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  • Vercors sous la chaleur d'automne (1)

    Merveilleux week-end sous le soleil du sud Vercors. Une image pour vous faire patienter en attendant le compte-rendu.

     

  • Autoportrait(s)

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    Rudolf Schlichter, L'apôtre sur la Tavenzienstrasse

    D. & L. sous un autre jour. Remarquez le regard concupiscent de l'homme et l'esprit dans le vague de la femme.

  • Record

    Nouvelle journée de chaleur extrême (pour la saison) : 31,8°C enregistrés à 15h27 à Echirolles. Notez, sur le graphique ci-dessous, l'augmentation brusque de température avant 15 heures. Le week-end s’annonce aussi beau mais sans doute moins chaud.

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  • Musique et danse.

    Spectacle de danse, hier soir, au Cargo de Grenoble. La compagnie Rosas de Anne Teresa De Keersmaeker donnait son répertoire d’automne autour de trois compositions de musique: le quatrième quatuor de Bartók, la grande fugue de Beethoven et la très romantique nuit transfigurée (sextuor à cordes) de Schoenberg. J’ai beaucoup aimé le travail sur Die grosse fugue où couples de danseurs se font et se défont au rythme du contrepoint du génie allemand. Le rythme est remarquable, les corps soumis à rude épreuve avec des changements de rythmes incessants. La pièce introduction sur Bartók est plus ludique : 4 danseuses en jupe courte et chaussures hautes (et socquettes !) dansent à la manière de quatre petites filles au jardin d’enfant. Mais pas seulement, les mouvements alternes, ils sont très ludiques, d’une grande fluidité. La dernière pièce, avec et sur Schoenberg, est beaucoup plus intime et complexe. Le décor est magnifique (on est plongé dans une lugubre nuit de brouillard où les arbres sont des troncs lisses sans branche). « The choreography for Verklärte Nacht consists of a series of duets, each by a man and a woman. The transition from one duet to the next is achieved through a short sequence in trio. The structure of the choreography reflects the structure of the poem: the first part is a monologue – the admission – by the woman/women; the second part comprises the man’s/men’s answer; in the third part the man/men and woman/women come together ». Un quatuor (The Duke quartet) joue en live chacune des musiques. Même si le son est amplifié, cela donne une atmosphère très réaliste au lien entre musiciens et danseurs. La chorégraphie nait des notes, non comme une illustration mais comme une vision personnelle et intime d’une œuvre.

  • les âmes passionantes

    Nouvelle journée où le temps a été magnifique, la chaleur remarquable (encore plus de 24°C à cet instant). J’en ai profité pour aller randonner un peu. Les teintes d’automne sont maintenant là. Le contraste entre les sapins et les feuillus est saisissant. Je suis monté jusqu’au refuge Jean Collet, dans la partie centrale du massif de Belledonne. A deux milles mètres le vent du sud était violent, presque tempétueux. Malgré l’altitude la chaleur était toujours là (j’ai cru pouvoir relevé 16° sur le thermomètre qui pendouille contre un mur du refuge). Peu ou pas d’âme qui vive dans ce coin de paradis sauf un chien de chasse visiblement perdu et apeuré (je ne suis pas sûr que les chiens aient une âme, il faudrait que je me renseigne plus sérieusement là-dessus). De loin en loin, on entend d’énormes chutes de pierres (chamois ?) ; à moins que ce ne soit la seule force du vent qui entraîne les petits blocs en équilibre. J’ai passé un bon bout de temps à regarder les nuages étonnants (très blancs, très plats, presque des ondes orographiques). Le ciel était néanmoins assez clair. On voyait très nettement jusqu’au-delà dela vallée du Rhône, vers les monts d’Ardèche, ce qui n’est pas si courant. J’ai rapidement renoncé à compter le nombre d’avions tant il y en a qui laissent leur panache de condensation. Certains paraissent très proches des autres. On a l’impression que l’on va assister de manière imminente à une catastrophe aérienne. Mais non, tout semble régler comme du papier à musique.

    Lundi soir, donc, retransmission de la Passion à Ambronay. Je me demande si je n’étais pas plus enthousiaste que lors du concert. La prise de son m’a semblé excellente, l’orchestre vraiment extraordinaire, les solistes meilleurs que ce qu’il me semblait avoir entendu et les chœurs un peu moins clairs que la « réalité ». Mais ces petites différences viennent peut-être de mon placement durant le concert, où le chœur était tout près et sans doute plus net qu’à la radio. D’ailleurs, lorsqu’un grand nombre de voix chantent ensemble, il n’est pas rare que le rendu radiophonique soit un peu pâteux, sans clarté. L. a également beaucoup aimé…

    Hier soir, nous avons mollement regardé la deuxième partie du documentaire évènement de Patrick Rotmann sur… Jacques Chirac. Une soirée de perdue, sans doute. On n’apprend rien que l’on sache déjà : trafic divers à la mairie de Paris, clientélisme à tous les étages, changement de cap opportun ou affolant (la dissolution de 1997), affaires et casseroles judiciaires. Le rythme du documentaire était assez enlevé mais j’ai moins aimé la fin où le réalisateur tente une explication psychologique du personnage sur le ton: "et si Chirac était plus complexe qu’on ne le croit ?"

