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  • In memoriam (2)

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    Michelangelo Antonioni

    (29 septembre 1912 - 30 juillet 2007)

  • Piqué au vif de la beauté

    Jeudi 27 juillet. Vercors, Pas des Bachassons*, plaine de Queyrie, Réserve naturelle des Hauts-Plateaux, pas du Fouillet.

    Très belle randonnée, parfaite pour se refaire la santé après une semaine passée à Paris, dans le brouillard automnal, la fraîcheur et l’état dépressif. La promenade débute au pied du Mont-Aiguille sous sa face la plus menaçante, celle qui donne des torticolis. La montée vers le pas des Bachassons est, tout d’abord, très douce, presque débonnaire. Comme toujours, c’est mauvais signe. A la sortie du bois, on tombe dans le pierrier infernal du ravin des Serres et Maupas. Il n’en finit pas d’être pénible car plus on avance et plus les pierres roulent sous les chaussures (au demeurant toujours parfaites). Je dois en plus me battre contre des nuées de taons, bourdons et mouches voraces. L’un(e) réussira à me piquer au plat du tibia (à l’endroit où la chair est la plus dure et sans doute la moins bonne). Aussitôt, un joli petit filet de sang dévale vers la chaussette. Je pense mourir vider de mon sang le long d’un chemin peu fréquenté, oublié de tous (dire que je viens de jeter une publicité d’Assurance-vie !). Heureusement, il suffit de se retourner vers le vide pour être conquis par la beauté pure (au pays des montagnes bleues). Au Pas des Bachassons (investi par les Allemands lors des combats du Vercors en 1944), c’est la grande ivresse ; les endorphines coulent dans les veines : on en a fini avec la montée. Juste après, s’ouvre la vue immense sur la plaine de la Queyrie et, au-delà, vers Die et le sommet des Trois Becs. Deux curiosités sur cette belle étendue nue et moutonnée : l’arbre dit taillé (en fait un fier solitaire (le veinard)) et la carrière de calcaire (à 1600m d’altitude !) datant de l’époque romaine. Les derniers blocs débités attendent encore d’être portés vers la vallée. Pour le retour, pas d’autres solutions que de boucler par les Haut-Plateaux et la Réserve Naturelle (chouette !). Le chemin rejoint le GR91 à la cabane de Pré Peyret pour filer vers la bergerie de Grande Cabane, au pied du Grand Veymont (2341m), point culminant du massif. Pour conclure, il faut remonter longuement, en faux plat, vers le Pas des Chattons et venir mourir (enfin presque) au Pas du Fouillet, où une jolie marmotte guettait ma chute vers le fond du ravin. L’endroit est vraiment « engagé » (comme disent les vieux loups de montagne) : le gravier est glissant, le chemin insignifiant entre le rocher et le vide. Dire qu’il faut encore affronter les insectes au fond du ravin avant de retrouver la fraicheur du bois du Petit Mont !

    * Les Bachassons sont les troncs d’arbre évidés qui servent à recueillir l’eau dans les alpages pour le bétail. L’eau est rare sur le plateau karstique.

  • In memoriam

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    Ernst Ingmar Bergman (14 juillet 1918 - 30 juillet 2007)

     

     

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    Ulrich Mühe (20 juin 1953 - 22 juillet 2007)

     

  • Le progrès...

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    Néologisme culinaire (sur une barquette de brandade de morue)

  • Pierres et notes

    Je signale aux parisiens (et autres franciliens) que le festival d’Île-de-France se déroulera, comme chaque année, en septembre et octobre. Cette manifestation est fort ancienne (à l’échelle des festivals éphémères…) et permet de découvrir des lieux du patrimoine souvent intéressants, comme par exemple la magnifique église de Saint-Sulpice-de Favières (Essonne) où l’ensemble Gilles Binchois donnera en concert des pièces de Lassus, Pierre de la Rue, etc. (samedi 8 septembre à 20h45). A Larchant (Seine-et-Marne), l’ensemble européen William Byrd présentera un programme Byrd, Lassus et Palestrina (dimanche 16 septembre à 16h30). Bon(s) concert(s) !

