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  • Retour

    Pour vous faire patienter, quelques photos du voyage aux Antilles sont disponibles ici. A bientôt.

  • PNC, à vos portes ! Armez les toboggans...

    Le temps se dégrade rendant notre projet de découverte de la Soufrière impossible. A quoi bon monter si haut pour être dans la purée et noyé sous les litres d’eau ? On en profite pour parfaire le hale de notre teint sur la plage Leroux à deux pas de notre hôtel. De temps à autre, le ciel se déchaîne et nous gâte d’une belle averse. Jeudi, nous allons visiter la maison/musée du bois, à Pointe-Noire qui est installée dans un bel arboretum présentant les espèces d’arbres exotiques utilisés en menuiserie et en ébénisterie. La partie musée évoque les métiers du bois et les artisans de Pointe-Noire. Malheureusement, la muséographie est sans doute trop moderne pour ce coin de bout du monde. A quoi bon des installations multimédias si elles ne fonctionnent pas, sont inaudibles ou, au contraire gênent la lecture ? Tout n’est pas si mal, il y a même une salle réservée aux productions locales et qu’il est possible d’acheter sur place. Pour notre dernier jour, vendredi, nous laissons nos bagages à l’aéroport et profitons de ces ultimes heures pour découvrir Grande-Terre. Nous nous rendons jusqu’au Moule, charmant village au bord de l’Atlantique, balayé par les alizés. Les maisons sont belles, la nature assez différente de celle se développant sur Basse-Terre (plus de cannes à sucre, moins de relief). Retour par Morne-À-L’eau et son célèbre cimetière de tombes noires et blanches et qui, à chaque Toussaint, s’illumine des milliers de lumignons laissés là par les familles. Malgré le réservoir de la voiture plus que dans le rouge, nous poussons jusqu’au pittoresque village de Vieux-Bourg, adossé à la mangrove (remarquez le pélican, à droite de l’image) . Ce doit être un très bel endroit pour le repos, malgré les moustiques. Départ en fin de journée: nous ne reverrons plus la Guadeloupe du ciel sous la lumière du soleil des tropiques. Vol sans histoire, à bord de F-GSQR (c’est lui). Le vent dans le dos, nous atteignons des vitesses infernales (j’ai lu 911km/h !) et rattrapons notre retard du départ (l’avion qui arrive de Paris est aussi celui qui repart vers la métropole : rendement, rendement,…). Hélas, à l’arrivée, nous perdons une demi-heure à attendre l’ouverture d’une porte (merci ADP !). Nous sommes moins dans « le gaz » que prévu, les fuseaux horaires nous ont épargné. En définitive, il me restera de ce voyage de très belles images, du dépaysement, une rupture certaine, de l’exotisme, des mets délicieux, une sensation d’eau chaude jamais rencontrée jusqu’ici. L. rajoute des odeurs (d'épices), des couchers de soleil et la végétation luxuriante. Nous vous conseillons de découvrir ce petit paradis !

  • Tout un poème

    Petite déception à Pointe-à-Pitre, la ville est un peu quelconque, surtout parce qu’elle ressemble à une ville commerciale de métropole, la couleur et l’exubérance en plus. Les communautés sont très mélangées (commerçants moyen-orientaux, cireurs de chaussures) mais l’architecture est mal préservée. Les plus beaux bâtiments voisinent avec les résidus postindustriels. Le marché aux épices est assez joli, malheureusement il est tombé dans l’attrape-touriste le plus consternant. Deux rues avant de le découvrir, les rabatteuses ont déjà fondues sur L. qui aura ensuite le plus grand mal à se débarrasser de ces dames malgré les « chérie » dont on ne manque pas de la flatter. Nous sommes allés visiter le musée Saint-John Perse dont nous attendions mieux, notamment parce que le poète a vécu sa jeunesse dans l’île. Le bâtiment est en effet remarquable mais il apparaît un peu étriqué dans un environnement pas vraiment favorable ni particulièrement agréable à l’œil (climatiseurs sur les façades alentours). Dès l’entrée, on nous dit que les photographies sont rigoureusement interdites, etc. La grande salle du rez-de-chaussée est la plus intéressante car elle montre une belle collection de vêtements créoles et, surtout, explique les infinies variantes des coiffes en madras. Au premier étage, on peut admirer une petite collection de photos et de cartes postales sur Pointe-à-Pitre et l’île mais rien n’est vraiment commenté ni expliqué. C’est dommage car ces vues du passé sont passionnantes parce qu’elles sont désuètes (les messieurs ont des casques coloniaux blancs, les bateaux bananiers sont amarrés au port, …). Au second, c’est pire, puisqu’il n’y a rien sur Saint-John Perse sinon quelques évocations, sous la forme d’œuvres d’artistes contemporains, et une ou deux photos de Lucien Clergue (légendées Julien Clergue). Nous poursuivons notre journée en nous rendant à Sainte-Anne, prospère village touristique de Grande-Terre où se trouve « la plus belle plage de l’île » ou, tout du moins, ce qui est clairement signalé comme tel dans tous les guides. Petite déception. L’endroit n’est pas vilain, mais il n’appelle pas tous les superlatifs que nous avons pu lire. Le rivage n’est pas spécialement propre, voire même franchement sale et, surtout, la mince bande de sable est adossée au domaine privé, barricadé, etc. du Club Med où trônent des constructions hideuses du type containers en ciment les uns sur les autres. En revanche, nous avons eu tout le loisir d’observer un peu farouche iguane qui prenait son temps pour le moindre déplacement, jaugeant les difficultés de parcours et les embuches à éviter.

