Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Une loi scélérate !

Je ne sais pas vous (tournure sympathique) mais je suis actuellement harcelé de messages électroniques sur ma messagerie professionnelle provenant de collègues bien intentionnés, pétitionnaires aguerris qui n’ont de cesse de vouloir me faire réagir à cette affreux projet de loi adopté par l’assemblée nationale le 23 octobre dernier « relatif à la maîtrise de l’immigration, à l’intégration et à l’asile ». Il s’agit du projet n°47 de loi (assez joliment dite « petite loi ») que l’on peut lire ici. La pétition du jour est celle-ci. Outre que les noms qui y figurent (par exemple, ceux de MM. Aounit, Sopo) ne me donnent absolument pas envie d’y ajouter le mien, je trouve que le délire le plus féroce règne actuellement autour de ce texte (ou d’une partie de ce texte). Ses opposants, qu’actuellement rien n’arrête puisqu’ils n’hésitent pas à parler de rafle pour une reconduite à la frontière en application de la loi), nous parlent au sujet de cette loi de « flicage », de statistiques au faciès, etc. Lorsqu’on lit le passage incriminé de la loi, on découvre que l’article 20 (alinéa 1) concerne: « Les traitements nécessaires à la conduite d’études sur la mesure de la diversité des origines des personnes, de la discrimination et de l’intégration […].La présentation des résultats du traitement de données ne peut en aucun cas permettre l’identification directe ou indirecte des personnes concernées. » ne pourront se faire que dans le cadre de la loi informatique et liberté et que cela ne concernera (alinéa 3) que « Les traitements statistiques réalisés par les services producteurs d’informations statistiques définis par un décret en Conseil d’État dans le respect de la loi n° 51-711 du 7 juin 1951 sur l’obligation, la coordination et le secret en matière de statistiques, après avis du Conseil national de l’information statistique et dans les conditions prévues à l’article 25 de la présente loi. » En résumé, ces statistiques « ethniques » ne seront menées que par les organismes publics (INED, …) en application de la loi informatique et libertés. Quel projet affreux ! Il faut dire, qu’à l’INED, tout le monde n’est pas du même avis. Il y a des pétitionnaires et il y a des gens qui s’inquiètent de l’aveuglement français sur le sujet (on peut lire ici un avis intéressant). D’ailleurs, l’alinéa 1 ne précise pas que ces statistiques serviront d’emblée à « fliquer » les gens d’origine étrangère mais, également, à « mesurer la discrimination » que subisse ces mêmes personnes. Verrons-nous fleurir, dans quelques années et sous l’influence du génial CRAN, une pétition invitant à mettre en œuvre sans attendre le décret d’application de cette loi puisqu’on sait bien que tout étranger en France subit d’affreuses discriminations (c’est quasi obligatoire, notre pays est raciste !), peu importe qu’ici ou là on voit beaucoup d’étrangers (ou de Français d’origine étrangère) dans nos prisons condamnés pour des délits bien réels et qu’on oublie, nous autres racistes, de nous poser la question qui fâche : pourquoi sont-ils si nombreux derrière les barreaux ? D’ailleurs, on le voit (on n’est pas aveugle, tout de même) mais on ne le sait pas parce c’est interdit de savoir (« pas de statistiques ethniques ! »)

En résumé, avec des appels comme celui-ci, débiles, malvenus, jouant sur des peurs imaginaires (nous vivons dans une démocratie forte, vivante et véhémente (la preuve !), pas dans une dictature), c’est tout un mécanisme qui se met en place visant à défier le pouvoir en place, pouvoir peut-être détestable aux yeux de certains, mais élu par une majorité de Française et de Français.

Sur le fond, on sait très bien que notre président ne vit que dans l’agitation et spécialement dans l’agitation du chiffon rouge (avant de passer à autre chose, pour guérir sa mégalomanie rédemptrice). Les reconduites à la frontière et toutes ces lettres circulaires envoyées aux préfets ne sont que de la poudre aux yeux. Les projets de M. Sarkozy ne sont pas de mettre un frein à l’immigration mais de laisser faire (puisqu’il n’y a rien d’autres à faire que de laisser faire vu que le débat sur le sujet est absolument tabou, l’idée même que puissent exister des divergences sur ce sujet étant le tabou des tabous).

Commentaires

  • "tout un mécanisme qui se met en place visant à défier le pouvoir en place" : c'est bien ce que j'ai traduit des propos de la junte étudiante ce matin, percluse de mauvaise foi et de revanche.

  • et oui, le prurit estudiantin est de retour (maladie saisonnière).
    A bientôt
    D.

Les commentaires sont fermés.