  • Lire dans les chaumes

    Les blés étaient bien couchés et les chaumes très odorantes, comme toujours à cette époque de l’année. Temps mi-figue mi-raisin mais beaux nuages sur les étendues jaunies par le soleil (un peu), la pluie (sans doute) et le temps qui passe (surtout). Une semaine à ne rien faire (c'est-à-dire à « décompresser » comme il est écrit dans Psychologies). J’ai profité de ce long cheminement d’heures pour lire et tenter de combler le retard ce domaine (autant essayer de remplir un fût percé). Dans le train, j’ai lu un roman de gare, Le Maître de Plieux, dans la collection Brigade Mondaine présenté par Gérard de Villiers. L’auteur est Michel Brice. C’est un excellent petit livre, qui se lit vite, d’un œil et à deux mains. Il mêle une fiction avec des lieux et des personnages réels. Le cocktail des deux univers (le château d’un producteur de la télevision vs le château d’un écrivain) est très réussi. L’humour est acide, les personnages en bon accord avec la psychologie des lecteurs (habitués à la série) du livre. On rit, quelques fois, surtout au second degré. Le personnage de Chloé Lableux m’a semblé très travaillé, tout à fait passionnant et passionné. La très féminophile Géraldine Hébert est elle aussi tout à fait touchante. On lui souhaite une longue et heureuse carrière à la Mondaine ; peut-être qu’une suite au Maître de Plieux sera bientôt donnée au public…

    Autre lecture, dans le genre musical cette fois-ci, le Bach, une vie de David Morroney (Actes Sud / Créa, 2000). Excellent résumé de la vie du cantor de Leipzig mais avec très peu d’ouverture sur l’œuvre musicale. Ce parti pris est sans doute lié à la place allouée au biographe mais, lorsqu’il est musicien comme D.M., on aimerait lire des lignes moins factuelles. Dommage.

    J’ai également bien entamé le tome dix-sept des Mémoires de Saint-Simon (Ramsay). C’est un excellent volume qui couvre les années 1720-1721 : le triomphe du cardinal Dubois, la mollesse du Régent, la banqueroute de Law, etc. Ces données rafraîchies m’ont permis de frimer auprès de L., hier soir, alors que nous regardions Que la fête commence, le film de Bertrand Tavernier avec Noiret, Rochefort et Marielle.

    Très sages achats de livre à Paris :

    La photographie et le rêve américain, 1840-1940 (Marval).

    L’improbable et autres essais, Yves Bonnefoy (idées/Gallimard).

    Le sentiment de la langue (I & II), Richard Millet (Champ Vallon).

    Photographies de Tahiti : 1880-1890, Charles-Georges Spitz ; 1932, Roger Parry (Ministère de la Culture de la Polynésie française/ Musée de Tahiti).

    L’utopie photographique, regard sur la collection de la Société française de photographie (Le point du jour).

    Passion and precision, photographs from the collection of Margaret W. Weston (Monterey Museum of art).

    Quelques uns de ces livres achetés chez le bouquiniste Mona Lisait, rue Saint-Martin (à l’angle de la rue de Rivoli) où il y a quelques affaires intéressantes.

  • Record

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    Record de l'année : 35,6°C à 17h06 à Echirolles

  • Trois jours d'été

    Week-end studieux veut dire chez nous autres, grenoblois, un week-end de détente à la montagne. Samedi matin, courte randonnée (500m de dénivellé positif) pour tester mes nouvelles chaussures de randonnée. Traditionnellement, l’usage veut que je monte à la Dent de Crolles, un fameux sommet près de chez nous, pour baptiser ces pantoufles d’altitude. Le temps était parfait, bien que le vent très fort au sommet (et il ne faisait pas chaud sous les rafales de vent du sud). Pas un chat, j’ai croisé les montées de touristes au retour, un peu au-dessous du pas de l’Oeille, du nom de ce curieux rocher qui a résisté aux tempêtes et à l’érosion. Au sommet, la vue est l’une des plus belles de Chartreuse, immensément vaste et sans limite. Bon, les chaussures sont très bien, le chaussant précis, coque pas trop rigide, technicité du laçage et bonne protection du dessus de pieds. Le lendemain, petite montée au-dessus de la station plus ou moins à l’abandon de Saint-Honoré, au-dessus de la Mure. La moitié des bâtiments est en ruine ; on se croirait dans une station soviétique à la fin des années quatre-vingts. La vue, là-haut, est gigantesque, face au Vercors, le Trièves, etc. Petit vent frais (encore) mais grosse chaleur dans la cuvette. Avant le feu d’artifice (pas mal) de samedi soir, nous avons eu le temps de faire quelques minutes de vélo, dans la ville déserte, immobile et lasse, après un apéritif de fin de journée. Une petite pensée pour nos héros ; à l’heure du sarkozysme cyclo-polnarevien, il ne faut pas les oublier.

