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  • Pixels par millions

    Je n’ai pas beaucoup avancé dans la retranscription des étapes marquantes du récent voyage en Forez et en Auvergne car j’ai, pour l’instant, beaucoup trop à faire avec les photographies. On peut les consulter au fur et à mesure de leur enregistrement dans Flickr grâce à ce petit outil (ça évite de « tourner les pages » dans Flickr).

  • Bach + Bach

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    Deux disques « Bach » (ou de transcriptions de pièces de Bach), deux femmes au piano. Les ressemblances s’arrêtent-là. Le disque de Grimaud est plus vif, tempétueux  - le concerto BMW1052 y est pour beaucoup – mais, même la chaconne de Busoni d’après la deuxième partita pour violon, défile au galop (mais sans fausses allures). Chez Queffelec, on est dans la méditation lointaine et mélancolique – trop, à mon goût – ; ça devient une marque de fabrique, un ton qu’on retrouve d’un bout à l’autre du disque. Chaque note est ultra-précise et pourtant on entend énormément l’interprétation, le sens ou la lecture personnelle de la pianiste. Ce n’est pas condamnable mais c’est un peu monotone (chaque note lente, détachée du reste). Ceci dit, cette lecture fonctionne à merveille dans l’aria des Variations Golderg nimbée d’une jolie poésie et d’une grande rigueur métronomique. La prise de son chez Grimaud est très proche. Chez Queffelec - le début du disque surtout - tout est lointain, distancié de l’auditeur. Les deux sont à écouter, bien entendu !

  • Le bocal

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    Fish Tank film d’Andrea Arnold avec Katie Jarvis, Michael Fassbender, etc.

    Très beau film, sur la naissance au monde adulte d’une adolescente prolétarienne Anglaise. Difficulté de vivre, difficulté d’aimer (et d’être aimée), difficulté de vivre de sa passion, brûlure du désir à l’adolescence. Tous ces thèmes sont excellemment bien traités, avec une tension dramatique soutenue jusqu’au bout du film (sans happy-end, ça nous change des téléfilms mielleux). Le portrait de l’amant de la mère qui devient également, un soir de saoulerie, l’amant de la fille est très bien amené (Cf. sa veulerie post-coïtum). L’atmosphère est sinistre, la mère ne parle à sa fille que par insultes et reproches. Les adolescents (et les parents) picolent d’importance ou volent des pièces de voitures dans les casses. Et malgré tout ça, une grande humanité se dégage de l’ensemble, sans misérabilisme. Jamais –en France, du moins - on n’a aussi bien filmé les H.L.M. (la vie des pauvres, la promiscuité, l’oisiveté). Et malgré le contexte et le Pays, on est à mille lieux des maximes marxistes d’un Ken Loach. Une vraie révélation avec une actrice profondément juste, poignante quelque fois. Chaudement recommandé.

  • Le maire au maillot...

    Demain, remise d’abonnements MC2 aux bénévoles et animateurs d’associations culturelles dans les quartiers ?

    [Courte note dédiée à Monsieur Georges G., en respectueux hommage]

  • Le patrimoine, c'est d'abord le territoire du pays

    « Et qu'en est-il du reste du patrimoine français ?

    Le patrimoine, c'est d'abord le territoire du pays, et il est massacré. On bétonne l'équivalent d'un département français tous les dix ans. Rien ne va plus. C'est le fiasco complet de l'aménagement du territoire en relation avec le patrimoine. On bâtit n'importe comment, de manière anarchique, au lieu de recentrer la ville et les villages sur eux-mêmes. Avec la décentralisation de l'urbanisme, les lotissements se sont développés, il y a partout des villages-rues sans commerces, très chers en équipements publics. C'est l'un des problèmes majeurs. »

    Extrait d’une interview de Jean-Michel Leniaud, historien, au Monde (17 septembre 2009).

  • Samedi 5 septembre 2009

    Grenoble, St-Etienne, St-Rambert, Chambles, Château d’Essalois*, Château de Sury-le-Comtal**, Prieuré St-Romain-du-Puy***, Montbrison.

     

    Départ matinal. J’ai voulu éviter le nœud autoroutier entre le grand périphérique lyonnais et l’A7 car j’en garde un cuisant souvenir lors de mon dernier passage : au moins une heure sans bouger pour prendre la bretelle pour St-Etienne. Cette fois-ci, je suis passé par la route nationale (maintenant départemental) qui mène à Vienne par La-Côte-St-André. J’ai réussi à m’emmêler les pinceaux dans la plaine de Bièvres mais la route fut excellente.

