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  • Deux expositions.

    L’exposition sur l’ethnologue russo-autrichienne Eugénie Goldstern (1884-1942), qui se tient actuellement au Musée dauphinois, est très intéressante ; c’est même une très bonne surprise. Elle est divisée en deux parties assez distinctes. La première présente les travaux et les objets récoltés par la jeune femme durant sont immersion en Savoie (à Bessans) en 1913, alors qu’elle était étudiante, rompant ainsi avec une certaine tradition « d’ethnologie de cabinet ». Il s’agit d’un art assez fruste, sculpté dans le bois du pays, souvent des jouets pour enfant, très stylisés et simples (une bûche et quatre bâtonnets figurent un animal), ou des statuettes en bois polychromes représentants à la fois des saints protecteurs ou le diable croquemitaine. Tous ces objets ravivent le souvenir d’un monde absolument perdu qui ne doit  avoir plus aucune sorte de réalité locale (sauf, peut-être, chez de vieilles familles bessannaises et dans les pierres qui, elles, meurent moins vite que les hommes et leurs souvenirs). La deuxième partie de l’exposition s’intéresse à la femme après ce magistral essai de socio-ethnologie qui lui a permis de rédiger sa thèse. Elle se rend ensuite en Suisse, en Italie, où elle continue son passionné travail de collecte d’objets et d’informations, laissant ainsi pour l’éternité une trace de la culture matérielle du peuple des montagnes. L’horreur nazie la rattrape à Vienne. Elle meurt à Sodibor en 1942.

    La muséographie est très simple et parfaite pour le sujet. C’est tout à l’honneur du Musée dauphinois d’accueillir une telle exposition (après avoir été présentée au musée savoisien). C’est d’autant mieux que l’exposition Rester libres !, qui se tient toujours actuellement, m’avait laissé un très mauvais souvenir en mélangeant le souvenir de la Résistance (à l’occupant, durant la seconde guerre mondiale) à celui des luttes syndicales (jusqu’aux hurluberlus défilant contre la loi LRU) . Un bien triste rapprochement qui génère une réelle confusion sur la notion de liberté en mélangeant celle, suprême et la plus hautement estimable, qui touche à la survie et à la sauvegarde de valeurs essentielles, et celle, bien plus petite, qui vise à combattre des chimères au nom d’un dogmatisme d’arrière-garde.

  • Grandeur et misère de la classe politique

    « Il serait peut-être temps de comprendre que vouloir exporter de toutes pièces nos régimes démocratiques est une démarche qui aboutit presque immanquablement à l’inverse du but recherché : le rejet de la greffe démocratique. » Hubert Védrine, dans Le temps de penser, émission de LCP-AN (cité dans le supplément TV & Radio du Monde daté du dimanche 24 février).

    « Savez-vous ce qu’est la tecktonik ? Une danse et de la très bonne musique. » Michel Barnier, ce soir dans la Boîte à questions de Canal +.

  • Ouf, il est arrivé !

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  • Sans limite

    Le dernier week-end de beau temps, après quinze jours de plein soleil, a été remarquable. Je suis retourné au sommet de la montagne du Sorgia, plus précisément au Crêt de la Goutte (encore un nom horrible pour une altière montagne), à 1621m de haut. C’était la première fois, depuis que je m’y rends, que le ciel était parfaitement dégagé. La montée, côté sud, était torride. Bien peu de neige, sauf une très belle congère face au nord et au vent du Jura. De ce massif, justement, on a une belle vue, en enfilade, (le Léman à droite) jusqu’au Crêt de la Neige, qui aveuglait Voltaire dans sa retraite de Ferney. Du sommet, rien qui ne gêne pour admirer tout l’arc alpin en sa bordure occidentale. La belle Jungfrau, la pointe du Cervin (à 138km) plein Est, et jusqu’à la Meije (à 145km) plein Sud. Nos trois pics de Belledonne sont bien ridicules, face à l’énorme Mont-Blanc qui fait face avec ses ouailles (l’Aiguille Verte à gauche, l’Aiguille du Midi itou, Tré la Tête à droite). Il y a tellement de sommets visibles, tant majeurs que mineurs, qu’une petite table d’orientation n’est pas de trop pour s’y retrouver. Ce point de vue est l’un des plus vastes qui soit. Il est le lieu rêvé pour construire une cabane d’ermite, battue par les vents, dans la totale solitude d’une nuit d’orage ou d’un clair de lune.

