’assimilation. Ces règles sont bien entendus tacites et couvrent le champ du non-dit, du non-explicité, du regard plus que du mot (le verbe ayant de toute façon disparu au profit de l’aspect, enfant du look). Néanmoins, je vous encourage - si vous avez dix minutes à perdre – à relever autour de vous cette césure en âge de la chemise dans le pantalon.

  • Post-scriptum d'une journée d'été

    medium_L1010045_1024.jpg
    Grenoble, 20 juillet 2006, 21h26

     

    "[...] je respecte les multiples possibilités d'être que l'on trouve chez chacun de nous et aussi parce que j'accepte le conflit tragique entre la vie qui change sans cesse et la forme fixe, immuable"

    Tina Modotti, lettre à Edward Weston, le 14 novembre 1926.

  • Sombres aplats

    L’autre soir, en rentrant d’une journée passée dans le Chablais, au-dessus de Thonon-les-Bains, c'est-à-dire sur la rive française du lac Léman, et alors que je conduisais – donc en étant concentré et ne pensant à rien sauf à tenir la trajectoire dans le dédale des petites routes et des ronds-points – je fus saisi d’un flash mémoratif. Cette masse sombre, d’un bleu presque gris tendant vers le noir, cette immensité d’eau calme et bordée des lumières scintillantes de Lausanne, je me suis souvenu l’avoir vue à peu près de la même manière, il y a vingt-cinq ans de cela, alors qu’enfant j’étais dans un bus qui me menait à la gare d’Evian en rentrant de la colonie de vacances où je venais de passer deux semaines à skier. Il y a deux ans de cela, je suis repassé dans ce village de la vallée d’Abondance. Je n’ai rien reconnu, ni notre maison de vacances, ni les contours des montagnes, encore moins l’organisation des pistes de ski. Le village me semblait être une totale nouveauté, un endroit neuf sans aucun repaire, un non lieu de ma mémoire. Que sont devenus ces amis de colonies ? Quelle est leur vie ? Où sont-ils maintenant ? Les mystères sont peut-être faits pour demeurer ainsi au fil du temps. Pour en revenir à ce retour nocturne, notre parcours fut illuminé, au loin, par de mourants orages. Les éclairs ne soulignaient en transparence que les nuages mais, à chaque décharge, c’était comme une lampe qu’on allume et éteint très vite, les soirs d’été, pour ne pas attirer les moustiques, ou bien comme ces flashs lumineux qui éclairent quelques fois notre premier sommeil du soir. Arrivée à destination, j’ai pu mesurer qu’il existait encore quelques lieux où la nuit est noire, que l’ombre nocturne enveloppe les forêts sombres et mystérieuses de ce coin de France.

  • La maison à la vigne vierge

    Je découvre ce soir le dernier album du trio de Brad Mehldau intitulé House on Hill. Il me plait beaucoup (à la première écoute). J'y retrouve ce sens du rythme, la pulsation jazzistique du pianiste, la beauté des mélodies. Tous les morceaux de l'album sont des compositions de B.M. Dans le livret, il explique longuement la filiation de sa musique avec la "Western Classical music" en prenant comme exemple Bach (sa science du contrepoint) et le romantisme de Brahms (autour du très beau quintet avec clarinette). C'est aussi, sans doute, le dernier enregistrement avec la participation du batteur Jorge Rossy.

    medium_house.jpg
  • populisme tranquille

    Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur lors d’un discours à Lyon, le 23 février 2006, devant les militants UMP : « L’autre jour je m’amusais, on s’amuse comme on peut, à regarder le programme du concours d’attaché d’administration. Un sadique, ou un imbécile, choisissez, avait mis dans le programme d’interroger les concurrents sur la Princesse de Clèves. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu’elle pensait de la Princesse de Clèves… Imaginez un peu le spectacle. » On imagine, en effet, assez bien le spectacle de la France de M. Sarkozy, où les guichetières seront incollables sur le programme de Télé Star, où les ministres iront jusqu’à inaugurer leur statue de cire au musée Grévin devant leur femme à l’allure idiote, où la « maman » des footballeurs auront définitivement remplacé le mot mère. On ne peut plus s’étonner que M. Sarkozy soit un grand ami de Christian Clavier et de Jean Réno. Mais qui, parmi les lèches-culs éditorialistes et journalistes aura le courage de pointer tout cela ? Dans la France de M. Sarkozy, on s’amuse comme on peut. Et, comme le dit Madame de Chartres dans le sublime – faut-il le préciser ici ? – livre de Madame de la Fayette, « Si vous jugez des apparences en ces lieux-ci, vous serez souvent trompée : ce qui parait n’est presque jamais la vérité ».

