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  • Pour la suppression immédiate et définitive de la radio obligatoire pour tous dans les bus de la TAG (Transports de l’Agglomération Grenobloise).

    Nous, utilisateurs réguliers et irréguliers de la TAG, avons constaté que depuis plusieurs mois la radio France Bleue Isère était diffusée dans tous les bus de la Compagnie.

     

    Nous lui rappelons que son offre de service n’est que de nous transporter d’un point A à un point B en veillant  i) à notre sécurité, ii) au respect des horaires de desserte (ponctualité), iii) aux temps de parcours. La diffusion de la radio ne fait en aucun parti du besoin (et encore moins du désir) des utilisateurs. Nous réclamons donc sa suppression sine die, complète et définitive sans qu’il soit nécessaire, à chaque voyage, de manifester son désaccord auprès du chauffeur qui, dans la plupart des cas, éteint purement et simplement le poste de radio sans faire d’histoire (encore heureux…).

     

    La situation actuelle conduit à des moments ubuesques où France Bleue Isère est diffusée à tue-tête dans le bus (bien qu’elle soit généralement inaudible dès que le véhicule roule : bruits aérodynamiques, de carrosserie, quand ce n’est pas tout l’intérieur du bus qui vibre à l’unisson) alors que la moitié, au moins, des passagers écoute un téléphone portable et/ou un diffuseur de musique encodée en mp3, quelque fois, d’ailleurs, en faisant « « « profiter » » » l’ensemble des occupants du bus. Bien souvent, le chauffeur est lui-même connecté à une autre fréquence via une discrète oreillette quand ce n’est pas un simple poste de radio posé près de son volant, ajoutant ainsi à la cacophonie ambiante. Cette situation nuit gravement aux autres occupants en ne leur permettant pas de lire, de rêver ou d’avoir l’esprit et l’âme en repos. Les bus, comme tous les lieux de séjours partagés sans accointances particulières entre les personnes présentes, doivent rester des places où le silence est maître, où les conversations doivent se faire à voix basse en ayant, à chaque instant, le souci et l'obligation de ne pas imposer ses musiques et ses humeurs à ses voisins.

     

    D’autre part, les programmes de France Bleue Isère sont d’une médiocrité sans nom, d’ailleurs indigne d’une chaîne du réseau d’Etat, où les faits divers, le sport et les chansons de variétés sont le fond de commerce principal. La diffusion d’un tel canal va à l’encontre de la nécessaire édification culturelle du Peuple, à l’heure où celui-ci est déjà trop souvent l’objet et la victime du divertissement débilitant, à toutes heures et en tous lieux.

  • Musique analytique

    Turangalîla-Symphonie de Messiaen par l’orchestre national de Lyon, direction Jun Märkl, Takashi Harada (ondes Martenot), Pierre-Laurent Aimard (piano).

     

    Il y avait du monde (et que du beau…), vendredi soir au Cargo, pour écouter la gigantesque symphonie de Messiaen. Certaines œuvres ne seront jamais correctement retranscrites sur un système audio ; celle-ci plus que tout autres ! En effet, comment faire passer le gigantisme de l’effectif (100 musiciens) entre deux haut-parleurs ? Le nombre n’induit pas le massacre sonore, bien au contraire. Il est tout à fait aisé de saisir et d’entendre chaque détail, chaque coup d’archet ; aucune précipitation, aucun crépitement mais une diversité et une fulgurance qui laissent pantois. Il y a beaucoup d’idées dans ces dix mouvements, beaucoup trop pour moi, en tout cas. C’est peut-être ce qui déçoit un peu. Il n’y a jamais de grande vague (romantique ?) qui emporte tout dans son passage. On entend des milliers de morceaux de phrases, morcelées qui brillent et scintillent dans l’univers sonore. Le piano a le beau rôle, celui donné au solo brillant quelques fois répétitif et martelant, quelque fois fougueux et imprévisible. Les ondes Martenot sont d’une discrétion ébouriffante dans le tumulte des cuivres mais elles tissent une atmosphère sonore toute à fait envoutante, presque sidérante. Ce Messiaen là, reste donc d’une presque totale obscurité pour moi.

