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  • Que rien ne serait plus désirable pour l'histoire

    « Dangeau était un esprit au-dessous du médiocre, très futile, très incapable en tout genre, prenant volontiers l'ombre pour le corps, qui ne se repaissait que de vent, et qui s'en contentait parfaitement. Toute sa capacité n'allait qu'à se bien conduire, ne blesser personne, multiplier les bouffées de vent qui le flattaient, acquérir, conserver et jouir d'une sorte de considération, sans vouloir s'apercevoir qu'à commencer par le roi, ses vanités et ses fatuités divertissaient souvent les compagnies, ni des panneaux où on le faisait tomber souvent là-dessus. Avec tout cela, ses Mémoires sont remplis de faits que taisent les gazettes, gagneront beaucoup en vieillissant, serviront beaucoup à qui voudra écrire plus solidement, pour l'exactitude de la chronologie, et pour éviter confusion. Enfin ils représentent, avec la plus désirable précision, le tableau extérieur de la cour, des journées, de tout ce qui la compose, les occupations, les amusements, le partage de la vie du roi, le gros de celle de tout le monde, en sorte que rien ne serait plus désirable pour l'histoire que d'avoir de semblables Mémoires de tous les règnes, s'il était possible, depuis Charles V, qui jetteraient une lumière merveilleuse parmi cette futilité sur tout ce qui a été écrit de ces règnes. » Saint-Simon, Mémoires, année 1720.

  • Résurrection

    On a un peu de mal à comprendre pourquoi les Israéliens se sont arrêtés en si bon chemin à Gaza alors qu’ils tenaient les Hamassistes au bout de leur canon. Une fois plus, il n’y aura pas de vainqueurs et beaucoup de perdants. En ne prenant pas position pour interdire le futur trafic d’armes par les tunnels entre la Bande de Gaza et l’Egypte, les Israéliens se retrouveront dans quelques semaines au même point qu’il y a un mois. Et les petites roquettes Kassav (de plus en plus perfectionnées, grâce au grand frère Iranien) continueront de pleuvoir.

    Reste que cette guerre éclaire, fondamentalement asymétrique (comme il faut dire maintenant lorsqu’un des belligérants est inférieur sur le plan des armes) restera comme magistrale, brutale et odieuse. Mais la faute à qui ? La faute au camp de la démocratie (où les dirigeants du pays sont élus et démis par les urnes) ou la faute au camp des barbus intégristes, antisémites et volontiers portés au coup d’Etat. D’ailleurs le plus grand échec d’Israël aura été de ne pas réussir à ouvrir un coin entre les fous de Dieu, et les modérés-réalistes au point que l’Autorité palestienne appelle aujourd’hui à un grand gouvernement d’intérêt national avec … le Hamas (après avoir été mis dehors manu militari par ces mêmes barbus) ! La martyrologie arabe, bien aidée en cela par nos utiles perfusions de nourritures et de médicaments, renait toujours de ses cendres, à la moindre alerte, pour masquer ses propres faiblesses et manquements. Un aparté, pour dire combien l’Union Européenne a tenu les Palestiniens à bout de bras dans un passé très récent, ce qui rend encore plus odieux les « Europe complice » qu’on lit ici ou là lors des manifestations de soutien en France. Où sont les pays arabes modérés et les rois du pétrole ? Où sont-ils marqués sur les banderoles de nos islamistes nationaux (alors qu’ils ont bien moins fait que nous) ? Ne feront-ils jamais un jour le travail qui leur incombe en premier : se défaire à tout jamais des fous et des cinglés de leur religion ? On voit bien que le problème local résonne avec de sourdes rivalités entre pays voire entre groupes d’une même religion et que ces rois fainéants assis sur leur trône de barils ont plus d’un intérêt au statu quo et à l’attentisme prudent.

    Sur le plan médiatique, cette guerre aura été l’énième triomphe du bombardé face au démocrate et au camp de la Liberté. Rien à dire, les images et les mises en scène étaient parfaites, sans doute trop pour ne pas êtres vraies (loin de moi de nier l’existence de la mort de tous ces innocents).

    En France, la messe était dite avant même que la guerre ne soit déclenchée. Le parti était pris d’avance : être du côté du pauvre-peuple-palestinien-si-sournoisement-agressé par le déluge de feu d’un peuple en avance d’un demi-siècle sur l’autre. La vieille antienne mille fois psalmodiée du journaliste engagé pour la veuve et l’orphelin. Rien à dire, la messe fut parfaite, sans un pli.  Et surtout, ne pas en douter car on vous expliquera en long, en large et en très grand travers que cette guerre fut couverte avec la plus grande justesse et le souci constant de ne jamais prendre parti pour l’un ou l’autre ! Bien voyons !

    Pour la France, des enseignements sont à tirer. Le premier est la formidable mobilisation d’une communauté (ou peut-être même d’une religion) pour les Palestiniens. Il fallait les voir – comme je les ai vus encore ce samedi à G. – ces manifestants bien organisés venues avec femmes (voilées) et marmaille nombreuse scander leur haine d’Israël. Ils n’étaient pas seuls, quelques dames patronnesse de RESF étaient là aussi, avec leur pull en cachemire et le Télérama négligemment sortis de leur houppelande des toutes dernières collections de la CAMIF. Il y avait aussi tout ce que la gauche la plus ultra et nauséabonde pouvait compter, volontiers tiers-mondistes, prête à ramasser dans son grand sac toutes les haines du monde pourvues qu’elles puissent lui permettre de se hausser d’un petit cran (vers le grand soir). En face, peu de monde pour soutenir nos frères en Liberté.

    Que va-t-il se passer maintenant ?

    Mettre sous tutelle internationale les Palestiniens aurait du être fait depuis des lustres en profitant de cette période de calme pour former une vraie élite palestienne qui ne soit pas pourrie par le clientélisme et la corruption. Le premier problème qu’on pourrait leur confier serait de trouver une solution à l’extraordinaire taux de fécondité qui est une bombe à retardement pour un tel pays, sans ressource et sans possibilité pour son avenir immédiat.

    C’est maintenant impossible car aucun gouvernement occidental ne se risquera à mettre les troupes qui s’imposeraient face à des fous capables de se suicider pour leur cause, y compris chez nous, dans nos villes et dans nos métros. Compter sur un sursaut des états arabes ? Que feront-elles là-bas alors qu’elle bâillonne déjà sous un joug de fer leur propre peuple ? Rien à espérer dans ce sens là.

    Arrivera peut-être un jour où les Israéliens les plus ultras iront faire exploser une bombe atomique au-dessus de l’Iran, ce qui allumerait bien sûr un brasier gigantesque. Il est donc de notre devoir, et plus que jamais, de tout faire pour que l’Iran n’ait jamais accès à la bombe car nous ne maitriserons ensuite plus rien.

  • Une de plus

    Et voilà, c’est fini, le bon temps, les jours tranquilles devant le thé fumant, les livres qu’on feuillette négligemment, en prenant son temps, les bons petits plats qui se mitonnent (presque) tout seuls. Les vacances ont du bon, le travail aussi, sans doute ou peut-être. Bonne année à tous !

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    (Vercors, hier)