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28 octobre 2007

Vins d'ailleurs

[jeudi 23 ocobre 1997] 

Peut-on venir en Californie sans visiter les Napa & Somona Valleys et leurs vignes ? Certainement oui, mais nous voilà donc partis au petit matin pour une excursion parmi les cépages les plus renommés. Notre guide, un asiatique dont on pense au premier abord qu’il pourrait vivre paisiblement sa retraite, s’époumone à expliquer à notre groupe de touristes les raffinements de la fabrication et de la dégustation des crus locaux. On quitte San Francisco en empruntant le Golden Gate vers Sausalito et Vallejo. La vallée de Somona n’est pas exclusivement dédiée à la viniculture. On y trouve aussi des produits maraîchers. Malgré une certaine verdure apportée par les vignes, le paysage reste globalement lunaire. C’est certainement l’effet de la saison. D’après notre Mentor, pas une goutte d’eau n’est tombée depuis juin. La matinée commence avec la visite d’une cave (mea culpa, j’ai oublié son nom !) dont le bâtiment principal est (vaguement) inspiré d’un couvent toscan métissé de Mission Espagnole avec ses tuiles d’adobe. La propriétaire, jeune femme dynamique et remplie de certitudes, nous explique ses conceptions en matière de taste viticole. Les tonneaux sont français, de Beaune  (cocorico !), mais les machines de pressage sont italiennes. Après avoir dégusté deux fonds de verre d’un chardonnay et d’un pinot noir on est gentiment invité à visiter, c’est à dire à acheter tout ce qui est mis en vente dans un succédané de supermarché niché dans le grenier de l’établissement. Business, quand tu nous tiens ! Le vin californien est- il bon ? F., grand spécialiste, fait plus qu’en douter. Pour ma part, ce qui m’a le plus surpris c’est l’attrait des américains pour les saveurs subtiles mêlées au goût du raisin. Une senteur de banane ou de fruit rouge est ici ce qui est le plus apprécié et recherché.

Nous repartons bon train avec notre minibus. Chen (notre guide) ne tarit pas d’éloges sur l’industrie viticole californienne qui fait vivre au moins 100.000 personnes. Malheureusement, les pieds de vignes que l’on voit brûler de loin en loin ne semblent pas lui donner entièrement raison. Ici aussi, le phylloxéra sévit. Malgré les conseils des spécialistes européens, les cépages choisis par les experts locaux sont très vulnérables. On arrache donc au plus vite et on espère retrouver une production normale en 2002.

On file maintenant vers l’est en passant à proximité de Calistoga, station balnéaire renommée pour ses sources d’eaux chaudes et son eau minérale gazeuse. La Napa est une longue vallée orientée nord - sud bénéficiant d’un climat propice à la viticulture. Les plus grandes caves sont regroupées ici, notamment la célèbre Robert Mondavi et la très touristique Francis Ford Coppola winerie que, bien sûr nous visitâmes avec attention. L’entrée du château est superbe : haie de cyprès et pelouses que l’on maintient vertes en toutes saisons à grand renfort de perfectionnés systèmes d’arrosage. Au milieu des tonneaux où mûrit l’or rouge et blanc, un musée retrace la carrière du propriétaire cinéaste. Ici, la dégustation est payante, c’est $7.

Fatigués des exaspérant commentaires de Chen - qui se mit bientôt à nous parler de sa sœur, pourquoi ? Mystère, j’ai du perdre un morceau de son long monologue - nous regagnâmes la baie par l’US 80. Berkeley et le Bay Bridge, tout cela nous était maintenant presque familier.

Il nous restait encore assez d’énergie pour refaire, en voiture et à notre rythme, une grande partie de la 49 scenic drive. Les conditions météorologiques n’étant toujours pas avec nous, nous ne sommes pas sortis de la voiture à Twin Peaks tellement le vent hurlant ballottait notre modeste carrosse.

Soirée canapé

 

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Nous avons passé une excellente soirée, hier soir, devant le DVD d’un concert de 2005 donné par Thomas Quasthoff et Daniel Barenboïm le 22 mars 2005 dans la grande salle de la Philharmonie de Berlin. Le programme était le Voyage d’hiver de Schubert. Ce moment musical est très bien filmé, avec beaucoup de sobriété. Seules les couleurs ne sont pas très belles (elles tirent vers l’orangé un peu criard). Les plans se succèdent avec beaucoup d’élégance et une certaine habileté (visage du baryton modifié par l’émotion ; instants décisifs du pianiste). Cette interprétation est merveilleuse, véritablement habitée. Rarement, j’avais eu cette impression d’histoire racontée, d’une succession de chants qui narrent une histoire triste. Les puristes (et sans doute mille fois plus expert que je le suis) semblent regretter le caractère métronomique de Barenboïm, son soucis de pousser la cadence. En bonus, il y a une séance de répétition, entrecoupée d’interviews des deux artistes. Ce moment là est aussi très intéressant (sur l’interprétation et les choix à faire pour le chanteur). Je recommande à tous ce DVD.

