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  • Fond de tiroir

    Ce n’est pas que je n’ai plus rien à dire (d’inutile) mais je suis plongé depuis quelques soirs dans une activité d’archéologie préventive qui consiste à numériser quelques unes des photos de notre (abondant) stock. Pour ceux que cela intéresse, le chantier est visible ici.

    Parmi les prochaines notes, j’en prépare une sur les nouvelles de la mode de cet été, et plus spécialement de la chaînette autour de la cheville (gauche) de nos belles, sous-titrée essai sur le formidable destin de la Tongue et des tenues de plage pour se rendre au travail. Par ailleurs, il y aura un compte-rendu de mariage (pas le nôtre !) en Suisse, ce week-end, évènement social que je crains plus que tout puisqu’il va falloir parler de soi.

  • Aux dernières nouvelles

    Le photographe Bernd Becher (le mari de Hilla) est mort à l’âge de 75 ans ; quelques lignes sur leur génie ici.

    Malgré toutes mes bonnes résolutions, L. a encore réussi à me tirer jusqu’à la dite-fête de la musique, que chaque année je trouve de plus en plus nulle, inutile et vaine. Je crois que cet avis est partagé (si, enfin, je pouvais être à l’origine d’une mode…) car la foule des badauds goguenards, chaque année un peu plus, s’éclaircit. Pour cette édition, nous avons même échappé aux coups de couteaux de l’énergumène qui a poignardé, à vingt mètres d’où nous étions, une demi-dizaine de personne. Il a, semble t-il, été arrêté ce matin. Ouf ! A part ça, si vous n’êtes pas rockeurs, adeptes des reprises des plus éculés standards des années soixante-dix, il y a peu de chance que la Fête vous réjouisse. A moins d’aimer aussi le bruit pour le bruit (ce qu’on appelait tapage il y a peu et qu’il faut maintenant nommer « spectacle vivant »). Je me souviens qu’à Paris, au début des années quatre-vingt-dix, il était encore possible d’écouter du Classique (je veux dire de la musique). Que ce temps semble lointain, à moins que ce soit notre côté provincial qui nous tienne éloigné des évènements marquants.

    J’ai été un peu déçu de la diffusion de la version longue de Lady Chatterley. Pour être honnête, j’ai plié sommeil à la fin de la première partie. J’aurais bien aimé rester éveiller pour revoir la danse-poursuite effrénée de la belle Lady et du bourru Parkins (le garde-chasse) sous la pluie anglaise (pardon, du Limousin) mais ce n’était pas assez pour résister aux décharges de mélatonine. Le film est esthétiquement très beau, limpide mais pas vraiment palpitant.

  • Hautes plaines

    Les prévisions météorologiques étaient pourtant rassurantes mais nous nous sommes pris hier sur la tête une bonne ondée. Heureusement, la promenade dans le Vercors était terminée. Nous étions affalés à une table de café lorsque les premières gouttes sont arrivées au sol. Très jolie randonnée, vers le belvédère du Révoulat, au-dessus de la plaine de la Chapelle-en-Vercors. La vue est assez intéressante car elle est vertigineuse au-dessus des Grands Goulets et très vaste sur les hauts plateaux, du col du Rousset aux montagnes de Villard-de-Lans. Nous avons fait de belles rencontres, témoins ce lys martagon, si rare. J’aime beaucoup les paysages de plaines en montagnes. C’est la pleine saison des foins, les prairies sont encore très vertes, l’herbe abondante et ondulante au vent, les chemins creux et secrets (entre deux rangées d’acacias). Nous avons ensuite un peu trainé, sur les petites routes, vers les plus beaux lieux de la terre, à la recherche de la maison idéale.

  • Sculpture de la royale lumière

    Décidemment, le ciel nous régale chaque soir d’une belle tombée de rideaux. Hier, on se serait crû tout près de toucher les limites de la physique classique. La lumière était quantifiée en fagots. Dommage que Heisenberg ne soit plus parmi nous, il aurait été heureux.

