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  • Propos de campagne

    « les Français y z’ont besoin… » François Bayrou, agrégé de lettres (en 1974) et candidat à l’élection présidentielle.

    « Revenons à ce point de départ, à ce PS français au QI de pétoncle », Eric Le Boucher in « Campagne médiocre : la faute à Blair », le Monde dimanche 25-lundi 26 mars 2007.

  • Derniers jours

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    Derniers jours de l’exposition Stendhal à Grenoble, sous titrée « la révolte et les rêves ». La visite n’est pas inintéressante mais assez parcellaire. C’est un résumé de la vie du célèbre grenoblois (qui n’aimait pas sa ville natale). Malgré la richesse des fonds de la bibliothèque municipale, il y a très peu d’originaux exposés et beaucoup trop de copies. Il y a tout de même quelques documents intéressants, notamment les lettres manuscrites (difficiles à lire) et des souvenirs personnels (la liste des femmes aimées, avec leurs initiales). De Stendhal, on peut aimer sans réserve le promeneur dans Rome ou les carnets du touriste en France. Une petite visite de l’exposition ici.

  • B2B II

    Encore beaucoup de monde, hier soir, pour le concert d’Alexandre Tharaud (Concerto italien en fa majeur et diverses transcriptions d’après Vivaldi et Marcello). Très agréable moment, rempli de poésie et de maîtrise. Hélas, nous étions justes devant un bonhomme odieux, qui respirait par les naseaux en produisant un affreux sifflement. Bien entendu, sa surdité bien établie ne lui permettait pas de s’entendre ce qui, dans certains moments de pures beautés (et ils furent nombreux), ruinait notre attention. Mention spéciale au tourneur du page qui ondulait au rythme du pianiste et semblait totalement « habité » par les notes. En écoutant Tharaud, je me disais que la musique, et plus nettement encore, la musique en concert est, avec la lecture des livres, l’un des rares moments de la plus profonde solitude, je veux dire de solitude avec son être sensible, pas de solitude avec ses semblables puisque, notamment, il me semble que c’est, peut-être, l’unique moment où je peux le mieux communier avec « les autres ». Pour en revenir à la musique, A.T. a débuté et terminé son récital par la belle sicilienne du concerto en ré mineur. En bis, nous avons eu droits à deux œuvres de François Couperin, dont le très poétique les Roseaux. Le pianiste mettait, ainsi, en perspective la dette d’un musicien pour l’autre. Vendredi soir, Pierre Hantaï était revenu avec deux sonates de Scarlatti (à confirmer).

  • Des hôtes et des hôtes

    « Comme chaque année, le questionnaire ne peut-être passé qu’à une population blanche et d’origine chrétienne et française, donc non représentative du pays ».

    Alain Morice et Véronique De Rudder, chercheurs à l’unité de recherche migration et société (Urmis), CNRS in « « Les Français et le racisme », le sondage de trop » page Débats, le Monde, vendredi 23 mars 2007.

    Contexte. Dans le cadre de la Journée internationale contre le racisme, la Commission nationale consultative des droits de l'homme a remis le 21 mars dernier son rapport annuel au gouvernement. Parmi les chiffres avancés dans le rapport, l’Express notait : « Dans un sondage réalisé pour ce rapport, une majorité des Français (54%) estime que "ce sont avant tout les personnes d'origine étrangère qui ne se donnent pas les moyens de s'intégrer", contre 37% qui jugent que c'est "la société française qui ne donne pas les moyens aux personnes d'origine étrangère de s'intégrer". En outre, 58% (-5) des personnes interrogées estiment que "certains comportements peuvent parfois justifier des réactions racistes", contre 39 % pour qui "rien ne peut les justifier ».

    Commentaires : i) j’ignorais qu’on pouvait « passer un questionnaire à une population ». Je pensais qu’on « posait des questions » ou qu’on passait un suspect à la question, ce qui n’a pas lieu d’être ici, bien entendu. ii) sur le fond, et n’en déplaisent à ces respectables chercheurs, la population de ce Pays est majoritairement blanche, chrétienne et française. Je ne crois pas que la population étrangère, non « blanche » ou d’autre religion ait été sciemment écartée du sondage.

    Pour le fond, et comme toujours, en refusant de voir la réalité historique, en combattant méthodiquement et avec beaucoup de constance ce qui définit (entre autres) notre Pays, on monte les citoyens les uns contres les autres, au lieu de réaffirmer des faits et des vérités.