  • Souvenir(s)

    Du château du Touvet – que l’on pourrait appeler également château Marcieu, du nom de l’une des familles qui en fut propriétaire – on retient souvent les jardins. Il faut dire que ceux-ci sont magnifiques. Les récents travaux (terminés en 1999) lui ont permis de retrouver son caractère de jadis (l’état d’avant le parc à l’anglaise). Ce travail de longue haleine a été couronné en 2004 par la remise du label « jardin remarquable » du Ministère de la Culture. Le château, en lui-même, est pourtant très intéressant, notamment parce qu’il a traversé les deux cents dernières années sans saccages. Il faut dire qu’il appartient toujours aux descendants de la susdite famille de Marcieu. C’est notamment le comte Pierre de Marcieu, lieutenant général du Dauphiné qui lui a permis de transformer une vieille maison-forte en une demeure dans le goût du XVIIIe siècle. Le visiteur est accueilli par un vaste vestibule qui met parfaitement en valeur le magnifique escalier en pierre de Sassenage. Lui succède au rez-de-chaussée, le grand salon avec ses gypseries dans le style italien. Ensuite, c’est le salon de musique (magnifique parquet) qui est aussi la salle des portraits des dames de la famille. Un peu plus loin le salon mandarine qui doit son nom à la couleur (un peu passée) de ses boiseries. On sort du bâtiment vers le jardin de la comtesse où trône un magnolia centenaire. Les jardins s’articulent autour du buffet d’eau qui renvoie à l’infini l’image miroir du château encadrée par les deux platanes du siècle dernier. Du Touvet, j’ai le souvenir de deux concerts de clavecin, parmi les plus agréables qu’il me fut donné d’entendre. Le premier était le 15 mai 1994 où Blandine Verlet jouait les deux clavecins historiques du château (un Johannes Couchet de 1654, ravalé en 1701 par Blanchet et le magnifique Nicolas Dumont de 1707 (voir ici un instrument du même facteur, daté de 1697 qui fait partie de la collection du musée de la Musique de Paris). Les deux clavecins avaient été installés dans l’orangerie du château ; le programme une « « confrontation » entre Louis Couperin et Froberger (« magnifique Tombeau sur la mort de Blancrocher », ai-je écrit sur le programme que je viens de déterrer de mes archives). Le deuxième concert, dans le grand salon, était donné par Olivier Baumont (programme : d’Anglebert, François Couperin, Purcell et Haendel). Quelques mois plus tard, le même interprète enregistrait pour Erato les suites pour Clavecin de 1720 et 1723 de Haendel, sur les deux clavecins du château, donnant ainsi un disque magnifique, d’une qualité musicale remarquable. Dimanche dernier, je n’ai pas pu revoir ces deux magnifiques instruments. Sans doute sont-ils dans les appartements privés du propriétaire ? De la grande terrasse devant le château, la vue est large et porte sur une grande partie du Grésivaudan, y compris les sommets de Belledonne. Il ne lui manque qu’un peu d’espace au couchant, adossé qu’il est contre la muraille de la Chartreuse. Le château du Touvet fait partie des trois ou quatre plus belles demeures du département. Il se pourrait même qu’il soit en tête de liste. J’encourage tous les isérois et les visiteurs en Dauphiné de le découvrir.

  • Promenade d'un dimanche ensoleillé

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    Chateau du Touvet, Isère - 22 octobre 2006 - 16h10

  • A la radio, demain soir.

    France Musique retransmettra demain soir, lundi, à 20h00, la Passion selon Saint-Matthieu donnée à Ambronay et à laquelle j’ai assistée le 23 septembre dernier.

  • Douleur intime

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    J’avais beaucoup aimé le roman de Pierre Jourde (Festins secrets) paru l’année dernière. Le dernier m’a également beaucoup plu ; sans doute pas pour les mêmes raisons. Ce livre brasse plusieurs thèmes mais ce qui me parait central, outre l’amour, est la relation au temps et la mélancolie du narrateur. Celui-ci, enfant, tombe amoureux d’une enfant de son âge (Sylvie), sa voisine qui habite dans une villa du bord de mer. C’est l'un des beaux instants du livre: le récit, pudique mais ample de l’amour entre enfants. C’est peut-être après ces sentiments purs que nous courrons toute notre vie, que nous recherchons à reproduire une fois devenu adulte. Hélas, pour le narrateur, cet instant de l’enfance ne se clôt pas. Il retrouve plus tard Sylvie mais une sorte de malentendu s’installe entre eux. Malentendu qui trouve également sa source dans la présence de Bruno, un ami rencontré à Saint-Savin, la ville du bord de mer de son enfance. Sylvie, le narrateur et Bruno forment un temps un trio avant que le malaise ne s’installe. Je ne veux pas tout raconter ici sinon dire que se mêle également à la narration la douloureuse expérience de Denise, une amie médecin du narrateur. Les quatre voix, par-delà le récit, dialoguent et se répondent. L’histoire des uns trouve sa source dans celle des autres. Attaché à ce roman psychologique, se greffe, plus que dans Festins Secrets, un thème supplémentaire sous la forme d’un formidable (et très drôle) chapitre décrivant un infernal petit bout de choux, l’un de ces infernales enfants de notre époque à qui les parents passent tout et bien pire encore. Pour conclure, je voudrais juste recopier ici un passage du livre ; une phrase qui me semble importante : « Voilà pourquoi, une seconde fois, je suis retourné à Saint-Savin. Non plus dans l’espoir de revenir à ce qui m’avait illuminé, mais, je crois, dans un remâchement mélancolique de moi-même. Peut-être aussi parce que, souffrant de l’absence d’épaisseur de mon existence, que je tentais de compenser par le recours à ces symboles de vie enfin rendue au concret que sont le vin et les nourritures, j’ai voulu dans ce mouvement de retour vers l’inabouti, définitivement l’irréaliser. J’ai cherché, en me mêlant aux fantômes, à devenir un fantôme. »