26 octobre 2007

Americans

 [mercredi 22 octobre 1997]

Après les monuments, il est temps de parler des gens, de la société américaine telle qu’on peut la percevoir. Il est bien connu qu’ici c’est le royaume des médias et, surtout de la télévision. J’avais eu le temps à Boise de parcourir les programmes de MCI, le premier câblo-opérateur américain. Le constat est édifiant: rien, pas un programme intéressant, la vacuité totale. Le nombre de canaux est très important mais le contenu est fade. On y trouve des chaînes de télé-achat, de sports, de feuilletons débiles (le mot ne m’a pas échappé), de weather (la grande attraction). Rien de culturel hormis un canal dénommé Historia qui glorifie à outrance le passé du pays, c’est à dire de la guerre d’Indépendance à la guerre du Golfe. On fait bien entendu abstraction de l’extermination des indiens sauf en explications condescendantes. Il existe une myriade de CNN locales qui mélangent annonces de rodéo, résultats de la NBA qui défilent en sous titre et actualité internationales, c’est à dire au mieux, ce qui se passe à Washington. La qualité technique des transmissions est bonne (mais pas meilleure qu’en France). Le gros intérêt étant le multiplexage de l’image et du son qui permet un sous-titrage dans plusieurs langues. 

            A San Francisco, le tableau est un peu différent car il est adapté au lieu. Au grandes généralistes ABC, CNN , CBS se joignent les locales en langues chinoises et japonaises. Chaque grand réseau à également une télé locale qui mixe savamment informations californiennes et nationales. Il est clair que la concurrence est rude. Pour s’en rendre compte, il suffit de zapper à l’heure du petit déjeuner. A cette heure, les préoccupations des téléspectateurs semblent êtres, par ordre d’intérêt, la congestion du trafic dans la baie, la météorologie puis les informations locales. Chaque chaîne rivalise d’audace pour captiver le client car les écrans publicitaires « tombent » à cet horaire très suivi. Ainsi Channel 5, utilise des images provenant de caméras fixes placées aux endroits stratégiques pour suivre le trafic autoroutier. Ces données peuvent d’ailleurs êtres visualisées sur Internet. Elles sont réactualisées toutes les deux minutes sur le serveur. Mais ce n’est pas tout, il faut du live donc on envoi un porte micro vous raconter la situation. La mise en scène est frappante : une jolie personne toujours bien « permanentée » et en tailleur strict déblatère ses explications au bord de l’autoroute dans les volutes de gaz d’échappement. Le deuxième sujet d’intérêt est la météo : soleil ou brume ? Pour répondre à cette question d’importance, une nuée de scientific editors déploie tous les moyens techniques dont elle dispose pour vous convaincre du bien fondé de ses prévisions : images « satellites » et radars dans tous les domaines spectraux du rayonnement électromagnétique défilent à l’écran. Les températures sont garanties aux demi - degrés Fahrenheit près ! On n’est pas encore quitte, il faut subir les explications circonstanciées du bonhomme sur LE phénomène météorologique de la fin de siècle : El Nino. C’est le deuxième traumatisme des gens du pays après les tremblements de terre. Il faut dire qu’en 1982 des inondations aux conséquences catastrophiques ont frappé la Californie. Elles furent attribuées à un dérèglement du climat causé par une modification de la température des eaux en surface de certaines zones du Pacifique.

Venons-en à l’information et à son traitement. Un fait divers ayant eu lieu dans une banlieue d’Oakland servira pour la démonstration. Une jeune femme noire à été assassinée alors qu’elle conduisait un van. Ici, on ne s’embarrasse pas de précautions : le cadavre est filmé ouvertement, sans précautions, néanmoins en évitant soigneusement les gros plans (la bonne conscience puritaine ?) mais en montrant toujours assez pour tomber dans le voyeurisme infâme. Les personnes qui souhaitent témoigner à visage caché sont mises en scènes dans une espèce de face à face malsain avec l’interviewer. L’anonymat n’est pas toujours complètement respecté (les voix ne sont pas masquées) et les questions sont totalement manichéennes et orientées. Le suspect appréhendé par la police est toujours filmé suivant le même scénario : cadrage large sur l’individu « menotté » entouré des forces de l’ordre aux inévitables lunettes de soleil et chewing gum « comme dans les films » suivi par des gros plans saccadés et montés à la volée. On ne voit jamais la partie supérieure de la tête du personnage ; elle est « coupée » au niveau du front. On insiste aussi lourdement sur la population, ivre de douleur et de vengeance, prête à lyncher le coupable livré à la vindicte populaire. 

            Dans le déroulement d’un journal télévisé, il n’est pas choquant de trouver un reportage sur un kangourou échappé d’un zoo en Australie avant un reportage sur les élections municipales en Algérie même si on insiste surtout sur les « phénoménales » ressources pétrolières du pays.

