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  • Vérité

    "Le désastre familial, c'est dynastique" (Philip Roth, La bête qui meurt)

  • Vol au voile

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    Burqa ou pas ? Grand débat national oblige, les vieilles poussières mises sous le tapis remontent à la surface. Alors ? Faut-il légiférer pour ou contre la burqa et dans quels lieux et à quels moments ? Oulla, que c’est compliqué ! Je note qu’il y a vingt ans, c’était le débat sur le voile à l’école et que maintenant ce sont des pratiques autrement plus extrêmes et inquiétantes qui sont en jeu.

     

    Le fond est bien connu, par-delà la saine volonté de respecter la dignité de la femme (enfin c’est déjà prendre partie, en tant qu’occidental non musulman), c’est bien de savoir jusqu’où nous pourrons avaler les couleuvres islamiques. Il suffit de rappeler, de marteler  -puisqu’on n’entend plus rien, à cause de nos médias à la résonnance sélective - que l’expression de sa religion dans la sphère publique ne fait pas partie, (ne fait plus) partie de notre patrimoine nationale commun (au moins depuis 1905). La religion et son expression ostentatoire ou non, font parties de la sphère privé et doivent donc s’exprimer chez soi, chez ses amis croyants, à la mosquée mais pas dans la rue, ni devant une école, ni à l’hôpital, ni au Liedl, etc. Et cette affichage est d’autant plus intolérable à nous, Français, que notre histoire, nos valeurs ne sauraient souffrir d’une telle aliénation de la personne humaine. Encore une fois, c’est ce que nous pensons, nous autres occidentaux jadis chrétiens, maintenant en voie de sécularisation à peu près complète. J’ai la faiblesse de croire que ce modèle de civilisation, fait de respect des femmes et de leur liberté vaut mieux qu’un enfermement et une soumission (fut-il accepté).

     

    Toute règle absolue souffre d’exceptions. La plus justifiée concerne les croyants chrétiens qui font partie de notre histoire, qui sont notre pays autant qu’un athée. Le voile de la bonne-sœur ne me gène pas, ni la croix, ni la soutane du curé parce que c’est ce que nous étions, c’est le socle sur lequel nous nous sommes construits. Il faut avoir le courage de le dire : la France n’a jamais été et n’est pas un pays musulman. Nous n’avons pas à nous plier à des règles qui n’ont jamais été et qui ne sont pas les nôtres !

     

    On nous rebat les oreilles que les musulmans (ou les étrangers quant on ne veut pas les stigmatiser, comme ils disent) n’arrivent pas à s’intégrer chez nous. C’est de notre fait puisque nous sommes d’infâmes racistes (l’affaire est entendue). Mais que font certains pour s’intégrer chez nous, parmi nous ? Ne serait-il pas souhaitable, au moins par respect du peuple accueillant de respecter ses coutumes et ses usages ? Notre pays garanti la liberté religieuse. Personne, en France, n’est privé du droit élémentaire de pratiquer sa religion (contrairement aux Coptes d’Egypte…).

     

    Je note que les problèmes de non-intégration ne se posent pas que pour les musulmans. Par exemple, les hommes Sikhs portent le turban. Néanmoins, on le souffre d’autant mieux qu’ils sont bien moins nombreux que les musulmans en France et, qu’à cause de cela ou à cause de leur comportement général (calme et respectueux), ils attirent moins le regard sur eux. Il y a aussi qu’ils tolèrent les autres religions et qu’ils ne se placent pas d’emblée en terme de rapport de force et de domination. N’oublions pas que l’islam (quoiqu’on en dise) est une religion de conversion qui n’a pas pour vocation de vivre à côté d’autres religions. Nous aurons bientôt à nous en souvenir, je le crains.

  • Débile...

    C'est un peu fou, mais je me suis aperçu que lorsque j'enregistrais des notes à partir de Firefox, on ne les voyait pas sur Internet Explorer (8). Très confus, tout ça. Je n'ai pas le temps de me pencher sur les détails donc les deux dernières sont doublées. Mes excuses aux amis du renard à queue courbée...

  • Bright Star (2 pour IE)

    Bright Star, le film de Jane Campion, est à la fois un bonheur et une déception. Dans la salle « Chaplin » du cinéma Le Club de G., le public était fourni – normal, c’est la première semaine et il faisait (très) froid dehors. Beaucoup de femmes dans la cinquantaine ou s’en approchant. Le film relate l'histoire d’amour entre le poète Anglais John Keats et sa voisine (et plus ou moins hébergeuse) Fanny Brawne, d’un rang social plus élevé. Après un départ tiède, ils tombent amoureux, Keats ne peut l’épouser (trop pauvre) et part en Italie alors qu’il est malade. Il meurt, il a 28 ans (ou 25, je ne sais plus). Fanny est inconsolable (rien d’étonnant). Le film de Campion est cinématographiquement, photographiquement très beau (images claires, cadrages parfaits, chaque détail dans le champ est réfléchi et précis). L’attention au décor est soutenu tant pour les intérieurs que les extérieurs qui sont parfaitement filmés. Contrairement à ce que j’avais lu ici ou là, la musique n’est ni lourde ni apposée comme pour appuyer la narration cinématographique. Pour tout cela, c’est un pur bonheur qui rappelle La leçon de piano. Les sentiments, le rapprochement des âmes et des corps (très chastement) est bien filmé mais un peu trop attendu (les lits contre la cloison, les lettres d’amour cachetées). Ce qui passe moins, c’est qu’à tout cela – et c’est déjà beaucoup – se mêle assez maladroitement, l’évocation de la création poétique. C’est difficilement montrable, puisqu’il faut narrer par l'image un processus éminemment personnel, intime. Et de cela, on ne sait pas grand-chose, on ne voit même rien, sinon par le truchement de la relation amoureuse. Du coup, le film hésite, traîne un peu en langueur, ne sait pas trop où il va. Personnellement, je pense que le crescendo amoureux est traité trop vite – c’est pourtant là où il y a le plus à raconter, et les variations peuvent être infinies - parce qu’il y a la suite à montrer (les temps heureux, la fin tragique). Les acteurs sont plutôt bons et crédibles, les second rôles très fins et soignés. En résumé, un bon moment qui n’atteint pas les sommets.