    Nous avons vu ce week-end le DVD de The Queen, le dernier film de Stephen Frears. C’est une grosse déception. J’avais hésité à le voir au cinéma. Bien m’en a pris. Les ficelles sont assez grosses. Le réalisateur n’a rien à dire (sur ce non évènement absolu que fut la mort de Diana Spencer), donc il brode tout un tas d’histoires autour de la Reine et de Tony Blair. Tout sonne si faux, si peu évocateur. La photographie est par contre très belle, la campagne anglaise vraiment merveilleuse (une idée si je sombre : partir avec une veste en tweed sur le dos et le chien dans les pattes !). Plus j’y pense, et plus je me dis que la date de l’enterrement de la « princesse au grand cœur » a marqué la fin de la Royauté en Angleterre. Plus précisément, à l’instant précis où Elton John a commencé ses vocalises de bouts de chandelles. Enfin bon, il fallait bien que ça arrive. Et cette femme qui dit : « c’est de votre faute, à vous les journalistes », en oubliant de préciser qu’elle était contente chaque semaine d’acheter le Sun ou le Mirror.

    A part ça, dimanche nous sommes allés à Vizille (ça change). On est retourné admirer le beau tympan de feu le prieuré. C’est le joyau de la sculpture romane de l’Isère, mais personne ne le sait : c’est un pan de mur qui trône dans le cimetière. Le dit-lieu de repos est d’ailleurs très intéressant à parcourir : vieilles tombes de gens nés avant la Révolution ! Et cette saignée horrible que fut la guerre de 14, partout présente, dans chaque famille un mort.

  • Ciels étoilés (et romantiques)

    Les romantiques (et ceux qui aspirent à le devenir) ne manqueront pas la diffusion de la version longue (202 minutes, dont 45 inédites) de Lady Chatterley sur Arte, vendredi prochain (22 juin) à 20h45. Ne préparez pas vos mouchoirs et n’allez pas chez le psy cette semaine : ce serait de l’argent utilisé pour rien, ce film sera une excellente thérapie sur le chemin du bonheur pur.

    Notre samedi fut l’occasion d’une petite escapade gastronomique à Chambéry, plus précisément au restaurant « Mont-Carmel » à Barberaz, près de Chambéry. Excellent déjeuner dans un lieu « fourchetté » par le guide Michelin mais sans le(s) précieux macaron(s). On y déguste de très bons plats, d’une bonne tenue, bien préparés et correctement assaisonnés. Mais il y a encore un grand pas à franchir pour rejoindre les cieux étoilés. La carte des vins est très fournie. Nous avons pris un excellent Chablis 1er cru Montée de Tonnerre, notre breuvage adoré. Quelques photos ici ou .

    Pour la promenade, nécessairement digestive, qui suivit ce bon repas, nous nous sommes rendus à travers champs et bois jusqu’aux Charmettes, maison habitée par Rousseau avec son incestueuse « Maman » (Madame de Warens). Mais j’en reparlerai dans une prochaine note.

  • Ouf !

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    La catastrophe n’a pas eu lieu : l’altitude modifie la perspective, surtout parce que l’œil et le cerveau manquent de repaires dans cette espace sans limite. De toute façon, la séparation des niveaux de vol est (normalement) suffisante pour que les frayeurs restent terrestres, encore que

     

  • Troposphère du bonheur

    Le poème Soleil couchant de Jose-Maria De Heredia, que Camille citait dans son commentaire, est si beau que je ne résiste pas à l’envie de le recopier intégralement :

    "Les ajoncs éclatants, parure du granit,
    Dorent l'âpre sommet que le couchant allume;
    Au loin, brillante encor par sa barre d'écume,
    La mer sans fin commence où la terre finit.

    A mes pieds c'est la nuit, le silence. Le nid
    Se tait, l'homme est rentré sous le chaume qui fume.
    Seul, l'Angélus du soir, ébranlé dans la brume,
    A la vaste rumeur de l'Océan s'unit.

    Alors, comme du fond d'un abîme, des traînes,
    Des landes, des ravins, montent des voix lointaines
    De pâtres attardés ramenant le bétail.

    L'horizon tout entier s'enveloppe dans l'ombre,
    Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre,
    Ferme les branches d'or de son rouge éventail."