            Ce petit voyage à travers les médias américains permet de comprendre certains comportements et mimiques de nos journalistes hexagonaux. On singe sans même réfléchir, témoin les murs d’images (en fait d’écrans TV) derrière le présentateur d’un journal de JT. C’est typiquement copié des CNN et autres ABC. Petit bémol tout de même, aux USA tous les médias « appartiennent » à une compagnie privée. On vous précise clairement et sans honte s’il y a des interférences possibles entre l’information évoquée et les intérêts privés de ce groupe industriel : « ABC, qui est la propriété de Disney, .... »

            On a beaucoup disputé sur les disparités au sein la société américaine. La question est donc : y - a-t-il plus de « pauvres » à San Francisco que dans une grande ville européenne ? Il est toujours difficile d’effectuer ce genre de recensement quand on n’a pas, à mon sens, le temps pour le faire sérieusement. Oui, il y a des homeless en Californie, beaucoup même, mais plus qu’à Paris, je n’en suis pas si sûr. Ils vivent surtout « en surface » c’est à dire que le MUMI (l’équivalent de notre métro mais en bien moins développé) ou que le BART (à peu de choses près notre RER) ne sont pas envahis par les clochards et autres déshérités. C’est sans doute une conséquence du climat. Il fait suffisamment bon pour vivre à l’air libre. Les zones les plus touristiques et les plus commerçantes sont les plus « peuplées » par ces oisifs, avec en premier lieu Market St. L’agressivité ne semble pas être de mise. On demande juste, et souvent avec humour, un quarter pour manger ou boire. Néanmoins l’effet conjugué de l’alcool et des substances prohibées paraît être détonnant et on croise de temps en temps des regards dont on n’est pas prêt d’oublier l’étrange lueur. Il y a certainement du banditisme à San Francisco (dans quelle ville n’y en a t-il pas ?) mais ce n’est tout de même pas l’ambiance de Streets of San Francisco . Toute fois on évitera soigneusement le quartier de Tenderloin au nord de Civic Center dont la réputation le précède. Comme partout, les minorités (donc ici noirs et hispaniques) sont les plus représentées au sein du peuple de la rue. Les asiatiques sont, comparativement, beaucoup moins nombreux : entraide intra-communautaire plus importante face à la misère?

25 octobre 2007

Overview

[mardi 21 octobre 1996]

 

 

Temps brumeux et frais mais pas du tout gênant pour la visite, bien au contraire. Souvent, lorsqu’on arrive dans une ville inconnue, on cherche naturellement à en prendre la mesure, à en saisir les limites. A San Francisco, il y a beaucoup de ces endroits d’où le regard peu embrasser la cité. Nous commençâmes donc par le célèbre Fisherman’s Wharf et ses quais (Pier 39 &41). C’est la partie nord de la ville, un bord de mer qui fait fasse à Alcatraz. On a une vue rapprochée sur la ville du Financial District à Fort Mason en passant par Nob Hill. Le lieu en lui-même est un nid (un piège ?) à touristes. Il y a fort à parier que bon nombre d’entre eux n’auront en mémoire, bien longtemps après leur départ, que ces quais en bois où se prélassent une centaine d’otaries. Rien, ic,i ne m’a parut agréable. La partie du Pier donnant sur la baie est bien protégée - je veux dire que les boutiques de souvenirs n’ont pas le droit d’y séjourner. Mais, à l’intérieur des anciennes cabanes de pêche,s ce ne sont que restaurants et échoppes de toutes sortes. Résultat, ces planches ternies par les agressions de la mer constituent la troisième attraction du pays (après Disneyland et Disney World) avec 10 millions de visiteurs chaque année. Le quartier en lui-même est quelconque. Ce n’est pas étonnant quand on a une éponge à touriste à proximité. Un bâtiment pourtant fait exception : c’est Ghirardelly Square, ancienne chocolaterie construite en petites briques rouges qui a son charme et qui abrite une galerie commerciale. La promenade se poursuit tout naturellement vers le quartier de la Marina (sur le front de mer) en passant derrière Fort Mason, anciens entrepôts de l’armée du Pacifique. On change alors de vue et on a en face de soit les quartiers de Cow Hollow et Pacific Heights, durement touchés lors du dernier tremblement de terre car en grande partie construits sur des remblais.

            Nous avions décidé, pour ce premier jour, d’avoir une vue d’ensemble de la ville, pour choisir les endroits qui nous paraissaient être intéressants à découvrir plus longuement. Le groom de notre hôtel nous indiqua le moyen de visiter la ville en bus. En réalité, la réception est équipée pour réserver des places à ses clients auprès des agences spécialisées dans ce domaine. En cette après midi toujours aussi brumeuse, nous voilà donc en compagnie de quelques américains et japonais en train de suivre en grande partie, la 49 Scenic drive, sorte de jeux de piste sur 80 kilomètres qui parcourt la ville en passant par les principaux monuments et points remarquables. Ce n’est pas une visite au lance-pierre, vu que la ballade dure presque 4 heures. On part de Fisherman’s Wharf vers Nob Hill, que l’on peut qualifier pêle-mêle de quartier des riches, des ambassades et des hôtels luxueux. C’est une colline d’où l’on domine la ville, surtout les quartiers nord. On passe ensuite à Chinatown, la « plus grande ville chinoise hors d’Asie » dont Stokton St et Grant Avenue sont les lieux les plus actifs et qui regorgent de boutiques de hi-fi d’origine asiatique et d’antiquités d’Extrême-Orient. Ce quartier, pourtant limité par son étendue géographique, reste le poumon de toute la communauté chinoise de San Francisco (Bank of Canton, Chinese Cultural Center). On quitte le centre ville pour le Presidio, immense écrin de verdure sauvage (740 ha, 80 km de piste forestière) libéré par l’Armée il y a 3 ans. L’un des points les plus marquants de la ville est sans aucun doute la possibilité de passer, en quelques mètres, de zones urbaines denses à de véritables forêts. Au nord du parc, la terre se resserre pour donner naissance au Golden Gate Bridge qui semble être son prolongement naturel. On fait donc un arrêt au pied du mythe qui vous domine de sa majesté et de ses 230 mètres. Cet édifice possède un magnétisme certain. Ce n’est sans doute plus ni le plus long ni le plus audacieux mais sa fierté apparaît dans sa robe rouge - pardon, « orange international » - de peinture antirouille, renforcée ce jour là par une brume tenace empêchant de découvrir le sommet de ses deux piliers.