  • L'homme transparent

    « Le Grand-écrivain, en effet, n’est pas simplement un écrivain qui gagne beaucoup d’argent. Il n’est pas du tout nécessaire que ce soit lui qui ait écrit « le livre le plus lu de l’année », ou du moins ; il suffit qu’il ne trouve rien à redire à cette sorte d’évaluation. Il siège dans tous les jurys, signe tous les manifestes, écrit toutes les préfaces, prononce tous les discours d’anniversaire, donne son opinion sur tous les évènements importants et se voit appelé partout où il s’agit de célébrer les résultats obtenus dans tel ou tel domaine. Le Grand-écrivain, en effet, dans toutes ses activités, ne représente jamais l’ensemble de la Nation, mais seulement sa section la plus avancée, la grande élite au moment précis où elle va devenir la majorité, et cela l’entoure d’une excitation intellectuelle durable. »

    Robert Musil, HSQ, deuxième partie « toujours la même histoire », chapitre 95 : « Le Grand-écrivain, vu de dos », page 540.

    Tout ce chapitre me fait penser à un seul de nos contemporains : Philippe Sollers !

  • Démiurge agronome

     

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    Alain Robbe-Grillet est mort. Pour rentrer dans l’univers de cet écrivain, cinéaste et théoricien fantasque, bougon et assez insaisissable, je signale le DVD d’entretiens (plus de six heures !) qu’il a eus avec Benoît Peeters en 2002 et dont on peut se faire une idée assez nette ici. C’est absolument passionnant même si on n’a jamais lu une ligne de celui qui disait « le seul engagement possible, pour l’écrivain, c’est la littérature ». A propos du Nouveau Roman, le livre de Jean Ricardou (Seuil, 1973, collection "Ecrivains de toujours") est très clair et passionnant car il donne de précieuses explications sur ce mouvement qui s’enferme assez vite dans un hermétisme total pour le profane. La dédicace du livre est merveilleuse : « Aux nouveaux lecteurs » ; accompagnée d’une belle formule de Boulez : « Les êtres les plus imaginatifs ont le sens de la théorie, parce qu’ils n’ont pas peur qu’elle bride leur imagination, au contraire. Mais les faibles redoutent la théorie et toute espèce de risque, comme les courants d’air. »

  • Pour que la flamme s’éteigne (II) !

    Mauvais hasard du calendrier, c’est ce soir le match d’ouverture du Stade des Alpes qui balafre le seul poumon vert de Grenoble, le parc Paul Mistral. Officiellement, bien sûr, il a au contraire ouvert le chemin vers les berges de l’Isère. Quelle folie que ce monstre qui aura couté quatre-vingt dix millions d’euros à la Métro (donc à nous). Le devis initial était de quarante millions d’euros. On aura beau jeu de dire que c’est à cause de l’obstruction systématique des écologistes que la facture est aussi lourde (annulations du permis de construire, recours administratifs, etc.). Mais ce sont tout de même eux qui ont failli faire capoter le projet. Rendons leur hommage, pour une fois. Hélas, les gugusses, bobos en polaire et crasseux à chiens, qui se sont attachés dans les arbres en 2003 n’ont guère apporté de sérieux à cette juste cause. On pouvait se passer de stade à Grenoble (et dans toute son agglomération) mais quitte à le construire, autant le faire dans les « quartiers » de Saint-Martin d’Hères là ou se trouve son public naturel, plutôt qu’en pleine ville. Il faudra donc vivre avec. J’en suis triste car toujours nous aurons cette horreur sous les yeux (déjà qu’il faut se farcir la monstrueuse mairie … cadeau de J.O. de 1968). Michel Destot n’est pas un mauvais maire. De bonne chose ont été réalisées durant ses deux mandats, notamment pour le développement des transports en commun. Le moindre n’est pas de nous avoir évités, pour de nombreuses années, le retour de l’équipe Carignon ou de sa descendance locale, largement discréditée. Comme tous les socialistes, il est un peu aveuglé par ses idées, notamment sur le blanc-seing spontané qu’il donne « aux quartiers » et à leurs habitants en sortant bien facilement la ritournelle des pauvres gens horriblement discriminés, etc (vous savez, ceux qui se promènent en Nike dernier cri avec le Nokia N95 à la main). Néanmoins, j’ai bien des soucis pour me décider à voter pour lui aux prochaines élections, à cause de stade principalement et de l’hystérie sur les J.O. de 2018 en général. Il n’y aura pas de grande surprise ; tous les sondages le donnent largement gagnant face au jeune UMP Sans Nicolas qui porte mal son nom puisqu’il est dans l’ost du président, ce qui suffit, dans le climat actuel, à lui faire perdre la dernière de ses minces chances.

