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Douleur intime

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J’avais beaucoup aimé le roman de Pierre Jourde (Festins secrets) paru l’année dernière. Le dernier m’a également beaucoup plu ; sans doute pas pour les mêmes raisons. Ce livre brasse plusieurs thèmes mais ce qui me parait central, outre l’amour, est la relation au temps et la mélancolie du narrateur. Celui-ci, enfant, tombe amoureux d’une enfant de son âge (Sylvie), sa voisine qui habite dans une villa du bord de mer. C’est l'un des beaux instants du livre: le récit, pudique mais ample de l’amour entre enfants. C’est peut-être après ces sentiments purs que nous courrons toute notre vie, que nous recherchons à reproduire une fois devenu adulte. Hélas, pour le narrateur, cet instant de l’enfance ne se clôt pas. Il retrouve plus tard Sylvie mais une sorte de malentendu s’installe entre eux. Malentendu qui trouve également sa source dans la présence de Bruno, un ami rencontré à Saint-Savin, la ville du bord de mer de son enfance. Sylvie, le narrateur et Bruno forment un temps un trio avant que le malaise ne s’installe. Je ne veux pas tout raconter ici sinon dire que se mêle également à la narration la douloureuse expérience de Denise, une amie médecin du narrateur. Les quatre voix, par-delà le récit, dialoguent et se répondent. L’histoire des uns trouve sa source dans celle des autres. Attaché à ce roman psychologique, se greffe, plus que dans Festins Secrets, un thème supplémentaire sous la forme d’un formidable (et très drôle) chapitre décrivant un infernal petit bout de choux, l’un de ces infernales enfants de notre époque à qui les parents passent tout et bien pire encore. Pour conclure, je voudrais juste recopier ici un passage du livre ; une phrase qui me semble importante : « Voilà pourquoi, une seconde fois, je suis retourné à Saint-Savin. Non plus dans l’espoir de revenir à ce qui m’avait illuminé, mais, je crois, dans un remâchement mélancolique de moi-même. Peut-être aussi parce que, souffrant de l’absence d’épaisseur de mon existence, que je tentais de compenser par le recours à ces symboles de vie enfin rendue au concret que sont le vin et les nourritures, j’ai voulu dans ce mouvement de retour vers l’inabouti, définitivement l’irréaliser. J’ai cherché, en me mêlant aux fantômes, à devenir un fantôme. »

Lien vers la page consacré à ce livre chez son éditeur.

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