            La visite se poursuit par l’Ouest de la ville, le Lincoln Park et Cliff House dont je reparlerai bientôt. On atteint ensuite le Golden Gate Park, situé bien loin, au sud, du pont qui lui donne son nom. C’est encore 410 ha (5 km de long !) de verdure ondulant sur d’anciennes dunes de sable. On est surpris de la diversité des espèces végétales présentes en ce lieu. Du simple pin au bonsaï du Japanese Tea Garden. Les monuments ne sont pas en reste avec le De Young Museum [Arts anciens (Egypte, Rome, Grèce) et Africains] et la California Academy of Sciences.

            On poursuit avec l’ascension de Twin Peaks où ; ce jour là ; il n’y avait rien à voir vus la brume et le vent violent qui recouvraient la ville. Néanmoins on reste estomaqué devant le prix des habitations de ce quartier. Un million de dollars pour un studio - qui de l’extérieur est loin d’attiré l’œil - avec, néanmoins, vue superbe sur la ville et la baie.

            On termine par Castro et Mission dont je reparlerai plus longuement avant de venir s’échouer sur l’inévitable Fisherman’s Wharf.

            Le soir dîner à Cliff House, monument sans grâce, posé au nord d’une immense plage à surfeurs, sur un éperon rocheux qui fait face au Pacifique. Les phoques et les otaries de l’océan viennent s’y prélasser. Les amoureux viennent y déguster la spécialité de la maison : la langouste. Pas beaucoup de monde, justement, ce soir là : tout juste l’immanquable couple de Japonais et le groupe de lycéens qui fête une probable réussite aux examens. Les tables sont disposées le long d’une baie vitrée de telle sorte qu’on ne peut manquer de voir, tour à tour, l’immensité de l’Océan, les bateaux qui sortent de la baie et le scintillement des lumières de Richmond et de Sunset dans la nuit claire.

24 octobre 2007

Derniers kilomètres

 [lundi 20 octobre 1996]

Petit déjeuner copieux (butter croissants délicieux, servis avec un café sans saveurs, type jus de chaussettes). La serveuse - Karen, si ma mémoire est bonne car son prénom était indiqué sur le ticket de caisse - est charmante et, suivant l’avis de F., typiquement américaine. Possible ! Je me souviendrais en tous cas longtemps des jolies dents blanches type rangées de perles.....Départ assez matinal vers la Californie. Contrairement à ce qui était initialement prévu nous décidâmes de rejoindre Sacramento par le Lake Tahoe (dites « tao ») et la Sierra Nevada pour éviter la route directe, probablement monotone, par l’Interstate Highway 80. Bien nous en a pris ! Voilà un lieu de toute beauté qui restera comme un agréable moment de ce voyage. Imaginez (pour ceux qui le connaissent) un lac d’Annecy en plus vaste (35 km de long) et à presque 2000 mètres d’altitude. L’eau est vraiment d’une transparence peu commune malgré la concentration importante de maisons, hôtels et villes remplies de casinos (et donc de touristes pollueurs). Pour arriver jusque là, il faut passer par un col au pied du Rose Mount où est installée l’une des plus anciennes stations météorologiques des Etats-Unis. Même en cette fin de la belle saison, il restait de la neige dans les endroits abrités du soleil ce qui somme toute, est assez surprenant, vu l’altitude très moyenne. On imagine sans peine le climat rigoureux en hiver. On est d’ailleurs pas très loin de la Squaw Valley où se déroulèrent les jeux olympiques en 1960. La végétation hésite en permanence entre étage subalpin et désertique : la pampa dans les sapins. Bref, un parcours superbe le long de la rive sud du lac jusqu'à South Lake Tahoe. La Highway 50, qui devait nous ramener directement vers la plaine de Californie étant impraticable ce jour-là, on nous fit faire un détour considérable (peut-être 50 à 80 miles de plus) par de « petites » routes de montagnes au goudron pourtant parfaitement lisse. C’était, bien entendu, une aubaine pour nous, vacanciers sans soucis d’horaires. Paysages de western dont la beauté vient surtout des contrastes en matière de couleurs : verts des sapins et bruns roux des prairies desséchées en cette toute fin d’été. 

