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Vent chaud au piquet de grève !

Il y a ce soir sur notre belle région un fort épisode de foehn. Toute la journée les lenticulaires ont volé au-dessus de nos têtes. La température de l’air est montée jusqu’à 9°C à Chamrousse (1785m). Actuellement, elle est de 17,3°C à Grenoble. On se croirait au printemps ! Ce week-end, il faisait au contraire bien frisquet. Du côté des dernières montagnes du sud Jura, les arbres étaient givrés (les arbustes qui grattent aussi), la température largement négative, le froid si sec qu’il n’y a pas de buée lorsqu’on souffle (ça évite d’avoir les yeux collés par les larmes). Personne, comme il se doit, sauf un promeneur (emmailloté comme un Russe de Sibérie) et qui tente de suivre les traces d’un petit félin des hauts-plateaux. Le chien était tout de même content d’aller jeter un coup d’œil dehors.

Ce matin, au Laboratoire, hurlements des fous de la CGT qui appellent à la lutte des classes en allant manifester avec les collègues de la SNCF et autres professeurs syndiqués à la FSU. Beurk ! Il faudrait, un jour, faire un portrait du cégétiste en robe des champs, c'est-à-dire avec une parka bleu-rouge en faux goretex, la clope pendante au bec, la gouaille railleuse et victorieuse, la faconde moulée dans le marxiste le plus nauséabond, le refus acharné de la réalité. Tout progressistes qu’ils se disent, ils refusent le changement, sont arque-boutés sur leurs privilèges de bout de chandelles. Le monde change, pas eux. Je rigole, quelque fois, de les entendre à la cantine lorsqu’ils sont tous ensembles, à se monter le bourrichon, à rêver à d’autres luttes « foutre le bordel et propager la révolution (la grande, la dernière) des traaaavailleurs de la terre entière ». Qu’ils sont risibles, ces petits drôles du passé, fort en gueule mais si courts en idées ! Me font beaucoup rire également, les bobos moelleux de l’EPIC qui m’emploie et qui, pour rien au monde ne louperaient le repas amélioré de noël, gracieusement offert par le dit-employeur, mais qui ne rougissent pas de distribuer ces tracts affreux (de ceux qui tâchent les mains et noircissent le peu d’honneur qui leur reste) en gueulant que vraiment leur situation est affreuse tout en gagnant des salaires très confortables (je n’ose même pas indiquer le salaire moyen ici, tant j’ai honte pour eux), en n’en faisant pas une si ça leur chante (bien que notre métier soit l’un des plus beaux qui soit), etc. La France, notre beau pays, si belle en son héritage de gloire et d’honneur se roule dans le drap du renoncement et de l’immobilité.

Bon, pour parler d’autre chose, j’ai fait ce soir un cake aux fruits secs pour demain matin. Hier soir, improvisation de sept-heures du soir avec une tarte poireaux-pommes-de-terres-lardons-ail-reblochon (photos demain soir, s’il en reste !).

Il y avait une d’interview dans le style rabat-joie d’un certain Jean-Louis Murat dans le Monde de dimanche. Il est chanteur de variétés (à ce qu’il paraît) mais il dit des choses très belles,  profondes et justes. Extraits : « Des gamins stockent 10 000 chansons sur l'ordinateur familial, après les avoir piquées sur le Net. La société, des députés, des sénateurs trouvent cela vertueux ! Or, c'est un problème moral : tu ne voleras point, apprend-on à nos enfants. En outre, ces rapines via le Net s'effectuent dans l'anonymat. […] Mais quelle liberté veut-on ? Celle de se goinfrer ? Avec des gens qui ont 20 000 titres sur leur disque dur et ne les écoutent jamais ? Cette conception ultralibéraliste, qui est au-delà de tout système politique, se résume à peu : la goinfrerie. Internet favorise cela : toujours plus de sensations, toujours plus de voyages, de pénis rallongés, toujours plus de ceci, de cela... […] La démocratisation [de la culture], c'est à l'école maternelle qu'elle doit être ancrée. Une fois les bases et l'envie acquises, chacun peut faire son choix. Par ailleurs, je ne suis pas démocrate, je suis happy few. La culture est le fait d'une minorité, d'une élite qui fait des efforts. Attention, pas une élite sociale ! La femme de ménage ou le facteur sont absolument capables de sentiment artistique […] Et là, comme disait Baudelaire, la démocratie, c'est la tyrannie des imbéciles. Sur MySpace, vous allez voir 45 000 nigauds, les 45 000 artistes ratés qui ont ouvert leur page - j'y suis aussi, parce que sinon on me vole mon nom. »

