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Tradition, tradition...

Une récente réussite, à fêter, nous a permis de nous rendre récemment au célèbre restaurant Chavant à Bresson, dans la très proche banlieue grenobloise. Le bâtiment est assez ancien et tout à fait adapté à la restauration de bonne tenue : vaste salon où les convives peuvent choisir leur plats avant de passer à table, restauration moderne mais agréable des intérieurs, avec de magnifiques boiseries, moquettes épaisses d’assez bon goûts (les luminaires, un peu moins) et titanesque cheminée où crépite un joli feu de bois (bien que le printemps soit déjà là: nous avons eu l’immense plaisir et surprise de découvrir, ce samedi, le premier magnolia en fleurs pour le premier jour du mois de mars !). L’accueil est très courtois, poli à l’ancienne manière (« Bonjour Madame, Bonjour Monsieur »). Nous avons un choisi un menu « dégustation », que l’auguste chef et maître de maison trouva parfait « pour découvrir les spécialités de la maison ». La cave est absolument époustouflante (surtout en rouges) mais nous sommes restés sur des brisées mieux connues et très appréciées : un Chablis 1er Cru 2004 (qui deviendra un 2005 une fois servi, mais bon), admirablement sous-titré L’Homme-Mort, ce qui glace un peu les sangs à l’aube d’un bon repas… L’entrée est une tranche de saumon fumé « maison » présentée sans aucune fioriture ni recherche esthétique : elle est là au-fond de l’assiette accompagnée de quelques œufs de poisson. Elle n’est d’ailleurs pas froide mais à température ambiante, sans doute pour révéler ses arômes les plus intimes. Le meilleur est que ce saumon maison est très bon. A suivre, une tranche de foie gras sur un lit de champignons. L’abat est parfaitement cuit, d’une grande tendresse. Les mycéliums sont très corrects, bien que l’assaisonnement soit trop en sel. En poursuite, deux belles noix de Saint-Jacques sur un céleri confis. Cuisson parfaite, encore. En digestion, un sorbet citron (thym ?) avec vodka. En viande, une noix de veau, sauce à la crème et quelques morilles (au vin jaune ?). Là encore, champs trop salés mais viande parfaite (L. dit que, tout de même, « elle ne fondait pas dans la bouche »), ce qui ne fut pas ma sensation. La bouteille de Chablis est presque vide mais nous sommes lucides. En dessert : un joli assortiment, peut-être le plat le plus original et réussi du repas. Au final, une déception : rien d’exceptionnel mais l’ensemble correct et bon, aucune recherche dans l’accompagnement visuelle, un service parfait parce que pas guindé, poli et attentif. Le rapport originalité-qualité / prix n’est pas bon du tout. Peut-être que la tradition et le poids d’une certaine aura, un peu passée ou dépassée, porte ce restaurant plus haut qu’il ne devrait-être. Ou alors, faut-il choisir dans la courte carte quelques plats mieux exposés ? Nous avons vu passé devant nos yeux certains homards flambés qui semblaient bien alléchants…

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