     

  • Longue attente

    Vivement le 5 novembre ! Je serai à Paris ; j’ai donc quelques chances de trouver mon bonheur sur place (si la date est tenue).

  • Ritournelle

    De retour après une inexcusable absence : lassitude partagée (apparemment) par quelques bloggeurs amis ?

    Bref,

     

    La vraie et seule cause fut le traitement des 325 images prises en Corse, chacune au format brut (RAW) qu’il faut ouvrir puis travailler patiemment, avec toutes les reprises et les remords que cela implique. Une fois-ceci fait, il faut envoyer les petits fichiers vers son espace Flickr, ce qui génère de tardives et nocturnes crises d’angoisse tant l’uploading est capricieux, aléatoire, à s’en déchirer l’âme. Enfin, tout est fini et c’est mieux ainsi.

     

    En vrac,

     

    Crise financière. Après avoir beaucoup tergiversé, j’ai injecté (tout comme la BCE) plusieurs milliards de nano-euros dans mon PEE (plan d’épargne entreprise) pour redonner confiance « aux marchés ». Cela semble aller mieux… Plaisanterie mise à part, j’ai trouvé cette période toute à fait euphorisante, par l’angoisse sourde qui pointait : et si tout le système s’effondrait, faudrait-il s’entredéchirer entre humains pour récolter les derniers grains de riz à Carrefour ? La dernière guerre est trop lointaine, comme ce serait si nous devions lutter pour la survie ?

     

    Sifflets au stade. Eternelle rengaine ! Phrase merveilleuse de la chanteuse Lâam (l’âme ?) qui disait (en substance) : c’est intolérable de siffler la marseillaise mais faut comprendre les jeunes des cités ben-ouais-y sont atrocement stigmatisés – toujours les stigmates ! – on leur propose rien, y z’ont pas de boulot, etc. Petite ritournelle reprise en chœur par les porte-paroles officiels des jeunes : c’est de notre faute à nous, jamais de la leur. Peu importe leur torts, c’est toujours de notre faute. Plus de dialogue possible, guerre souterraine et larvée. Attendons tranquillement les prochaines émeutes de novembre, injectons à n’en plus finir des milliards dans des banlieues qui seront dévastées dans dix ans, achetons nous bonne conscience et continuons de nous flageller !

     

    Terroristes rouges. Les sœurs Bruni ont sauvé de la mort assurée la dame Petrella, ancienne brigadiste. Enfin quoi, être extradée en Italie, c’est le bagne, le goulag, c’est tomber dans les griffes d’un Etat absolument sanguinaire et abjecte, un lieu où les malades mentaux sont maltraités ! Notre gentil président crée un dangereux précédent (ou continue la jurisprudence mitterrandienne) : tuer, assassiner et venez vous réfugier chez nous, on vous protégera au mépris des plus élémentaires lois de la justice des hommes ; ce faisant il n’y a plus de justice, d’ailleurs. Il n'y a déjà plus de ministre de la justice en France, alors.

     

    Prisons. Quatre-vingt-dix suicidés depuis le début de l’année, c’est digne d’une république bananière. Le premier d’entre eux était déjà de trop.

     

    Terroristes rouges (bis). Qu’on oublie Rouillant et ses acolytes, qu’ils tombent dans les oubliettes de notre mémoire ! Qu’on les laisse en prison mâchouiller leur fierté et leur aigreur !

     

    Sociologie des organisations. J’étais médusé, ce matin, d’entendre lors d’une réunion d’information à caractère professionnelle que le discours officiel servi en interne (dans la communauté, voire la corporation) est exactement le discours servi en externe (à la société). Il n’y a plus d’ici et d’ailleurs, les méthodes de communications étaient déjà les mêmes, le fond à rejoint la forme ; les mêmes petites historiettes, les mêmes petites satisfactions vocales, les grandes phrases vides de sens. Stupéfiant et consternant. Mais où allons-nous ? Ce n’est pas la recherche qu’il faut sauver mais sauver la recherche des chercheurs !

