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  • Loin

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    L’éloignement

  • Chute de la mémoire

    Sans aucune surprise, l’anniversaire de la chute du mur (entre la RFA et la RDA) n’est pas à la hauteur de ce qui s’est passé à ce moment là. Ce n’est pas que la découverte de la société de consommation – surtout vue et décrite par ses aspects les plus néfastes – par les Allemands de l’est, c’est surtout la victoire du monde libre (souvenez-vous, la démocratie) face à la tyrannie liberticide du communisme. Et de cela, on n’entend bien peu parler. Ce qui amuse les médias, c’est le folklore (Rostropovitch jouant Bach, le symbole) et les débats mimétiques et entendus mille fois (Mitterrand a t-il loupé le coche ?). Dans le pire des cas, on va jusqu’à comparer le mur que les Israéliens ont construit face au islamistes, (pour simplement garantir leur survie, faut-il le rappeler) au mur de la honte de l’Europe de l’est.

    Ce qu’il faudrait dire, rappeler, marteler sans cesse, c’est combien le communisme a été une barbarie, l’horreur absolue pour des millions d’humains. Pour celles et ceux que l’amnésie n’a pas encore atteint, il est temps de lire (ou de relire), le fameux Livre noir du communisme dirigé par S. Courtois et dont une édition de poche (Pocket/Agora) vient de sortir. L’évocation implacable des faits (au sens historique) donne froid dans le dos : massacres, famines organisées, goulags russes ou laogaï chinois, tortures, privations de libertés, etc. La liste est longue des malheurs endurés par les hommes au-delà du rideau de fer (au sens large). L’incipit est à méditer : « La vie a perdu contre la mort, mais la mémoire gagne dans son combat contre le néant » (Tzedan Todorov, Les Abus de la mémoire).


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  • Marche forcée


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    "A l'automne 1974, le cinéaste allemand Werner Herzog apprend que son amie Lotte Eisner, critique et historienne du cinéma, est très malade. Depuis Munich, il décide de se rendre auprès d'elle à Paris, avec la certitude qu'elle survivra s'il voyage à pied. Tenu du 23 novembre au 14 décembre, ce journal de marche est le témoignage d'un homme qui nous fait partager tour à tour ses moments d'exaltation, d'épuisement, de plénitude."

    Excellent petit livre qui se lit d'un trait (ou le temps d'un voyage en bus). Une pépite du présent de narration, aux phrases percutantes. Une aventure insensée au nom de l’amitié. A découvrir.

  • Penseur de notre temps

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    "Il m’a fallu rencontrer l’Islam pour mesurer le péril qui menace aujourd’hui la pensée française. Je pardonne mal au premier de me présenter notre image, de m’obliger à constater combien la France est en train de devenir musulmane. Chez les Musulmans comme chez nous, j’observe la même attitude livresque, le même esprit utopique, et cette conviction obstinée qu’il suffit de trancher les problèmes sur le papier pour en être débarrassé aussitôt. A l’abri d’un rationalisme juridique et formaliste, nous nous construisons pareillement une image du monde et de la société où toutes les difficultés sont justiciables d’une logique artificieuse, et nous ne nous rendons pas compte que l’univers ne se compose plus des objets dont nous parlons".

    Claude Lévi-Strauss, Tristes tropiques, 1955.

  • Une justice pour tous

    Drôle de psychodrame que l’émotion suscitée par le renvoi de l’ancien président de la République devant tribunal. Je ne comprends absolument pas les mines attristés et les bons sentiments de droite et de gauche qui trouvent que trop c’est trop. Chirac, président, était intouchable car il était la France. Le viser, lui, c’était entacher le Pays tout entier d’une marque d’infamie. On ne pouvait le traîner devant les tribunaux d’exception (et laquelle !) que pour trahison. Redevenu citoyen Français, sans mandat électif, il est amené à répondre des faits qui ne sont pas prescrits. Ce qu’on lui reproche n’est pas rien et mérite d’être jugé. L’homme Chirac est adoré des Français, donc des médias, donc de la classe politique. Je trouve cette mansuétude bien étrange et s’il était condamné pour les faits qui lui sont reprochés, le petit peuple aura beau jeu de dire « tous pourris », « collusion des puissants », etc. Les arguments les plus fallacieux qui sont avancés sont de deux types : 1) « c’est une vieille histoire » (certes, mais non prescrite et ce n’est pas au journaliste/au politicien du coin de dire le droit (c’est d’ailleurs pour cela que le droit existe)), 2) « tout le monde faisait la même chose au même moment » (sans doute, mais ce n’est pas une raison pour ne pas juger celui qu’on soupçonne d’avoir commis ce délit). Sur ce, se déroule toute une insidieuse campagne médiatique sur la Fondation du président, le bien qu’elle répand par-delà les océans sur les pays pauvres, etc. C’est sans doute juste et très vrai. Mais a-t-on le droit de mettre cela en avant, ou même en regard, lorsqu’il s’agit de la justice de son pays ?