    Lien vers la page consacré à ce livre chez son éditeur.

  • Oeillet, iris de Hollande et héliantrope

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    Maintenant je pardonne à la douce fureur
    Qui m'a fait consumer le meilleur de mon âge,
    Sans tirer autre fruit de mon ingrat ouvrage
    Que le vain passe-temps d'une si longue erreur
    Joachim Du Bellay, Les Regrets.

  • Miscellaneous (1)

    Cachan. Toute honte bue n’est plus à boire ? Hélas, non ! Les récents développements de l’actualité (des sans papiers campent sur la place du Capitole à Toulouse) nous montrent, une nouvelle fois, qu’à force de reculades et de faiblesses réitérées de l’Etat, il devient possible de tout obtenir : des régularisations en masse, des places en H.L.M. comme par miracle (alors que le temps d’attente moyen est officiellement de deux ou trois ans, quand ce n’est pas cinq ou dix). En cédant ainsi, c’est donner la prime aux gueulards, d’ailleurs bien pilotés par les associations d’extrêmes gauches toujours alertes pour s’immiscer puis se rendre d’indispensables porte-paroles (auto-déclarés) des « sans grades de la République » (sic). Encore une fois la résonnance a été magnifiquement amplifiée par les médias. Je n’ai pas vu ni entendu une seule interview de citoyen s’étonnant de la situation au regard du respect des lois. Pas une seule voix discordante n’a été proposée au débat. Rien, silence radio : il faut naturaliser ces malheureux, ils sont notre chance, d’ailleurs ils payent leur impôt et participent à la vie économique du pays en enrichissant ces salauds de patrons capitalistes. Le plus cruel est qu’orienter ainsi le débat, c’est une nouvelle fois faire le jeu de Le Pen ; c’est se tirer une énorme balle dans le pied. Les refus réitérés de toutes les (nombreuses et dignes) solutions d’hébergement proposées finissant par être, tout de même, difficilement justifiables, même pour les plus zélés des commentateurs-soutiens (et dieu sait qu’ils furent nombreux, solidaires et bien organisés). Le fond du problème fut la volonté des « réfugiés » (sic) de Cachan de ne pas être séparés les uns des autres, de rester ensembles dans leur communauté d’origine, de former un bloc ethnique et culturelle homogène, en un mot de ne pas se mélanger avec les Autres (avec, en deuxième toile de fond, la polygamie qui n’a été que très discrètement évoquée ici ou là, en passant, l’air de ne pas y croire, alors que les images crevaient les yeux sur ce point). Or, le refus de la mixité sociale est souvent l’argument massue (culpabilisant au possible) opposer aux Autres pour les faire rougir de ne pas vouloir habiter avec les immigrés, de ne pas vouloir vivre avec eux dans des H.L.M. de troisième zone, etc. Le sarkozysme politique a, une nouvelle fois, donné l’image de ce qu’il est : un serpent de mer louvoyant sans but, sans aucune sorte de responsabilité ni clairvoyance vers une île lointaine appelé Pouvoir. Plus généralement, on voit que c’est toute la notion d’autorité (notamment celle de l’Etat) qui est jetée au feu. En refusant de maintenir dès le départ une politique ferme mais juste, en laissant pourrir la situation (dans quel but ?) et en finissant, à la fin, par déléguer la très faible part de pouvoir qui lui reste à des associations qui sont elles-mêmes parties prenantes dans l’affaire (SOS racisme, on se demande où il y a du racisme, mais bon), la gouvernance de l’Etat se couvre de honte. Elle oublie en plus d'être solidaire avec ses concitoyens. Je pense à ces malheureux, isolés, sans soutien, sans communauté de rattachement qui ont du être amers de voir leur situation empirer alors qu'ailleurs, ces Dames et Messieurs refusaient le lieu de vie qu'on leur proposait au prétexte qu'il était trop éloigné de leur travail.