  • Pour qu’enfin la flamme s’éteigne !

    Le mardi 6 février, la bonne ville de Grenoble (enfin, son maire et quelques nostalgiques (« 28000 personnes, plus de1/6ième de la population »)) ont fêté en très grandes pompes le quarantième anniversaire des Jeux Olympiques (1968). Cette triste date a donné lieu à une débauche de superlatifs, de larmes au coin de  l’œil et surtout, de délires visant à affermir la candidature de la ville (mais, plus largement sans doute, de la région allant de Gap à Genève) aux J.O. de 2018. C’est une très triste nouvelle puisque, non seulement l’idéal olympique est largement trahi par la réalité de foires commerciales que sont devenues ces manifestations, mais l’organisation de tels évènements coûtent une fortune (dans un pays qui n’est guère riche), sont l’occasion de dévastations sans nom, notamment dans les derniers lieux où la nature règne seule. Je veux bien sûr parler de la montagne qui depuis des années a été et continue d’être dévastée par des constructions hideuses, des pylônes à demeure et où règne un gâchis monumental d’eau pour les canons à neige. Mais tous ces arguments n’effraient guère les enthousiastes ! Ils ont de leur côté l’argument massue : tout ceci créera des emplois ! Le développement économique est devenu la parade imparable pour faire taire les mauvais-coucheurs. Peu importe que le réchauffement climatique rende bien aléatoire le retour sur investissement. Un maire, un président de région, savent bien qu’obtenir les J.O., c’est mettre un sacré coup d’accélérateur pour remettre un territoire au niveau puisque, pour un tel évènement, l’argent pleut du ciel: l’Etat, et l’exécutif en général, sont bien trop heureux d’être sur la photo de l’inauguration : « rien de cela n’aurait été possible sans l’effort des collectivités locales et des services de l’Etat. Je tiens à les en remercier ». La petite phrase est toute prête. Qui la prononcera en 2018 au pied du TGV (Téléphérique à Grande Vitesse) qui reliera Grenoble à l’Alpe d’Huez en moins de vingt minutes ?

    Nous, habitants de Grenoble et de sa région, demandons instamment aux élus du peuple de suspendre toutes les démarches officielles et officieuses visant à poser la candidature de la ville ou de la région aux Jeux Olympiques d’hiver 2018, attendu que ceux-ci seront sources de maux inouïes, qu’ils finiront de dévaster l’une des dernières parties du territoire national où la densité humaine est faible et, doit, en ce sens, être préservée de tous développements économico-touristiques. Que, d’autre part, l’olympisme moderne, par sa référence permanente aux valeurs marchandes les plus viles, ne correspond plus aux idéaux qui ont prévalu à sa renaissance à la fin du XIXe siècle.

  • Jardin secret

     

    Petite concession au modernisme, un peu loin des quatuors de Beethoven, mais très bien (dans une toute autre catégorie, bien plus basse sur l’échelle des valeurs, sans doute), le dernier album de Radiohead est une très belle réussite qui ravit le fan que je suis depuis que la jeune L. m’a fait découvrir, il y a quelques années de cela, ce groupe mythique. On y retrouve les mélodies planantes et la richesse des ornementations musicales. La lente et douce mélopée Nude (« Don’t get any big ideas/ they’re not gonna happen/you’re paint yourself white/and fill up with noise/ they’ll be missing ») a tout pour devenir un tube planétaire. Elle me donne envie de revivre un été en colonies de vacances, en slowant sur ce rythme infiniment nonchalant.

