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31 janvier 2008

Strasky Powders

Petit rêve absolument délirant ce matin, alors qu’il était presque l’heure de se lever et que j’avais très mal dormi. Je suis dans une salle de conférences, assez haute de plafond. S’y tient une cinquantaine de personnes écoutant très attentivement une femme d’une cinquantaine d’années, très grande, les cheveux courts, entre le blond et le poivre et sel. Elle aborde divers sujets, tous très savants, dont je ne comprends absolument rien. Cette petite conférence ressemble à une réunion de scientifiques, tous plus ou moins universitaires mais très tendance underground. Il y a un nuage de fumée qui plane autour de l’auditoire. Celui-ci est très attentif ; notamment, il y a deux barbus à lunettes, tels qu’on en rencontrait sur la côte ouest des Etats-Unis c. 1970. Il règne un silence religieux. L’exposé s’interrompt. Sourire satisfait de la grande dame, applaudissements nourris. Tout le monde rejoint ensuite  la pause café. Un type s’approche vers moi et me dit : « Ton exposé est prêt ? Tu peux le charger sur l’ordinateur à partir de ta clé USB ». Stupéfaction ! Je ne sais absolument pas de quoi je dois parler et n’ose le lui dire. Je bredouille que je n’ai pas de clé USB. Il me propose la sienne (sans remarquer que je n’ai donc rien de prêt). Pendant que les autres draguent autour des machines à café (c’est donc bien une conférence scientifique !), je me lance dans la création d’une présentation power point mais le logiciel refuse de s’ouvrir ou le texte est illisible (il est jaune sur fond blanc). L’écran, bizarrement, n’est pas collé au mur mais il est sous une grande bulle de verre qui constitue le centre d’un petit amphithéâtre où s’agglutine les auditeurs. Une teinte bleutée très suave monte de cette dalle lumineuse. Intérieurement, je me demande ce que sera l’objet de mon exposé. Je suis assez angoissé, même totalement terrifié. Les gens attendent le début de mon intervention. Tout sourire, je leur dis « Je suis heureux de vous parler aujourd’hui de Strasky Powders (sic), la célèbre danseuse new-yorkaise qui renouvela le genre dans les années vingt ». Le rêve s’interrompt ensuite mais cette dernière phrase résonne très longtemps dans mon esprit, accompagnée de la conscience que ce rêve est absolument débile, incompréhensible et que je dois à tout prix m’en souvenir pour vous le raconter ce soir…

L'humus même de la vie

« Un beau jour, quoique nous soyons tous nés révolutionnaires, on s’aperçoit qu’un homme simplement brave, quelle que soit la valeur de son intelligence, un homme gai, courageux, fidèle, sur lequel on peut compter, est non seulement pour nous l’occasion d’une extraordinaire jouissance, mais encore l’humus même de la vie. C’est là, j’en conviens, une sagesse ancestrale, mais elle marque le passage décisif du goût du jeune homme, naturellement tourné vers l’exotisme, au goût de l’homme mûr. »

Robert Musil, HSQ, deuxième partie « toujours la même histoire », chapitre 76 : « Le comte Leinsdorf se montre réservé », page 407.

30 janvier 2008

Sur la suppression de la publicité sur les ondes de France Télévision

Pour le troisième soir de suite, le 19-20 de France 3 nous présente un long reportage pour dire tout le mal que sera la suppression de la publicité si l’idée sarkozyenne est suivie (comme il fait rarement ce qu’il dit, y faut voir). A d’autres époques, on se serait offusqué d’une telle prise en otage de l’antenne pour faire passer ses médiocres petites idées. Maintenant, tout passe. Il faut dire que les mauvais exemples viennent de haut. Je ne comprends absolument pas la réaction des journalistes de F.T. C’est, au contraire, une chance de se mettre au travail, je veux dire à un travail intéressant. Il faudra tourner des documentaires, des reportages. Il y aura une grande quantité de temps à meubler, ce qui ne pourra se faire qu’avec les journalistes (à moins que l’inspecteur Derrick comble les trous). Mais ces petits médiocres saisissent la balle au bond pour revendiquer et cancaner contre cet ignoble pouvoir. Ce soir, la situation était assez cocasse. Pour illustrer la nécessité d’avoir de la publicité, l’exemple choisi était … le Tour de France et les 23 millions d’euros que F.T. doit débourser pour retransmettre ce triste évènement chaque année (4 millions d’abrutis, en moyenne, regardent, chaque année, les sportifs médico-ionics montés les cols plus vite qu’une mobylette). C’est exactement le genre de dépense qu’on pourra éviter dans le futur. Mieux vaut laisser cette triste farandole à pédales à TF1 : son public est le public du Tour de France. Il faut dire, qu’à F.T., on a perdu depuis longtemps le bon goût (si tenté qu’on l’ai jamais eu) : depuis quinze jours, il n’y en a que pour ce triste film Astérix, dont il ne fallait pas être grand devin (du village) pour voir que c’était un triste navet (*), une opération uniquement et purement commerciale destinée à vendre des produits dérivés en tous genres. Et pourtant, que de reportages sur le tournage en Espagne, que d’interviews insipides de Depardiou et César-Delon ! Début décembre, la star des stars était l’I-Phone. Génie du marketing : pas besoin de campagnes de publicités, F.T. se charge de la promo en paraphrasant le communiqué de presse. Sur TF1, Bouygues oblige, on était moins disert sur le petit joyau commercialisé par France Telecom…