  • Les habitants

    Cap plein sud. Nous poussons la découverte de l’île vers la ville de Basse-Terre qui a donné son nom à cette partie de l’île. Avant la montée en puissance de Pointe-à-Pitre, c’était le bourg d’importance. Il reste de très beaux bâtiments de cette période. Ils sont souvent un peu disparates. Les bicoques de bois voisinent avec l’architecture 1930 des bâtiments officiels. Le plus beau site de la région est le fort Delgrès, du nom d’un militaire qui s’est opposé au rétablissement de l’esclavage sous l’empire napoléonien. Il a combattu dans ce fort et s’est donné la mort, avec ses hommes, un peu plus haut dans la montagne. Ce fort a également été le théâtre des affrontements entre Anglais et Français lors des incessantes guerres franco-anglaises. De nos jours, le site est charmant, les ruines sont belles, à demi enfouies sous de vastes prairies. On y jouit aussi d’une très belle vue sur la mer. Tout cela est très carte postale. A Basse-Terre, je recommande sans hésiter le troquet « Le Léwoz » qui sert un délicieux plat du jour de poisson. Peut-être le meilleur souvenir culinaire. Plus généralement, il est peut-être temps de dire ici un mot sur la gentillesse de la population. Nous n’avons absolument jamais ressenti le moindre signe de réserve ni d’agressivité. Spontanément, les gens vous saluent dans la rue. Dans les restaurants, le service est très cordial. On trouve même un petit « merci » au bas de sa note, pratique complètement désuète en métropole mais éminemment agréable et appréciable. Peut-être que la situation est moins réjouissante en Grande-Terre, près des barres d’hôtels ? A près cette visite de Basse-Terre, nous sommes allés jusqu’à Trois-Rivières où nous voulions visiter le parc des roches gravées. C’est un lieu archéologique où les premiers habitants de l’île (avant les Caraïbes, les Arawak) ont laissé de mystérieuses traces de leur passage en gravant des roches près du rivage. Hélas, basse saison touristique oblige ( ?), l’accès à ces merveilles était impossible. Un peu au-delà, nous avons découvert une très belle vue sur l’archipel des Saintes et, plus loin, sur la Dominique (la Martinique est encore un peu plus loin au sud). Au point où nous en étions, il était plus rapide de terminer le tour de Basse-Terre et de rentrer par la route de la traversée. Une journée un peu longue et fatigante. Heureusement, la piscine et son eau chaude est là pour nous rafraichir !

  • Hermaphrodite

    A la Guadeloupe, la culture de la vanille souffre d’un handicap certain : les insectes polinisateurs (mouches et abeilles) sont absents de l’île. Seule la main de l’homme (une main d’artiste) permet de féconder la fleur qui, 9 mois plus tard, donnera les gousses tant recherchées. Nous avons pu visiter une petite plantation familiale (Casa Vanille) à Pointe-Noire, vers Acomat, dans la montagne.  Ce fut une découverte très intéressante car notre guide – le fils de la famille – était intarissable sur la culture de la précieuse orchidée. La belle est délicate, elle veut de l’ombre et du soleil mais point trop des deux. La fleur ne se pâme que quelques heures, il faut donc être là au bon moment pour venir rapprocher intimement gamètes mâles et femelles. Après croissance, les gousses vertes sont cueillies et laissées au soleil de fin d’après-midi. Après avoir été scarifiées par les dents acérées d’une machoire d’orphie, elles sont négligemment emballées dans des journaux et laisser « au fond du garage ». Il est alors temps de les utiliser dans les recettes.