    Ce faisant, les vacances approchent : une petite semaine à Paris pour fouler les blés couchés et humer l’odeur des chaumes.

  • Souvenirs au soleil

    Le travail de creusement dans les archives d’images fait remonter à la surface beaucoup de bons souvenirs. J’ai bien entamé la numérisation des photos de l’année 2002. Je suis actuellement au voyage dans l’Hérault que nous avons entrepris au mois de mai de cette année-là, guidés par un livre remarquable, une bible pour voyageurs curieux, une invitation à se perdre dans les détours, à tracer son chemin à l’envers des sentiers battus. Les témoignages photographiques renvoient à des souvenirs visuels et olfactifs, à des courses contre la montre tant le programme des journées était chargé (mais passionnant). Les curieux de ce monde du vide vers le lieu sublime pourront suivre l’avancée de l’excavation dans ce classeur. C’est au moins le bon côté du temps calamiteux de ce début d’été : permettre de passer quelques minutes, chaque soir, devant le scanner à rendre vie aux images enfouies. Malgré la pluie, les couchers de soleil sont sublimes (enfin, pas ce soir). Le soleil, dans sa course, est, à cette époque de l’année, juste dans l’axe du rebord du Vercors (grosso modo, entre la Sure et la Dent de Moirans), donc pile dans l’alignement de vision parfait (de notre modeste balcon).

  • Visions du monde

    Certaines images sont dures à supporter. La vision du pauvre Rocard sur son lit d’hôpital en est une. Il y a vingt ans, ce genre d’interview postopératoire n’aurait pas eu lieu. Je trouve choquant de voir un homme abattu par la maladie, le crâne rasé, se prêter aux petits jeux malsains des journalistes (locaux ou occidentaux, peu importe). Il ne manquait que le petit baiser de sa femme avec gros plan et caméra tremblante. Le malheureux est sans doute trop affaibli (ou trop heureux de s’en être sorti à si bon compte) pour refuser cette mascarade. Et bien entendu, plan média oblige, le Président Sarkozy a bien faire savoir qu’il avait été le premier à prendre des nouvelles du patient. Indéfiniment, cet acte est rappelé par les médias, lui faisant ainsi une publicité bienvenue, attendue sans doute par les gourous de la rue Saint-honoré. En ce faisant, ils suivent l’illustre exemple de Paris Hilton, personne la plus insignifiante qui soit mais dont le récent séjour en prison à soulever des torrents de lignes, de paroles jusqu’au Monde qui en fait un des gros titre de son site sur internet. D’ailleurs, je me rends compte que je suis moi-même tombé dans le piège.

    Autre image, de pure propagande, qui a fait le tour du monde (elle aussi, un autre visage de la diabolique mondialisation) : la libération du journaliste Alan Johnston par les troupes du Hamas, mouvement terroriste qui a pris le contrôle de la bande de Gaza. Il y a quelques chose d’irréel de voir le premier ministre Ismaïl Haniyeh paradé à côté du fraîchement libre journaliste. Et celui-ci est obligé de se prêter à toutes ces cérémonies, à ces remerciements obligés. Charles Enderlin, sur France 2, avait bien raison de dire, au journal de ce soir, que l’un de ses ravisseurs paradait devant la résidence du premier ministre alors que le journaliste remerciait son « libérateur ». Bien entendu, le ravisseur ne sera pas inquiété puisqu’il n’y a aucune loi (ni d’Etat de droit) dans ce capharnaüm, sinon celle des armes et de la folie au nom de leur Dieu.

    Le Royaume-Uni (et l’Australie maintenant) découvrent que les terroristes islamiques poseurs de bombes à clous ne sont plus les petites frappes des lointaines banlieues mais des médecins, bien intégrés, reconnus, aimés de leur patient. Ce renversement est vertigineux et augure mal de la suite.

    Heureusement que le monde libre a encore des arc-en-ciel comme celui-ci.