    A l’autre bout de l’échelle, on apprend que les professeurs des écoles n’appliquent majoritairement pas les circulaires du ministère en matière d’apprentissage de la lecture. Bien formatés par leurs directeurs de conscience des IUFM, ils ne suivent que la volonté d’iceux, un peu comme les jésuites doivent obéissance absolue au général de leur ordre. Au moins, eux doivent aussi se soumettre au pape. Comment, dans ces conditions, transmettre une quelconque ébauche d’éducation qui implique la connaissance des règles et leur respect ?

    Les époux Courjault. La leçon d’Outreau n’a pas été retenue. C’est reparti pour les reportages chocs, la course effrénée derrière les véhicules de police, le harcèlement systématique des proches des « inculpés », la course au scoop (« nous étions les premiers à vous le révéler ce midi, ce ne sont pas deux mais trois bébés qui auraient été tués… »). Je déplore également que l’Institution judiciaire prenne la roue des hyènes. Comment ne pas être dubitatif devant ces conférences de presse du Procureur de la République qui quelques minutes après la fin des auditions des suspects, en livre les meilleurs morceaux (si on peut dire) à la presse. Au nom de quoi ? On ne sait rien, un communiqué laconique suffirait. La justice se rend au nom du Peuple le jour du procès pas devant un parterre de flash. J’étais meurtri  dégouté au sens le plus fort du terme, d’entendre, dimanche soir, les parents du « mari » sommés, par une journaliste de TF1, de s’expliquer et de trouver une explication au drame atroce qui les touche. Notre temps est celui de la barbarie, à n’en pas douter.

  • Pour les curieux

    Je signale à tous les passionnés et autres curieux, l’existence du site "diffusion des savoirs" de l'ENS qui regroupe, dans divers champs de la recherche scientifique, des séminaires ou cours filmés, donnés par des intervenants qui font autorité dans leur domaine. La liste des interventions est disponible ici. L’ensemble est organisé par thèmes structurants : philosophie, physique, mathématiques, médecine, littérature, linguistique, langue et civilisations étrangères, etc. Pour mes lecteurs du Labo, je recommande :

    Nanotubes de carbone et applications ; Techniques de nanofabrication pour la nanophysique ; Microfluidique : usine à gaz ou usines à gouttes ? ; Les nanotechnologies : un champ d’expérimentation sociale ; Le vide, ça bouge : effet Casimir ; La microfluidique, une science en devenir. Quelques exemples d’expériences et applications ; L’électronique de spin en marche ; Introduction to AFM in single molecule 1/2 ; Introduction to AFM in single molecule 2/2 ; Du silicium aux microprocesseurs

    Pour les très curieux : Engagement ontologique et réduction nomolique

  • Une déception

    Livre lu et pas aimé: Apprendre à finir de Laurent Mauvignier (2001).

    J’ai lu ce livre il y a quelques semaines. Je l’ai ouvert car il était depuis trop longtemps sur le rayonnage des livres à lire, ceux qui me font rougir de ne pas les avoir encore lus, de trop tarder, au risque, peut-être de ne jamais les lire. Les ouvrages de Laurent Mauvignier jouissent dans le monde de l’édition (peut-être) et dans le monde des lecteurs (sans aucun doute) d’un grand prestige (Editions de Minuit aidant). Il me semble - peut-être à tord - qu’on ne prononce pas ce nom-là sans baisser un peu la voix, en prenant un air convenu, etc.

    Apprendre à finir est le récit d’une déchirure entre un homme et une femme, racontée par l’épouse. Le début du livre est le moment où le mari rentre chez lui pour sa convalescence, après une période passée à l’hôpital. Ils se sont aimés mais c’est fini. La femme raconte cette histoire : la lente descente aux enfers, les coups, les insultes devant les enfants. Une famille modeste. Le récit est plutôt bien mené, notamment, tout n’est pas dit depuis le départ, les causes (et quelques unes des conséquences) de ce refus de vivre ensemble sont livrer au fur et à mesure. Ce que je n’ai pas aimé, c’est la langue et la manière d’écrire. Un extrait : « Sachant que moi je ne pourrai rien répondre s’il me demandait ça, que je ne pourrais rien répondre parce que ce serait impossible de dire : tu sais, c’est tellement insupportable cette peur, tellement terrible qu’on finit par attendre qu’il se passe vraiment quelque chose, que vraiment j’attends que tu partes pour ne plus avoir à me dire chaque jour il va partir, il va partir parce que je ne sais pas être celle qu’il voudrait, je ne sais pas être autrement que celle qu’il effaçait dans ce qu’il a voulu, celle-là qui n’existe pas. » Tout le livre est à l’avenant. On a l’impression d’être dans un punching-ball. La langue embrasse le récit ; elle est autant maltraitée que l’épouse. Ce mimétisme est sans doute voulu, en renforcement des maux par les mots. Je décroche.