    Le soir, nous avons eu le droit à un magnifique orage qui illumina la mer des Caraïbes. C’était aussi le signal d’un certain changement des conditions climatiques car à partir du lendemain, les pluies furent plus présentes l’après-midi.

  • Dans la jungle

    L. me fait justement remarquer que les ouassous ne sont pas des écrevisses qui vivent dans la terre mais des écrevisses que l’on trouve à terre, c'est-à-dire qu’elles vivent dans les ruisseaux (appelées ravines) dévalant des pentes humides de l’île. Peut-être faut-il dire « vivaient » car il en reste très peu. La capture intensive a considérablement réduit la population sauvage. On voit d’ailleurs, ici ou là, des fermes aquacoles pour l’élevage. La seconde remarque, qui est un complément, est qu’en matière d’épices, l’odeur est aussi dans la moindre rue, le plus petit village. C’est ainsi un régal de se promener à l’heure du déjeuner ; on profite des plats qui mijotent et de leur alléchante flagrance.

    Maison de la forêt. Cascade aux écrevisses. Village de Petit Bourg et sentier du littoral.

    Nous revoilà reparti pour une nouvelle escapade qui, cette fois-ci, nous mène au-delà du col des Mamelles par la route de la traversée. Nous nous arrêtons à la maison de la forêt, gérée par l’O.N.F. pour nous lancer dans la découverte de la forêt humide. Un sentier permet, en une heure de parcourir un peu en profondeur ce complexe étage forestier. Ici, il y a cinq ou six couches successives d’arbustes et d’arbres. La lutte est pour la lumière. Les plus grands arbres culminent à quarante mètres du sol. Leur houppier forme la canopée qui capte toute l’énergie lumineuse pour nourrir le tronc et les racines. A ce propos, certains arbres sont si peu enracinés dans le sol (sol fort mauvais, caillouteux) qu’ils développent des sortes de contreforts pour améliorer leur ancrage au sol. C’est le cas de l’acomat boucan, géant plus fragile qu’il n’y parait. Une heure dans ce sauna est bien suffisant. Nous poursuivons ensuite vers la cascade aux écrevisses, si célèbre qu’on est un peu déçu par cette chute d’eau qui semble sortir du jardin d’Eden (mousses et lichens ruissellent d’eau (chaude)). Petit arrêt casse-croute à Petit-Bourg (sur la côte atlantique) avant d’entreprendre la promenade du sentier du littoral, censé nous faire découvrir la mangrove. Hélas, le chemin ne doit pas être souvent parcouru car il est quelques fois à peine visible dans les herbes hautes. De plus, les cadavres de bouteille, batteries de voiture et autre réfrigérateurs « décorent » un peu trop le parcours. C’est dommage car si on ne voit pas beaucoup de palétuviers, on découvre, en contrepartie, les jardins potagers des habitants. Et ils sont très intéressants car ici tout pousse à toute saison. La parcelle typique est constituée de quelques légumineux, d’une carré de cannes à sucre et de quelques pieds de bananiers. Il n’y a pas de prés mais de vastes jachères servant de pâture aux bœufs-piquets, c'est-à-dire à du bétail local attaché plus ou moins librement à un pieu pour éviter sa divagation et accompagné de son inséparable héron blanc. Tout cela forme un joli petit paysage, très typique. Au retour piscine bien méritée. Tout en attendant le coucher de soleil, je commence la lecture de La Tâche de Philippe Roth. J’en reparlerai, c’est un livre surprenant. Il me semble que E. m’avait dit un jour que ce livre me plairait…

  • Devant un C.R.S.

    Randonnée au Gros morne. Plage. Une averse imprévue. Cuisine créole.