     

    Concert. Grand ravissement que le sextet du plus-tout-jeune Herbie Hancock, pianiste de légende et de génie. La légende n’est pas morte, le swing, le groove, le beat - appelez ça comme vous voudrez – non plus. Grand moment à l’auditorium de la MC2/Cargo à Grenoble. Je m’attendais à un public beaucoup plus jeune (celle qui aurait pu être séduite par l’auteur et l’interprète du Rock it de 1983). Que nenni, c’était l’habituel lectorat CSP+ de Télérama, cheveux mi-grisonnants, colliers CAMIF pour les messieurs. Peu importe dans le fond, les absents avaient tort. Ils auraient pu entendre une sacré équipe, des pointures comme on dit.

     

    Anniversaire. Et oui, un peu plus de trois ans, déjà.

     

    Répliques. Mais où est Finkie ?

     

    Facebook. Grosse déception ! Je m’attendais à beaucoup mieux ! L’interface est minable, même H&F parait mieux, c’est dire. On gazouille, on dit ce qu’on ressent à l’instant précis. Là aussi le temps n’a pas d’épaisseur. Des inconnus se disent être de vos amis alors qu’une vie ne suffirait peut-être pas à tomber en amitié. Drôle de monde qui n’est même pas au second dégré.

     

    Lectures. Les Bienveillantes, à doses homéopathiques, chaque matin, dans le tramway. Nausée abominable, haut-le-cœur à chaque ligne mais, malgré tout, le parti-pris de voir l’horreur de l’autre côté, celle des bourreaux, parait solide, bien tenu.

  • JMG

    « La lumière est belle, ici, sur la Cité, tous les jours Lalla n’avait jamais fait tellement attention à la lumière, jusqu’à ce que le Hartani lui apprenne à la regarder. C’est une lumière très claire, surtout le matin, juste après le lever du soleil. Elle éclaire les rochers et la terre rouge, elle les rend vivants. Il y a des endroits pour voir la lumière. Le Hartani a conduit Lalla, un matin, jusqu’à un des ces endroits. »

     

    Cet extrait est peut-être un peu brutal mais c’est le premier que j’ai eu sous les yeux en rouvrant Désert, que je n’ai pas touché depuis une lointaine classe de collège. Je n’avais pas beaucoup de souvenirs de Le Clézio mais il ne m’a jamais semblé être parmi ce qu’il avait de plus désirable, de plus urgent à lire. Ces quelques lignes ne vont pas me faire changer d’avis. Dire qu’il vient d’être nobélisé, panthéonisé pour l’éternel et que Philippe Roth – c’est un exemple - ne l’est toujours pas… monde injuste.

     

  • Entre...

    Entre les murs, film de Laurent Cantet d’après le roman de François Begaudeau.

     

    Je n’avais pas très envie de découvrir ce film, sans doute parce que les quelques images aperçues lors de la diffusion des bandes-annonces ne m’avaient pas beaucoup enthousiasmé. L’attribution surprise de la Palme d’or à Cannes, puis tout le battage médiatique bien pensant qui s’en était suivi ne m’avait pas rassuré, au contraire. Mais pour le critiquer, il fallait le voir.

    Autant le dire tout de suite, ce film est cinématographiquement très faible. Comme l’avait bien noté le critique cinématographique Luc Hernandez, qui officie sur France 3 Lyon – on espère qu’il sortira un jour de là –, le film est très drôlement filmé : les têtes sont systématiquement coupées. Problème de format entre le cinéma et la caméra numérique ? Je ne sais pas mais ça ne donne pas beaucoup d’air pour respirer entre les plans serrés sur les « petits » collégiens parisiens.

