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  • Dorade au four « en attendant l’été ».

    Alors qu’il neige de manière discontinue depuis vendredi matin sur le Dauphiné (et continument depuis le milieu de cet après-midi), l’envie de préparer un plat de la saison future fut la plus forte, malgré la règle qu’on se fixe (pour entretenir à peu de frais sa bonne conscience éthico-environnementale) de ne consommer que des fruits et des légumes de saison. Mais en cuisine, comme en matière de températures, il n’y a plus de saison, c’est bien connu. Je n’ose pas trop imaginer comment cette courgette et ce poivron ont pu pousser dans une sphère surchauffée d’Espagne ou de Tunisie. Enfin bon. Il s’agissait de préparer une daurade (issue d’un ferme aquacole espagnole, justement) au four et accompagnée de quelques légumes ensoleillés.

    Faites revenir une courgette coupée en dés, un poivron jaune itou et une grosse tomate coupée en larges quartiers. Dans un robot ménager, mixez une grosse échalote et du persil (50g). Faites ensuite revenir le tout dans un peu d’huile d’olive. Pour l’assaisonnement, ajoutez des graines de fenouil, de coriandre, un peu de gingembre, des herbes de Provence. Laissez suer cette garniture. Pendant ce temps, rincez abondamment les daurades puis les placer dans un plat creux. Lorsque les légumes sont bien ramollis, les placer en partie à l’intérieur des poissons (après les avoir salés) et étalez le reste de la garniture dans le plat, arrosez de vin blanc (aujourd’hui un Picpoul de Pinet), un peu comme ça. Enfournez à four chaud (210°C) pour dix minutes puis baisser ensuite la température à 180°C. Le temps est à moduler en fonction de la grosseur des poissons.

  • Sète en bord de mer

    La graine et le mulet, film d’Abdellatif Kechiche.

    Film de très peu qui a eu beaucoup d’honneurs et d’élogieuses critiques. Je m’y suis ennuyé car le film manque totalement de rythme, la fin surtout. Par instant, je pensais être dans un documentaire à la façon de l’émission belge strip-tease. Une micro-histoire qui ouvre de nombreuses portes (sur la condition de travailleur immigré de première génération en fin d’activité, sur la famille maghrébine, sur le rôle et la place des femmes dans cette société, sur le logement des immigrés âgés dans des hôtels de peu de confort, sur la possibilité de mener à bien ses projets dans une France résumée à une suite de règlements et de contraintes, sur un vieux fond de racisme des Français de souche, sur l’habitat en HLM des immigrés, éventuellement, même, sur une certaine liberté vis-à-vis de la religion (les femmes ne sont pas voilés, les hommes boivent de l’alcool)). Hélas, chacune de ces idées est suggérée, aucune n’est traitée en profondeur. Le génie du réalisateur est de nous faire pénétrer dans cette famille, se s’y sentir chez soi en très peu d’images et de mots. C’est pour ces raisons que ce film relève du documentaire ethnologique. Le père, aurait pu être un beau personnage, si on l’avait un peu plus bavard et un peu moins renfermé. Il ne colle pas avec l’image du père de famille ; son retrait et le fatalisme désinvolte dont il est affublé ne lui vont pas. La jeune comédienne Hafsia Herzi a du cran et du bagout. Nulle doute qu’elle fera une belle carrière (pourvu qu’on lui propose d’autres rôles que ceux de garçonne à la langue bien pendue !).

  • Outre-Rhin

    Concert Mahler / Brahms à la MC2 (Sine Bundgaard, soprano ; Florian Boesch, baryton ; Collegium Vocal Gent, Orchestre des Champs-Elysées, direction Philippe Herreweghe).