    Le conservatoire du littoral essaye de maintenir, dans les îles comme en métropole, le bord de mer en parfait état. A Deshaies, une jolie promenade conduit, à partir du village, au sommet du Gros morne. Le morne, dans la langue locale, est un petit mont, une éminence bref quelque chose qui se dégage du reste. La toponymie évoque beaucoup, témoins ces mornes baptisés Piment, Moustique ou Léger. L’ascension du Gros morne n’est pas difficile en soi (pour le marcheur dauphinois) car le dénivelé n’est pas bien élevé (à peine 300m) mais la montée est brève donc la pente soutenue. Le chemin le plus facile est peut-être celui de la redescente, c'est-à-dire la trace qui part au bout de la plage de la Grande Anse pour revenir vers Deshaies. Tout l’intérêt est de parcourir ce rude sentier pour découvrir le troisième grand type de forêt tropicale : la variante sèche, encore appelé xérophile. Elle est constituée d’arbres et de végétaux adaptés au climat du bord de mer qui règne sur ces pentes ensoleillées. On trouve notamment le gommier rouge à l’écorce si caractéristique (un arbre qui aurait pris un bon coup de soleil). Sur l’autre versant, il y a de très belles échappées sur la plage au sable ocre. Nous avons croisé un mollusque qui semblait bien être un bernard-l’hermite dans une coquille hôte d’escargot. Mais il était bien loin de la mer. Comment avait-il pu arriver si haut ? Peu avant d’arriver au bord de mer, sur un petit terreplein au-dessus des rochers, il y a quelques vieux canons, vestiges de je ne sais quelle guerre franco-anglaise pour le contrôle des Antilles. A vrai dire, il y en a tout au long de la côte, c’est très dur de les louper. A la plage : plage, donc. Alors que nous nous restaurions dans une gargote (appelé ici un lolo) de bord de plage, une averse, aussi soudaine que violente déversa plusieurs litres d’eau au mètre-carré. Quelques minutes plus tard, le soleil était revenu. Nous venions d’assister à notre première ondée tropicale. Le matin est souvent sec, les cumulus gonflent démesurément à l’heure du C.R.S. (citron-rhum-sucre, autre appellation (locale) du ti’ punch) et vident leurs abondantes larmes en quelques minutes. La côte-sous-le-vent est un peu protégée par rapport au côté exposé aux humides alizés d’est. Au sommet de la Soufrière, ce sont dix mètres d’eau par an qui s’abattent au sol. Je profite ici d’une journée creuse pour dire quelques mots de la cuisine créole. Elle est délicieuse car variée et très typée pays, c'est-à-dire qu’on mange ici ce qu’on ne trouve pas aisément en métropole. Les fruits (bananes : merveilleuses et sucrées ti’ figues ; maracuja, aka fruits de la passion ; corossol ; prune de Cythère ; goyave ; mangue) sont vraiment excellents, abondants et très peu chers. Certains, comme la banane « poyo », sont utilisés en accompagnement des légumes-pays, igname et patate douce. Le fruit de mer est particulièrement à l’honneur comme le poisson. Les premiers se cuisinent farcis (crabes surtout), les seconds (marlin, espadon) se consomment grillés ou au blaff. A noter aussi la présence du lambi, gros mollusque dont la chair dure est frappée à coup de bâton avant d’être apprêtée. L’écrevisse de terre (appelée ouassou) est une autre spécialité. Le colombo (de poisson, de poulet, de cabri (comprendre viande de chèvre)) est sur toutes les tables. Il a sans doute été apporté au XIXe siècle par les immigrants indiens venant des comptoirs français d’Extrême-Orient. Le boudin créole n’a rien à voir avec le peu fin saucisson noir que l’on sert en apéritif sous nos latitudes. Il n’est que douceur, finesse de chair et douceur d’arôme. Tous les plats sont épicés dans le sens où ils sont assaisonnés avec soin, notamment par le bois d’inde qui redonne vie à un plat de riz. Les herbes fraiches sont aussi bien présentes, notamment la cive (ah le filet de marlin à la crème de cive du restaurant l’Amer à Deshaies !). Bref, tout n’est qu’un régal !

  • Sous le son des tambours

    Ascension de la Mamelle Pigeon. Bouillante. Vieux Habitants. Domaine de la Grivelière.

