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L'autre rive

 [vendredi 24 octobre 1997]

 

C’était le jour du départ pour F. qui, prévoyant, préférait faire une étape sur le long chemin du retour vers Boise. Il était donc convenu de visiter Berkeley (, dites « beurk-lait », vous ne serez pas loin de la prononciation des autochtones). La renommée de l’Université, et surtout celle de ses nombreux Nobel prices, a dépassé les frontières de la west coast. On trouve donc un campus niché dans la verdure citadine sans véritable domaine propre et clos. Pour ceux qui connaissent on ne peut s’empêcher de penser à Orsay bien qu’ici le lieu soit à la dimension du pays. Sur les coteaux surplombant la ville on jouit d’une vue formidable sur la baie, c’est à dire que l’on voit tout le San Francisco invisible de Twin peaks ainsi que de Oakland, au sud, au Golden Gate à l’ouest.

Nous devions nous séparer à Berkeley, Francis partant vers le nord et moi retournant à San Francisco par le BART. Trouver Ashby Station ne fut pas une mince affaire car aucun des plans en ma possession n’étaient assez détaillés. Un vieux clochard m’expliqua cependant le chemin qu’il me fallait prendre pour rejoindre ma destination : « eight blocks on the right then..... ». Quel dommage qu’en BART la traversée de la baie se fasse par un tunnel ! A midi, j’avais rendez-vous avec mon homonyme D., un « ami de 10 ans » que je n’avais pas revu depuis le lycée et que j’ai contacté, au milieu de l’été, grâce à Internet. Il effectuait son Service National à San Francisco, en tant que coopérant. On peut rêver pire comme situation surtout quand on travaille dans la filiale locale de son employeur français et, surtout, quand votre femme est venue avec vous en Californie. Sa société est hébergée dans un charmant petit immeuble en briques rouges en plein Financial District, au pied de la Transamerica Pyramid. Nous déjeunâmes sur la terrasse du building avec vue imprenable sur la baie. Que de bons moments passés en commun à évoquer ! Nous fîmes ensemble le tour de nos souvenirs afin d’éviter à sa femme le récit de nos turpitudes passées puisqu’il était convenu que je passerai la journée du samedi avec eux.

Peut-on visiter une ville sans découvrir ses musées ? Non, il le faut même car chacun d’entre eux est unique et participe à l’atmosphère du lieu. Ce que l’on voit ici ne se verra pas ailleurs. C’est ce qui le différencie d’un supermarché, par exemple. Le San Francisco Museum of Modern Art (SFMoMa) est installé depuis janvier 1995 dans un bâtiment pensé par Mario Botta : une sorte de cône tronquée, dont une immense verrière est le sommet, diffuse la lumière naturelle dans les salles. C’est une réussite sur le plan de design et parfaitement intégré à coté du Yerba Buena Gardens, poumon vert du quartier de South of Market. On trouve ici un résumé complet de l’art de notre siècle, de l’impressionnisme à l’art abstrait sans oublier la photographie notamment celles, superbes et au pouvoir évocateur si fort par tant de réalisme, d’Edward Weston et d’Alfred Steiglitz. Un autre musée dans le quartier (Ansel Adams Center) est d’ailleurs uniquement consacré à la photographie créative américaine.

Que le monde est petit ! Le soir, j’ai eu la surprise de croiser un collègue grenoblois en promenade sur Market St. Nous sommes allés, comme nous le devions en cette circonstance, boire un verre au Café de la Presse, bistrot français à deux pas du consulat, sur Grant Avenue.

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