            Après un tel spectacle, l’arrivée sur Sacramento laisse pantois et déçu : un royaume de zones industrielles entrecoupées de quelques champ désertiques (toujours en raison de la saison). C’est déjà l’heure d’avoir des regrets mais c’est la Californie et le charme est ailleurs. Jusqu'à San Francisco, ce n’est qu’une gigantesque autoroute qui, quelques fois, atteint les 2 fois 8 voies où le trafic est en permanence saturé tout en restant malgré tout fluide. Je pense que cela tient, en grande partie, à la façon de conduire des américains. On reste cool, on maintien le rythme sans énervement, bref on cruise tranquillement. Le déjeuner fut pris - bien tardivement, disons à 15 heures - à Fairfield dans la grande banlieue de San Francisco. Le restaurant est, ce qu’on appelle en France, un « Routiers ». On mange pour son argent dans une atmosphère de chauffeur de trucks. On entend -sans les comprendre- les blagues que l’on imagine salaces et qui déclenchent, de temps en temps, l’hilarité générale.

            L’arrivée à San Francisco est vraiment magistrale. Déjà, en longeant la partie nord de la Baie, on sent quelque chose de différent. La lumière particulière, accentuée par le soleil couchant, donne l’impression d’avoir à découvrir une vue magique au prochain tournant. On n’aperçoit la ville qu’au niveau de Berkeley, c’est à dire juste avant de traverser le bras de mer intérieure par l’Oakland Bay Bridge. Pont majestueux à deux niveaux qui fut durement touché lors du tremblement de terre de 1989 et qui relit l’est de la Baie au downtown et d’où l’on jouit d’une vue superbe sur le quartier des affaires et ses buildings ainsi que sur le Golden Gate, très loin, là-bas, dans la brume qui garde l’entrée du fjord. 

            Pas le temps de rêvasser et de se dire « enfin à San Francisco ! ». Il faut vite se souvenir que l’on est arrivé dans une grande ville et donc sortir son plan détaillé. Après quelques hésitations (où était la sortie US 101 North pourtant si clairement indiquée sur les plans ?) on est heureux de se retrouver au pied du Beresford Hotel, 625 Sutter Street.

22 octobre 2007

Arrière-pays

[dimanche 19 octobre 1996] 

Temps toujours au beau malgré quelques cirrus inoffensifs. Départ de « bonne heure » pour profiter de la fraîcheur du matin. Heureusement, la voiture est climatisée. Pas grand chose à dire justement au sujet de l’automobile : une Toyota Paseo, petit coupé japonais aseptisé à boite automatique mais très confortable. 

            Malgré toutes les cartes du monde en notre possession nous avons (déjà) réussit à nous perdre à quelques encablures de Boise. Le pays est aussi désertique en plaque de signalisation routière qu’en âme qui vive. Après avoir un peu cherché, l’US 95 nous accueillit pour quelques miles. Très exactement 260 jusqu'à Winnemuca. Rien de plus difficile que de décrire ce qu’il y avait à voir car c’est clair qu’il aurait fallut que vous y fussiez pour apprécier pleinement le paysage. Ce qui marque le plus, c’est l’immensité, l’impression objective de n’être rien du tout dans ce grand pays. Des lignes droites à n’en plus finir qu’on a le temps de jauger vu la faible vitesse autorisée (55 mph, attention aux shérifs embusqués aux croisements). De temps en temps, un virage. Végétation très peu changeante, à base de d’herbes hautes sèches groupées sous forme de touffes éparses. Une impression de pampa. On croise quelques fermes isolées que l’on repère de loin à cause des arbres : des peupliers, surtout, qui survivent grâce au point d’eau. Très peu de bétail visible même si on imagine les immenses troupeaux cachés derrière les collines. Sur tout le parcours le ciel était vraiment d’une clarté assez incroyable sauf dans le lointain, vers l’ouest, où l’on distinguait quelques cumulus traduisant la proximité de zones montagneuses (déjà la Sierra Nevada ?). L’absence de traînées de condensation d’avion traduit bien le gigantisme du pays : il y a suffisamment de place dans ce pays pour que les avions passent ailleurs. Arrêt essence à Burns Jonction où il n’y a rien sinon des stations services. Tous les grands pétroliers du pays sont présents même au fin fond de l’Oregon: Amoco, Chevron, Texaco. Ne cherchez pas d’Elf ou de Shell. Quand on a faim dans cette contrée et vu le peu de villes mieux vaut planifier ses arrêts. Nous fîmes donc halte à Mac Dermitt, c’est à dire moins de 500 mètres après la frontière entre l’Oregon et le Nevada (ce détail à son importance), dans ce que nous croyions être un café. Aussitôt la porte d’entrée franchie, nous comprîmes vite notre erreur. Oui, il y avait bien de quoi se restaurer dans ce pays mais sous le vacarme des machines à sous. Imaginez une trentaine d’américains déversés dans ce lieu par les autocars effectuant la liaison Californie/Boise. Les quarter (25 cents) pleins la main, ils s’agitaient frénétiquement dans l’espoir d’un improbable jackpot. Premier Burger vraiment américain du voyage servit avec beaucoup de cordialité par une employée dont je pense que c’était peut-être une lointaine descendante de ces native american (comme disent pudiquement les blancs après les avoir exterminés durant un siècle).

