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  • Strasky Powders

    Petit rêve absolument délirant ce matin, alors qu’il était presque l’heure de se lever et que j’avais très mal dormi. Je suis dans une salle de conférences, assez haute de plafond. S’y tient une cinquantaine de personnes écoutant très attentivement une femme d’une cinquantaine d’années, très grande, les cheveux courts, entre le blond et le poivre et sel. Elle aborde divers sujets, tous très savants, dont je ne comprends absolument rien. Cette petite conférence ressemble à une réunion de scientifiques, tous plus ou moins universitaires mais très tendance underground. Il y a un nuage de fumée qui plane autour de l’auditoire. Celui-ci est très attentif ; notamment, il y a deux barbus à lunettes, tels qu’on en rencontrait sur la côte ouest des Etats-Unis c. 1970. Il règne un silence religieux. L’exposé s’interrompt. Sourire satisfait de la grande dame, applaudissements nourris. Tout le monde rejoint ensuite  la pause café. Un type s’approche vers moi et me dit : « Ton exposé est prêt ? Tu peux le charger sur l’ordinateur à partir de ta clé USB ». Stupéfaction ! Je ne sais absolument pas de quoi je dois parler et n’ose le lui dire. Je bredouille que je n’ai pas de clé USB. Il me propose la sienne (sans remarquer que je n’ai donc rien de prêt). Pendant que les autres draguent autour des machines à café (c’est donc bien une conférence scientifique !), je me lance dans la création d’une présentation power point mais le logiciel refuse de s’ouvrir ou le texte est illisible (il est jaune sur fond blanc). L’écran, bizarrement, n’est pas collé au mur mais il est sous une grande bulle de verre qui constitue le centre d’un petit amphithéâtre où s’agglutine les auditeurs. Une teinte bleutée très suave monte de cette dalle lumineuse. Intérieurement, je me demande ce que sera l’objet de mon exposé. Je suis assez angoissé, même totalement terrifié. Les gens attendent le début de mon intervention. Tout sourire, je leur dis « Je suis heureux de vous parler aujourd’hui de Strasky Powders (sic), la célèbre danseuse new-yorkaise qui renouvela le genre dans les années vingt ». Le rêve s’interrompt ensuite mais cette dernière phrase résonne très longtemps dans mon esprit, accompagnée de la conscience que ce rêve est absolument débile, incompréhensible et que je dois à tout prix m’en souvenir pour vous le raconter ce soir…

  • L'humus même de la vie

    « Un beau jour, quoique nous soyons tous nés révolutionnaires, on s’aperçoit qu’un homme simplement brave, quelle que soit la valeur de son intelligence, un homme gai, courageux, fidèle, sur lequel on peut compter, est non seulement pour nous l’occasion d’une extraordinaire jouissance, mais encore l’humus même de la vie. C’est là, j’en conviens, une sagesse ancestrale, mais elle marque le passage décisif du goût du jeune homme, naturellement tourné vers l’exotisme, au goût de l’homme mûr. »

    Robert Musil, HSQ, deuxième partie « toujours la même histoire », chapitre 76 : « Le comte Leinsdorf se montre réservé », page 407.