  • Un mystère de moins

    Je recopie, ci-dessous, une partie du dernier bulletin électronique « Etats-Unis » de la veille technologique de l’ADIT où l’on apprend que :

    « Les femmes s'habilleraient mieux lorsqu'elles sont en période d'ovulation

    Une des grandes différences entre les humains et les espèces est l'absence de signes concrets de fertilité pour les femmes. Cependant, une étude qui vient d'apparaître dans le journal " Hormones and Behavior " indique qu'il y aurait des signes subtils et inconscients des périodes d'ovulation pour les femmes : elles s'habilleraient mieux et porteraient plus d'ornementation (bijoux) lorsqu'elles sont le plus fertiles. Trente femmes du campus de UCLA se sont portées volontaires pour être photographiées à deux reprises : lors d'une période de fertilité basse, et lors de la période d'ovulation, sans savoir le vrai objectif de l'étude. Les chercheurs ont déterminé la période de fertilité en faisant un test urinaire pour l'hormone lutéine. Puis, les photos ont été montrées à des " juges " (17 hommes et 25 femmes), et ces observateurs ont dû indiquer " dans quelle photo la personne essaie-t-elle d'être attirante ? " Les observateurs ont choisi la photo de la période d'ovulation 6 fois sur 10.
    Les hypothèses de l'équipe de UCLA, menée par Dr. Martie Haselton, pourraient nier la notion populaire que les femmes peuvent dissimuler leurs périodes d'ovulation.
     »

    Pour ceux qui veulent lire les détails, ils sont ici. Trente femmes et « 6 fois sur 10 », cela ne me semble pas bien sérieux comme traitement statistique mais bon…

  • L'autre monde.

    Concert de Zakir Hussain (tablas) & Kala Ramnath (violon), MC2 Grenoble, hier soir. Musique classique de l’Inde du nord.

    Savoureux moment, hier soir, dans le cadre du festival « Musiques Nomades ». Malade, le joueur de sarangî Sultan Khan était remplacé par la violoniste Kala Ramnath. Le concert était partagé entre deux ragas, l’un plutôt lent et mesuré, l’autre beaucoup plus énergique. Tout a sans doute déjà été dit sur la virtuosité de Zakir Hussain, de sa facilité apparente pour mouvoir ses doigts à une vitesse incroyable sur les peaux tendus de ses deux tablas. Le rôle du violon est mélodique, d’accompagnement, bien que les « discussions » entre instruments soient possibles, ainsi dans la deuxième partie où le rythme est tendu en syncope, en variations ininterrompues de rythme soit par accélération soudaine, soit par rupture de la ligne musicale. Quoi qu’il en soit, quelques secondes après les premiers accords tirés du violon – placé face à soi, la main gauche en bas, quasiment perpendiculaire au tronc du joueur – on est déjà à mille lieux d’ici, quelque part le long du Brahmapoutre, à guetter un crépuscule solaire à travers la poussière soulevée par des milliers de pas, dans une odeur d’encens, parmi les couleurs chatoyantes des saris. Extrait d’un concert au théâtre de la Ville à Paris (avril 2006).

  • Politis, politis

    « Nous arrivons maintenant à une situation où l’élection de 2007 sera la première où vous, les journalistes, le système médiatique, avez pris la totalité du contrôle de toute l’élection : le calendrier, le choix des sujets dont on parle, le choix des candidats. […] Toutes les questions que vous avez posées, et les sondeurs aussi, en anticipation sur ce sujet [l’élection de 2007] – vous savez ce que vous faites, ça vous fait vendre du papier et de l’espace – elles sont non pertinentes parce que le travail professionnel [des partis politiques] n’a pas été fait. »

    Ce sont les propos de Michel Rocard, tenus dans l’émission « chez F.O.G » sur France 5. Je conseille vivement de regarder l’enregistrement vidéo que l’on trouvera ici. D’une part, Michel Rocard s’y montre égal à lui-même : un homme politique responsable, l’un des rares à avoir une vision pragmatique de la réalité et de la gravité de la situation française. D’autre part, ses positions se rapprochent de celles de François Fillon ; ce qui montre ainsi qu’il faut renoncer à la logique d’affrontement du « droite contre gauche » et aux débats idéologiques. Tout cela démontre, une nouvelle fois, qu’une troisième voix existe, profondément ancrée dans le service pour le pays, au-delà des surenchères sarkozystes - tenté par le pouvoir pour le pouvoir - et de la démocratie participative à la Ségolène, ce nouveau populisme. Au passage, M.R. en a profité pour moucher plus d’une fois ce F.O.G., journaliste insupportable et représentatif de ce qui donne le ton à la télévision française (toute parole de plus de 15 secondes est systématiquement coupée, zapping permanent, commentaires personnels sur des sujets dont la plupart le dépasse, manque de respect à la classe politique, etc.).

  • Panneau

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    Sur le chemin du Grand Som, un peu au-dessus du couvent de la Grande Chartreuse, un très beau sentier est tracé dans la forêt autour du monastère. Ces bois sont très calmes puisque 95% des visiteurs empruntent la route goudronnée entre le musée de la Correrie (parking) et les bâtiments où résident les Chartreux. J'encourage la première découverte par ce chemin car il permet de s'imprégner intensément de l'esprit du lieu et ménage de très belles vues sur les sommets alentours (Grand-Som, Charmant-Som puis, plus haut, sur la Grande Sure et les plaines de l'Isère septentrionale). L'automne est la meilleure saison pour cette promenade. Actuellement, il faut atteindre 1200-1400 mètres pour voir les premiers arbres jaunir complètement.

