21 novembre 2006
Tout un poème
Petite déception à Pointe-à-Pitre, la ville est un peu quelconque, surtout parce qu’elle ressemble à une ville commerciale de métropole, la couleur et l’exubérance en plus. Les communautés sont très mélangées (commerçants moyen-orientaux, cireurs de chaussures) mais l’architecture est mal préservée. Les plus beaux bâtiments voisinent avec les résidus postindustriels. Le marché aux épices est assez joli, malheureusement il est tombé dans l’attrape-touriste le plus consternant. Deux rues avant de le découvrir, les rabatteuses ont déjà fondues sur L. qui aura ensuite le plus grand mal à se débarrasser de ces dames malgré les « chérie » dont on ne manque pas de la flatter. Nous sommes allés visiter le musée Saint-John Perse dont nous attendions mieux, notamment parce que le poète a vécu sa jeunesse dans l’île. Le bâtiment est en effet remarquable mais il apparaît un peu étriqué dans un environnement pas vraiment favorable ni particulièrement agréable à l’œil (climatiseurs sur les façades alentours). Dès l’entrée, on nous dit que les photographies sont rigoureusement interdites, etc. La grande salle du rez-de-chaussée est la plus intéressante car elle montre une belle collection de vêtements créoles et, surtout, explique les infinies variantes des coiffes en madras. Au premier étage, on peut admirer une petite collection de photos et de cartes postales sur Pointe-à-Pitre et l’île mais rien n’est vraiment commenté ni expliqué. C’est dommage car ces vues du passé sont passionnantes parce qu’elles sont désuètes (les messieurs ont des casques coloniaux blancs, les bateaux bananiers sont amarrés au port, …). Au second, c’est pire, puisqu’il n’y a rien sur Saint-John Perse sinon quelques évocations, sous la forme d’œuvres d’artistes contemporains, et une ou deux photos de Lucien Clergue (légendées Julien Clergue). Nous poursuivons notre journée en nous rendant à Sainte-Anne, prospère village touristique de Grande-Terre où se trouve « la plus belle plage de l’île » ou, tout du moins, ce qui est clairement signalé comme tel dans tous les guides. Petite déception. L’endroit n’est pas vilain, mais il n’appelle pas tous les superlatifs que nous avons pu lire. Le rivage n’est pas spécialement propre, voire même franchement sale et, surtout, la mince bande de sable est adossée au domaine privé, barricadé, etc. du Club Med où trônent des constructions hideuses du type containers en ciment les uns sur les autres. En revanche, nous avons eu tout le loisir d’observer un peu farouche iguane qui prenait son temps pour le moindre déplacement, jaugeant les difficultés de parcours et les embuches à éviter.
21:00 Publié dans Un voyage en Guadeloupe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note











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