    Une carte de la Guadeloupe pour y voir plus clair. La journée débute par la montée, via la départementale 23 plus communément appelée « route de la traversée », vers le col des Mamelles. Ces deux petits monts (Pigeon et Petit Bourg) sont deux sommets assez nettement marqués de la ligne de crête qui traverse Basse-Terre en formant ainsi une frontière naturelle entre la côte-au-vent (côté atlantique) et la côte-sous-le-vent (côté mer des Caraïbes). Leur découverte est facilitée par le chemin tracé par l’ONF et qui permet une première confrontation à la forêt tropicale (variantes mésophile et hygrophile). Cette trace – c’est le nom local du chemin de randonnée – est assez facile; la montée n’est jamais très raide. Néanmoins, la chaleur est toujours un handicap. On s’étonne de croiser tant de plantes et de verdures en si peu de chemin. Il semble y avoir autant d’espèces d’arbres et d’arbustes que de troncs aperçus. Certains rochers sont couverts de mousses, les fougères semblent démesurément grandes par rapport à nos exemplaires métropolitains. Au sommet, la vue n’est pas extraordinaire mais belle, néanmoins, car elle dégage une belle échappée vers les culs-de-sac marins et Grande-Terre. La descente est quelque fois un peu glissante car les pierres volcaniques sont toujours humides. Nous revenons sur nos pas en redescendant la route de la traversée vers Pointe-Noire. Ensuite cap au sud, par la route côtière, vers Vieux Habitants via Bouillante. Une usine géothermique, utilisant la chaleur des abords du massif volcanique de la Soufrière, est ici une curiosité locale et produit quelques kilowatts d’électricité. A Vieux-Habitants, l’église est la plus ancienne de l’île. Son portail a été sculpté par des artisans originaires du Limousin. Déjeuner simple au restaurant de la plage de sable noir de Rocroy (Acras de Morue/Colombo de Poulet/Bananes flambées). L’après-midi, l’aventure (re)commence. Nous rejoignons par une route minuscule, au relief tourmenté – c’est peu dire !- en traversant des passages à gué à travers la forêt dense, l’Habitation de la Grivelière. Cette visite guidée était particulièrement intéressante, tant pour le patrimoine visité que pour les efforts entrepris pour sauver l’ensemble de ce domaine. Il est maintenant géré par une association qui assure la gestion du lieu et tient une table d’hôtes. Cette Habitation est une ancienne plantation de café qui a subit les outrages conjugués du temps et de l’abandon. Sous un tel climat, ce qui n’est pas entretenu dépérit à grande vitesse. Le mérite de sauver ce qui peut encore l’être n’en est que plus grand. Les bâtiments sont assez bien conservés, surtout la maison du maître, mais c’est une reconstruction contemporaine à l’identique. Elle est merveilleusement meublée, en mobilier créole, aux riches essences de bois exotiques. Un sentier mouillé parcourt une petite partie du domaine mais on peut découvrir, en le suivant, une grande quantité de plantes locales notamment le cannelier dont l’écorce séchée donne la cannelle, des cacaotiers aux gros fruits accrochés directement sur le tronc et dont seront extraites les précieuses fèves (dont je raffole tant), les ananas-pays en plantes épiphytes, quelques plants de cafés réintroduits et la piquante « mouche café » qui les accompagne , les bananiers (comestibles ou non) et, côté fleurs, des massifs entiers d’alpinias encore appelés « lavandes rouges » qui fleurissent toute l’année aux Antilles. Durant notre visite se donnait à la table d’hôte une fête traditionnelle appelée léwoz où résonne la musique Gwo ka, chant des esclaves qui nous rappelle combien ce pays des Antilles reste un morceau d’Afrique. A notre retour, nous faisons une pose à l’Anse-à-la-Barque où débarquèrent une partie des malheureux ancêtres de ceux qui habitent maintenant cette belle île.

  • Une belle plage

    Journée d’acclimatation, pour resynchroniser son horloge biologique et (tenter) d’adapter l’organisme humain à la chaleur (et à l’humidité). Ce n’est d’ailleurs pas si insupportable, sauf que la température ne descend jamais sous les 25°C (à peu près) et que l’air est rarement sec (comprendre jamais). Petite promenade à Deshaies et contact avec la succulente nourriture créole, au restaurant « au coin des pêcheurs » (Poisson au blaff(*)  pour L./ Fricassée de chartrou (**) pour moi + 2 bananes flambées (du rhum, malgré la chaleur ? oui, mais c’est de l’ambré)). Un peu avant, nous sommes allés marcher (et nous baigner) sur la plage de Grande Anse « l’une des plus belles des caraïbes » dit le guide (Géo), ce qui est sans doute vrai. Le sable est plutôt grossier mais d’une très belle couleur ocre. La fine langue sablonneuse est bordée d’amandiers sous lesquels se trouvent de nombreux carbets. Ce mot désigne de petite hutte en bois qui servent aux pique-niques, très prisés par les familles autochtones, une fois le week-end venu. Il vient directement de la langue employé par les indiens Caraïbes, avant leur extermination progressive au XVIe et XVIIe siècles par les colons européens. Le soir, nous pouvons assister, dans de bonnes conditions (sur le balcon de notre logis), à notre premier coucher de soleil sous les tropiques. L’astre de lumière se couche à cinq heures et demie du soir. Les jeux de lumières sont merveilleux, puisqu’il y a toujours des nuages à l’horizon pour ombrer un peu la scène. Il me semble que le plus bel instant est vingt à trente minutes après le grand plongeon solaire. L’horizon se pâme alors d’un rouge très clair alors que le reste est déjà noir, très sombre. C’est hélas aussi à ce moment là que les moustiques sortent de leur cachette. Ils sont particulièrement voraces (on s’en aperçoit à la fin du séjour en comptant les impacts) mais pas forcément très dangereux (pas de chikungunia ici, tout juste un petit foyer de dengue au fin fond des bouges stagnantes).

