02 novembre 2009
Une justice pour tous
Drôle de psychodrame que l’émotion suscitée par le renvoi de l’ancien président de la République devant tribunal. Je ne comprends absolument pas les mines attristés et les bons sentiments de droite et de gauche qui trouvent que trop c’est trop. Chirac, président, était intouchable car il était la France. Le viser, lui, c’était entacher le Pays tout entier d’une marque d’infamie. On ne pouvait le traîner devant les tribunaux d’exception (et laquelle !) que pour trahison. Redevenu citoyen Français, sans mandat électif, il est amené à répondre des faits qui ne sont pas prescrits. Ce qu’on lui reproche n’est pas rien et mérite d’être jugé. L’homme Chirac est adoré des Français, donc des médias, donc de la classe politique. Je trouve cette mansuétude bien étrange et s’il était condamné pour les faits qui lui sont reprochés, le petit peuple aura beau jeu de dire « tous pourris », « collusion des puissants », etc. Les arguments les plus fallacieux qui sont avancés sont de deux types : 1) « c’est une vieille histoire » (certes, mais non prescrite et ce n’est pas au journaliste/au politicien du coin de dire le droit (c’est d’ailleurs pour cela que le droit existe)), 2) « tout le monde faisait la même chose au même moment » (sans doute, mais ce n’est pas une raison pour ne pas juger celui qu’on soupçonne d’avoir commis ce délit). Sur ce, se déroule toute une insidieuse campagne médiatique sur la Fondation du président, le bien qu’elle répand par-delà les océans sur les pays pauvres, etc. C’est sans doute juste et très vrai. Mais a-t-on le droit de mettre cela en avant, ou même en regard, lorsqu’il s’agit de la justice de son pays ?
21:22 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note











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