     

    « Étincelante étoile, constant puissè-je à ton instar »

    Étincelante étoile, constant puissè-je à ton instar
    Non pas naviguer seul dans la splendeur du haut de la nuit
    A surveiller de mes paupières pour l’éternité désunies,
    Comme de la nature l’ermite insomnieux et patient,
    Les eaux mouvantes dans le rituel de leur tâche
    D’ablution  purifiante des rivages humains de la terre,
    Ni contempler le satin du masque frais tombé
    De la neige sur les montagnes et sur les landes —
    Non, mais toujours constant, toujours inaltérable,
    Avoir pour oreiller le sein mûr de mon bel amour,
    Afin de sentir à jamais la douceur berçante de sa houle,
    Éveillé à jamais d’un trouble délicieux,
    Toujours, toujours ouïr de sa respiration le rythme tendre,
    Et vivre ainsi toujours — ou bien m’évanouir dans la mort.

     

    « Bright star ! would I were steadfast as thou art »

    Bright star ! would I were steadfast as thou art —
    Not in lone splendour hung aloft the night
    And watching, with eternal lids apart,
    Like nature’s patient, sleepless Eremite,
    The moving waters at their priestlike task
    Of pure ablution round earth’s human shores,
    Or gazing ont the new soft-fallen mask
    Of snow upon the moutains and the moors —
    No — yet still steadfast, still unchangeable,
    Pillowed upon my fair love’s ripening breast,
    To feel for ever its soft swell and fall,
    Awake for ever in a sweet unrest,
    Still, still to heart her tender-taken breath,
    And so live ever — or else swoon to death.

    (Note du traducteur : Longtemps tenu pour le dernier poème de Keats, écrit le 29 septembre 1820 où il le copia en marge de l’exemplaire de Shakespeare de son compagnon de voyage en Italie, Joseph Severn. La découverte de la transcription d’une version antérieure datée de 1819 rend cette date impossible. Mais qu’importe !) John Keats, Seul dans la splendeur, La Différence, 1990, traduit de l’anglais par Robert Davreu).

  • Rohmer est mort

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    Rohmer est mort. Son cinéma avait le génie de nous rendre aimable le moindre badinage, de nous sortir des contingences habituelles et triviales pour nous faire rêver à un au-delà proche qui paraissait si inatteignable : celui où les relations amoureuses entre les hommes et les femmes sont placées sous le signe du verbe et de la parole. Personne n’a pris sa suite. Le futur n’en sera que plus triste.
  • Bright star (2)

    Bright Star, le film de Jane Campion, est à la fois un bonheur et une déception. Dans la salle « Chaplin » du cinéma Le Club de G., le public était fourni – normal, c’est la première semaine et il faisait (très) froid dehors. Beaucoup de femmes dans la cinquantaine ou s’en approchant. Le film relate l'histoire d’amour entre le poète Anglais John Keats et sa voisine (et plus ou moins hébergeuse) Fanny Brawne, d’un rang social plus élevé. Après un départ tiède, ils tombent amoureux, Keats ne peut l’épouser (trop pauvre) et part en Italie alors qu’il est malade. Il meurt, il a 28 ans (ou 25, je ne sais plus). Fanny est inconsolable (rien d’étonnant). Le film de Campion est cinématographiquement, photographiquement très beau (images claires, cadrages parfaits, chaque détail dans le champ est réfléchi et précis). L’attention au décor est soutenu tant pour les intérieurs que les extérieurs qui sont parfaitement filmés. Contrairement à ce que j’avais lu ici ou là, la musique n’est ni lourde ni apposée comme pour appuyer la narration cinématographique. Pour tout cela, c’est un pur bonheur qui rappelle La leçon de piano. Les sentiments, le rapprochement des âmes et des corps (très chastement) est bien filmé mais un peu trop attendu (les lits contre la cloison, les lettres d’amour cachetées). Ce qui passe moins, c’est qu’à tout cela – et c’est déjà beaucoup – se mêle assez maladroitement, l’évocation de la création poétique. C’est difficilement montrable, puisqu’il faut narrer par l'image un processus éminemment personnel, intime. Et de cela, on ne sait pas grand-chose, on ne voit même rien, sinon par le truchement de la relation amoureuse. Du coup, le film hésite, traîne un peu en langueur, ne sait pas trop où il va. Personnellement, je pense que le crescendo amoureux est traité trop vite – c’est pourtant là où il y a le plus à raconter, et les variations peuvent être infinies - parce qu’il y a la suite à montrer (les temps heureux, la fin tragique). Les acteurs sont plutôt bons et crédibles, les second rôles très fins et soignés. En résumé, un bon moment qui n’atteint pas les sommets.

  • Bright star

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    But when the melancholy fit shall fall
    Sudden from heaven like a weeping cloud,
    That fosters the droop-headed flowers all,
    And hides the green hill in an April shroud;

    [Mais quand s’abattra la Mélancolie,

    Soudaine messagère des Cieux, nuage de larmes,

    Qui abreuve les fleurs aux têtes tombantes,

    Et cache la verte colline sous un linceul d’Avril]

    (John Keats, traduction Alain Suied, Éditions Arfuyen)