    (*) Blaff : cuisson au court-bouillon aromatisé aux herbes (cive, ail, persil-pays) et épices (bois d’inde),

    (**) Chartrou : pieuvre (poulpe).

  • Premier jour: au-dessus de l'atlantique

    Départ matinal de Lyon pour Orly. Dès l’accueil pour le contrôle des bagages à l’aéroport parisien, nous avons l’impression d’être déjà arrivés aux Antilles. Un peu comme dans les hôpitaux et musées parisiens, le personnel des entreprises chargées du contrôle est très majoritairement originaire de l’arc caraïbe. Le Hall 2, réservé aux vols pour les D.O.M. a gardé un petit air des années soixante-dix, notamment par sa décoration qui me rappelle les hypermarchés de ma jeunesse (faux-plafonds en alvéoles de plastique). L’avion est donc bien un 777-300ER (immatriculation F-GSQO, c’est lui).Décollage sans encombre malgré les 350 tonnes à soulever du sol. La montée est très lente – c’est ce que me dit le suivi des paramètres principaux du vol qui s’affiche sur l’écran timbre-poste enfiché dans le dossier du siège devant moi. On finit tout de même par mettre le cap sur Nantes et monter tranquillement jusqu’à 35000/37000 pieds où l’on se trouve face au puissant vent d’altitude (le fameux jetstream qui, un jour de décembre 1999, eût la fâcheuse idée de descendre jusqu’à nos vertes prairies) qui souffle d’ouest en est et freine ainsi la progression de l’avion. La vitesse sol reste bloquée autour de 840 km/h. La durée totale du vol est de huit heures et demie, en quasi ligne droite jusqu’à la destination en passant un peu au nord des Açores et en effectuant une petite inclinaison de trajectoire au niveau de la dorsale atlantique. Les « nouveaux espaces du voyage » d’Air France ne sont guère révolutionnaires en ce qui concerne le confort à bord. Toujours aussi peu de place (rentabilité oblige) ; on est presque plus à son aise dans le petit Fokker 100 qui assure la rotation de Lyon vers Orly (sans parler des sièges en cuir ou, plutôt, en simili cuir, face au tissu râpeux qui recouvre ceux du Boeing aménagé pour A.F.). L’inclinaison du siège est dérisoire, le repose-pieds une faible aide pour les jambes variceuses. Le service à la clientèle est par contre excellent, le personnel efficace et souriant. On sert aux voyageurs un repas correct et suffisant. La grande révolution annoncée et abondamment vanté par les documents d’A.F. est l’écran multimédia individuel. C’est une catastrophe pour regarder les films proposés (d’ailleurs assez médiocres, genre blockbusters américains) : il manque terriblement de contraste et de résolution (c’est un écran tactile) et un surprenant quadrillage gris apparaît en surimpression. Le son, lui aussi, est à la peine. Il y a fort à faire pour couvrir le ronronnement de l’avion, bruit sourd qui semble plus provenir de la puissante soufflante de la climatisation (plus de 350 personnes à rafraichir) que des réacteurs. L’affichage des paramètres de vol est assez intéressant. On peut suivre le déplacement de l’avion sur une carte où les villes sont plus ou moins bien localisées : au retour, Paris sera à peu près Amiens… Une petite caméra est logée sous l’avion et une autre dans le train d’atterrissage avant. L’approche vers la piste d’arrivée est ainsi très spectaculaire. Il est facile de se prendre pour le pilote. Soyons honnête, le confort est tout de même un peu meilleur que ce que j’avais connu, en 1997, lors d’un vol Amsterdam-Minneapolis à bord d’un antique DC-10 de la KLM. L’arrivée à la Guadeloupe est assez spectaculaire. On passe tout d’abord au large de la Désirade puis on longe une grande partie de la côte de Grande-Terre (avec vue sur les champs de cannes à sucre), avant d’effectuer un large virage à gauche au-dessus de la mangrove du Grand-cul-de-sac marin et terminer en planant jusqu’à la piste de l’aéroport du Raizé pour un atterrissage tranquille face à l’est (alizés). Malgré le contrôle par la police de l’air et des frontières à Orly, la même procédure nous attend à l’arrivée (ne sommes nous pourtant pas toujours pas dans l’espace Schengen ?). Ensuite, un traditionnel « planteur » nous est offert. Il doit-être aux Antilles ce que le collier de fleurs est à Tahiti. A la sortie de l’aérogare, la chaleur étouffante des tropiques nous souhaite également la bienvenue, à sa façon (suée instantanée). Une fois la voiture de location récupérée (une petite et frêle citadine coréenne), nous voilà partis pour quarante kilomètres de « nationale 2 » (et pourquoi pas « départementale » ?) vers la ville de Deshaies sur la côte-sous-le-vent, face à la mer des caraïbes. Premier coucher de soleil majestueux, surprise de la végétation luxuriante et du chant nocturne (« huit-huit ») des grenouilles-pays.