  • Sur la suppression de la publicité sur les ondes de France Télévision

    Pour le troisième soir de suite, le 19-20 de France 3 nous présente un long reportage pour dire tout le mal que sera la suppression de la publicité si l’idée sarkozyenne est suivie (comme il fait rarement ce qu’il dit, y faut voir). A d’autres époques, on se serait offusqué d’une telle prise en otage de l’antenne pour faire passer ses médiocres petites idées. Maintenant, tout passe. Il faut dire que les mauvais exemples viennent de haut. Je ne comprends absolument pas la réaction des journalistes de F.T. C’est, au contraire, une chance de se mettre au travail, je veux dire à un travail intéressant. Il faudra tourner des documentaires, des reportages. Il y aura une grande quantité de temps à meubler, ce qui ne pourra se faire qu’avec les journalistes (à moins que l’inspecteur Derrick comble les trous). Mais ces petits médiocres saisissent la balle au bond pour revendiquer et cancaner contre cet ignoble pouvoir. Ce soir, la situation était assez cocasse. Pour illustrer la nécessité d’avoir de la publicité, l’exemple choisi était … le Tour de France et les 23 millions d’euros que F.T. doit débourser pour retransmettre ce triste évènement chaque année (4 millions d’abrutis, en moyenne, regardent, chaque année, les sportifs médico-ionics montés les cols plus vite qu’une mobylette). C’est exactement le genre de dépense qu’on pourra éviter dans le futur. Mieux vaut laisser cette triste farandole à pédales à TF1 : son public est le public du Tour de France. Il faut dire, qu’à F.T., on a perdu depuis longtemps le bon goût (si tenté qu’on l’ai jamais eu) : depuis quinze jours, il n’y en a que pour ce triste film Astérix, dont il ne fallait pas être grand devin (du village) pour voir que c’était un triste navet (*), une opération uniquement et purement commerciale destinée à vendre des produits dérivés en tous genres. Et pourtant, que de reportages sur le tournage en Espagne, que d’interviews insipides de Depardiou et César-Delon ! Début décembre, la star des stars était l’I-Phone. Génie du marketing : pas besoin de campagnes de publicités, F.T. se charge de la promo en paraphrasant le communiqué de presse. Sur TF1, Bouygues oblige, on était moins disert sur le petit joyau commercialisé par France Telecom…

    (*) Ce soir, même la page d’accueil du FAI Alice (plus ou moins affiliée à TF1 et dont il se murmure qu’elle pourrait tomber dans l’escarcelle de Bouygues Telecom) est circonspecte quant à la qualité du film. C’est dire le retournement terrible que va subir ce film. Dans quelques jours, il sera de bon ton, sur les canaux qui l’auront le plus encensé, de dire que décidemment ce n’est pas terrible. Ce faisant, on continuera de parler du film, peu importe que ce soit en bien ou en mal. Ceux qui iront le voir (en majorité des adultelescents nostalgiques, non de leur enfance, mais de l’idée de l’enfance qu’on leur sert à longueur de journée) ne sauront pas vraiment dire si c’est un bon film ou pas. Dans tous les cas, ils achèteront le DVD dans le mois qui suivra sa sortie.

  • Le-bout-du-monde

    Bien agréable petit week-end de fin janvier avec un air printanier, très trompeur puisque dans quelques semaines (sinon jours) il fera de nouveau froid. Nous avons profité du dimanche pour explorer la haute vallée du Bréda (ou le Haut-Bréda), c'est-à-dire la vallée profonde et très alpine qui fait saillie dans la chaine de Belledonne, à partir de la station thermal d’Allevard. Nous connaissions très mal toute cette région, ce qui est un grand tort car le coin est bien désert et fort propice aux randonnées. Toujours de la neige à 1100m, mais de chauds zéphires nous assaillaient jusqu’auprès de la cascade du Pissou, près du bien nommé Fond-de-France (et jadis proche de la frontière avec la Savoie). Au retour, parce qu’il faisait froid (tout de même), nous avons pris un délicieux chocolat au café de la Maison de la nature, joli petit chalet avec un poêle à bois et un (très) gros Saint-bernard à l’entrée !

  • On en pince...

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    Álvaro Uribe Vélez (président de la Colombie)

    Petit clin d’œil à L., ma douce et belle qui, ces temps-ci, en pince pour le (((beau))) président colombien. Bon, je ne comprends pas très bien pourquoi… Elle a bien de la chance que je n’ai pas de photo de la petite vendeuse de la boulangerie Talemelerie à G., celle qui ressemble un peu à Olivia Ruiz mais en bien plus sexy.

  • il faut quelques sentiments dans une femme...

