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Vieille écorce

 [samedi 25 octobre 1997]

 

Le temps toujours aussi radieux m’accompagne jusqu'à la station Powell du BART. Vingt minutes plus tard et me voici au centre de Berkeley. La ville est toujours le centre d’une importante communauté de hippies. Ce sont les enfants de ceux qui animaient les grandes luttes des années soixante qui sont maintenant assis sur les trottoirs. Telegraph Avenue est toujours le quartier des cheveux longs et des chemises en soie aux teintes criardes. Aujourd’hui la ville dans son ensemble est plus une zone pavillonnaire, où résident les étudiants, les professeurs de l’Université ainsi que les cadres distingués (fortunés ?) travaillant à San Francisco. D. et I., sa femme, résident au rez-de-chaussée d’un pavillon entouré de magnifiques pétunias violets. Après déjeuner, nous partîmes vers le nord et la côte du Pacifique. Le site de Muir woods est une zone protégée et très bien aménagée d’environ 300 ha de séquoias redwoods. Ils sont, à quelques exceptions près, les derniers représentants d’une immense forêt qui couvrait la plus grande partie de l’hémisphère nord il y a 140 millions d’années. Protégés du vent et de l’air salin par de petites collines le long de la côte, ils survivent dans une atmosphère humide et tempérée. Les plus vieux ont 1000 ans, la majorité entre 500 et 800 ans. Leur croissance est extrêmement lente mais certains atteignent 250 feet de haut. Leur écorce très foncée, presque rouge sang, est épaisse d’environ vingt centimètres et renferme de nombreux tanins qui protègent l’arbre des agressions extérieures (insectes, moisissures et .... feu de forêt). L’atmosphère qui règne dans cette forêt primitive est extrêmement surprenante. Vu la taille des arbres, peu de lumière arrive jusqu’au sol, il fait donc très frais et humide (même en plein été). Pas un bruit ne vient troubler le sentiment de quiétude qui envahit le promeneur dans ce lieu. Rien ici n’a changé depuis des siècles. Le public américain, toujours à la recherche de ses racines (ou du fantasme de ses racines), parcourt avec beaucoup de respect et sans vociférations excessives la forêt originelle. 

            Nous reprîmes la voiture pour poursuivre notre périple vers la côte. On arrive en quelques kilomètres à Stinson Beach : belle plage de sable fin faisant face au Pacifique. Malgré le soleil et la chaleur ambiante, l’eau est très froide et bien peu de baigneurs osaient s’aventurer à nager. Aux dires de mes amis, la mer était exceptionnellement calme en ce jour. La houle du large vient à l’accoutumée mourir sur le rivage avec une grande violence. Beaucoup de Californiens étaient venus ici pour passer une belle journée au bord de l’océan en famille ou en sportif. Ici, comme en ville, c’est en effet le royaume des adeptes du jogging au corps sculptural et à la tenue fluorescente. Au retour vers San Francisco, nous eûmes la chance d’assister à un magnifique coucher de soleil, les derniers rayons venant illuminés la côte déchiquetée. Une route tortueuse et panoramique (California 1) longe la côte jusque beaucoup plus au sud, Monterey et Los Angeles : un but, un désir de voyage à elle seule ?

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