  • la chute de l'histoire


    Décidemment ce Chevènement  ! A part ses visions (ou non visions) économiques dépassées et son arc-boutement sur un Etat dirigiste, ses idées sont miennes. Malgré le discours culpabilisant des socialistes, je ne regrette pas d’avoir voté pour lui aux dernières élections présidentielles. Petit phrase qui fait mouche : « je suis pour une France multiethnique, pas multiculturelle ». Et ben, il faut bien être Chevènement pour pouvoir dire ça sans, aussitôt, être pendu haut et court.

     

    Ali Baddou remplacera, à la rentrée, Nicolas Demorand aux matins de France culture. Il suffit d’écouter cette dernière émission du Rendez-vous des politiques pour comprendre que ce sont comme deux frères, deux clones d’une même idée. Même leur voie semble issue du même registre. On apprend, par ailleurs, la suppression sur cette même chaîne, du Premier pouvoir d’Elisabeth Levy. C’était une émission assez dérangeante, souvent irrévérencieuse et pleine d’audace contre la pensée en place. Le prochain sur la liste risque d’être Finkielkraut et ses Répliques, bien que l’orage soulevé par son interview à Haaretz, l’automne dernier, se soit un peu éloigné.

     

    Dans la plus totale indifférence (au moins en France) a été annoncée la mise en place du Tribunal pour juger les anciens dirigeants khmers rouges. Hélas, Pol Pot est mort trop tôt pour répondre de ses crimes ; ses anciens acolytes nient, font l’autruche ou ne s’en repentent pas (l’atroce Ta Mok) . Puisse le Cambodge se reconstruire dans la Justice et par la paix !

     

    En France, la grande affaire du moment est le « coup de boule » de notre dieu vivant, le ZZ de la Generali et des produits Danone, porte marque à temps plein et joueur de foot - parait-il génial - de temps en temps. Qu’on ne s’étonne pas que les petits caïds des cités, à qui on a présenté ZZ comme un modèle à suivre, une icône de l’intégration réussie, n’aient pas trop envie de suivre les lois du pays (mieux vaut se faire justice soi-même). Quelques heures après on apprend que ZZ a été victime d’une « insulte raciste » de la part du joueur italien (ce qui aurait provoqué, en réaction, ce bien mauvais geste). Dans le malheur et l’horreur d’un tel fait, s’il est avéré, on espère que c’est la vérité car toutes les officines de l’antiracisme se sont bien vite mobilisées pour battre le rappel et exiger des têtes. Au point qu’on finit par penser que cet empressement semble être une grande opération de communication destinée à bien vite rassembler les masses autour de la figure (un peu écornée) de notre star ZZ. Mission réussi : une majorité de sondés approuve le violent geste de ZZ (bravo !) et le soutien le plus attendu vient de … notre Président qui aurait été plus inspiré de garder un silence prudent. Hélas pour ZZ,  les dieux aussi tombent de leur piédestal.

    Ah oui, ZZ a été élu meilleur joueur de la coupe du monde. Je suppose que c'est sur des critères techniques!

  • Chaud

    Chaleur très insupportable aujourd'hui: 34,6 °C à 15h35 à Echirolles, très proche du record de l'année au même endroit, 35,2°C dimanche dernier. Pas d'orage mais de très beaux nuages au-dessus de nos têtes. Pendant ce temps là, le loup (ou une meute de cinq loups, aperçus par un fermier) provoque des dégats dans les élevages proches de Grenoble. Après le col de Clémencières hier, c'est au tour d'un troupeau de la Tronche (!) d'avoir été attaqué par le lupus lupus. A quand une bête du Gévaudan dans le parc Paul Mistral ?