  • Romantisme lacustre

    Nous avons donc profité du mariage en Suisse pour parcourir quelques lieux inconnus. Plutôt que de prendre la route directe par le pays de Gex, nous avons remonté à rebrousse-poil le Jura français en parcourant de bout en bout la très sauvage vallée de la Valserine. C’est un long cordon de prés et de forêts ; la route est presque droite et chemine longuement à mi hauteur jusqu’à Lelex et Mijoux (mais si). Au col de la Faucille, la vue est immense. Le Mont-Blanc paraît tout proche (la perspective est trompeuse) et toute la partie sud du lac Léman est visible (et au-delà encore). A Divonne-les-Bains, la vie semble endormie (Casino oblige). Il y avait tout de même une très belle fenêtre que j’ajoute à ma collection. Nous avons eu le temps de visiter le château de Coppet (en Suisse, donc) qui est une petite merveille, surtout par ce qu’il représente dans l’histoire des Lumières (ou du début du XIXe siècle). Il a été acheté par banquier genevois Necker, futur ministre de Louis XVI. Sa fille, Madame de Staël, est au moins aussi célèbre que son père. Elle a été exilée par Napoléon. Nombreux furent ceux qui vinrent dans ce château, comme Madame Récamier, maitresse de Châteaubriant. Les propriétaires actuels descendent (par les femmes) de Madame de Staël. Ils sont d’'Haussonville et alliés à la famille de Broglie (celle qui donna le physicien, académicien et prix Nobel (1929) Louis de Broglie). Le château est une bâtisse du XVIIe siècle sur une vieille maison forte détruite par les Bernois lors de leur guerre contre les Vaudois. Le lieu est très beau (j’aime beaucoup les toits). Je n’aime pas beaucoup la couleur du crépi (qui tend au rosé) mais j’adore le principe de la double cour (cour d’honneur / cour privée). Personnellement, les communs, notamment la belle écurie, me suffiraient amplement. L’intérieur du château se visite, guidé par de charmantes et très érudites dames. Les nombreuses pièces regorgent de souvenirs, tableaux, mobiliers de maitres et autres tapisseries. Il y a un beau portrait de Rousseau (en arménien). Madame de Staël l’aimait beaucoup. Un peu en contrebas du château, il est possible de se rendre jusqu’aux rives du lac, à l’embarcadère des navettes fluviales, d’où la vue est immense, calme et reposante, jusqu’au jet d’eau de Genève, et au-delà vers la montagne du Salève.

  • Y-Y

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    Edward Yang, le réalisateur Taïwanais de Yi-Yi (film éblouissant) est mort vendredi dernier à 59 ans.

  • Le voile de la mariée

    Plus de peur que de mal : le mariage ne fut pas trop pénible. Le cadre était vraiment sublime (j’y reviendrai), le temps tout à fait agréable. Bon, nous nous sommes tout de même un peu ennuyés mais modérément. Le plus long, comme toujours, est le moment où l’on a plus rien à dire à ses interlocuteurs, que la conversation tourne à vide (« quel beau temps, quelle chance pour ce vin d’honneur vraiment très réussi ! Etc.). Ces instants là sont affreux, car il faut sans cesse réalimenter la parole et vraiment parler pour ne rien dire. Égoïstement, je rêve toujours d’un dialogue serein et divers où les gens s’écoutent (ou plutôt s’entendent), se répondent intelligemment où le jeu du dialogue policé dérive vers la rigolade contenue, etc. Malheureusement, même en dehors de ces cérémonies obligée, il est bien rare d’arriver à ce point de plaisir partagé (je parle pour moi). Il faut dire également qu’à part la mariée et sa très proche famille, nous ne connaissions personne. Les convives étaient surtout recrutés parmi les élèves ingénieurs que l’un et l’autre des impétrants ont bien connus durant leurs études. Le milieu était donc la middle class aisée, dont la majorité de Suisses et de Suissesses. C’était sans doute le moment de brise la glace vive et de renverser son verre de vin sur le chemisier immaculée de sa jeune voisine, histoire de …

    Bon, la cérémonie (civile) du mariage était conduite par une dame officier d’état civil à la mode Suisse, employée du Canton ou de l’administration fédérale, absolument stressée par cette fonction solennelle. J’ai crains le pire au moment où fut lu un passage de Jacques Salomé, ce gourou du mal être moderne et de tous les ouvre-boites psycho-comportementaux de notre temps (si vous ne connaissez pas, allez dans n’importe quelle Fnac, ses saints-écrits sont en tête de gondole toute l’année). Les mariés avaient l’air d’apprécier (étonnant après avoir placée une citation de Kierkegaard sur le faire-part du mariage…), tout était donc pour le mieux. Sinon, les détails de la cérémonie sont à peu près ceux en vigueur en France (l’écharpe tricolore en moins). Le mariage devant Dieu aura lieu ultérieurement, outre-mer (je ne peux pas en dire trop, je vais finir par me faire repérer).