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Quitter sa dépouille

« L'école est, par excellence, le lieu où l'on doit apprendre à lire. Mais elle a depuis quelque temps changé son fusil d'épaule. Au lieu de mettre l'admiration au cœur du projet éducatif, elle met la culture au pluriel et devient ainsi la poubelle de l'actualité et de la mode. Elle se ferme aux œuvres sous couleur de s'ouvrir au monde. Il faut que le président de la République dise du mal d'un grand roman du XVIIe siècle pour que les tenants d'une pédagogie de proximité redécouvrent ses vertus. Ceux-là mêmes qui considèrent comme arbitraire et réactionnaire l'idée d'une préséance de la langue classique sur la langue des banlieues brandissent maintenant face au bling-bling l'étendard de La princesse de Clèves. Mais une école qui a besoin pour réintégrer Madame de Lafayette de lui décerner, comme au rap, le label de la rébellion a oublié que sa mission première est de dépayser les élèves et de les transporter hors d'eux-mêmes. »

Extrait de l’entretien entre François Busnel et Alain Finkielkraut à l’occasion de la parution du livre du philosophe intitulé Un coeur intelligent (Stock, Flammarion).

Commentaires

  • Entièrement d'accord avec ce propos... ça donne envie de lire le livre. Toutefois, pensant trouver un essai sur l’éducation, la lecture de la présentation du livre m’a laissé songeur. Quel est le propos de ce livre ? Un cœur intelligent, n’est-ce pas, à peu de chose près, la définition de la philosophie ?

  • ça n'a rien à voir avec un livre sur l'éducation, c'est le livre d'un philosophe amoureux de la littérature !

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