  • Anniversaire du Traité de Rome.

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    Une vieille et belle idée, toujours vaillante, malgré les coups de canif.

    (Un autre étendard par l’artiste berlinoise d’origine yougoslave, Tanja Ostojic) 

     

  • B2B I

    Premier concert, hier soir, des soirées « Bach to bach » du Cargo/MC2. Malgré ma volonté d’y assister, je n’ai pas réussi à obtenir de places pour la messe en si que dirigera, demain soir, Minkowski. Si j’ai bien compris, les chœurs seront à petits effectifs. Une femme, dans mon dos, hier soir et qui avait assisté aux répétitions, l’après-midi même, disait que la première partie était « très plate, mal dirigée » et que la seconde extraordinaire (je ne me souviens plus précisément de l’adjectif qu’elle a employé). J’espère que mon collègue Georges, fidèle mais discret lecteur de ce blog, pourra, dans un petit commentaire à cette note, retranscrire quelques unes de ses impressions. Bref, hier soir, Pierre Hantaï jouait un programme varié d’œuvres de Bach : toccata en mi mineur, 6 Préludes et fugues du Clavier bien tempéré et deux Suites anglaises (2ième et 6ième). La première partie du concert ne pas vraiment enthousiasmé, il manquait quelque chose, il y avait un je-ne-sais-quoi de précipitation, d’effervescence qui brusquait la musique. Le clavecin n’était pas vraiment à la fête dans l’immense auditorium, la sensation était étrange. La seconde partie était, en revanche, excellente; surtout la 6ième Suite dont se dégageait une très grande poésie. Le public, si j’en crois les commentaires qu’on entend toujours autour de soi dans ces moments-là, à beaucoup aimer les trois bougies près du clavecin.

  • Bourgogne II & un concert.

    [Bourgogne II, mardi 13 mars]. Pour nous éviter de reprendre l’autoroute là où nous l’avions quittée, nous avons obliqué vers le sud après la visite de l’abbaye de Fontenay. Ce fut la belle occasion d’aller voir ce qu’il en était de Semur-en-Auxois. Et ce qu’il en reste, ce n’est pas rien. La ville ancienne, est perchée sur une sorte de terre-plein pour un côté. Un vaste château médiéval s’y dessine encore, sous la forme d’une enceinte plus ou moins visible et de trois ou quatre tours à l’aspect trapu, assez usées par le temps dont une, au moins, présente une énorme cicatrise, on dirait qu’elle va s’ouvrir incessamment et vomir bientôt ses entrailles. Apparemment, elle est solide, car R.C. notait dans son Journal d’un voyage en France (vendredi 18 avril 1980) : « l’une d’entre elles [grosses tours rondes] est fissurée sur toute sa hauteur de la plus inquiétante façon ». Nous n’avions malheureusement pas trop le temps de parcourir tout le périmètre urbain, et c’est bien dommage. En plus, nous sommes restés un peu trop longtemps à table, en attendant notre spécialité à l’époisses. Il fut néanmoins possible de tourner autour de l’église Notre-Dame et de découvrir le beau tympan de la porte nord du transept, dite porte des bleds dont le porche à été détruit au XVIIe siècle. « Le tympan est soutenu par de curieux chapiteaux à forme humaine ; il présente d’abord un calendrier puis des scènes de la vie de l’apôtre saint Thomas, patron des architecte et que la Légende Dorée faisait l’évangélisateur de l’Inde. (Le registre supérieur se lit de de gauche à droite et le second en sens inverse » (Guide bleu, « Bourgogne », mai 1994). Cette sculpture est très belle, dommage qu’elle soit sous cette couche de crasse. Le reste de l’église, au moins les parties hautes, a l’air d’avoir été nettoyé récemment. Peut-être que ce flanc nord, un peu caché le long d’une ruelle sombre subira bientôt le même sort heureux.

    La journée n’était pas finie car j’ai assisté, le soir même, à un attrayant concert de l’Ensemble intercomporain dirigé par Pierre Boulez à l’auditorium du Cargo de Grenoble. Programme très intéressant : Intégrales de Varèse, Dérive 1 et Sur incises de Boulez et Concerto de chambre de Ligeti. La première œuvre fut absolument magistrale d’ampleur et de vivacité. J’avais l’impression d’être pris dans un tourbillon de cuivres et de percussions : une longue pulsation sans fin qui s’éteint et se rallume sans cesse. J’étais situé légèrement à la droite du chef, de sorte que j’ai pu suivre avec beaucoup d’intérêt les petits mouvements de la main droite (qui tient la baguette). La gauche se lance dans de réguliers va-et-vient, paume vers le bas, pour marquer le ralentissement ou alors se lancer dans de vastes mouvements de cisaillement dans le plan.