    Nous avons vu, vendredi soir au Cargo, La seconde surprise de l’amour de Marivaux, mise en scène par Luc Bondy avec Pascal Bongard, Audrey Bonnet, Clotilde Hesme, Roger Jendly, Roch Leibovici & Micha Lescot. Ce fut un excellent moment, d’une très grande beauté théâtrale tant la mise en scène est précise et légère à la fois avec cette pointe de modernisme qui porte le propos, l’action et l’histoire vers l’intemporel. Le décor est plutôt minimaliste (qui oserais monter de nos jours une telle œuvre en grands costumes dans des salons à boiseries dorées ?) ; les acteurs vraiment excellents. J’ai beaucoup aimé le personnage de Lisette, très bien interprété par Audrey Bonnet. On retrouve toujours un peu les mêmes thèmes qui avancent en vis-à-vis ou s’entrechoquent (chassés-croisés), ces destins de maîtres et de valets, de pédants et de fâcheux, le personnage du Comte un peu trop vieux pour que son amour pour la Marquise (veuve) soit réciproque, le Chevalier ami-amant, de l’incertitude des sentiments amoureux et de l’incertitude de savoir s’ils sont partagés par l’être aimé. Langue jubilatoire mais qui m’a paru moins aboutie que dans La vie de Marianne (enfin, surtout, dans le souvenir que j’en ai dans le téléfilm de Benoit Jacquot avec la jeune Virginie Ledoyen, c.a. 1994). A voir ! Le spectacle est en tournée dans toute la France après avoir été créé au Théâtre des Amandiers le 17 novembre 2007.

    « Entre nous ; il est étonnant que vous ne vous lassiez point de son indifférence. Parbleu, il faut quelques sentiments dans une femme. Vous hait-elle ? On combat sa haine ; ne lui déplaisez-vous pas ? On espère ; mais une femme qui ne répond rien, comment se conduire avec elle ? Par où prendre son cœur ? Un cœur qui ne se remue ni pour ni contre, qui n'est ni ami ni ennemi, qui n'est rien, qui est mort, le ressuscite-t-on ? Je n'en crois rien : et c'est pourtant ce que vous voulez faire. »

    (Le Chevalier au Comte, Acte III, scène VI)

  • Schlagt! Schlagt! Trommeln!

     

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    Peut-être ai-je enfin trouvé dans ce Trommelschläge (Roulements de tambour), pour chœur mixte et grand orchestre, du compositeur suisse Otmar Schoeck (1886-1957), l’œuvre parfaite. Un extrait ici (fermez les yeux). Je l’ai découverte dans ce magnifique CD de musique pour chœurs et orchestre. Ce morceau a été écrit en une seule journée, le 16 août 1915 : « j’ai laissé éclater toute ma rage contre notre époque » (lettre du compositeur à Hermann Hesse). Tout cela résonne très bien avec l’Action parrallèle qui m’occupe actuellement, notamment pendant la grande séance du chapitre 42 et sqq.

  • Qu'au désarroi batte un cœur

    Es ist Zeit, daß man weiß

    Es is Zeit, daß der Stein sich zu blühen bequemt,

    Dass der Unrast ein Hertz schlägt.

    Es ist Zeit, daß es Zeit wird.

    Es ist Zeit.

    Il est temps que l’on sache!

    Il est temps que la pierre consente à fleurir,

    qu’au désarroi batte un cœur.

    Il est temps qu’il soit temps.

    Il est temps.

     

    Paul Celan

    Corona in Pavot et Mémoire (1952)

  • Ouate-ouate

    Décidemment, la montée au « sommet-sans-nom » est LA promenade du mois de janvier. L’année dernière, déjà, c’était la classique des classiques des randonnées d’hiver. Beaucoup plus de neige, cette fois-ci. Une poudreuse désagrégée mais fine lorsqu’elle est exposée au soleil ; collante et pâteuse lorsqu’elle reçoit la fonte des branches. A pieds, sans raquettes, c’était un peu limite-limite (comme on dit). Mais avec de bonnes chaussures (merci à mes belles et efficaces Millet Explorer GTX), un bon bâton (l’un des rares que le chien C. n’a pas encore déchiqueté) et quelques coups de mollets, on finit par arriver au sommet. Grand soleil, infinie douceur des rayons qui tapent dans le dos lorsqu’on regarde vers les quatre points cardinaux, ronrons lointains venus de la cuvette grenobloise. Et toujours ce bonheur de redescendre avec les artères remplies d’oxygène !