     

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  • Onze quatuors

    Jeudi, vendredi et samedi soirs derniers, le Quatuor Ysaÿe donnait l’intégrale des onze premiers quatuors de Beethoven dans le grand auditorium de la MC2. Expérience véritablement bouleversante. Lors de la première partie du concert de jeudi, j’avais trouvé que le son manquait d’ampleur. Après un changement de place lors de l’entracte, mon sentiment était tout autre (et bien meilleur). Les quatuors étaient mélangés (non donnés par opus), ce qui permettait (à mon avis) de mieux faire passer l’opus 18 (les tous premiers écrits, entre 1798 et 1800) qui doivent encore beaucoup à Haydn et à Mozart et ne me semblent jamais atteindre le style propre au compositeur (enfin, celui que je ressens comme propre) et qui culmine dans le onzième quatuor (op. 95) et surtout dans les trois Razumovsky (op. 59 de 1806) qui, eux, sont de purs chef-d’œuvre comme l’ensemble des derniers quatuors. Plus le concert avançait et plus j’admirais la terrible précision des interprètes, leur grande justesse (analytique, si j’ose dire). Par rapport à mon oreille formatée par l’interprétation des Budapest (dont j’ai déjà dit le plus grand bien ici) enregistrée en 1951-1952, j’étais en terrain connu et très apprécié. Mais seule l’expérience du concert permet à se point de détacher l’apport de chaque instrument et de voir la musique « se faire ». D’où j’étais, je ne pouvais pas suivre avec beaucoup de netteté le regard des musiciens mais il m’a semblé que ceux-ci étaient le nez rivé dans la partition, pas du tout « grand coup d’œil au voisin » avant d’attaquer un mouvement. C’est sans doute la preuve que les membres, lorsqu’ils jouent, ne font plus qu’un. En bis (vendredi et samedi), la célèbre et merveilleuse cavatine (molto expressivo) de l’opus 130.

    Les parisiens (les petits veinards) iront écouter l’intégrale des quatuors de Beethoven que les Ysaÿe donneront au musée d’Orsay à partir du 15 mars prochain dans le cadre des week-ends portes ouvertes (concerts gratuits !).

  • Au sommet

    Alors que Grenoble était dans la brume soufrée (« particules en suspension »), je suis parti ce matin pour une petite journée de plein air. Objectif (très modeste) : la Croix de Léat (1825m) depuis Gleyzin (partie nord du massif de Belledonne, près d’Allevard). En fait, c’est notre récente promenade dans ces parages qui m’a donné l’envie de voir de plus près (et de plus haut). Hélas, il n’y avait pas assez de neige pour chausser les raquettes depuis le parking de La Bourgeat Noire. Sous la sapinière, il restait un mélange de glace vive et de terre, ce qui rendait la montée un peu pénible. Au joli petit chalet du Bout (du monde ?) la couche devint un peu plus consistante et moins clairsemée. L’un des buts de cette promenade était de découvrir les deux sapins « Henri IV » qui aurait été plantés il y a 400 ans pour servir de mâts à notre marine royale. Ils sont superbes, leur circonférence vraiment impressionnante. Plus on monte, et plus la forêt disparaît (rien de bien nouveau). Au lieu d’attaquer en direct l’ascension de la Croix, j’ai poussé jusqu’au lac de Léat où se tient un chalet tout neuf. Arrivée au sommet, il y avait trop de brumes pour bien voir le Granier (en Chartreuse) et les Bauges dans leur ensemble. En revanche, le temps était parfait pour admirer les sommets qui ferment la vallée du Gleyzin. Et ces montagnes-là sont très belles par leurs formes acérées. Il faisait très bon au sommet, pas un souffle de vent. J’en ai profité pour avancer un peu dans l’HSQ (le silence qui régnait était parfait pour la lecture concentrée). Mais comme toujours, il faut rentrer, avec un dernier coup d’œil sur les cimes pour le plaisir.

