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Carnets à lire

Hier, à la Gare de Lyon, je n’ai pas eu longtemps à chercher pour trouver les Carnets de guerre de Vassilli Grossman dont Élise nous signalait récemment la parution. J’ai avalé avec énormément de plaisir la moitié du volume durant les trois heures du trajet jusqu’à Grenoble. Ce texte est à lire absolument. Il s’agit, en effet, d’un formidable rempart au pessimisme. Ce qu’a vécu le peuple russe, ce peuple de paysans et d’humbles, pris en étau entre la folie meurtrière d’Hitler et la folie idéologique et non moins meurtrière de Staline force l’admiration. Ces Carnets, parcellaires mais géniaux, serviront à Grossman de matériaux pour écrire ses grands romans à venir, notamment Vie et destin (que je n’ai toujours pas lu). Un extrait pour montrer à quel point ces hommes de peu avaient confiance dans leur dictateur malgré ses erreurs stratégiques, malgré le NKVD et malgré la bureaucratie :

« Des divisions en marche. Les visages des hommes. Des ingénieurs et des techniciens, l’artillerie, les chars. En marche jour et nuit. Des visages, encore des visages, leur sérieux, des visages de morts.

Le prolétaire du Dombass Liakhov, soldat du bataillon d’infanterie motorisée de la brigade des chars, a écrit au commandement avant l’attaque : « Transmettez au camarade Staline que je donnerai ma vie pour la patrie, pour lui, et que je ne le regretterai pas le moins du monde. Si je disposais de cinq vies, je les donnerais sans hésiter toutes les cinq pour lui, tellement cet homme m’est précieux. »

[Chap. 14 « les combats de septembre [1942] », page 215]

Commentaires

  • Ah, je suis bien heureuse! C'est une très bonne chose: ce livre est très accessible, diffusé partout, mis en valeur dans les FNAC et autres supermarchés! J'en suis ravie. Ce sont les bons côtés de la démocratisation de la culture: Grossman pour tous, partout! J'espère qu'il va se vendre en masse.

    Les hésitations de Grossman, sa façon de vivre la guerre, son enthousiasme, son adaptation surprenante pour ses proches à la condition de soldat... c'est très beau aussi.

    Bien amicalement, bonne nuit!

  • Merci Elise,
    Je me suis aperçu que les quatuors de Shostakovitch (surtout l'opus 118 et l'opus 113) portaient, eux aussi, tout le désespoir de l'âme russe. Ces instants de musique, heurtés et violents, répondent très bien au texte de Grossman, en amplifiant la douleur. On ne peut pas rester insensible à ces mots et à ces notes, sauf si on a pas de coeur !
    Bonne soirée
    D.

  • Ah, Chostakovitch, c'est sublime! Et je dois écrire aussi sur le splendide film l'Ile que je suis allée voir avec Jean-Baptiste. C'est un chef d'oeuvre, plein de tragique et d'espérance. Je vous le conseille vivement si il est encore en salle par chez vous!

    Bon week-end! Je vous appellerai dans la semaine.

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