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  • Pour l'âme

    Si vous n’avez plus rien à lire – ce dont je doute –, que l’ennuie vous guette – j’en doute encore plus -, si vous pensez que, décidemment, cette année le printemps est long à venir, alors fouillez dans vos poches et tâchez d’y trouver quelques euros pour lire ceci :

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    J’espère que ce livre vous donnera d’aussi vives satisfactions que j’en reçois de lui depuis quelques jours. Il y a peut-être un moment où l’on trouve ce que l’on cherche depuis des années, un moment qui fait de la littérature, au-delà du plaisir de lire, une quête accomplie de soi.

  • Tout tombe

    La guerre civile. Tout le monde l’attend, beaucoup la souhaite. J’ai un peu de mal à voir si elle adviendra mais rien n’est impossible. Par un curieux retournement de sens, c’est maintenant de la faute des policiers si un hôtel a brûlé à Strasbourg, lors de la toute pacifique manifestation des casseurs, tous officiellement réunis contre le sommet de l’OTAN, en réalité venus montrer leur haine de la société toute entière. Même le maire – un socialiste, on l’excuse - trouve que l’Etat - donc le gentil contribuable, cette vache à lait – devrait payer pour les destructions opérées par quelques centaines de voyous. Lorsque les CRS font régner un ensemble d’ordre, on parle de violences policières. Lorsqu’ils ne font rien – peut-être sur ordre, pour mieux montrer à la majorité silencieuse des Français qui sont ces petits européens encagoulés et armés de barre de fer – on les accuse de ne pas faire leur travail. Il faudrait, d’ailleurs, revoir un peu la stratégie de lutte contre ces bandes très organisées car elle ne semble pas donner beaucoup de résultats (malgré l’échange de fichiers entre les polices, les petits pacifistes belliqueux voyagent dans la vieille Europe comme si de rien n’était). Mais au plus haut niveau, on a peur de la bavure : qu’un petit fils de bourgeois réfugié dans le Limousin, ami des philosophes de la contestation, se prenne un mauvais coup sur le crâne et ce serait la grande révolution en France (une révolution médiatique, au moins).

    Déjà qu’il y en a un dans les geôles de la République dont on peine, visiblement, à prouver la culpabilité malgré ses virées nocturnes près des lignes de TGV. Bon à ce qu’il dit, il faisait l’amour dans les bois avec sa copine (« un moment intime »). C’était une envie un peu pressante, ça arrive à tout le monde. Mais c’est mal tombé, ce n’était pas trop loin d’une ligne TGV et il était bien surveillé. Mais ce n’est pas lui, peut-être, bien que les actes de vandalismes aient mystérieusement cessé depuis son arrestation… Mais ça ne prouve pas sa culpabilité, j’en conviens. Que tout tombe, y compris les investigations policières et des procédures judiciaires, c’est un peu trop une évidence actuellement pour que cela ait besoin d’être à nouveau relevé. A tous niveaux, de la plus haute fonction au plus petit exécutant, nous avons ce que nous méritons, c'est-à-dire souvent la bassesse, l’incurie et la faiblesse. Jadis, un Français dans la force de l’âge, n’aurait pas eu besoin d’un blog pour décrire une situation calamiteuse ; il aurait tout fait pour rassembler quelques amis et convenir avec eux de changer la situation. Mais là aussi, tout tombe, et le dégoût et le laisser-faire seront peut-être un jour un amer souvenir lors de notre chute finale.

    Il est très marquant de voir combien ces révolutionnaires du début de siècle n’assument pas leur actes, en tout cas pas sans mensonges ni forces cagoules ou foulards. Peut-être que cela est mu par une gentille paranoïa (contre « l’Etat policier ») mais que risquent t-ils vraiment, sauf à avoir peurs de leur propre violence ? Il y aura toujours un petit journaliste pour les défendre. Et qu’un seul d’entre de cette nécessaire corporation se saisisse du dossier, c’est la moitié du chemin vers la liberté de faite (en société médiatique maxima).

    Tout change, en effet. Même la réalité, celle que l’on voit n’est pas la réalité. Il faut tout réécrire, on nous ment ! Un pacifiste, un vrai sans doute, selon les critères habituels (cheveux un peu longs, barbiche abandonnée, paupière lourde du cannabis consommé plus que de raison) ne trouvait pas si mauvais ces casseurs assoiffés d’en découdre. C’est bien là le problème, que les modérés aient les yeux assez embrumés pour ne pas voir au-delà. On remarquera, d’ailleurs, qu’un mouvement d’idées incapable de calmer et d’organiser ses éléments extrêmes est voué à l’échec. Tant mieux, pour une fois.

    Derrière quelques beaux rêveurs – on souhaite tous être pacifistes, quelle belle idée ! – se cachent de drôles de zozos qui ont fini par croire ce qu’ils racontaient. Que l’OTAN soit là ? mais c’est bénédiction pour nous autres petits Pays, qui n’avons gardé que l’arrogance de notre ancienne puissance, incapables de créer une vraie défense européenne et de penser en groupe une vraie entité européenne (sinon pour l’économie). Que ferions-nous sans les Américains, sans leur technologie et sans leur force ? Serions-nous en train d’acheter actuellement la paie des braves avec Saddam Hussein contre deux ou trois gazages de kurdes irakiens ?