  • Scène de bus

    Scène de bus. Ce matin dans le bus, une adolescente a mis en marche à donf son téléphone portable (sans écouteur) pour écouter je ne sais quel rappeur. Aucune parole n’était compréhensible dans l’espèce de vacarme nasillard qui s’échappait de cette petite saloperie, bourrée de transistors largement submicroniques. Je fus, je crois, le premier à être gêné par ce manque caractérisé de courtoisie, de respect et de savoir-vivre. Petit regard de ma part « droit dans les yeux », la jeune débile dandine toujours de la tête avec cet air niais et absent qui va si bien aux sujets de son âge. Un homme, deux rangées devant elle, se retourne alors et dit fermement : « pouvez-vous baisser le son ? ». Pas de réponse de la petite chérie qui fait mine de ne pas avoir entendu ni compris. L’homme insiste, une fois, deux fois, sur un ton de plus en plus ferme. Il fait mine de se lever pour lui répéter de visu son injonction. La petite décérébrée se retourne alors et lance, le regard plein de morgue, un tonitruant : « ben, qu’est-ce que vous allez me faire ? ». La réponse scotcha la moitié des occupants de l’arrière du bus, y compris le pauvre homme qui ne s’attendait pas à une retournée si discourtoise, effrontée et insolente. La méchante petite peste quitta le navire à l’arrêt suivant sans avoir baissé d’une seule unité le son de son joujou. Jamais, je crois, je n’ai eu autant envie d’arracher un téléphone portable de la main de quelqu’un pour le jeter contre un mur. Je crois que, si je n’avais pas été coincé debout, derrière deux rangées de passagers, je serais passé à l’acte ce matin.

  • Ailleurs (II)

    Au rebours du Palais de Justice, il y a une belle République et aussi des pigeons dragueurs. Au mois de septembre, L. et moi étions passés bien vite dans la cathédrale Saint-André. Il y a pourtant quelques éléments intéressants, notamment ce beau buffet d’orgues, une cuve baptismale usée par le temps et une statue de Jeanne d’Arc par Bourdelle. Le musée d’Aquitaine est gratuit et désert. Hélas, la gratuité implique souvent la fin de la tranquillité. Je ne m’attendais pas à trouver une collection aussi riche et très correctement présentée pour son âge. La muséographie n’est pas toute jeune (moquette horrible, vitrine avec traces de doigts) mais tient tout à fait la comparaison avec des musées plus jeunes (et sans doute mieux dopés financièrement). Le parcours est chronologique, en s’appuyant sur les œuvres d’importance. Le fond d’antiquités romaines est très complet, parfaitement présenté et, surtout, très bien éclairé, ce qui est rare. Les pièces maîtresses sont assez connues, notamment cette belle statue d’Hercule trouvée à Bordeaux au XIXe siècle. L’époque médiévale est moins illustrée même s’il y a de très belles œuvres (j’ai un petit faible pour cette clé de voute de la Sauve-Majeure représentant le sacrifice d’Abraham). Plus loin, on peut admirer le monument funéraire de Montaigne. Je suis passé un peu vite dans les pièces de l’étage car le temps me manquait mais elles sont très intéressantes. Elles présentent divers aspects de la vie dans le bordelais et l’aquitaine au cours des âges en ce qui concerne l’agriculture, l’habitat, les industries, la vie sociale, etc.

    Déjeuner très rapide mais excellent au bistrot Le Michel’s rue du Pas-Saint-Georges (la serveuse est adorable). J’aurais bien aimé tourner un peu plus autour de la gare et de la passerelle d’Eiffel sur le fleuve mais le train n’attend pas, c’est bien connu.

  • Ailleurs (I)