  • Un poète

    « Nous sommes des navires lourds de nous-mêmes

    Débordants de choses fermées »

    Dans le cadre du Printemps du livre de Grenoble, une rencontre avec Yves Bonnefoy était organisée, samedi dernier, salle Juliet Berto. Son traducteur italien, Fabio Scotto, était également présent. Cette heure et demi s'est écoulée bien vite. Ma voisine de blog, if, qui était aussi présente à cette rencontre, m’a offert l’année dernière l’Arrière Pays ; un livre remarquable qui m’a enfin permis de découvrir la richesse des analyses esthétiques et artistiques d’Yves Bonnefoy. Son dernier recueil de poésie (les planches courbes) est cette année, une nouvelle fois, au programme des classes littéraires du baccalauréat. Il y avait ainsi dans l’assistance toute une foule de lycéennes (et quelques lycéens) pour qui cette rencontre devait-être bénie des dieux. Le poète a notamment expliqué sa conception de la poésie, il est revenu sur son idée de l’écriture poétique (contre le langage en tant que concept vs l’importance des mots qui s’assemblent les uns derrières les autres, par affinités, sous le seul contrôle de l’expérience sensible (je résume, j’espère ne pas avoir compris mal à travers ses propos) mais aussi sur l’importance de la lecture à voix haute (les mots, l’assemblage des mots, qui passent du poète au lecteur). Il est revenu sur la fameuse phrase de Mallarmé à Degas : « ce n’est pas avec des idées qu’on écrit des poèmes mais avec des mots. ».Yves Bonnefoy a ensuite lu deux de ces textes : les planches courbes du recueil éponyme et la maison natale (on peut en entendre un court extrait ici). La voix, très rythmée, mais lentement, marque chacun des mots comme s’il s’agissait d’en faire jaillir les sensations qui y sont associées. Yves Bonnefoy commente plus longuement son recueil ici. Un très intéressant échange s’est poursuivi avec Fabien Scotto, autour de la traduction et des questions classiques, mais déterminantes, que sont les mots absents ou différents d’une langue à l’autre et de la « réécriture » à laquelle il faut quelque fois se livrer. La rencontre s’est terminée par une double lecture (en italien puis en français) d’une traduction d’Yves Bonnefoy du poème A Silvia de Leopardi. Instants merveilleux.

  • Ce n'est pas la joie

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  • ce souvenir...

    « Arrivera t-il jusqu’à la surface de ma claire conscience, ce souvenir, l’instant ancien que l’attraction d’un instant identique est venue de si loin solliciter, émouvoir, soulever tout au fond de moi ? Je ne sais pas. Maintenant je ne sens plus rien, il est arrêté, redescendu peut-être ; qui sait s’il remontera jamais de sa nuit ? Dix fois il me faut recommencer, me pencher vers lui. Et chaque fois la lâcheté qui nous détourne de toute tâche difficile, de toute œuvre importante, m’a conseillé de laisser cela, de boire mon thé en pensant simplement à mes ennuis d’aujourd’hui, à mes désirs de demain qui se laissent remâcher sans peine. » Du côté de chez Swann, Combray, I, p. 46.

  • M.P. 3

    « Mais, quand d’un passé ancien rien ne subsiste, après la mort des êtres, après la destruction des choses, seules, plus frêles mais plus vivaces, plus immatérielles, plus persistantes, plus fidèles, l’odeur et la saveur restent encore longtemps, comme les âmes, à se rappeler, à attendre, à espérer, sur la ruine de tout le reste, à porter sans fléchir, sur leur gouttelette presque impalpable, l’édifice immense du souvenir. »  Du côté de chez Swann, Combray, I, p. 46.