    Ce soir, de nouveau, des nuages à tomber fou amoureux du ciel.
  • La dernière descente

    Un nouveau coucher de soleil admirable ce soir. Une vaste masse nuageuse s’est formée en fin d’après midi sur le Vercors (exactement à l’endroit où nous étions dimanche) puis s’est résorbée petit à petit mais infiniment lentement. Le soleil, en allant dormir, a transpercé de ses rayons tous les nuages épars et moribonds pour nous donner un ciel à la Vermeer. Le coucher fut extrêmement long, avec toutes les nuances d’oranges et de rose vifs. Et tout cela en écoutant la suite bergamasque de Debussy...

  • La dernière montée

    Promenade dans le Vercors, hier, malgré le temps menaçant et le tonnerre qui grondait au loin. Nous avons refait la belle promenade des belvédères du massif des Quatre Montagnes, en partant du tunnel du Mortier vers le plateau de la Molière et retour par la route forestière via la Buffe et la Sure. Le chemin est beau (une grande partie du GR9), un peu accidenté mais toujours près du vide et du vertige. A la Sure, nous pouvions voir très nettement les eaux du Drac et de l’Isère se mélanger (je pense « s’aimer voluptueusement »). Le Drac est vert émeraude, l’Isère marron limon. Le mélange des deux semences n’est complet qu’au barrage de Saint-Egrève (l’Isère l’emporte).

    Auparavant, nous avions effectué notre besogne d’électeurs disciplinés. Alain Carignon a réussi à recueillir plus de 20% des voix en éliminant, au passage, son challenger, le député sortant Richard Cazenave. Les électeurs ont vraiment la mémoire courte. La socialiste Geneviève Fioraso emportera la circonscription mais nous ne sommes pas débarrassés des fantômes du passé. Paradoxalement, le socialisme, en Isère, se porte bien. Au maire, décidemment, on ne peut reprocher que sa politique en matière sportive. La carcasse métallique du stade se monte à deux pas d’ici. J’ai un haut le cœur en voyant cette horreur qui gâchera à tout jamais la ville (encore qu’elle a tendance à embellir la mairie).  Le parc Mistral relooké sera inauguré le 30 juin par une grande après-midi festive. La mairie régale les boissons du midi. Apportez votre pliant pour le grand concert de musique classique du soir. Je n’ai pas vérifié si André Rieu était en tournée ce soir-là. Sinon, on risque le pire. Je plaisante, ce sera sans doute super et si au moins un enfant est, par la découverte de la musique classique, sauvé de la Star’Ac, etc. (je vous épargne le couplet).

    Hier, c’était le grand prologue du Critérium du Dauphiné-Libéré. Notre ville, à son grand déshonneur, ne cesse de s’associer à des courses cyclistes (notamment au Tour de France) malgré les trop forts soupçons de dopage qui pèsent sur les coureurs. Le directeur du Tour vient lui-même d’admettre qu’il n’est pas sûr que le prochain évènement médiatico-cyclo-franchouillard soit clean.

    A propos du Dauphiné, l’un de ses libérateurs, le général Alain Le Ray, est mort le 4 juin dernier. Il avait 96 ans. Il est notamment connu pour avoir été le premier officier à s’échapper de l’oflag de Colditz, en Saxe.

  • En haute altitude

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    La catastrophe aura-t-elle lieu ?

    (vendredi 8 juin, 21h30, au-dessus de la Chartreuse)

  • Saison 2007-2008

    Au courrier, ce soir, le programme de la prochaine saison de la MC2 (que je continue d’appeler Cargo). Les réservations en ligne ne commenceront que dans cinq jours. Parmi la multitude, j’ai noté quelques évènements intéressants :

    Cantates profanes de Bach (Leonhardt) le 22 novembre.

    L’intégrale du Clavier bien tempéré par Zhu Xiao Mei (4 et 5 décembre).

    La seconde surprise de l’Amour de Marivaux (mi janvier).

    Les onze premiers quatuors de Beethoven par le quatuor Ysaÿe (7-9 février).

    Mahler/Brams par l’orchestre des Champs-Elysées le 13 mars.

    La Philosophie dans le boudoir (Sade/Letailleur), début d’avril.

    Valses de Chopin par Alexandre Tharaud (8 avril)

    Le quatuor Artemis le 22 mai (Stravinsky/Beethoven/Kapustin)

    La compagnie de danse Rosas de Anne Teresa de Keersmaeker dans son programme 2008 (mi mai)

    Les sept dernières paroles du Christ en version quatuor et grand orchestre (9 juin).