  • Dans Paris

    Dans Paris de Christophe Honoré, avec Romain Duris, Louis Garel, Guy Marchand, Marie-France Pisier, etc.

    Film moyen qui part d’une bonne idée : la chronique d’une famille légèrement dérangée autour de l’histoire d’un des frères : Paul (Romain Duris). La scène d’ouverture, où l’un des membres de cette famille, Jonathan (Louis Garel) s’adresse au spectateur est mal venue et donne un ton très pédant au démarrage. Ensuite, l’histoire de Paul et d’Anna est présentée, dans sa phase finale : la rupture. Il ya de très bonnes idées dans ce que dit Anna, notamment sur la relation de Paul à l’amour. Mais ce n’est pas ce qui intéresse le réalisateur. Il laisse donc tout en plan. La suite du film sera une journée de la famille, autour de l’état dépressif de Paul. Etat dont on sent bien qu’il est lié à l’état général de la famille (excellente prestation de Guy Marchand, en père à la dérive). Il y a de bons moments, très bien amenés et touchants (la scène de la sole cuite par Mirko, le père, pour Paul) et des bonnes idées mal exploitées : la vie de Joe en parallèle à celle de son frère, la difficulté de dire ses sentiments, le deuil dans une famille. Le bon point est l’accompagnement musical (un lent morceau de jazz, avec un joli jeu de saxophone baryton) qui accompagne de bout en bout le film, lui donnant un air de romance : la vie comme un morceau de jazz cool. Pour en savoir plus.

     

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  • Au passage...

    Les grenoblois (et les autres) trouveront au 2, rue Paul Bert (entre le lycée Champollion et la place Victor Hugo) un délicieux havre de paix dans le salon de thé "Le Passage" : "où l'on peut prendre le petit déjeuner, un encas à midi ou simplement un goûter.". Le cadre est vraiment original puisqu'un ancien passage entre cours et rue a été annexé à une salle plus grande. Le décor est soigné, la cuisine - goûtée ce midi - simple et bonne (salades, tartines, ...). Le chocolat chaud est sans doute l'un des meilleurs de Grenoble. On peut également se fournir en thés (palais des thés). Une très bonne adresse qui, je l'espère aura une longue vie.

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  • Tour d'horizon

    Pour la première année de ce blog, je recopie ici l’entretien que j’ai eu, par mails interposés, avec la journaliste Aline Cut. Cette interview a été intégrée – si j’ai bien compris – dans le numéro « 0 » de la revue Communication et Modernités éditée par la maison Etudes et Perspectives (Brive-la-Gaillarde). A ce jour, le projet semble à peu près tombé à l’eau. Je me sens donc libre et vous le livre dans son intégralité.

    CB : « Inactuel », drôle de nom pour un blog. D’où vient-il ?

    I : Je pourrai vous dire qu’il vient de loin mais ce serait mentir, à demi. Disons que c’est à peu près le seul mot que j’avais en tête au moment de sa création. Une recherche rapide m’a permis de vérifier que le nom n’était pas encore celui d’un blog. Il s’est donc naturellement imposé, de et par lui-même. Je ne le trouve pas très drôle.

    Est-il le qualificatif qui vous va le mieux ?

    Je ne sais pas. Je ne crois pas que ce soit à moi de le dire. Si je suis ici, à répondre à vos questions, c’est que je ne suis guère inactuel, non ?

    Oui, sans doute. D’où vous vient l’idée de tenir un blog ?

    Question difficile. C’est, je crois, le prolongement naturel de ce que j’écrivais – pour moi – depuis quelques années : des fragments éparts, presque quotidiens ; des impressions, une tentative de saisir un certain air du temps. Disons que la technique est arrivée au bon moment pour répondre à un certain besoin personnel : consigner quelques lignes sans soucis particulier pour la forme, tout en pouvant inclure quelques photos. Et puis, comme beaucoup d’autres « bloggeurs », j’ai lu un très grand nombre de blogues, certains tout à fait remarquables, d’une grande qualité… je me suis pris au jeu et lancé dans l’aventure. Il y a eu aussi l’envie, au retour d’un voyage particulièrement marquant, de parler de cette expérience, de partager une découverte ou, au moins, d’essayer de trier en moi quelques souvenirs.

    Vous sentez-vous intégrer dans une communauté de bloggeurs ?

    Non, pas vraiment. Un nosologue du blogue trouverait sans doute que mes « favoris internet » disent beaucoup sur ma communauté d’appartenance… mais je ne crois pas en être. La blogosphère est une école de modestie. Je le redis, on trouve de très bons sites qui ramènent à la raison si, comme moi, on a tendance à la perdre un peu vite.

    Qu’est-ce qui vous intéresse dans les blogs des autres ?