    Toute cette neige est venue bien vite. Vendredi soir, c’était Marrakech à Grenoble ; le lendemain matin Varsovie (notez la chute des températures après minuit !):

     

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  • Un poulet de moins

    Après un culottage (*) dans les règles de l’art, nous avons pu inaugurer notre belle cocotte en fonte par un beau poulet basquaise. Notre gentil petit boucher (« Claude ») nous a régalé de son magnifique gallinacé des Landes (Saint-Sever), Label Rouge, etc. On s’étonne, après avoir fréquenté le poulet de batterie à la mode de la restauration en collectivité, qu’une viande blanche puisse rester ferme, collée à l’os, gouteuse à souhait !

    La fonte a une très forte conductivité thermique (c’est le carbone dans l’acier), ce qui permet, à partir d’un point de chauffage unique de répartir uniformément la chaleur sur la surface de cuisson. Le système (breveté) du fabricant S…. condense la vapeur (dégagée lors de la cuisson) par de judicieux petits picots disposés sous le couvercle, entretenant ainsi le cycle eau-vapeur à souhait (une vraie petite machine thermodynamique). Résultat: la cuisson est rapide (on est assez loin des conditions ces CNTP) mais douce puisqu’il n’y a pas besoin de chauffer à fond pour bien cuire !

    (*) En cuisine, action de saturer finement les pores de la fonte par l’application d’une fine couche de matière grasse (ici de l’huile) et en montant la température. C’est un processus diffusif qui a donc besoin d’une certaine énergie pour s’activer (typiquement Ea= 4.5eV), sinon y passe la "vie des rats".

  • Un coup d'archet

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    J’ai oublié de dire que, dans le film de Mouret, Schubert joue un rôle très important, celui d’un cinquième personnage. Actualité oblige, je me suis donc replongé dans le quintet opus 163 interprété par le Quatuor Orpheus et Pieter Wispelwey. La sonorité des instruments est merveilleuse. Beaucoup d’émotions (passion, amertume, désespoir, joie partagée) passent dans ces quatre mouvements.

  • En vous disant des choses qu’on ne dit point...

    Nous avons vu samedi soir, le dernier film de Emmanuel Mouret Un baiser s’il vous plaît . C’est un petit chef d’œuvre, comme tous les films de ce réalisateur au style bavard et littéraire (on pense souvent à Rohmer). L’histoire est assez simple mais plonge rapidement dans des dilemmes moraux ou affectivo-moraux. Un petit résumé : « en déplacement à Nantes, Emilie (Julie Gayet (merveilleuse)) rencontre Gabriel (Michaël Cohen (parfait)). Séduits l’un par l’autre, mais ayant déjà chacun une vie, ils savent qu’ils ne se reverront sans doute jamais. Il aimerait l’embrasser. Elle aussi, mais une histoire l’en empêche : celle d’une femme mariée (Judith, jouée par Virginie Ledoyen) et de son meilleur ami (Nicolas interprété par le réalisateur) surpris par les effets d’un baiser. »

    Derrière ce marivaudage, se cache une belle étude morale sur l’amitié, et plus spécifiquement l’amitié amoureuse, et plus généralement sur la part de désir qu’il y a dans les amitiés entre les hommes et les femmes. Tous ces thèmes sont traités avec beaucoup de légèreté mais une grande justesse. Peut-être que je me lasse un peu du jeu du réalisateur-interprète qui est, à force, peut-être plus lourd que nécessaire (sa bouffonnerie légère est un peu lassante), mais bon. Les images sont truffées de clins d’œil, d’allusions visuelles, de mises en scène subtiles. On ne s’ennuie pas et cela offre au spectateur la possibilité de réfléchir à ses propres expériences.

