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pignoché de mauve et d'azur

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Edouard MANET - L’asperge
Huile sur toile, 16.5X21.5, 1880, Musée d’Orsay, Paris

« […] mais mon ravissement était devant les asperges, trempées d’outre-mer et de rose dont l’épi, finement pignoché de mauve et d’azur, se dégrade insensiblement jusqu’au pied – encore souillé pourtant du sol de leur plant – par des irisations qui ne sont pas de terre. Il me semblait que ces nuances célestes trahissaient les délicieuses créatures qui s’étaient amusées à se métamorphoser en légumes et qui, à travers le déguisement de de leur chair comestible et ferme, laissaient apercevoir en ces couleurs naissantes d’aurore, en ces ébauches d’arc-en-ciel, en cette élection de soirs bleus, cette essence précieuse que je reconnaissais encore quand, toute la nuit qui suivait un dîner où j’en avais mangé, elles jouaient, dans leur farces poétiques et grossières comme une féerie de Shakespeare, à changer mon pot de chambre en un vase de parfum ». Du Côté de chez Swann, Combray, II page 103.

 

Commentaires

  • En relisant ce texte je me dis que, finalement, Ponge n'a pas inventé grand chose. Proust serait-il indépassable?

  • Sans aucun doute, oui !
    D.

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