Commentaires

  • Jean-Louis Murat est en effet loin d'être le plus con des chanteurs (je précise que je n'ai jamais entendu une chason de lui, toutefois, et ne juge, comme vous, que sur interviews).

    Pour les militants de la CGT, que j'ai détestés autant que vous, j'avoue qu'ils commencent à me devenir sympathiques, justement par leur refus de se raccrocher au monde d'avant, où il y avait encore des classes, et donc des luttes, des hommes et des femmes, des enfants et des adultes, etc; et non cette nursery universelle et ces robots à rollers, à gay pride et à techoparade, qui sont censé représenter notre avenir raidieux.

    Face à cette pure horreur, je trouve que la parka et la clope au bec ont quelque chose de presque touchant...

  • MAgnifique, la photo des gratte-culs (je ne connais pas le nom scientifique, mais chez Pagnol et chez Mamie, on dit comme ça)!!!!!

    Le chien est à vous? il a une bonne bouille aussi...

  • Variétés, vous dites? Bah. Jean-Louis Murat est un musicien de pop-rock, très à part dans le décor artistique national. Il chante souvent "des choses très belles, profondes et justes" à l'occasion de concerts intimistes et sur des albums régulièrement débités (au moins un chaque année). Le dernier, Charles et Léo, reprend des textes de Baudelaire sur des musiques laissées en jachère par Ferré.

  • Oui, bon : tout cela est tout de même ce que l'on appelait de la variété, à l'époque où les mots avaient encore un sens.

  • Bien d'accord avec vous, Cher Didier ! Les petites parkas en plastiques sont touchantes, comme souvenirs du passé.

    >Camille:
    A propos du gratte-culs (comme vous dites, avec Pagnol):
    http://www.pixiflore.com/pages/fiche_plante.asp?id_plante=22
    Le chien (c'est une dame chien, en fait) est à ma """"belle-soeur"""", mais aussi un peu à toute la famille. Jolie bouille, caractère en or, assez obéissante mais très gourmande!

    >Richard. Merci de ces précisions. Je suis tout de même d'accord avec Didier. Il faudrait voir ce que donne ce Murat face aux mélodies de Duparc ("Mon enfant, ma soeur, songe à la douleur, d'aller...").

    A tous, à bientôt
    D.

  • ... à la douCeur...

  • Mince, lapsus terrible ! Merci Didier.

  • ah ah le lapsus est pas mal,
    :)
    comment ça va D.?
    si tu es libre aujourd'hui, tu pourrais passer à la librairie Bonne Nouvelle, à partir de 18 h, il y aura la présentation du Bacchanales oiseau avec lectures de textes,
    c'est en outre la seule librairie de poésie sur grenoble,
    (3 rue dominique Villars)
    bisous peut-être à tout à l'heure.

  • ça va, Chère if.
    Merci de ton mesage mais je l'ai lu un peu tard. C'était bien ?
    A bientôt. Bizs. D.

  • J'aime votre ire, et aimerais disserter sur un autre genre de manifestants militants que j'ai cotoyés: les étudiants... Je n'ai pas le courage ce soir et vous embrasse.

    Bonne soirée!

  • J'attends votre dissertation avec impatience! Je vous embrasse également. Bonne semaine. D.

  • En fait, Gai Luron l'a déjà fait, donc ma paresse se justifie toute seule:

    http://presqueriensurpresquetout.unblog.fr/2007/11/22/haine-festive/

    Bonne semaine à vous aussi, les voyages en train seront je pense plus agréables...

  • Et oui, j'ai lu cette excellent chronique de l'ami G.L !
    D.

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