(*) Ce soir, même la page d’accueil du FAI Alice (plus ou moins affiliée à TF1 et dont il se murmure qu’elle pourrait tomber dans l’escarcelle de Bouygues Telecom) est circonspecte quant à la qualité du film. C’est dire le retournement terrible que va subir ce film. Dans quelques jours, il sera de bon ton, sur les canaux qui l’auront le plus encensé, de dire que décidemment ce n’est pas terrible. Ce faisant, on continuera de parler du film, peu importe que ce soit en bien ou en mal. Ceux qui iront le voir (en majorité des adultelescents nostalgiques, non de leur enfance, mais de l’idée de l’enfance qu’on leur sert à longueur de journée) ne sauront pas vraiment dire si c’est un bon film ou pas. Dans tous les cas, ils achèteront le DVD dans le mois qui suivra sa sortie.

22 janvier 2008

Le-bout-du-monde

Bien agréable petit week-end de fin janvier avec un air printanier, très trompeur puisque dans quelques semaines (sinon jours) il fera de nouveau froid. Nous avons profité du dimanche pour explorer la haute vallée du Bréda (ou le Haut-Bréda), c'est-à-dire la vallée profonde et très alpine qui fait saillie dans la chaine de Belledonne, à partir de la station thermal d’Allevard. Nous connaissions très mal toute cette région, ce qui est un grand tort car le coin est bien désert et fort propice aux randonnées. Toujours de la neige à 1100m, mais de chauds zéphires nous assaillaient jusqu’auprès de la cascade du Pissou, près du bien nommé Fond-de-France (et jadis proche de la frontière avec la Savoie). Au retour, parce qu’il faisait froid (tout de même), nous avons pris un délicieux chocolat au café de la Maison de la nature, joli petit chalet avec un poêle à bois et un (très) gros Saint-bernard à l’entrée !

On en pince...

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Álvaro Uribe Vélez (président de la Colombie)

Petit clin d’œil à L., ma douce et belle qui, ces temps-ci, en pince pour le (((beau))) président colombien. Bon, je ne comprends pas très bien pourquoi… Elle a bien de la chance que je n’ai pas de photo de la petite vendeuse de la boulangerie Talemelerie à G., celle qui ressemble un peu à Olivia Ruiz mais en bien plus sexy.

21 janvier 2008

il faut quelques sentiments dans une femme...

Nous avons vu, vendredi soir au Cargo, La seconde surprise de l’amour de Marivaux, mise en scène par Luc Bondy avec Pascal Bongard, Audrey Bonnet, Clotilde Hesme, Roger Jendly, Roch Leibovici & Micha Lescot. Ce fut un excellent moment, d’une très grande beauté théâtrale tant la mise en scène est précise et légère à la fois avec cette pointe de modernisme qui porte le propos, l’action et l’histoire vers l’intemporel. Le décor est plutôt minimaliste (qui oserais monter de nos jours une telle œuvre en grands costumes dans des salons à boiseries dorées ?) ; les acteurs vraiment excellents. J’ai beaucoup aimé le personnage de Lisette, très bien interprété par Audrey Bonnet. On retrouve toujours un peu les mêmes thèmes qui avancent en vis-à-vis ou s’entrechoquent (chassés-croisés), ces destins de maîtres et de valets, de pédants et de fâcheux, le personnage du Comte un peu trop vieux pour que son amour pour la Marquise (veuve) soit réciproque, le Chevalier ami-amant, de l’incertitude des sentiments amoureux et de l’incertitude de savoir s’ils sont partagés par l’être aimé. Langue jubilatoire mais qui m’a paru moins aboutie que dans La vie de Marianne (enfin, surtout, dans le souvenir que j’en ai dans le téléfilm de Benoit Jacquot avec la jeune Virginie Ledoyen, c.a. 1994). A voir ! Le spectacle est en tournée dans toute la France après avoir été créé au Théâtre des Amandiers le 17 novembre 2007.