    Sans doute ce que je ne trouve pas chez moi. J’aime beaucoup les sites très spécialisés dans tel ou tel domaine qui m’intéresse mais que je maîtrise peu, voire pas du tout. J’ai toujours une grande tendresse pour les gens qui ont des opinions assez opposées aux miennes, voire orthogonales. Je suis assez bonne poire et je lis des tonnes de récits souvent stupides, inintéressants… des vies minuscules. Sans doute parce qu’ils me rappellent la mienne.

    Quels sont, dans votre blog, les thèmes qui vous semblent prépondérants ?

    On peut faire un tri rapide avec les catégories des notes. Je crois que cela donne un aperçu assez net de l’ensemble.

    C'est-à-dire ?

    En premier lieu, « l’air du temps » - un peu fourre-tout – mais qui me permet de placer à la fois les petites agaceries du quotidien et les modes qui vont et qui viennent. C’est un peu le squelette de l’ensemble. Mais je m’aperçois que je dois ainsi passer pour un terrible râleur, un vieux radoteur. A cette catégorie, on peut raccrocher la petite dominante « du journalisme » qui est aussi l’un de mes dadas. Le deuxième a pour trait la promenade, souvent presque une divagation ; le lien avec la nature, ici, à Grenoble, dans sa forme montagnarde, qui est un point clé. A cela on peut rajouter quelques entrées sur la littérature et quelques écrivains que j’apprécie énormément. Mais ces notes les servent sans doute assez peu. Je suis bien incapable d’écrire des commentaires et encore moins des critiques valables. C’est, pour moi, comme un mur très haut à franchir. Autant rien n’écrire si cela ne les sert pas. D’ailleurs, lorsqu’un texte me touche énormément, je deviens assez vite « taiseux » comme sont les personnages des textes de Richard Millet, écrivain que j’admire beaucoup. Il y a comme une sorte d’étouffement. C’est un processus très intime, pour le coup. Je me méfie toujours des gens qui vous disent « oulala, ce bouquin, c’est extraordinaire ! ». Généralement, ça me glace l’envie de le lire… sauf s’ils sont des amis très proches.

    Il y a aussi la musique et les concerts, non ?

    En effet. N’étant pas du tout musicien, c’est un sujet très glissant où il m’est possible d’écrire des énormités qui finissent de me discréditer aux yeux des puristes ou des spécialistes. J’y vais donc sur la pente du vécu – le témoignage est si à la mode ! -  et principalement de l’émotion, du plaisir ou du déplaisir que j’ai pu ressentir.

    Pensez-vous qu’il soit possible de tout écrire dans un blog ?

    Cela dépend surtout ce que l’on veut y mettre. Il y a de très bon blog – je veux dire des blogs qui m’intéressent énormément – et qui sont de véritables journaux intimes ; des histoires à ciels ouverts que tout à chacun peut lire, dans le rôle du voyeur. C’est quelques fois étrange et très dérangeant, dans le sens où un certain malaise peut s’installer. Certains bloggeurs arrivent à rester sur le fil du rasoir, à dire énormément avec une économie de moyens – souvent dans une forme épurée, d’ailleurs – que leur texte devient un très beau journal intime. D’autres ne nous cachent rien de leur sexualité ou de leur amoralité au regard de la morale commune du moment, de leurs vices, de leurs perversions, etc. C’est ainsi. Je crois que l’acte d’écrire, je veux dire l’acte d’écrire lorsqu’on sait qu’on sera lu n’est pas anodin. J’enfonce une porte ouverte mais il est indéniable que l’écriture « visible » ne sera jamais l’écriture dans le livre d’écolier qu’on cache sous son matelas. Paradoxalement, il est maintenant possible d’être totalement anonyme et d’écrire « sur la toile » des choses tout à fait invraisemblables, impossibles à coucher sur le papier, avec ce risque d’être lu par un ami, un proche. A contrario, cela donne aussi des bouts de blogs abominables où tout le fiel de la terre est jeté en pâture à la compagnie. C’est imbuvable. Mais peut-être que pour ces diaristes là, Inactuel est un type imbuvable… restons lucide.

    Vous semblez très attiré par les nuages. La seule entrée qui figure dans vos liens renvoie à quelques uns de vos clichés de cieux, orages, soleil couchant.

