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  • Tout va bien !

    « On ne va pas faire toute une histoire pour ce voile ».

    Jean-Marc Souami, présentateur de la météo sur France 3, en introduction au bulletin de ce soir.

     

    Il s’agissait du voile nuageux, bien entendu. En (très gros) sous entendu, c’était le problème de la burqa.

     

    La position devant le prompteur, sans contradiction possible, est le moyen idéal pour faire passer sa petite idée café du commerce. Ce que pense Monsieur Souami de la situation actuelle du pays, on s’en moque un peu car son statut de lecteur- gesticulateur à vie devant un écran virtuel ne l’autorise guère à être écouté es qualité pour débattre des problèmes avec nos minorités visibles et invisibles (rayée la mention inutile). Mais cette petite phrase, pétrie d’humour qui n’en a pas l’air est l’arme absolue du discours bien-pensant : elle désarçonne car elle fait rire. Et de petits rires en petits rires, on finit par rire de tout (voir comment une émission ridicule et insignifiante comme celle de Denisot sur Canal+ a réussi, au fil des années, à se faire une place au soleil dans le paysage audiovisuel).

     

    Pour en revenir à France 3, le décrochage régional (« Alpes ») de ce soir était une nouvelle illustration de l’extraordinaire pouvoir qu’ont les journalistes de choisir ce qu’ils veulent montrer, dire, faire dire, ce qu’ils soutiennent, ce qu’ils n’aiment pas. Vingt-six avril aidant, c’était donc la charge promise contre le nucléaire avec ses illustrations hautement prévisibles : manifs d’A-sauces anti nucléaires, interview de la Dame Rivasi et direct-plateau avec un barbu dont je n’ai pas retenu le nom, actuel président de la CRIRAD. Tous ces personnes défendent des idées hautement estimables (grosso modo, "le nucléaire, c’est dangereux"). D’où une belle charge contre le nucléaire dans son ensemble en oubliant bien entendu de dire que ce qui est arrivé à Tchernobyl fut le résultat d’un pays à bout de souffle, d’une idée du nucléaire emprunte de dogmatisme dans un pays non démocratique (l’URSS) qui méprisait la vie de ses citoyens (enfin, lorsqu’avant d’être écologiste début de siècle, on a été compagnon de route ou sympathisant du Communisme dans les années soixante-dix, c’est toujours un peu dur de cracher dans la soupe).

    Mais de ces évidences, on n’en entend pas parler ; c’est plus facile de tout mettre dans le même sac et de conchier à l’unisson l’idée du nucléaire dans son ensemble. L’ironie du sort – qui me fait toujours rire – est que ce sont les écologistes (et leur mouvance d’activistes très nuisibles et bruyants) qui ont conduit Monsieur Jospin à décréter le démantèlement de Super Phénix, signant par là l’arrêt des recherches sur la transmutation qui aurait (peut-être) permis - dix niveaux de conditionnel - de trouver une partie des solutions au problème – car s’en est un, et très sérieux – de l’élimination (ou de la non élimination) des déchets. Mais passons...

    Si les journalistes faisaient leur travail avec sérieux et compétence, ce serait le genre d’arguments à mettre sur la table comme celui d’aller interviewer la partie adverse. Mais non, c’est plus porteur, d’être partisan, dans l’ambiance actuel de flatter ce qui va dans le sens du vent. Peu importe que celui-ci tourne dans un jour, une semaine ou un an.

    On est journaliste et encore plus, on est journaliste du Service public, on se doit donc de dire et montrer ce qui est bien. La liberté, c’est eux. Avc cela ils vous diront en plus que jamais, au non jamais, ils n’auront été si totalement sous la pression du Pouvoir !

  • Trente ans....

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    « Mais plus loin, alors que je roulais vers Florac, le ciel, comme dans un changement à vue, s’est dégagé d’un seul coup. C’était après l’orage une journée nouvelle, offerte et plus précieuse d’être sans place assignée dans les calendriers […]. La pluie avait exhalé toutes les odeurs lourdes de la terre au printemps sur sa fin. J’étais dans une tumultueuse exaltation de bonheur. Et j’ai pensé alors qu’il me plairait d’écrire un livre sur la France, sur les paysages de France et sur leur saison la plus belle, celle-là, entre le fracas de Pâques et celui de l’été. »

    « Je ne crois pas l’amour des lieux si répandu, au fond, qu’on se plairait à nous le faire croire, et m’étonne toujours, et m’agace, du peu d’attention que suscitent, et si courte, en général, au détour d’une route, un beau panorama sur une longue vallée aux plans bien marqués, la courbe solennelle d’un fleuve, l’échelonnement de collines bleutées sertissant une église romane, un hameau, une ferme auprès d’un bosquet. Je ne sache personne, non plus, sauf ma mère et un ami aujourd’hui exilé, perdu de vue, qui soit en voyage au diapason de mon enthousiasme, de ma curiosité, de ma frénésie à voir encore, la nuit presque tombée, et même au-delà, parfois, à la lumière des phares, un château perdu dans des bois, à suivre encore un chemin, à faire encore un détour. »

    (Préface, écrite le 13 avril 1980, du Journal d’un voyage en France)