    J’étais à Bordeaux les derniers jours du mois de janvier. Faut-il redire ici que cette ville m’enchante comme aucune autre ? Le jeudi, j’ai passé une grande partie de la journée à dormir dans le TGV : plus de six heures de ronrons à trois cent kilomètres par heure pour rallier la belle Gironde depuis la moche Isère (je parle des cours d’eau, mon jugement ne serait pas si tranché pour ce qui concerne les départements). Miraculeusement, je me suis réveillé alors que le soleil se fâchait avec de beaux nuages de haute altitude (dommage pour la dégoulinure de crasse sur les vitres du train). L’après-midi très agréable à professer devant de jeunes têtes blondes, attentives et studieuses. J’ai eu beaucoup de plaisir à dîner le soir avec C. et son ami O. Nous avons excellemment bien mangé au restaurant (Le plat à oreille) qui était quasi désert. J’ai promis à la patronne de rapporter la bonne nouvelle jusqu’ici (je veux dire jusqu’à Grenoble). C’est chose faite. Vraiment une soirée très agréable qui avait débutée par un petit tour nocturne de la ville qui est vraiment très belle lorsque le temps est doux et les lumières scintillent ou brillent. Je n’avais malheureusement pas pu retenir de chambre dans mon précieux hôtel Notre-Dame (des Chartrons) où j’ai jadis toujours bien dormi, dans le calme. Je ne conseille pas l’hôtel des Quatre Sœurs, où j’ai cependant passé une bonne nuit, mais c’est sans doute parce qu’il était en grande partie vide. Si l’ascenseur avait fonctionné plus souvent, cela aurait peut-être été un cauchemar (chambre contigüe à la cage du monte-étages). D’ailleurs, la chambre était minuscule et très chère pour la prestation. Le petit-déjeuner, par contre, était excellemment bon marché et très bien. Va comprendre Charles ! Personnellement, j’ai un faible pour les hôtels qui ont de belles rampes d’escalier. Celle-ci était vraiment très belle. Le lendemain, journée libre. J’en ai profité pour faire à pieds un grand arc de cercle dont le but ultime était de m’amener au musée d’Aquitaine qui n’ouvrait qu’à onze heures. Je suis ainsi retourné au Jardin public par les Quinconces (où le PS était de sortie). Un petit coup d’œil pour la statue de Montesquieu par Maggesi. Le parc était désert (sauf deux joggeuses très assidues pour maintenir la foulée). La terrasse, plus ou moins italianisante est vraiment très bien dans le décor. D’ailleurs, il faudrait passer plus de temps à arpenter les allées pour découvrir des statues d’auteurs bien oubliés (enfin, de moi) ou de mythiques héroïnes. J’ai enfin pu revoir le Palais de Justice qui m’avait beaucoup frappé en 1998, lors de ma première visite à Bordeaux. J’avais complètement oublié qu’il était imbriqué dans les parties bien restaurées du château du Hâ.

  • Zizi et zézette à la télé.

    Incroyable ! Ce soir Jamie de Ce n’est pas sorcier nous parle de sexualité ! En prime time ! Cinq minutes de baratin et déjà les pires clichés : « l’homme lui est sensible à l’espace, il aime la vision des sous-vêtements, caresser et blabla » et les rires bêbêtes de la dame Carrère d’Encausse et les applaudissements du public et le ton doctissimo maximo du bon Dr Mimoun (un habitué des plateaux celui-là, il a du se faire une sacré-clientèle) ! Bref, une révision pour les adultes ayant loupé les cours de sciences naturelles au collège (d’ailleurs, y a-t-il encore des sciences naturelles au collège ?).

    C’est peut-être le bon moment de conseiller deux ouvrages excellents sur la chose (comme on disait autrefois). Le premier, un classique, est Biologie des passions de Jean-Didier Vincent (Odile Jacob, 1994) qui, d’ailleurs, évoque des thématiques beaucoup plus larges que « la chose la plus importante du monde ». Le second ; lui, n’évoque que ça ! Il s’agit d’un livre extraordinaire à s’offrir et à offrir: Le Sexe de la femme du bon docteur Gérard Zwang, réédité par Pauvert en 1997, trente ans après sa première parution. C’est un livre très sérieux (comme son auteur, auquel sont même consacrés des articles dans de prestigieuses revues) mais pétri d’humour et d’érudition, tout à fait savant et descriptif.

    « [Le sexe de la femme] est le seul moyen de l’homme d’atteindre sa vie la plus profonde à travers l’érotisme, seul moyen d’échapper à la condition humaine des hommes de son temps. »

    (André Malraux pour la préface de L’Amant de Lady Chatterley, cité par G. Zwang en entête de son chapitre « Avertissement »).

    PS: Sur M6, ce soir, c'est liposucion ! Dingue !