    Tout cela m’a fait repenser à mes lectures passées et, plus particulièrement, à la correspondance entre Belle de Zuylen (Isabelle de Charrière, 1740-1805) et Constant d'Hermenches (1722-1785) que j’ai lue avec passion, il y a dix ans de cela. Pour mon plaisir (et j’espère pour le vôtre, également), je recopie ici un long extrait la lettre du 8-9 novembre 1764 au baron Constant d’Hermenches :

    «  J’irai donc à La Haye, d’Hermenches, avec assez de liberté, non pas pourtant avec liberté entière, et tant mieux. Savez-vous ce que je crains ? De vous faire des agaceries indécentes, des caresses ; l’un des freins qui arrêtent les femmes voluptueuses, c’est la crainte de l’indiscrétion, et avec vous il me semble que je n’aurais rien à redouter. Si je vous donnais un baiser, me trahirez-vous ? Peut-être vous croiriez-vous obligé de dire à votre ami qu’il renonce à une femme plus capables de emportements de l’amour que de ses délicates tendresses… Je ne sais ce que vous direz, mais gardez-vous de vouloir enflammer mes sens. Vous me connaissez si bien, il y aura peu de gloire à exciter une coupable émotion, il y en aura beaucoup plus à demeurer mon sage ami, soyez même austère s’il en est besoin ; j’espère que non, que je ne donnerai pas la gloire d’un pareil triomphe, mais enfin je n’oserais répondre de moi dans une occasion unique où un homme sensuel, libertin jusqu’ici, redouté, dangereux, se trouve en possession de tous les secrets de mon cœur , de ma plus intime confiance et m’est tellement attaché que je ne puis redouter de sa part ni perfidie ni mépris. Non, puisqu’après tout ce que je vous ai dit vous ne me mépriserez pas, mes caresses ne me rendraient pas méprisable… Vous les recevriez pourtant avec un mélange de remords qui gâteraient tout le plaisir. Je ne le vous en ferai point, je l’espère, je le crois, mais j’ai voulu dire mes craintes et mes scrupules. C’est une chose étrange que l’habitude de vouloir vous faire lire mon âme. Vous me savez gré de ma sincérité, et moi j’y trouve du plaisir, je la regarde presque comme un devoir, et ce m’est une satisfaction de vous prouver combien je m’en fie à vous en vous disant des choses qu’on ne dit point. Les femmes les moins scrupuleuses ne donnent leurs faiblesses que pour un excès de sensibilité, de complaisances ; je les crois fausses ; si elles sont vraies, je les félicite. Vous êtes trop discret pour me répondre. Retirez votre main s’il m’arrivait de vouloir vous donner la mienne. Adieu. Je me couche. Adieu. »

     

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  • Le creuset où le destin nous coule

    « Qu’est qu’une âme ? Il est facile de la définir négativement : c’est très exactement cela en nous qui se rétracte quand nous entendons parler de séries algébriques. Mais positivement ? Il semble que cela réussisse à échapper à tous les efforts faits pour la saisir.

    […] Il était également possible que cette source profonde, en Diotime, fût définie plus justement comme un élément de recueillement, de tendresse, de dévotion et de bonté qui n’avait jamais trouvé à s’épanouir et avait pris, dans le creuset où le destin nous coule, la forme ridicule de son idéalisme. Peut-être était-ce simple fantaisie ; peut-être l’intuition de ce travail instinctif et végétatif qui se poursuit quotidiennement sous l’enveloppe du corps au-dessus de laquelle nous considère le regard inspiré d’une belle femme ; peut-être vivait-elle simplement parfois de ces heures indéfinissables où les sensations semblaient plus élevées que d’habitude, où l’ambition et la volonté faisaient silence, où une légère ivresse, une petite plénitude l’envahissaient, où ses pensées même si elles ne s’attachaient qu’à un sujet infime, tournaient le dos à la surface et s’enfonçaient dans les profondeurs ; et les évènements du monde, alors, étaient lointains comme le vacarme qui s’élève au-delà du mur d’un jardin. »

    Robert Musil, HSQ, deuxième partie « toujours la même histoire », chapitre 25 : « Souffrances d’une âme mariée »

    Proust en Autriche ?

