14 novembre 2006
Premier jour: au-dessus de l'atlantique
Départ matinal de Lyon pour Orly. Dès l’accueil pour le contrôle des bagages à l’aéroport parisien, nous avons l’impression d’être déjà arrivés aux Antilles. Un peu comme dans les hôpitaux et musées parisiens, le personnel des entreprises chargées du contrôle est très majoritairement originaire de l’arc caraïbe. Le Hall 2, réservé aux vols pour les D.O.M. a gardé un petit air des années soixante-dix, notamment par sa décoration qui me rappelle les hypermarchés de ma jeunesse (faux-plafonds en alvéoles de plastique). L’avion est donc bien un 777-300ER (immatriculation F-GSQO, c’est lui).Décollage sans encombre malgré les 350 tonnes à soulever du sol. La montée est très lente – c’est ce que me dit le suivi des paramètres principaux du vol qui s’affiche sur l’écran timbre-poste enfiché dans le dossier du siège devant moi. On finit tout de même par mettre le cap sur Nantes et monter tranquillement jusqu’à 35000/37000 pieds où l’on se trouve face au puissant vent d’altitude (le fameux jetstream qui, un jour de décembre 1999, eût la fâcheuse idée de descendre jusqu’à nos vertes prairies) qui souffle d’ouest en est et freine ainsi la progression de l’avion. La vitesse sol reste bloquée autour de 840 km/h. La durée totale du vol est de huit heures et demie, en quasi ligne droite jusqu’à la destination en passant un peu au nord des Açores et en effectuant une petite inclinaison de trajectoire au niveau de la dorsale atlantique. Les « nouveaux espaces du voyage » d’Air France ne sont guère révolutionnaires en ce qui concerne le confort à bord. Toujours aussi peu de place (rentabilité oblige) ; on est presque plus à son aise dans le petit Fokker 100 qui assure la rotation de Lyon vers Orly (sans parler des sièges en cuir ou, plutôt, en simili cuir, face au tissu râpeux qui recouvre ceux du Boeing aménagé pour A.F.). L’inclinaison du siège est dérisoire, le repose-pieds une faible aide pour les jambes variceuses. Le service à la clientèle est par contre excellent, le personnel efficace et souriant. On sert aux voyageurs un repas correct et suffisant. La grande révolution annoncée et abondamment vanté par les documents d’A.F. est l’écran multimédia individuel. C’est une catastrophe pour regarder les films proposés (d’ailleurs assez médiocres, genre blockbusters américains) : il manque terriblement de contraste et de résolution (c’est un écran tactile) et un surprenant quadrillage gris apparaît en surimpression. Le son, lui aussi, est à la peine. Il y a fort à faire pour couvrir le ronronnement de l’avion, bruit sourd qui semble plus provenir de la puissante soufflante de la climatisation (plus de 350 personnes à rafraichir) que des réacteurs. L’affichage des paramètres de vol est assez intéressant. On peut suivre le déplacement de l’avion sur une carte où les villes sont plus ou moins bien localisées : au retour, Paris sera à peu près Amiens… Une petite caméra est logée sous l’avion et une autre dans le train d’atterrissage avant. L’approche vers la piste d’arrivée est ainsi très spectaculaire. Il est facile de se prendre pour le pilote. Soyons honnête, le confort est tout de même un peu meilleur que ce que j’avais connu, en 1997, lors d’un vol Amsterdam-Minneapolis à bord d’un antique DC-10 de la KLM. L’arrivée à la Guadeloupe est assez spectaculaire. On passe tout d’abord au large de la Désirade puis on longe une grande partie de la côte de Grande-Terre (avec vue sur les champs de cannes à sucre), avant d’effectuer un large virage à gauche au-dessus de la mangrove du Grand-cul-de-sac marin et terminer en planant jusqu’à la piste de l’aéroport du Raizé pour un atterrissage tranquille face à l’est (alizés). Malgré le contrôle par la police de l’air et des frontières à Orly, la même procédure nous attend à l’arrivée (ne sommes nous pourtant pas toujours pas dans l’espace Schengen ?). Ensuite, un traditionnel « planteur » nous est offert. Il doit-être aux Antilles ce que le collier de fleurs est à Tahiti. A la sortie de l’aérogare, la chaleur étouffante des tropiques nous souhaite également la bienvenue, à sa façon (suée instantanée). Une fois la voiture de location récupérée (une petite et frêle citadine coréenne), nous voilà partis pour quarante kilomètres de « nationale 2 » (et pourquoi pas « départementale » ?) vers la ville de Deshaies sur la côte-sous-le-vent, face à la mer des caraïbes. Premier coucher de soleil majestueux, surprise de la végétation luxuriante et du chant nocturne (« huit-huit ») des grenouilles-pays.
21:00 Publié dans Un voyage en Guadeloupe | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note











Commentaires
génial, de faire un beau voyage comme ça !
Écrit par : if6 | 28 novembre 2006
oui, magnifique ! Merci de ton passage. D.
Écrit par : Inactuel | 29 novembre 2006
avec ta description, on s'y croirait...
Écrit par : J. | 03 décembre 2006
:)
D.
Écrit par : Inactuel | 03 décembre 2006
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