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  • Outre-mer

    Le réveil des Guadeloupéens à quelque chose d’un peu suspect, de si peu spontané. La crise a bon dos. La vie dans les Antilles est chère, c’est entendu. Elle l’est d’autant plus que les produits qui y sont consommés sont en grande majorité importés. Lors de notre séjour dans cette Île superbe, nous avions été surpris du peu d’espaces cultivés, notamment du peu de terrains maraichers. Pourtant, le volcan et le climat semblent propices à de fructueuses récoltes. Beaucoup de terrains semblaient à l’abandon et d’autant plus que l’exubérance de la végétation a tôt fait de réduire les défrichements peu soutenus dans le temps. Néanmoins, les marchés (de produits locaux) ne semblaient pas être mal approvisionnés…

    Le plus choquant dans cette révolte et la sensation d’être face à une lutte des noirs contre les blancs (ou, du moins, contre les békés, ces grands propriétaires ou entrepreneurs qui semblent avoir sous leur coude la force productrice de l’Île). Les banderoles secouées en l’air par les manifestants sont écrites en créole, leur leader s’exprime dans la même langue devant les médias (mais il parle aussi très bien le français). Alors, manifestations contre la crise ou contre la métropole ? Je n’ai pas l’impression que Pays oublie nos compatriotes d’outre-mer. Regardons les statistiques du R.M.I (et bientôt du R.S.A.), le nombre de postes occupés dans la fonction publique par les Antillais (y compris en métropole). Je me méfie des idées toutes faites qui voudraient nous faire croire que le blanc est le patron et le noir le larbin (pour ne pas dire l’esclave, comme on l’entend ici ou là). Quoiqu’il en soit, la grenade est dégoupillée, la contagion gagne l’arc antillais (au grand plaisir de Madame Taubira, venue souffler un peu sur les braises). D’ailleurs, il me semble que la Guyane avait déjà connue il y a quelques mois de cela pareils manifestations de rejet et de revendications. Le volcan est donc en train de bouillir, espérons pour les Guadeloupéens qu’il n’explose pas. Hélas, la grève semble tenue par des syndicats « chauds-bouillants » qui ne semblent pas renoncés à divers actes d’intimidations dont le premier est d’empêcher ceux qui le souhaite d’aller travailler (vieille méthode bien connue, en métropole itou). Encore une fois, le climat économique me semble être la partie émergée de l’iceberg et les revendications sentent trop le goût de la division et l’esprit de révolte, à connotation identitaire, pour être prises comme un pur problème de salaires et de vie chère. Il ne serait pas acceptable que les Antilles se dirigent vers un scénario à la Corse.

     

  • Télé 2009

    Dimanche, il y avait quelque chose de réjouissant qu’une chaîne comme Arte puisse consacrer une après-midi entière à la retransmission – même en différée – de quelques uns des concerts de la Folle journée de Nantes, consacrée cette année à Bach (enfin aux allemands autour de Bach). Les enregistrements n’étaient pas mauvais du tout, la réalisation plutôt sobre. Il fallait bien supporter les coupures (L. est folle de Gustav Hofer en étudiant mal rasé) et les jingles mais ne gâchons pas notre plaisir et réjouissons nous ! France musique consacrait également la journée à l’évènement, avec tout autant de bonheur pour l’auditeur. Réjouissons-nous !

    L’audiovisuelle public a été dans la tourmente, en ce début d’année, surtout du fait des râleurs qui n’ont vu que des mauvais côté à la suppression de la publicité du début de soirée. Personnellement, je trouve que c’est une très bonne chose – qu’il faudrait étendre à toutes les heures d’écoute. Certes, la redevance va augmenter, et sans doute encore plus dans les années qui viennent. Le problème est que l’Etat (et donc les contribuables) n’ont pas les moyens de soutenir un nombre aussi considérable de chaînes. France 3, notamment, est trop proche de France 2 (qui est trop proche de TF1, mais c’est une autre histoire). Gardons la proximité et faisons en une vraie chaîne de proximité, arrêtons les redites et les terrains contigus avec France 5 qui, elle, lorgne souvent du côté d’Arte. On en rêve tous : une seule et belle chaîne culturelle, élitiste, curieuse, ouverte sur le savoir et la connaissance qui diffuse des films en V.O. (sous titrés, ne soyons pas maso). Hélas, le pouvoir – Sarkozy dirait l’actionnaire – dilue ses maigres moyens dans des canaux médiocres en flattant surtout les uns par rapport aux autres (France ô en est un excellent exemple). Le comble de la nullité, sur le service public, avait été atteint en début ou en fin d’année dernière ou deux grandes heures avaient été consacrées à Michel Drucker ; un Drucker hagiographique, un « Drucker par lui-même », complaisant à souhait, très nauséabond. Il est l’illustration même de l’intouchable, de celui qu’on n’est pas près de ne plus voir. Ma grand-mère adorait Drucker.

    D’ailleurs, c’est une tendance lourde : ce complaire dans l’autocitation, voire le nombre d’émissions de décryptage des médias…par les médias. Il me semble que l’honnêteté professionnelle du corps médiatique devrait laisser cette lourde tache à d’autres qu’à eux. Ce décryptage est d’ailleurs très sélectif, il ne s’agit que d’évoquer quelques grosses stars du microcosme et surtout « leur actualité », les bruits de couloirs et de rapporter trois ragots qui sont souvent de l’intoxication (mais toute le monde y croit ou feint d’y croire). Ce faisant, cela donne beaucoup d’importance à des gens et des faits qui ne méritent pas tant. On regarde trop la télé !