  • Blog en vacances

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    Boeing 777-300ER (Extended Range) d'Air France qui, à cet instant précis, doit nous porter vers les Caraïbes.

     

    Il est motorisé par 2 reacteurs GE90-115B, de presque 8,3 tonnes pour 3,43 mètres de diamètre, qui est le plus gros jamais construit. C'est également le réacteur le plus puissant au monde. Il détient le record du monde de poussée avec 569 kN. Son fabricant, General Electric, prétend même qu'il pourrait aspirer tout l'air contenu dans le Madison Square Garden (presque 20000 places assises) en une minute (d'après Wikipedia).

     

    Bon courage à tous et à très bientôt.

     

  • La dame aux...

    Entendu, ce soir, de la bouche d'un sympathisant de l'UDF :"La dame aux caméras" (à propos de de Ségolène Royal). Si j'étais adhérent du parti socialiste, je voterais sans hésiter DSK, le seul des trois qui me semble dans la voie de la raison et de la justesse. Malheureusement, il ne sera pas le candidat choisi. Dommage et tant pis pour eux (et sans doute aussi pour nous).

  • L'amour

    J’ai pu découvrir, hier soir, Lady Chatterley, le dernier film de Pascal Ferran. Il est remarquable. Les dialogues sont inspirées de la deuxième version de D.H. Lawrence, intitulé Lady Chatterley et l’homme des bois, version intermédiaire qui donnera sa dernière version (l’amant de Lady Chatterley) à l’écrivain britannique. Les acteurs sont excellents, tant Marina Hands qui campe une Constance Chatterley magnifique de justesse, entre candeur d’âme et générosité dans l’amour, que Jean-Louis Coulloc’h en Parkin taciturne et taiseux (mais sensible et blessé, au fond de lui-même). On connaît tous cette histoire d’amour interdite par les conventions : une femme bourgeoise ne peut tomber amoureuse d’un domestique. Il s’agit donc d’un amour ancillaire, tabou des tabous au début du siècle dernier (les temps ont bien changé), surtout lorsque c’est la femme qui est d’une position sociale plus élevée que le sujet de son amour. L’intégration de ces amours interdits dans le cadre de la nature est particulièrement réussie. Cela donne un écrin à l’idylle, en rapprochant cette relation humaine du mythe du péché originel (magnifique scène où les amants batifolent nus, sous la pluie (qui lave tout, jusqu'aux différences de classe), dans un océan de verdure). La plus grande réussite du film réside dans cette capacité à capter la nature et spécialement la forêt, admirablement filmée à toutes les saisons de l’amour. Les symboles (la main ouverte lors de la première rencontre, les doigts sur le bouquet comme sur la nuque, la barrière entre vie de château et vie en forêt (avec l’amant)) sont admirablement saisis, avec justesse et pudeur. Les scènes d’amour tiennent une grande place dans le film. Elles en suivent la progression et marque l’avancée de la relation amoureuse. En ces moments-là, le visage de Marina Hands, ainsi filmé, atteint une intensité d’émotion rarement vu au cinéma. Je vous encourage à découvrir ce chef-d’œuvre. J’espère que vous pourrez le voir dans de meilleures conditions que celles qui furent les miennes hier soir : salle minuscule du cinéma le Club, manquant de recul, au sièges passablement défoncés, et si proche des toilettes de l’établissement qu’on ne cesse d’être dérangé auditivement par les allers-et-venues.

     

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  • Libres ! Libres ?

    Je suis bien chagriné de parler, ce soir, d’une exposition de photographie à l’ancien musée de peinture qui se termine demain soir. Il s’agit de « Libres ! Libres ?» organisée par  la Maison de la Photographie de Grenoble. Elle est découpée en deux parties : une première, la plus intéressante, montre des photographies de la seconde guerre mondiale par la célèbre war correspondant Lee Miller. Les photos présentées sont très connues, notamment l’image montrant la photographe dans la baignoire d’Hitler. Lee Miller était une très belle femme et ses photos eurent le talent de montrer au monde la terrible réalité de la découverte des camps de concentration à la fin de la seconde guerre mondiale. La seconde partie présente le travail de créateurs locaux, autour du thème de la liberté (si j’ai bien compris). Malheureusement, chacun à droit à bien peu d’espace et à trop fragmenter on finit par perdre le sens.