« Entre nous ; il est étonnant que vous ne vous lassiez point de son indifférence. Parbleu, il faut quelques sentiments dans une femme. Vous hait-elle ? On combat sa haine ; ne lui déplaisez-vous pas ? On espère ; mais une femme qui ne répond rien, comment se conduire avec elle ? Par où prendre son cœur ? Un cœur qui ne se remue ni pour ni contre, qui n'est ni ami ni ennemi, qui n'est rien, qui est mort, le ressuscite-t-on ? Je n'en crois rien : et c'est pourtant ce que vous voulez faire. »

(Le Chevalier au Comte, Acte III, scène VI)

16 janvier 2008

Schlagt! Schlagt! Trommeln!

 

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Peut-être ai-je enfin trouvé dans ce Trommelschläge (Roulements de tambour), pour chœur mixte et grand orchestre, du compositeur suisse Otmar Schoeck (1886-1957), l’œuvre parfaite. Un extrait ici (fermez les yeux). Je l’ai découverte dans ce magnifique CD de musique pour chœurs et orchestre. Ce morceau a été écrit en une seule journée, le 16 août 1915 : « j’ai laissé éclater toute ma rage contre notre époque » (lettre du compositeur à Hermann Hesse). Tout cela résonne très bien avec l’Action parrallèle qui m’occupe actuellement, notamment pendant la grande séance du chapitre 42 et sqq.

15 janvier 2008

Qu'au désarroi batte un cœur

Es ist Zeit, daß man weiß

Es is Zeit, daß der Stein sich zu blühen bequemt,

Dass der Unrast ein Hertz schlägt.

Es ist Zeit, daß es Zeit wird.

Es ist Zeit.

Il est temps que l’on sache!

Il est temps que la pierre consente à fleurir,

qu’au désarroi batte un cœur.

Il est temps qu’il soit temps.

Il est temps.

 

Paul Celan

Corona in Pavot et Mémoire (1952)

14 janvier 2008

Ouate-ouate

Décidemment, la montée au « sommet-sans-nom » est LA promenade du mois de janvier. L’année dernière, déjà, c’était la classique des classiques des randonnées d’hiver. Beaucoup plus de neige, cette fois-ci. Une poudreuse désagrégée mais fine lorsqu’elle est exposée au soleil ; collante et pâteuse lorsqu’elle reçoit la fonte des branches. A pieds, sans raquettes, c’était un peu limite-limite (comme on dit). Mais avec de bonnes chaussures (merci à mes belles et efficaces Millet Explorer GTX), un bon bâton (l’un des rares que le chien C. n’a pas encore déchiqueté) et quelques coups de mollets, on finit par arriver au sommet. Grand soleil, infinie douceur des rayons qui tapent dans le dos lorsqu’on regarde vers les quatre points cardinaux, ronrons lointains venus de la cuvette grenobloise. Et toujours ce bonheur de redescendre avec les artères remplies d’oxygène !

Toute cette neige est venue bien vite. Vendredi soir, c’était Marrakech à Grenoble ; le lendemain matin Varsovie (notez la chute des températures après minuit !):

 

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10 janvier 2008

Un poulet de moins

Après un culottage (*) dans les règles de l’art, nous avons pu inaugurer notre belle cocotte en fonte par un beau poulet basquaise. Notre gentil petit boucher (« Claude ») nous a régalé de son magnifique gallinacé des Landes (Saint-Sever), Label Rouge, etc. On s’étonne, après avoir fréquenté le poulet de batterie à la mode de la restauration en collectivité, qu’une viande blanche puisse rester ferme, collée à l’os, gouteuse à souhait !

La fonte a une très forte conductivité thermique (c’est le carbone dans l’acier), ce qui permet, à partir d’un point de chauffage unique de répartir uniformément la chaleur sur la surface de cuisson. Le système (breveté) du fabricant S…. condense la vapeur (dégagée lors de la cuisson) par de judicieux petits picots disposés sous le couvercle, entretenant ainsi le cycle eau-vapeur à souhait (une vraie petite machine thermodynamique). Résultat: la cuisson est rapide (on est assez loin des conditions ces CNTP) mais douce puisqu’il n’y a pas besoin de chauffer à fond pour bien cuire !

(*) En cuisine, action de saturer finement les pores de la fonte par l’application d’une fine couche de matière grasse (ici de l’huile) et en montant la température. C’est un processus diffusif qui a donc besoin d’une certaine énergie pour s’activer (typiquement Ea= 4.5eV), sinon y passe la "vie des rats".

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