  • Bourgogne I

    [Suite n°3, retour vers Grenoble]. Beau temps, toujours, ce mardi 13 mars. J’ai profité de notre passage à proximité pour montrer à L. l’abbaye de Fontenay que j’ai visitée, il y a une quinzaine d’année de cela, peut-être lors de mon premier passage à Beaune pour le festival. Nous avons quitté l’autoroute à Nitry (pays de plaines agricoles) pour nous rendre à Noyer-sur-Serein [le guide bleu, édition de janvier 1994, écrit qu’on prononce « noyère »]. Ce village, par cette belle lumière de début de printemps, est très beau, très veille France rurale (« dans l’harmonie d’un décor un peu nostalgique », ibid.). Il est à peu près endormi ; ce qui ne doit pas être tout le temps le cas car il figure, si j’ai bien compris, parmi une sorte d’association des « plus beaux villages de France » qui doit lui attirer beaucoup de visiteurs, aux plus beaux jours. Le bourg, entouré de remparts d’époque médiévale, possède toujours de belles maisons moyenâgeuses, renaissances ou classiques, notamment ces belles bâtisses « Kamata » ou encore « Toison d’Or ». Le petit hôtel de ville est plus tardif mais très intéressant (très hautes fenêtres à l’étage). A Noyers, j’aime beaucoup le pavage des rues au motif irrégulier. L’église, bizarrement, est un peu excentrée du centre. S’y trouve, enchâssée dans le mur extérieur, sur le flanc nord, une très curieuse pierre figurant un homme mort (gisant) surmonté d’une plaque gravée en écriture gothique, à peu près complètement effacée de nos jours. Je me souvenais qu’il était question de ce village dans le Journal d’un voyage en France de Renaud Camus. Le 17 avril 1980, l’auteur note : « Noyer, en revanche, rencontre ma totale approbation. Exceptionnellement, on n’y voit rien de laid, sauf, à distance, ce qui est peut-être un collège d’enseignement technique. Dans le bourg lui-même tous les gouts de l’architecture civile trouvent à se satisfaire :maisons renaissances à colombages et encorbellements, maison Renaissance en pierre, dont une très précieuse « Maison Kamato » (« par le travail »), toutes choses auxquelles je ne suis pas particulièrement sensible, mais aussi de très belles maison XVIIIe, en pierre blanche. Mes favorites sont le petit hôtel de ville, dont le parti semble d’autant plus original qu’un élément de la façade fait aujourd’hui défaut, et une élégante maison bourgeoise, sur la place où donne ma fenêtre : elle porte la date 1776. »

    La route vers Montbard passe par le village de Buffon. Cette année marque le tricentenaire de la naissance de l’homme des Lumières, l’écrivain de l’Histoire Naturelle. L’abbaye de Fontenay, fondée par Saint Bernard en 1118 est une perle précieuse. Fille de Cîteaux, elle est nichée au fond d’un vallon solitaire. L’église est d’une beauté rayonnante. La rigueur de la règle bénédictine (absence d’ornements tels que les chapiteaux historiés) qui a prévalu à son érection, ne nuit en rien à la religiosité du lieu et à la sérénité qui s’en dégage. Le cloître est superbe car il est massif, bien que les colonnettes soit d’un art raffiné et très simple dans l’exécution. La visite permet également de découvrir l’impressionnant bâtiment de la forge. Du jardin, on a un autre regard sur les bâtiments conventuels, notamment, sur la salle capitulaire surmontée de l'ancien dortoir des moines. Je devrais réserver le beau platane, planté en 1780, à ma « catégorie » vieille souche mais je ne résiste pas à l'envie de le montrer dans cette note.