    Le grand auditorium était archicomble jeudi 13 mars pour le concert dirigé par Philippe Herreweghe. Au programme, en premier partie, le Todtenfeier de Mahler (futur premier mouvement de la deuxième symphonie) et le Requiem allemand de Brahms (opus 45). Excellent orchestre, chœurs parfaits dans le Requiem (clarté, précisions et justesse). La direction de Herreweghe, elle aussi, au millimètre. Cette œuvre, ce grand chant funèbre en allemand est magnifique, elle me fait beaucoup penser à certains passages des Passions de Bach. L’orchestre est vaste, très fourni, très « tambours et trompettes ». Avec de telles conditions d’écoute, on capte mieux la différence d’avec le compact-disc. La musique, par sa puissance, ses vibrations et sa pulsation envahit le corps de l’auditeur. J’aime beaucoup le troisième mouvement « Herr, lehre doch mich » entre le baryton et le chœur. La première partie, consacrée à l’œuvre de Mahler est plus contrastée : beaucoup d’idées et d’énergie mais, jamais le chemin tracé ne semble aller jusqu’au bout. On repart constamment d’un cap à l’autre, comme un bateau balloté par la houle qui aurait pris les vagues de travers. Dans le Requiem, on est constamment porté par le souffle (assez épique, très « fin du monde ») que Brahms a su imposer à son chef-d’œuvre.

  • Histoires d'Histoire

    Mercredi 5 mars j’ai regardé avec beaucoup d’intérêt le documentaire fleuve The war dont Arte diffuse les quatorze épisodes jusqu’au mois d’Avril. L’idée de lier les destins personnels à la grande Histoire (dans le sens de l’Histoire en train de s’écrire) n’est, me semble t-il, pas nouvelle en tant que telle. Mais choisir des villes moyennes (à l’échelle des Etats-Unis) et des hommes vivants en ces lieux pour suivre leur vie (et souvent raconter leur mort), à travers le témoignage de leurs proches ou de survivants participe au récit des évènements, tout autant que l’évocation d’un fait militaire ou d’une catastrophe. C’est lier l’histoire des hommes à celle de l’Humanité. Bien entendu, les récits sont souvent tragiques et bouleversants. Mais le choix du réalisateur n’est heureusement pas de sombrer dans le larmoyant. A chaque sacrifice, répond un fait d’armes, une défaite ou une demi-victoire. Pour celles et ceux qui n’ont pas la télévision, les diffusions sont visibles ici pendant sept jours.

    Mercredi dernier, le génie du service public avait permis que deux documentaires (de qualité) soient diffusés en même temps, sur le même sujet (la seconde Guerre Mondiale). En effet, France 3 présentait en prime time un documentaire bouleversant sur la Shoah par balles, c’est-à-dire les massacres systématiques des juifs par les Einsatzgruppen nazis en Europe de l’Est (au fur et à mesure de l’avancée du front russe). Outre la révélation de l’ampleur des tueries, c’est tout un passé oublié (ou un passé qu’on s’est forcé d’oublier) qui remonte à la surface. Notamment, le documentaire montre bien comment la parole, le besoin de dire, des vieux paysans Ukrainiens qui ont jadis assisté aux massacres est important, malgré les années, malgré l’oubli et le peu d’intérêt officiel pour mettre à jour ces heures sombres.

    Le dernier combattant Français de la première guerre mondiale est donc mort cette semaine. Le pauvre homme (un Italien, d’ailleurs d’une infinie reconnaissance envers notre Pays) est devenu un héros de circonstance. Sa mort servira à édifier les vivants, les jeunes générations dont je ne sais pas trop ce qu’elles peuvent savoir de cette guerre, de cette horrible boucherie. Un grand hommage national se prépare pour demain. Malheureusement, comme c’est une initiative du pouvoir en place (les volontés du mort étaient-elles celles-ci ?), l’hommage sera indéfiniment commenté, critiqué en bien ou en mal. Je ne sais pas ce qu’il en serait si notre Président avait à affronter une crise majeure. Est-ce que la cohésion nationale serait plus forte que les haines ?

  • a voté !