« Where are you from ? »

« France ! »

« Really, lost ? »

« No!... vacations »

            A Winnemuca (6.000 âmes (humaines)), on attrape la mythique Interstate Highway 80 qui traverse le pays de New-York à San Francisco. « Importante colonie basque, un Français fut le premier à s’y établir en 1850 », nous dit le Guide Bleu. Ville très peu attachante avec ses immenses parcs à camions et ses innombrables motels à $10 la nuit. La route se poursuit vers Reno. On suit l’Humbolt River et ses anciennes cités minières aujourd’hui villes fantômes. Plus au sud, et toujours sur ce plateau à 1500 mètres d’altitude on croise les premiers lacs salés. Spectacle assez surprenant de terre noire et de langue d’albâtre mélangés. On longe la partie sud du Black Rock Desert où, quelques semaines avant notre passage, un véhicule « terrestre » a dépassé, pour la première fois, le mûr du son. La fin d’un mythe ? 

            A Reno (135.000 habitants), le spectacle est déjà différent. Au pied de la Sierra Nevada, la ville et ses néons font déjà plus penser à la Californie qu’aux lacs salés. Pour résumer, c’est une ville détestable avec architecture complètement incontrôlée, sans âme et sans génie. Nous avions réservé une chambre au Hilton, alléchés par le prestige de l’enseigne et, surtout, par le faible prix de la nuitée affiché dans le guide Mobil des Best Hotels. Imaginez un immeuble d’une vingtaine d’étage comportant plus de 2000 chambres planté entre une autoroute et l’axe des pistes de l’aéroport, tout proche. L’entrée est majestueuse avec sa moquette épaisse aux couleurs criardes et mal assorties. Le rez-de-chaussée est immense. L’absence d’éclairage naturel et le plafond très bas renforcent cette impression. L’accueil est à l’échelle du lieu : en permanence 20 à 30 personnes pour vous servir (rien que pour le Guest Registration). La partie centrale du hall est un gigantesque parc à machine à sous. On commence à comprendre pourquoi les prix pratiqués dans cet hôtel sont si compétitifs....Autour de l’Enfer, ce ne sont que restaurants (d’ailleurs pas si mauvais, nous en ferons l’expérience le soir), boutiques de luxe et jeux vidéos. La clientèle est clairement identifiable : l’américain moyen qui vient passer un ou deux jours pour le casino ou le congressiste studieux. La chambre mérite tous les superlatifs : insonorisation parfaite, lits doubles, fermes mais confortables (la literie aura toujours été de très bonne facture dans les hôtels où nous séjournâmes durant ce voyage), salle de bains en marbre, serviettes éponges à profusion, petits savons à la glycérine pour les peaux sensibles (!), télévision avec plusieurs dizaines de canaux dont au moins 3 internes à l’hôtel et ainsi de suite. Un joli cocon pour récupérer des 420 miles de route et, surtout, pour faire de beaux rêves.

20 octobre 2007

Repos...

 [Samedi 18 octobre 1996]

Journée de récupération ; c’est aussi l’occasion de découvrir Boise (prononcez Boïzi) et ses environs. Voici le genre de ville qui ne me laissera pas un souvenir impérissable. Tout, ici, sent l’Amérique profonde, conservatrice et endormie. Activité quasi nulle dans le downtown, c’est à dire dans une zone s’étendant sur quelques pâtés de maisons. Résidence du gouverneur qui ressemble à un mélange très kitsch de Maison Blanche et de Sénat américain. Quelques magasins, quelques belles pelouses et c’est tout. Où étaient les habitants du lieu en pleine après-midi de ce samedi ordinaire? Mystère ! F. pense que la majorité d’entre eux croupie devant la télévision, le reste profite des derniers rayons du soleil dans des activités de plein air (la pêche dans la fameuse Snake River). La visite de la campagne environnante a peu modifié mon jugement. La végétation désertique, alliée à une géologie particulière (les laves basaltiques fortement érodées) et au climat, ont formé un paysage des plus arides qui choque le plus souvent l’œil. F. affirme s’enthousiasmer de cette région stérile. Tant mieux pour lui ! On est ici à mille lieux du Val de Travers et de ses forêts de hêtres si chères à mon coeur. Néanmoins tout ceci est dépaysant et, au fond, n’est-ce pas ce qui compte quand on voyage ?

