Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Piqué au vif de la beauté

Jeudi 27 juillet. Vercors, Pas des Bachassons*, plaine de Queyrie, Réserve naturelle des Hauts-Plateaux, pas du Fouillet.

Très belle randonnée, parfaite pour se refaire la santé après une semaine passée à Paris, dans le brouillard automnal, la fraîcheur et l’état dépressif. La promenade débute au pied du Mont-Aiguille sous sa face la plus menaçante, celle qui donne des torticolis. La montée vers le pas des Bachassons est, tout d’abord, très douce, presque débonnaire. Comme toujours, c’est mauvais signe. A la sortie du bois, on tombe dans le pierrier infernal du ravin des Serres et Maupas. Il n’en finit pas d’être pénible car plus on avance et plus les pierres roulent sous les chaussures (au demeurant toujours parfaites). Je dois en plus me battre contre des nuées de taons, bourdons et mouches voraces. L’un(e) réussira à me piquer au plat du tibia (à l’endroit où la chair est la plus dure et sans doute la moins bonne). Aussitôt, un joli petit filet de sang dévale vers la chaussette. Je pense mourir vider de mon sang le long d’un chemin peu fréquenté, oublié de tous (dire que je viens de jeter une publicité d’Assurance-vie !). Heureusement, il suffit de se retourner vers le vide pour être conquis par la beauté pure (au pays des montagnes bleues). Au Pas des Bachassons (investi par les Allemands lors des combats du Vercors en 1944), c’est la grande ivresse ; les endorphines coulent dans les veines : on en a fini avec la montée. Juste après, s’ouvre la vue immense sur la plaine de la Queyrie et, au-delà, vers Die et le sommet des Trois Becs. Deux curiosités sur cette belle étendue nue et moutonnée : l’arbre dit taillé (en fait un fier solitaire (le veinard)) et la carrière de calcaire (à 1600m d’altitude !) datant de l’époque romaine. Les derniers blocs débités attendent encore d’être portés vers la vallée. Pour le retour, pas d’autres solutions que de boucler par les Haut-Plateaux et la Réserve Naturelle (chouette !). Le chemin rejoint le GR91 à la cabane de Pré Peyret pour filer vers la bergerie de Grande Cabane, au pied du Grand Veymont (2341m), point culminant du massif. Pour conclure, il faut remonter longuement, en faux plat, vers le Pas des Chattons et venir mourir (enfin presque) au Pas du Fouillet, où une jolie marmotte guettait ma chute vers le fond du ravin. L’endroit est vraiment « engagé » (comme disent les vieux loups de montagne) : le gravier est glissant, le chemin insignifiant entre le rocher et le vide. Dire qu’il faut encore affronter les insectes au fond du ravin avant de retrouver la fraicheur du bois du Petit Mont !

* Les Bachassons sont les troncs d’arbre évidés qui servent à recueillir l’eau dans les alpages pour le bétail. L’eau est rare sur le plateau karstique.

Commentaires

  • tiens, je me rends compte que la dernière marmotte que j'ai vue, ça remonte à plus d'un an. il est temps que j'aille faire un stage au studio de papamaman dans la vallée de l'Ubaye...

  • Ouoi, oui comme ça vous vous arrêterez à Grenoble pour goûter nos spécialités culinaires (et voir la maison de M. Servien)...
    You are welcome.
    D.

Les commentaires sont fermés.