    Après quelques moments de tergiversations, j’ai voté blanc au premier tour des élections municipales. Voter pour les enfants naturels de M. Carignon, c’était impossible, moralement. Voter pour M. Destot (où l’on trouve en bonne place, d’ailleurs, la représentante locale de SOS racisme, célèbre association apolitique, etc.), avec la triste affaire du stade, ce n’était pas concevable, malgré le développement des transports en commun. Le député-maire-président du ceci ou du cela est arrivé en tête – nettement - mais ses anciens amis Verts ont réussi un score honorable (plus de 15% des suffrages exprimés). Hélas, lui a joué l’ouverture, comme on dit, en allant piocher quelques sarkozo-centro-ex-carignognistes. Ce que nos amis bobos n’aiment pas (le recyclage, oui ! mais pas en politique). Voter Verts, c’était tout à fait impossible. Qu’on en juge : il y avait récemment dans le Petit Bulletin, une courte recension sur une réunion entre les candidats aux municipales et le public, organisée par un syndicat professionnel d’employés des « Arts vivants » (ça veut tout dire). La représentante des Verts (30 ans, professeurE de théâtre) n’a pas hésité à dire que le Cargo (aka MC2) était inutile et coûteux. Je pense, au contraire, que ce lieu est la dernière place pour une certaine culture qui, bien entendue, n’est pas celle des jongleurs de rues et des spectacles théâtraux subventionnés par la mairie. Qu’on ne s’y trompe pas, ces gens ont une haine farouche de tout ce qui est n’est pas de leur fait et de leur goût, surtout si cette culture vient du fond des âges. A quoi bon Luigi Nono puisque Manu Chao existe ? A quoi bon Stendhal puisque Marc Levy est parmi nous ? Et dire que cette dame est professeurE de théâtre ! Quelle envie de découvertes saura t’elle donner à ses élèves ? Muriel Robin ou Shakespeare ?

  • Aux femmes

    « C’est dans le rapport à l’égard de la femme, proie servante de la concupiscence collective, que s’exprime l’infinie dégradation dans laquelle l’homme se trouve vis-à-vis de lui-même ». (Karl Marx)

    Cité par Lionel Bourg dans L’ombre nue, Journal juillet 1999-septembre 1999 (Cadex Editions, 2001), page 38.

  • Polyphonies (#?)

    Je ne suis pas sûr que Gabrielle Hébert fût une très grande photographe. Un peu au dessus de Saint-Hilaire-de-la-Côte, nous avons vu les premières violettes de l’année. Le reportage s’intéresse à la réfection d’hymens. Les quatuors de Haydn, ce n’est pas trop ma tasse de thé. Sur Arte, au même moment, il y avait ce document-fiction qui retraçait l’accident de deux alpinistes en Amérique du sud. Mais cette exposition – qui s’est terminée le 3 mars – était tout à fait intéressante, parce qu’on y voyait des vues de Rome sous la neige, entre autres, et du peintre avec ses modèles. En réalité, nous les avons sentis avant de les voir. Mais j’ai tout de même emprunté ce double DVD sur les Lyndsais, notamment parce que c’est un enregistrement testament. Donc, sans surprise, les plupart des opérations sont à la demande de jeunes maghrébines qui, prisent de remords, se rachètent une virginité (physique mais pas morale) grâce à un adroit coup de bistouri. La promenade fut merveilleuse sous un ciel de cirrus mais dans une grande douceur. Le malheureux s’est fracturé une jambe à cinq ou six milles mètres d’altitude. Pour faire bonne figure et ne pas « stigmatiser », une jeune chrétienne moyen-orientale était aussi parmi les patientes du chirurgien. Et plus j’écris ceci tout en écoutant le vent qui souffle dans la VMC et plus l’opus 20 de Haydn me plaît. Le peintre, vers 1890 n’est plus le jeune premier de l’autoportrait à dix-sept ans. Pour rester au soleil, nous avons pris la petite route – le chemin de la côte – qui va de St-Hilaire à Gillonnay. Après une nouvelle chute, son coéquipier est obligé de couper la corde qui les reliait, l’abandonnant ainsi à une mort certaine. Une jeune marocaine du Maroc, interviewée à ce sujet, disait ne pas comprendre le comportement des filles d’ici. Pourtant, les photos, surtout les petits formats présentés à l’étage ne sont pas rien du tout. Je n’aime pas trop, en général, les grimaces des premiers violons mais celles-ci sont plutôt réussies. Le génie humain, dans son ensemble, est étonnant : il est maintenant aisé de se faire greffer un petit hymen de culture, comme je l’ai lu, l’autre jour, sur le blog de Agnès Giard. Après de longs mois sans enregistrer les images en données brutes, je m’y suis remis récemment. Le gars tombe au fond d’une crevasse mais réussit, à force de courage et d’obstination, à remonter jusqu’à la surface du glacier. Le long du chemin, outre la vue sur la plaine de Bièvre, on peut observer quelques beaux spécimens de châtaigniers. Elles demandent un peu plus de traitements post-acquisition mais la dynamique est bien meilleure que sur celles enregistrées en JPEG qui, souvent, sont nettes mais ternes. A force de courage, le mourant se traîne jusqu’au camp de base où son ami avait déjà brulé ses affaires, ne croyant plus à son retour. D’ailleurs, derrières ces histoires se cachent souvent des drames et une réalité bien noire quant à la sexualité chez les filles d’immigrées. Au bout du chemin, on arrive à la petite chapelle Notre-Dame-du-Mont, face au château de Bressieux. Le troisième quatuor de l’opus 33 n’est pas mal du tout (sauf quelques agaceries mozartiennes). Il est sauvé, bien que son état soit très grave après tant de jours d’errances sur la moraine du glacier. Il y a peu d’éléments anciens visibles saut, peut-être, ce beau tétramorphe en molasse, hélas bien abimé. Le musée est toujours aussi beau ; c’est l’un des lieux les plus attachants du département. Au retour, nous avons croisé le taurillon 5094 qui avait décidé de mettre les pieds dans le plat. Le problème, en général, c’est la gestion du bruit du capteur ; on peut s’en sortir en passant en noir et blanc mais tout ne s’y prête pas. Le pire est que cette histoire est vraie et personne, depuis, n’est monté aussi haut sur cette montagne. Nous avions beaucoup de fierté à marcher quelques pas sur le G.R. 65 qui va de Genève au Puy. Par exemple, il y a à l’étage un parquet très dauphinois, splendide. Les malheureuses sont bien loin de pouvoir disposer de leur corps.