  • Belles allées

    [suite (n°2) du voyage à Paris]. Très agréable promenade digestive, samedi dernier, sous les futaies bien ordonnées de la forêt d’Orléans, que L. aime moins que Fontainebleau que nous lui avons fait découvrir (massif des Trois-Pignons) le lendemain. Pour ma part, je reste profondément attaché à ces longues allées, à ces bois vraiment silencieux, à ces ruisseaux qui courent sur des sols argileux, à ces grands géants solitaires que sont les chênes remarquables, dument estampillés comme tels par l’ONF. En Isère, il est difficile de retrouver cette ambiance, les forêts de montagnes sont, par définition, trop accidentées, pas assez lisses et monotones (sauf, peut-être, du côté de l’ancienne Abbaye de Bonnevaux, dans l’extrême nord du département, mais c’est sur un territoire très loin des à-pics vertigineux). Je retrouve cette monotonie en parcourant la vaste plaine de Beauce qui, comme tout le reste du pays, s’enlaidit à grande vitesse à cause d’horribles entrepôts industriels (déjà que les silos à grains n’étaient pas vraiment un délinéament agréable de la platitude…). Le lendemain, lundi, veille de notre retour, longue marche dans le parc du château de Chamarande, sous un soleil radieux et presque estival. J’aime ce parc parce qu’il est vaste, sauvage ou ordonné, humide ou sec. Les efforts que poursuit le conseil général de l’Essonne, à la suite de l’enfouissement des archives du département dans un silo de sept étages sous le parvis des communs du château, est louable parce qu’il échappe (jusqu’à maintenant) à l’évolution vers le Disneyland. Durant ces dernières années, le parc a été considérablement réaménagé (vers un plus grand dépouillement). Les peupleraies des zones marécageuses ont été abattues. Les plaines roselières, ainsi dégagées, donnent de l’espace aux perspectives. Les bâtiments, en eux-mêmes, sont toujours aussi beaux. Le style Louis XIII en briques/ardoises/pierres de taille a toujours fier allure. Le site a profondément évolué depuis l’époque de mon adolescence où nous venions y découvrir la nature avec nos professeurs de sciences naturelles. Le parc possède au moins deux arbres remarquables. Un platane centenaire dont les branches se sont spontanément marcottées et un altier hêtre pourpre. Il y a aussi de très beaux cyprès chauves, au système racinaire mi-aérien, mi-aquatique. Depuis la renaissance du lieu, se tiennent diverses expositions d’art contemporain. L’ensemble patrimonial est une source permanente d’inspiration pour les artistes. Lecteurs parisiens ou franciliens, je vous invite à venir le découvrir.

  • Danseuses orientales

    [suite du voyage à Paris]. Notre parcours parmi les civilisations s’est poursuivi, l’après midi du vendredi 9 mars, par la visite du musée Guimet. En semaine, il est à peu près désert sauf l’exposition temporaire des œuvres du « musée de Kaboul » qui était horriblement mal « scénographiée ». Nous n’avons fait que la parcourir, déjà bien rassasiés par les collections permanentes. Elles sont très variées même si la sculpture me semble mise en avant par rapport aux arts décoratifs (ce que j’appelle sans doute improprement les arts décoratifs et qui sont peut-être un art de la sphère privée en opposition à l’art religieux). Encore que cela est à relativiser pour la Corée et le Japon. On y voit de très beaux paravents, comme celui-ci. On y découvre tout un monde étrange, je veux dire un monde étranger au nôtre. Dans l’une des salles, une toute jeune fille professait doctement son savoir à une bande d’étudiants à peine plus âgés qu’elle. Ils avaient l’air passionnés ou ce cours devait être très important pour leurs futurs examens car les crayons couraient à toute vitesse sur les pages blanches. Beaucoup de bambins, aussi, élèves d’écoles primaires ou maternelles qui gambadaient et piaillaient parmi les danseuses khmers ou une souple Birmane.

    Au retour (vers le RER et notre lointaine banlieue), traversée de Paris ouest-est, à pieds : du 16ième arrondissement à la place Saint-michel. J’étais heureux de montrer à L. quelques recoins inconnus d’elle. Rue de Grenelle, pas une paire de chaussures à moins de trois cents euros. Un magnifique fleuriste ou jardinerie rue de Bourgogne à l’angle de la place du Palais Bourbon. Des magnolias en fleurs, toujours et encore, une verrière sous un ciel de giboulée de mars. Cinq minutes gracieusement accordées par L. pour quelques furetages au « Gibert du bas » mais je suis resté sage.

  • Nombril

    « […] Dans la catégorie nombrils, inactuel.hautetfort.com. Un site cultureux qui cultive, aussi, l’anonymat, mais le lecteur est prié de comprendre qu’il n’a pas affaire à n’importe qui : ça lit le Monde et l’Obs et ça cite Baudrillard. Mais qui ça peut être ? Nombrils, encore. »  Extrait d’un article du Petit Bulletin de Grenoble (n°609) et  signé « BDV » alias Bernard de Vienne.

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  • Civilisation(s)

    Une semaine « à Paris » qui nous a permis de prendre l’air et surtout d’en changer. Le hasard des promenades, jumelée à un soleil printanier nous ont permis de découvrir trois forêt domaniales. Enfin, c’était plus une découverte pour L. que pour moi qui a eu tout le temps, jadis, d’en parcourir quelques recoins. La première fut la forêt de Dourdan, coupée en deux par la saignée que constituent la ligne TGV « Atlantique » et l’autoroute éponyme. Futaie claire et belle comme je les aime, quelques beaux chaines dont certains majestueux. Nous avons longuement longés un chemin qui marque une vieille frontière entre propriétés. S’y trouvent de belles bornes, en pierre, marquées d’un mystérieux « B » et d’une plus limpide couronne royale, à relier au passé des lieux.