  • Histoire de détroit

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    De l’autre côté, du réalisateur Fatih Akin, semble avoir beaucoup ému les cinéphiles en 2007. Le classement du gratuit grenoblois Petit Bulletin le porte même à de très hauts sommets parmi les trois millions de films sortis cette année. Bon, autant le dire tout de suite, ce n’est pas un mauvais film. On ne s’ennuie pas, l’intrigue est plutôt bien tournée, basée sur des rendez-vous manqués qui tournent au tragique avec quelques petites touches bien placées sur l’immigration turque en Allemagne vue depuis un fils d’immigré ayant réussi (professeur de littérature allemande) ou depuis la triste vie d’une prostituée. Se greffe là-dessus un peu du destin des minorités (kurdes ?) en Turquie, de leur lutte armée, des revendications politiques (notamment de l’entrée de la Turquie en Europe). Le réalisateur ne semble pas vouloir donner son point de vue, c’est un peu un regard d’un (bon) sociologue, d’un témoin. Ce qui nous change des avis appuyés et bien-pensants (vive le métissage, etc.). C’est donc un film honnête, rempli d’humanité et de réserve, pudique et peu bavard comme le personnage principal magnifiquement interprété par Baki Davrak qui ressemble beaucoup à Romain Duris, je trouve.

     

  • Une de plus

    Et un petit fichier word de plus ; c’est donc que l’année précédente vient de se terminer. Comme tous les ans à pareille époque, il me faut quelques jours pour reprendre mes esprits après une semaine en famille. Dire qu’existent (ailleurs) des familles joyeuses ! Bien heureuses soient-elles ! Enfin bon, c’est maintenant un peu tard pour changer le cours des choses. C’est déjà assez difficile d’échapper à l’hérédité et à la génétique. La moitié de l’existence semble en définitive consacrée à ramer contre le courant, à tenter de s’amender et d’évoluer dans le bon sens. Enfin une bonne résolution pour 2008 !

    Deux belles journées, hier et aujourd’hui, pour se promener. Hier, ce fut le Trièves, vers le col de Cornillon, sous le soleil mais dans la fraicheur. Il y a là-bas, un bien joli château entouré de vastes bâtiments de ferme. Le toit d’ardoises semble être une hérésie mais mieux vaut une bâtisse bien couverte qu’une ruine. L’Obiou était superbe. Il y a une très fine et belle arrête qui court jusque sous le sommet et que l’on voit très bien du village de Mens. Celui-ci était désert, mort, éteint, comme tous les premiers de l’an dans toutes les villes de France. Le Café des arts était clos ; c’est bien dommage car nous pensions admirer ses célèbres peintures. Retour par La Mure, guère plus réveillée. Nous avons jeté un œil (ou deux) sur le clocher de la chapelle du père Eymard qui est plus récent (1606) que je ce que pensais mais qui est très beau (la pierre, surtout, dont il est bâti).

    Aujourd’hui, Chartreuse. Petit promenade digestive vers l’Emeindra-du-dessus, près des crêtes du Sappey, sur le chemin du Col du Coq. Quelques skieurs, quelques promeneurs et un vent désagréable qui soufflait du sud. Hélas, les nuages sont arrivés bien rapidement.

    Court reportage bien intéressant, ce soir, sur un carnet de voyage en Inde de la jolie dessinatrice Carla Talopp (qui, je trouve, ressemble beaucoup à ma Chère amie M. aka E.D.). On aimerait en savoir plus sur l’inde et sur son art mais les dessins et les collage-montages sont très biens.

    Le baril de pétrole a atteint 100 dollars aujourd’hui.

    Au Kenya, les machettes sont de sortie. Pauvre Afrique !

    Nous sommes enfin débarrassés des fumeurs dans les cafés. C’est un sujet qui passionne les journalistes mais toujours dans le même sens, celui du patron de bistrot ou du revendeur de tabac. Pas un seul reportage du point de vue de la santé publique, dont tout le monde se fout sauf lorsqu’on demande un demi-euros d’effort par boîte de médicaments. Triste société. Néanmoins, un bel hommage posthume, par feu Philippe Muray, à la « volute finale », ici.