    Oui, les nuages par leur forme infinie et qui jamais ne se reproduisent tels qu’ils sont à l’instant sont un sujet de fort intérêt pour moi. Malheureusement la photographie – enfin, les miennes – ne parvient que très partiellement à reproduire ce que je ressens à ce moment là. J’ai toujours en tête un coin de ciel, au sud-est, éclairé par un beau soleil au seuil de sa mort quotidienne. J’y vois des nuages floconneux que soulignent un ciel bleu pâle, des teintes virant à l’orange. Ce que j’appelle sans doute improprement un ciel à la Vermeer. A ce moment là, je ne peux que penser aux soleils mouillés de l’invitation au voyage de Baudelaire et, au-delà, à la belle mélodie du musicien Henri Duparc. Et ces chants me renvoient à ma première découverte de Duparc, à l’instant précis où l’on m’a offert ce disque… à mes écoutes ultérieures, aux personnes qui étaient présentes à ce moment là, etc. Je crois que c’est sans fin. Certains sont complètement portés vers l’avenir et n’ont pas de relation avec le passé. Ce n’est pas mon cas. Je ne suis pas dans la nostalgie mais dans l’amour du temps passé, sans tristesse ni aucune rancœur. C’est aussi pour cela que m’intéresse beaucoup chez les gens que je croise, leur histoire, le lieu d’où il vienne, et donc, éventuellement, son histoire par rapport à mes propres souvenirs de cet endroit. Par exemple, j’ai deux amies qui sont originaires ou vivent près de la Rochelle. J’y suis allé jeune enfant et n’y jamais remis les pieds depuis. Et pourtant, lorsque je pense à la Rochelle, j’ajoute à mes très lointains souvenirs – une plage infinie et un très lointain phare, une fête foraine – le souvenir que j’ai de ces deux amies, les bons moments passés ensemble, etc. Tout cela forme quelque chose d’assez indescriptible. Mais cela n’a absolument rien d’extraordinaire, dans le fond. Quelques fois ces sortes de synesthésies sont un peu problématiques, elles m’empêchent de vivre l’instant. Mais c’est ainsi.

    C’est aussi que cela que aimez Saint-Simon ?

    Oui et non. Chez Saint-Simon, ce que j’aime avant tout ce sont, bien entendu, ses Mémoires. Je les aime pour le monde qu’elles nous décrivent mais aussi et surtout pour le style, la langue, les barbarismes, les formules désuètes à notre époque. On a peut-être trop négligé également son talent pour le récit. Son texte n’est pas qu’un bottin mondain, loin de là. Il peut aussi être un formidable moment d’histoire – profondément subjectif – mais passionnant. Prenez, par exemple, la chute des bâtards de Louis XIV pendant la Régence de Philippe d’Orléans. C’est un moment de notre histoire, sans doute insignifiant au regard des bouleversements et des tragédies qui se sont déroulés ensuite. Mais Saint-Simon nous décrit par le plus grand détail, avec le plus grand souci de précision la cérémonie du lit de justice en présence du petit roi Louis XV. Ce récit là est inouï, même si la vengeance de Saint-Simon est aussi son moteur. J’aime tout autant l’auteur qui, chez lui, écrit deux ou trois vilaines sur untel ou untel. J’aime les portraits posthumes écrits au vitriol, j’aime en quelque sorte tout ce qui fait saillie dans le cours du texte.

    Passons à l’aspect formel de votre blog. La plateforme que vous avez choisie n’est pas réputée pour être la plus up to date. Pensez-vous en changer ? Quels sont les choix qui ont présidé à l’organisation de vos listes, etc.

    Comme je vous l’ai dit, je me soucie assez peu de la forme. Mon hébergeur fournit un menu simplissime qui me va parfaitement. J’admire, bien entendu, les possibilités techniques d’autres plateformes et, surtout, ce que peuvent en faire des internautes talentueux. Pour ce qui est des listes, je suppose que vous évoquez les listes de livres, de compact-disques et de films. Je ne les ai pas ou peu modifiées depuis le début. A l’origine, il me semblait important de les faire figurer, guidé que j’étais par la lecture de blogues où ces sortes de favoris là disent tout de suite à qui on a affaire, je veux dire sociologiquement, intellectuellement, etc. A bien réfléchir, c’est sans doute inutile et bien vaniteux : un moyen de s’isoler un peu ou bien, dans le meilleur des cas, de se définir avec peu de mots.

    Il y a aussi cette catégorie, « Arbres », elle ne semble pas liée au reste

    Détrompez-vous ! Dans mon esprit, elle est sous partie importante d’une entité plus vaste, celle de la promenade. Par atavisme familial, le bois a toujours été présent dans ma vie. J’ai une grande passion pour les forêts profondes, plus particulièrement de feuillus. J’aime aussi la vieille souche pourrie, l’arbre foudroyé ou l’arbrisseau sous la futaie. Les parcs, l’aménagement des paysages font également parties de mes préoccupations, quasi quotidienne (au moins en rêveries sans fin). Mais à côté de l’arbre, il pourrait y avoir une catégorie « sentiers », une autre pour « points de vue ». L’un de mes projets, et qui sans doute le restera, est d’écrire un petit guide des points de vue du département que j’habite : l’Isère. Un opuscule dont la plus grande partie serait de décrire des paysages, des vues et les sensations qui vont avec. Il y a vraiment des moments uniques, prenez les derniers rayons d’un soleil d’été au sortir d’une forêt détrempée - mettons – quoi de plus beau ?

    Notre entretien touche à sa fin. Qu’auriez-vous à rajouter ?

    Ecoutez, je ne sais pas…par exemple… ces quelques lignes du philosophe allemand Karl Gottlob Schelle : « Quand on fait le compte de ses années de vie, on s’aperçoit que, même dans le meilleur des cas, on en a à peine vécu la moitié : si vivre c’est effectivement agir et prendre conscience de son existence par la sensibilité, la pensée et l’action. »