  • Tradition, tradition...

    Une récente réussite, à fêter, nous a permis de nous rendre récemment au célèbre restaurant Chavant à Bresson, dans la très proche banlieue grenobloise. Le bâtiment est assez ancien et tout à fait adapté à la restauration de bonne tenue : vaste salon où les convives peuvent choisir leur plats avant de passer à table, restauration moderne mais agréable des intérieurs, avec de magnifiques boiseries, moquettes épaisses d’assez bon goûts (les luminaires, un peu moins) et titanesque cheminée où crépite un joli feu de bois (bien que le printemps soit déjà là: nous avons eu l’immense plaisir et surprise de découvrir, ce samedi, le premier magnolia en fleurs pour le premier jour du mois de mars !). L’accueil est très courtois, poli à l’ancienne manière (« Bonjour Madame, Bonjour Monsieur »). Nous avons un choisi un menu « dégustation », que l’auguste chef et maître de maison trouva parfait « pour découvrir les spécialités de la maison ». La cave est absolument époustouflante (surtout en rouges) mais nous sommes restés sur des brisées mieux connues et très appréciées : un Chablis 1er Cru 2004 (qui deviendra un 2005 une fois servi, mais bon), admirablement sous-titré L’Homme-Mort, ce qui glace un peu les sangs à l’aube d’un bon repas… L’entrée est une tranche de saumon fumé « maison » présentée sans aucune fioriture ni recherche esthétique : elle est là au-fond de l’assiette accompagnée de quelques œufs de poisson. Elle n’est d’ailleurs pas froide mais à température ambiante, sans doute pour révéler ses arômes les plus intimes. Le meilleur est que ce saumon maison est très bon. A suivre, une tranche de foie gras sur un lit de champignons. L’abat est parfaitement cuit, d’une grande tendresse. Les mycéliums sont très corrects, bien que l’assaisonnement soit trop en sel. En poursuite, deux belles noix de Saint-Jacques sur un céleri confis. Cuisson parfaite, encore. En digestion, un sorbet citron (thym ?) avec vodka. En viande, une noix de veau, sauce à la crème et quelques morilles (au vin jaune ?). Là encore, champs trop salés mais viande parfaite (L. dit que, tout de même, « elle ne fondait pas dans la bouche »), ce qui ne fut pas ma sensation. La bouteille de Chablis est presque vide mais nous sommes lucides. En dessert : un joli assortiment, peut-être le plat le plus original et réussi du repas. Au final, une déception : rien d’exceptionnel mais l’ensemble correct et bon, aucune recherche dans l’accompagnement visuelle, un service parfait parce que pas guindé, poli et attentif. Le rapport originalité-qualité / prix n’est pas bon du tout. Peut-être que la tradition et le poids d’une certaine aura, un peu passée ou dépassée, porte ce restaurant plus haut qu’il ne devrait-être. Ou alors, faut-il choisir dans la courte carte quelques plats mieux exposés ? Nous avons vu passé devant nos yeux certains homards flambés qui semblaient bien alléchants…