Le logis de F. est situé dans une zone formée de petites maisons attenantes les unes aux autres et toutes identiques. On ne peut s’empêcher de penser à une sorte de « cité Michelin » version Etats-Unis. D’ailleurs, beaucoup d’employés de M* ont leur résidence dans ces pavillons. L’appartement fut une agréable surprise : vaste, lumineux et neuf. C’est un trois pièces en duplex dont les chambres sont à l’étage (avec salles de bains privées). Le rez-de-chaussée regroupe un vaste salon et une cuisine américaine (forcément !) avec un accès direct dans le garage privé de Monsieur. Tout cela pourrait être parfait sans cette horrible moquette turquoise à poils longs qui recouvre tout le sol (hormis le garage, mais on finit par se demander si ce n’est pas un oubli). L’aménagement intérieur est inexistant. F. n’a pas profité de son déménagement pour prendre de bonnes résolutions [« Je commençais ma réforme par mon équipage », Rousseau, les Confessions]. Le terrible désordre qui régnait dans son logement grenoblois est en train de se reproduire dans cette bâtisse : mobilier absent et sol jonché de livres et d’articles scientifiques ne sont que deux exemples pour juger du laisser-aller. A chacun sa liberté, à chacun son bonheur !

En fin de journée, nous allâmes en pèlerinage découvrir la maison de cette autochtone  - son nom m’a échappé - dont la bâtisse est à quelques distances de la Capitale de l’état. Ce brave homme, devenu riche par la découverte d’un procédé révolutionnaire de conservation des pommes de terre - l’Idaho est, ne l’oublions pas, la capitale des famous potatoes - s’est fait construire une seigneurie sur un petit escarpement en pleine zone désertique. Pour marquer son territoire et surtout pour montrer à tous sa richesse, il entretient, sans doute à grand frais, un gazon des plus verts sur le monticule. Cette tache de verdure dans l’immensité aride est déjà surprenante mais ce n’est pas tout. Le bonhomme est patriote et pour le prouver, un immense drapeau américain flotte au vent à côté de son château. A vu d’œil, le mat fait bien 30 à 50 mètres de haut et l’étendard est à l’échelle du pylône, de telle sorte que son attachement à la nation est visible de tous (et de loin). Ce fut la première occasion de ricaner franchement de ces Américains. 

 Le reste de la journée fut consacrée, pêle-mêle, à quelques courses au supermarché Atkinson’s et à réserver nos chambres d’hôtel pour Reno et San Francisco.

18 octobre 2007

Doigts agiles

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Une musique pour le repos de l’âme douloureuse.

Un disque qui vient de paraître mais qui, si j’ai bien compris, est une réédition d’un enregistrement de 1990 publié ailleurs. Les 4 & 5 décembre prochains, nous irons écouter à la MC2 de Grenoble son interprétation du Clavier bien tempéré.

Envol

[Vendredi 17 octobre 1997]

 Réveil matinal pour attraper une navette vers l’aéroport de Satolas. Il fait beau mais un peu frisquet. On rêve déjà au chaud soleil de Californie. C’est, à mon avis, à ce moment précis que l’on rentre vraiment dans le voyage : des horaires à respecter, des temps d’attente dans des halls d’aérogares froids et tristes.

Pas beaucoup de choses à dire sur le vol Amsterdam - Lyon : du retard au décollage (déjà !). Rentabilité oblige, un seul avion (un Fokker 70) fait apparemment les aller - retour : on attend le vol en provenance de Hollande pour partir. En un clin d’œil, l’avion est nettoyé, chargé des bagages des passagers et de l’éventuel fret. Les plateaux repas vides sont envoyés au recyclage : sur KLM City Hopper, les couverts sont en métal et presque plus lourds que ce qu’il y a à déguster dans l’assiette. Personnel de bord charmant et dévoué mais on ne parle déjà plus Français : anglais ou batave, vous avez le choix.

Arrivée à Amsterdam dans les nuages bas qui permettent cependant d’admirer la terre gorgée d’eau de ce beau pays : canaux, marais et lacs disputent aux prés l’espace laissé libre par les agglomérations. L’aéroport de Schiphol donne un aperçu de ce qu’est aujourd’hui un grand aéroport international : pistes d’atterrissage et de décollage qui se croisent, activité incessante tant sur le tarmac que dans les airs. Mais ce n’est rien par rapport au trajet que doit effectuer les passagers : les terminaux internationaux et « nationaux » (je veux dire en réalité le fameux espace Schengen) sont très éloignés les uns des autres. Hormis le fait de voir le ciel, on pourrait presque se croire sur les grands tapis roulants horizontaux d’une station de métro comme Châtelet.

Je retrouve F., en provenance de Paris, au niveau de la porte d’embarquement de notre vol transatlantique. Comme d’habitude très énervé et remonté contre tout le monde. Il ne faut pas y porter attention et se réjouir pour deux de se rencontrer après 10 mois sans « visibilité », malgré les e-mails. Il ne fait pas partie de ses gens qui vous sautent dans les bras à chaque retrouvaille.

Première chose surprenante, un employé de la compagnie aérienne vous demande benoîtement si, par hasard, vous ou un inconnu n’aurait pas mis une bombe dans votre sac. Les questions ne sont bien sûr pas aussi directes mais c’est ce que l’on cherche à savoir.