    A la radio, j’écoutais la nouvelle émission du samedi matin, avant Répliques, celle qui parle d’économie et remplace le bourrage de crâne Masse critique de Martel. De l’Economie, je ne connais à peu près rien, bien entendu (comme au reste, d’ailleurs). Il s’agit d’une sorte de débats entre spécialistes de la chose, tous très habiles dans leur propos et à peu près tous en désaccord, si j’ai bien compris. A retenir : le problème de fond n’est pas la gesticulation sarkozyste autour des bonus des traders mais les problèmes plus complexes de liquidités, de taux de change, de la vanne à crédits ouverte en grand en Chine, etc. Sur la route, il faut ensuite éviter de se tuer sur l’Autoroute vers Saint-Etienne, qui est une horreur de trafic et de dangers. Tout ce pays-là est absolument monstrueux ! Les vilaines collines sont totalement urbanisées ; on se déplace au fond d’une vallée pauvre et sinistre. Arrivé à Saint-Etienne, ce n’est guère mieux. La ville se répand en couche épaisse sur des collinettes de golfs miniatures. Grandes barres d’immeubles un peu partout, antennes relais et hertziens. A fuir ! Mais c’est probablement injuste car la ville (son centre, s’il existe) doit pouvoir offrir mieux ; déjà, son musée d’art moderne, réputé. Jadis, j’étais venu passer là une sorte d’entretien pour une année universitaire supplémentaire dans une formation naissante qui semblait bien bancale. Mon sentiment n’avait pas été très bon. Je me souviens qu’un professeur ou un formateur m’avait reconduit à la gare par une succession d’avenues en pentes vertigineuses longées par des maisons noires. Rien de très engageant !

    A force de bretelles d’autoroute, on finit par gagner le plateau Forézien, la grande plaine adossée aux monts du Forez. Première visite pour l’église Saint-André à St-Rambert (qu’on appelle aussi le quartier St-Rambert de St-Just-St-Rambert, c’est compliqué). Bien entendu, l’église est verrouillée à double tour mais il est possible de se faire prêter les clés à l’Office du tourisme (accueil charmant et souriant). L’intérieur est intéressant, il y a une curieuse suite de bas-reliefs, dont on se demande bien ce qu’ils font à cette hauteur et si ce ne sont pas des remplois, des ajouts, des comblements postérieurs de vide. Il y a deux clochers sur cette église dont un, très beau, excessivement massif fait un peu penser au modèle francilien « à la croisée du transept ». Quelques chapiteaux, surtout ceux près du portail d’entrée sous le clocher porche. Cette façade-là est très proprette, trop nettoyée et de récente date. De plus, le matin n’est bien sûr pas la bonne heure pour la voir. A côté de cette massive église, se tient une petite chapelle (Saint-Jean) qui est très peu de chose à l’extérieur mais assez jolie à l’intérieur, avec une belle abside romane et ses colonnes et chapiteaux. La ville de St-Rambert possède encore quelques vieilles maisons, même si sa proximité de la capitale régionale en a fait une cité dortoir. Il y a une belle porte, ou passage, dit franchise.

    Avant de découvrir le château d’Essalois, je suis allé jusqu’à Chambles qui domine de très haut la Loire, élargie par le barrage de Grangent. C’est-là un très joli site, surtout vu depuis le sommet d’un donjon ou tour médiévale qu’on gagne par un escalier vertigineux et une succession d’échelles fixes. La vue, au fait, est panoramique (mais le vent du Nord soufflait très fort). Chambles, le village, est totalement endormi, pas un chat. On gagne Essalois par une petite route qui se termine en grand parking. Il faut un petit quart d’heure de marche pour rejoindre le château mais on doit aussi pouvoir terminer en voiture, le chemin est à peu près carrossable (mis à part quelques dalles granitiques qui affleurent). Le site est beau, le château ne l’est pas vraiment. Il date de 1580 mais surtout du XIXe et encore plus du XXe. L’intérieur a été totalement repris, sécurisé, mis aux normes, etc. Il n’y a pas toujours de toits mais le sentiment est celui d’être dans un chantier qui vient de se terminer. On domine toujours la Loire et ce curieux château de Grangent sur son île esseulée sur le fleuve. Il y a, sur une colline, en face d’Essalois, une sorte de château ou monastère qui attire l’œil et le soleil. C’est très beau.

    Le château de Sury-le-Comtal n’est visible qu’en milieu d’après-midi, j’en profite pour me rendre au prieuré de St-Romain-du-Puy. Comme la Sacra-San-Michele, près de Turin, que nous avons découvert au mois de mai de cette année, il est situé sur un éperon rocheux. Site superbe sur la grande plaine du Forez. Encore plus beau depuis que le soleil a tourné sur sa trajectoire et qu’il illumine maintenant toute la région. On accède au prieuré par un petit chemin au travers des vignes, c’est assez pittoresque. Cet édifice est superbe, ancien au possible (origine carolingienne), complexe, rempli de reprises et de remplois. Au chevet des médaillons sculptés sont insérés dans les murs. L’intérieur est très « pur roman » avec une belle crypte et des fresques du martyr de Saint-Romain qui paraissent très fraîches (peut-être restaurées dans un passé récent). Il y a bien cette « usine fumante » qui était déjà là en 1980 (Cf. Journal d’un voyage en France) qui gâche toute la vue vers le Nord. Le portail d’entrée est d’un beau style fin du gothique.