    Le lendemain, promenade rituelle à Paris, sous un petit crachin breton. Mi-mars et les magnolias sont déjà en fleurs. C’est presque un mois d’avance, comparé à l’année dernière. Le temps médiocre nous a engagé à nous rendre dans les musées. Visite, donc, du musée du quai Branly. Les collections sont vraiment superbes. La muséographie est moderne bien que la multitude (3500 objets) rende le parcours quelques fois un peu confus. La linéarité n’a sans doute pas été la règle de conception. C’est une invitation à se perdre et à voyager parmi ces trésors. Néanmoins, les collections sont regroupées par ensemble géographique (Asie, Afrique, Océanie, Amériques). Chaque pièce est présentée par un discret cartouche, quelques fois difficile à lire (manque d’éclairage) mais l’effort de présentation est à souligner, notamment par la localisation précise du lieu d’où proviennent les objets (ce qui n’est pas un luxe pour certaines îles indonésiennes). L’ambiance générale est d’ailleurs plutôt sombre. On se croirait parfois sous terre. Je n’ai pas du tout aimé l’espèce de tunnel couleur marron-caca d’oie qui court parmi les vitrines et qui semble avoir tant un rôle de séparation entre entités géographiques que de support aux bornes multimédias. Il est vraiment vilain et semble assez mal réalisé (on voit déjà les joints sous l’aspect de papier mâché). Il y a beaucoup à voir, peut-être trop. Malheureusement et comme le dit le billet « toute sortie est définitive ». Je trouve tout à fait scandaleux de priver le visiteur d’aller et de venir à sa convenance durant sa journée de visite. Il a sans doute été jugé que le visiteur, à l’issue de sa visite pouvait s’appuyer sur le site internet du musée qui, c’est à souligner, est vraiment remarquable, ne serait-ce par son exhaustivité dans la présentation des collections. Le bâtiment ne m’a pas vraiment emballé, on dirait un vaste hall industriel monté sur pilotis. La rampe d’accès au musée, en pente et sinueuse est, en revanche, très réussi. Elle permet sans doute par son long cheminement de se défaire de soi et d’entrer dans d’autres mondes. Personnellement, j’aurais pensé à un musée sous la forme d’une vaste hutte réalisée avec des matériaux très modernes, par exemple un toit d’aspect végétal réalisé en milliards de petits fils métalliques, des pylônes en titane, etc. Un clin d’œil d’une civilisation aux autres. Mais je ne suis pas Jean Nouvel.

     

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    Masque anthropomorphe (Afrique) ; © musée du quai Branly, photo Patrick Gries/Bruno Descoings.
  • exorbités

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    Une gargouille hallucinée.

    (Mur sud du clocher de l’église de Chamarande, Essonne)

  • NtM

    Mort de Jean Baudrillard. «La culture occidentale ne se maintient que du désir du reste du monde d'y accéder. Quand apparaît le moindre signe de refus, le moindre retrait de désir, non seulement elle perd toute supériorité, mais elle perd toute séduction à ses propres yeux. Or, c'est précisément tout ce qu'elle a à offrir de «mieux», les voitures, les écoles, les centres commerciaux, qui sont incendiés et mis à sac. Les maternelles ! Justement tout ce par quoi on aimerait les intégrer, les materner !... «Nique ta mère», c'est au fond leur slogan. Et plus on tentera de les materner, plus ils niqueront leur mère. Nous ferions bien de revoir notre psychologie humanitaire.» in Libération (novembre 2005).

  • Bis

    Cet après-midi, promenade sur les crêtes vers la Pierre Percée. En fait, il s’agit de celle de fin janvier, la neige en moins et la boue en plus. Températures vraiment printanières mais vent du sud bien marqué aux endroits exposés. Le ciel est un peu couvert. C’est dommage, il ne manquait plus que lui pour que tout soit au mieux. Enfin, ce n’était pas si mal : 1, 2, 3 & 4.

     

  • Red moon

    Une bien belle éclipse totale de lune, hier soir, que nous avons pu nettement apercevoir en rentrant d’un dîner chez les H. Notamment, on voyait nettement cette belle couleur rouge.