     

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  • The beat

    Le nonet de Joe Lovano donnait hier soir à la MC2 un concert enthousiasmant. Le groupe a joué quelques unes des compositions du leader extraites du dernier album ou des précédents (sans oublier un superbe standard du pianiste Tad Dameron). Les presque deux heures de spectacles sont passées comme un souffle. En compagnie du saxophone ténor, on ne s’ennuie pas : les thèmes passent les uns à la suite des autres, on se croirait dans une suite pour cuivres. L’écriture musicale est très riche ; elle ne cède absolument pas à la facilité ni à la performance pure du soliste. Le petit groupe formé par les 9 musiciens est très homogène. La section rythmique était vraiment excellente (quelle maitrise !), d’une très grande richesse (le piano, notamment). Les solos sont plutôt courts et bien amenés (magnifique saxophone baryton de Garry Smulyan) mais c’est le chef qui invite au centre de l’arène. Un court aperçu du talent de Joe Lovano.

  • Torride

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    Trois doigts sur une nuque bronzée.

  • Omerta ?

    Dans une récente émission de France culture (Du grain à moudre), une invitée (Jeanne-Hélène Kaltenbach) rapportait de très graves incidents qui se seraient déroulés à l’hôpital de Grenoble (lequel ?) peu avant la date de l’émission (le 31 octobre). Pour en savoir plus, il faut écouter l’émission à partir de 26’33’’, c’est ici. Si ces faits sont avérés (et je ne vois pas de raison objectif d’en douter), leur occultation par les médias locaux et nationaux me parait assez surprenante…

  • 1597

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    Saint-Martin-en-Vercors, Drôme. Le tilleul de Sully

  • Vercors sous la chaleur d'automne (2)

    Départ matinal, samedi, vers le sud Vercors, par l’autoroute de Valence, que l’on quitte à Romans en fonçant droit vers les Monts du Matin et ce qui reste (et ce n’est pas rien) du château Pélafol, au-dessus du village (à revoir) de Barbières. Montée vers le col de Tourniol par une belle route en lacets, parmi un sous-bois en feu (quelques châtaigniers et bien plus de chênes verts). Arrêt au col, devant le monument à la mémoire de la catastrophe aérienne de 1989. Après nous y être arrêtés à l’été 2005, nous sommes repassés à Léoncel. La descente vers ce petit vallon calme est magnifique. Ensuite, c’est la remontée vers le col de la Bataille (laquelle ?) à travers la majestueuse forêt de conifères. Nous avons marqué l’arrêt, une nouvelle fois, devant ce formidable belvédère qui est peut-être parmi les plus beaux des Alpes. On est sur une mince bande de terre (enfin, de rochers) entre la vallée d’Omblèze qui, littéralement, tombe à nos pieds vers le sud, vers un tout autre pays, celui de la lavande et du soleil ininterrompu. Au nord, c’est encore la montagne et la non moins belle vallée de Bouvante. Nous nous garons un peu plus loin, à la maison forestière de la Gardiole (monument du maquis d’Ambel). S’offrirent à nous ensuite les 1200 hectares du domaine d’Ambel, propriété du conseil général de la Drôme. Ce plateau marque la limite sud du Vercors, comme le col du Rousset un peu plus à l’est. Nous en avons fait le tour dans la journée, en passant par la Tête de la Dame (1506m) et retour par les crêtes non sans avoir débusqué deux chamois broutant au bord des pâturages déserts. Au retour, on longe une zone réservée aux cerfs pour leur brame, parmi une immense forêt de Hêtres. L’hôtel de la forêt à Lente étant complet, nous nous sommes portés, avec grand bonheur, vers l’hôtel du col de la Machine. L’accueil est charmant, efficace et discret. On y dîne également très correctement et ceci depuis 1848 (la même famille tient le lieu depuis 6 générations). L’hôtel est construit au débouché de la vertigineuse route de Combe Laval, ouverte en 1894. Ce dimanche, promenade au-dessus de Saint-Martin-en-Vercors, dans les bois de l’Allier, vers le pas du même nom qui domine le ruisseau de la Vernaison qui coule entre petits et grand goulets. Ce fut une très facile randonnée, parmi les petits buis et la forêt (jeune) de hêtres. Au retour, arrêt à Saint-Martin pour le tilleul de « Sully », planté en 1597 et en assez belle forme. Lui fait face un vieil hôtel à demi-abandonné, signe de jours anciens où les gîtes chez l’habitant n’étaient pas encore à la mode.