    A cela, il faut rajouter les artistes locaux : Galotta (« Bach Experience »), François Verret (« Sans retour ») et quelques apparitions de Minkowski.

  • Députée citoyenne

    Enfin une bonne raison de voter socialiste ! A la page « coups de cœur » ça se gâte sérieusement (mis à part Badinter).

  • Avignon-3

    (Samedi de l’Ascension). Villeneuve-lès-Avignon, Tour Philippe-le-Bel, Fort Saint-André, jardins de l’Abbaye, Chartreuse. Mont Ventoux.

    Nuit à l’Hôtel Médiéval qui figurait en bonne place dans le guide Michelin. Notre chambre est exigüe, pas très récente et située sous un escalier de bois qui conduit à des soupentes aménagées en chambres. Malgré nos craintes, le sommeil fut assez bon, en tout cas calme. Il faut indiquer à l’accueil dès le soir précédent l’heure à laquelle on souhaite prendre son petit déjeuner, ce qui gâche un peu l’idée d’être en vacances. Au milieu du bâtiment, trône un très bel escalier (combien de chambres pourrait-on aménager dans un tel espace vide (d’espace mais pas de sens) ?). De Villeneuve-lès-Avignon, j’avais encore moins de souvenirs que d’Avignon. La tour dite de Philippe-le-Bel m’était totalement inconnue. Elle ressemble un peu (au moins dans sa situation) à la tour dite Philippe de Valois le long du Rhône, face à Vienne. En réalité, elle est beaucoup mieux conservée (peut-être un peu trop) et de son sommet on jouit d’une très belle et vaste vue sur Avignon, le fleuve puissant, le Ventoux et divers massifs en direction de Marseille et Aix. Les arcs brisés, dans les étages, font très « gothique d’Île-de-France » avec quelques traces d’anciennes peintures. Nous nous sommes ensuite rendus au fort Saint-André dont le châtelet a du en impressionner plus d’un dans le passé. En fait, ma mémoire brouillée me faisait confondre les jardins de l’Abbaye bénédictine de Saint-André (située dans les murs éponymes) et ceux de la Chartreuse Pontificale du Val de Bénédiction (située plus bas, près du village). J’ai très bien reconnu les arrangements à l’italienne des parterres de buis de la première et, surtout, la belle terrasse aérienne sur les voutes grandioses érigées au XVIIIe par les mauristes. Nous avons beaucoup flâné entre les oliviers et devant les nénuphars (calme olympien, belle lumière sur les hautes fenêtres et fantasme de finir ses jours ici). A midi, excellent petit repas (imprévu, très « salade méditerranéenne », ne manquaient que les cigales) à l’Hôtel de l’atelier, dans une arrière cour. Ensuite, nous sommes allés voir la Chartreuse du val de Bénédiction qui n’a pas changée (depuis mon passage en 1988). Les chaises (façon cathèdres maçonniques) sont toujours là, la nef éventrée de l’église aussi (et le mur du jubé, et les cellules des bons pères). Par contre, je ne me souvenais pas d’une chapelle et de ses belles fresques du XIVe. Très bel et ancien bâti dans le village avec des arcs brisés un peu partout, plus ou moins incrustés dans les constructions postérieures et qui resurgissent ici ou là à l’occasion des ravalements. Nous sommes rentrés par Carpentras et le Ventoux, que L. ne connaissait pas de si près, le doux mont fut escaladé par le côté sud. Au sommet, grand calme (pour une fois !). Deux inédits d’Avignon : 1 & 2. Pour les amateurs de chèvrefeuille : le plus beau admiré durant ce week-end de l’Ascension.

  • 333ième note

    Quel triste ciel ! On se croirait au début du mois de mars. Les belles roses du Jardin des plantes de G. sont aussi déprimées que le temps. Elles s’abiment sous la pluie et le vent. Nous avons passé une journée à attendre l’éclaircie qui ne viendra pas, devant un verre de Chardonnay puis devant une bougie allumée (au salon de thé). J’ai acheté le deuxième tome du Journal de T., maintenant que je suis pris par la frénésie. Le tout sur l’air de la musète de Taverni (Couperin).