    Sur le fond, le film hésite totalement entre le documentaire et la fiction. Ce faisant il échoue totalement, dans l’un et l’autre des genres. A ne pas vouloir prendre parti, le film devient vite une tranche de vie insipide. Donc une classe, très métissée (en fait, totalement, ou presque métissée) face à un professeur (un prof, donc) jeune, un peu idéaliste, mais pas trop. Tout est dit. Pendant deux heures on suit donc paisiblement le quotidien. De temps en temps, on aperçoit quelques visions d’espoir : la salle des profs, la cour de récréation qui ressemble à une cour de prison (clin d’œil : « entre les murs »). Sur le fond, encore, on ne découvre rien que l’on ne sache déjà, si on à l’habitude de prendre le bus, le métro, de fréquenter les centres commerciaux. Cette jeunesse est à peu près hideuse, bête à en mourir, ignorante - et fier de l’être - très « premier degré », très « respect » et assez « vénère ». Et plus on avance, et plus on découvre l’abîme, la profondeur abyssale du malheur qui nous frappe déjà et qui nous frappera encore plus dans les années qui viendront. L’attitude du professeur est d’ailleurs très claire. Officiellement, on est dans un cours de français. Réellement, il s’agit surtout d’établir un discours intelligible par eux, de se faire comprendre des petits chéris, de tenter de les amener un peu (un tout petit peu) sur la voie de l’abstraction. Bien entendu, tout cela ne se fait pas sans mal. D’ailleurs, ça ne se fait pas du tout. En toile de fond, apparaissent les années de pédagogisme (« l’élève au centre du système »). Plus rien n’est transmis, ces heures de cours ne servent que de garderie, plus ou moins calmes, souvent très agitées puisque tout est prétexte aux cris et aux vociférations. Et c’est là que le film échoue, à ne pas vouloir prendre parti à ne pas vouloir (pouvoir ?) dire la voie à suivre, à montrer l’échec sans jamais appuyer là où cela fait mal (sauf, à se moquer des professeurs un peu trop attachés à la machine à café de la salle des profs et qui n’ont pas de bureau personnel pour travailler en silence). Le film se termine sur deux scènes merveilleuses (enfin !). La première, une jeune élève d’origine africaine s’approche du bureau du professeur. L’angoisse nous saisit. On imagine lui annoncer qu’elle ne sera pas au collège l’année prochaine, que son père a décidé de la marier à son cousin, au « pays ». Et bien non, elle dit simplement qu’elle n’a rien appris durant cette année : gros malaise du professeur ! La dernière, sublime, le proviseur, en cravate mais la veste à terre joue au football avec ses petits monstres (après avoir tenté d’instaurer, toute l’année, un peu d’ordre et d’autorité). Superbe vision finale : toutes les bonnes résolutions tombent devant un bon match de football, qu’il faut bien se divertir quoi, pour les gamins, c’est bien, quoi, etc.

    La touche finale, ce sera, bien sûr, l’aventure cannoise : paillettes et champagne (enfin, « pour les jambons-beurre ») avec tout le binz audio-visuel. La télé (ses stars, le maelstrom infecte de la téléréalité et des programmes débilitants) est la grande absente de ce film, au même titre que la fripe, la mode, la « marque » et leur rôle dans l’abêtissement d’une jeunesse « en perte de repère » (comme on dit à Télérama). Pourtant, on sent bien que l’Education Nationale n’est pas, à elle toute seule, responsable d’un tel désastre, qu’une masse agissante, une sorte de grand trou noir participe aussi au désastre. Que ces jeunes acteurs aient du talent dans la « tchatche », c’est certain. Qu’ils soient devenus du jour au lendemain des stars est dégoutant, parce que cela cautionne, avec un cynisme honteux, qu’il suffit d’être comme eux, d’insulter son professeur, de faire du chahut, de refuser obstinément d’apprendre quoi que ce soit pour être célébrer et encenser.