Après ces tracasseries indispensables, nous partons donc vers le Far West en DC-10. Avion dont la conception date de la fin des sixties - j’ai appris ce détail dans le livret de sécurité situé sous mon siège. Non, pardon ! C’est le gilet de sauvetage qui est sous mon séant. Cet aéronef se révéla surtout assourdissant quand on est placé, comme ce fut notre cas, près du réacteur « dorsal », c’est à dire à l’arrière. A ce propos, je me souviens qu’un de mes profs de résistance des matériaux illustrait son cours avec les statistiques relatives aux catastrophes aériennes. Sans rentrer dans les détails techniques et statistiquement (ce qui veux tout dire...), il vaut mieux se trouver à l’arrière d’un avion en cas de crash. C’est la zone qui résiste le mieux du fait de la construction de l’aéronef. Si tôt décollé, les hôtesses de Northwest Airlines attaquent leur ballet bien réglé : un petit rafraîchissement, puis le dîner (à 6 heures de l’après midi !) : chicken or beef ? Ensuite les inévitables films « tout public » sensés nous faire passer le temps à défaut de nous faire réfléchir sur quoique ce soit de profond. Donc « le mariage de mon meilleur ami » avec la belle Julia. Discussion très vive à ce sujet avec Francis qui considère ce film comme « très bien » et qui ira même jusqu’à acheter la bande annonce au Virgin de Market St. à San Francisco. En ce qui me concerne, j’ai suivi le film sans les écouteurs sur les oreilles (et je pense ne pas avoir loupé grand chose). La seule question qui restera sans réponses à mes yeux : d’où vient le plaisant magnétisme qui se dégage de cette charmante actrice ? Après réflexion, je suppose que ce sont ses narines diaphanes qui me font inévitablement penser aux nasaux d’un pur-sang après le prix de Diane. On va me croire misogyne.

Après 9 heures de moulin à café et malgré quelques belles vues sur le détroit du Labrador et les glaçons à la dérive, l’arrivée sur le sol américain ne peut être vécue que comme une délivrance. Soleil couchant et grand virage autour de la cité du king of Minneapolis. Comme souvent aux USA, la ville paraît être sortie de nulle part avec ses building de verre et d’acier entourés de prairies et de magnifiques petits lacs qui forment un écrin de nacre dans le vermouth. Atterrissage très long sur la piste qui surprend quand on est habitué à la brièveté de celui d’un A320 d’Air Inter (pardon d’Air France Europe).

Premier écueil de taille quand on arrive aux pays des libertés individuelles : le service d’immigration (customs). Avant d’atterrir, on aura pris le soin de remplir le formulaire vert (available même en version traduite en français !) qui, après avoir vous avoir demandé de décliner un minimum de votre identité et de votre lieu de séjour, vous invite à répondre à quelques questions d’importance comme « Etes-vous venu aux USA pour commettre un acte terroriste ? ». Ailleurs qu’ici on pourrait rire doucement mais comme l’indique une note au bas du formulaire, vous êtes priés de prendre contact, avant votre départ, avec l’Ambassade des Etats-Unis la plus proche de votre lieu de résidence si vous êtes susceptible de répondre « oui » à, au moins, l’une des questions posées....

Bon, en réalité tout se passe bien : après avoir sagement attendu derrière la ligne jaune (une constante aux USA, que la Poste Française a également mis en service dans ses bureaux nouvellement aménagés) on tombe sur un fonctionnaire fédéral visiblement fatigué d’avoir à contrôler tant de passeports et de formulaires d’immigration. Après les vérifications d’usages, le passeport est tamponné sans autre forme de procès. Le parcours du combattant n’est pas terminé pour autant. Après avoir provisoirement récupéré son bagage de soute, il faut se plier au service de la FDA qui vous questionne sur les produits consommables que vous vous voudriez importer et qui seront, de toute façon, mis à la poubelle. C’est interdit sauf procédure complexe préalable. Premiers contacts avec l’Amérique dans cet aéroport de St Louis. Tout ici est très clean : pas de papiers à terre, éclairage très doux, un certain luxe dans les nombreuses boutiques de l’aérogare. Le silence qui règne malgré la foule est au premier abord surprenant. Je pense maintenant que c’est surtout le contraste avec le bruit produit par les assourdissants réacteurs Rolls-Royce du DC10 qui est responsable de cette drôle d’impression.

Suite du voyage vers Boise après l’inévitable attente dans les halls à moitié désert à cette heure tardive. Cette fois-ci c’est à un DC9 que nous confions notre vie. Dommage que le voyage se soit déroulé de nuit (3 heures de vol) car les contrées survolées (Minnesota, South Dakota, Wyoming, Idaho) doivent être magnifiques vues du ciel. Mieux vaut alors fermer les yeux et rêver.

17 octobre 2007

Quatre filles dans le vent

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Un disque que j’aime beaucoup ces temps-ci, bien que je n’aie pas la tête à la musique et encore moins à la rêverie en ces moments difficiles, pénibles pour tout dire assez troublants qui me font penser que je suis plongé dans une (mauvaise) imitation d’une pièce de Tchekhov ou un (mauvais) remake d’un film de Bergman. Enfin bon, l’ensemble Ardeo est vraiment très bien dans ces deux quatuors de Charles Kœchlin, pièces très variées, sombres et résignées ou, au contraire, printanières, qui accompagnent à merveille les sentiments qui m’habitent actuellement. Ce disque est publiée par un label discographique (AR RE-SE, « celles-là » en breton) ne regroupant que des artistes femmes.

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