    Du château de Sury-le-Comtal, on ne voit pas grand-chose temps que la porte d’entrée n’est pas franchie. Celle-ci est à proximité très immédiate de l’église (jadis seigneuriale). Le château n’a pas grand air, à l’extérieur ; il est même peu de choses avec toute la partie Nord en ruine depuis l’incendie de 1937. Mais, comme pour les bonbons fourrés, le délice est à l’intérieur. Il y a un très bel ensemble de boiseries, toutes très variées et en assez bon état malgré que bien des pièces soient dans « le jus », ce que j’aime beaucoup. La propriétaire, qui me fait découvrir sa demeure, est charmante et tout à fait passionnée (on ne saurait l’être moins vu les richesses qui s’y trouvent). Un tout petit couloir mène à une sorte de chapelle privée qui, elle-même, donne dans l’église derrière un claustra de pierre.

    Le parc est assez grand. Il donne vers l’Ouest et la rivière de la Mare, dont les débordements réguliers imbibent des prés humides et moussus. Il y a là quelques vieux arbres, dans le style du jardin anglais et une belle pièce d’eau dormante. Ce château, un peu caché, un peu absent est à découvrir.

    Montbrison n’a pas bonne mine. Le Vizézy, le ruisseau qui la traverse est minuscule. Il y a quelques belles maisons entourées d’une sorte de boulevard extérieur qui donne à la ville sa forme et sa structure. Ce n’est pas vilain mais ce n’est pas superbe (mais tout ne peut sans doute pas l’être). Animation de samedi après-midi en province (c’est dire…). Vu la maison natale de Pierre Boulez, sur une belle avenue, très calme. La salle d’héraldique (et historique) La Diana était « exceptionnellement » fermée ce samedi (mince !). Elle est le siège d’une savante association d’érudits. L’église Notre-Dame de l’Espérance est assez belle. L’intérieur renferme le beau gisant de Guy IV, un comte de Forez mort en 1239 ainsi que la première posée en 1229 et une superbe croix. J’ai fait quelques recherches au cimetière pour trouver la tombe de Levet, le poète né à Montbrison. Elle a du être relevée depuis des années maintenant. En 1980, déjà, elle n’avait pas bonne mine (Cf. Journal d’un voyage en France). La conciergerie ( ?) du cimetière est bouclée à double ou triple tour. Il y avait, à proximité, une jeune femme toute en noir, au regard infiniment triste qui se recueillait sur une tombe récente. Il y a aussi un grand carré du Souvenir Français. Mauvais dîner d’une pizza avenue de la Libération et mauvaise nuit à l’hôtel Marytel, bruyant.

  • L'horizon enveloppant

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    « Quiconque émet aujourd’hui une phrase écrite ou orale n’entre plus dans les mêmes protocoles, ne convoquent plus les mêmes accords, n’active plus les mêmes liens. La langue n’est plus l’horizon enveloppant et paisible qu’elle fut probablement, jadis, pour quelques-uns ; elle n’a plus l’évidence de l’air qu’on respire, du chemin emprunté chaque jour, de l’arbre au bout de l’allée. » Lire, également, ici.

  • Les derniers jours du monde

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    Je mets une photo un peu aguicheuse pour encourager les mâles réticents (et toutes les femmes qui aiment les hommes et les femmes) à voir ce film fou des frères Larrieu. Les critiques reprochent les incohérences et les personnages au profil psychologique incongrus. Mais c’est justement ça le fond du film ! C’est la fin du monde, tout sombre, seul l’amour surnage, jusqu’au grand éclair thermonucléaire final. On ne saurait rêver mieux ! La traversée de Paris des derniers Adam et Eve de l’humanité, nus comme des vers, est magnifique. La belle chanson de Léo Ferré (« ton style, c’est ton cul ») fait un très beau générique de fin. Une belle critique de Jérôme Leroy ici.

  • Quand Amazon nous pousse un peu la main...

    Chers lecteurs et utilisateurs d’Amazon, j’attire votre attention et vous incite à la méfiance vis à vis du service « Amazon Premium » qui permet de recevoir ses commandes en livraison express, gratuitement pendant un mois. En réalité, le premier mois est gratuit, ensuite c’est un service payant facturé 49 euros par an. En acceptant les conditions générales (celles qu’on ne lit jamais, à tort), cet abonnement est conclus tacitement (le montant vous est donc prélevé automatiquement). Vente forcée ? Pas vraiment puisque a) on vous a prévenu (chaussez vos lunettes et n'oubliez pas les bas de pages), b) vous pouvez résilier (« ne pas convertir » dans le jargon amazonien) en vous rendant sur « mon compte » et en farfouillant un peu. Pour échapper à ce vilain prélèvement automatique, je vous conseille, en outre, : a) de supprimer (toujours dans « mon compte/moyens de payement ») la référence de la ou les cartes bancaires utilisées pour le paiement de vos commandes, b) d’activer cette option de « non conversion » automatique et d’en garder une copie d’écran.