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  • Yves Bonnefoy

    Je signale à mes lecteurs grenoblois, la venue de Yves Bonnefoy le 31 janvier et le 1er février pour deux "conférences" à l'invitation de l'université Stendhal. Plus d'informations ici.

  • Mort de Gustav Leonhardt

     

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    J’apprends ce soir, avec une infinie tristesse, la mort du claveciniste, organiste et chef d’orchestre hollandais Gustav Leonhardt. Il avait quatre-vingt-trois ans. Prémonition ou pas, il se trouve que je m’étais étonné, il y a quelques jours de cela, de ne plus entendre parler de lui. Une rapide recherche sur le Réseau m’avait appris que le musicien, fatigué, annulait ses engagement pour cette année. Je l’ai entendu deux fois au concert. La première à Ambronay, au milieu des années quatre-vingt-dix, dans un programme de musique allemande (Georg Böhm et consorts). Je me souviens très bien de son infinie majesté, de sa classe (qui n’a rien à voir avec le « classe ! » des cours de lycée), notamment de cette petite mais belle pudeur qui lui faisait ranger précipitamment ses lunettes dans la poche de sa veste avant de s’incliner respectueusement devant le public. L’homme avait quelque chose de raide, de roide aurait-on écrit au temps de Bach et des Couperin. Il était, pour moi, l’image du protestant austère. Sa musique, son interprétation, autant que je puisse en juger avaient l’art si subtil et si maitrisé du métronome : le débit régulier, chaque note en temps et en heure. La seconde fois que je l’ai entendu fut au musée des Beaux-Arts à Lyon, dans la belle mais petite salle qui regroupe quelques splendeurs parmi les splendeurs des tapis orientaux. Il jouait sur l’un des clavecins « historiques » du musée. C’était sans doute au début de ce siècle. Le programme était consacré, il me semble, à Louis Couperin. Je n’oublie pas quel génial chef d’orchestre il fut (avec Harnoncourt). Leur intégrale des Cantates de Bach a voyagé avec moi (et continue) grâce, notamment à l’émission « Bach et l’Europe » de Jacques Merlet et Claude Noisette de Crozat que l’on entendait tous les dimanches matin sur France Musique, à l’heure de la messe (ou un peu avant). Sa direction de la Passion selon Saint-Matthieu reste un summum d’émotion et d’engagement qui n’a pas pris une ride. Il va nous manquer.

     

  • Nacht und Träume

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    Très beau disque, d'une pudeur et d'une justesse incroyables. La voix vient de si loin (prise de son remarquable). Un disque à offrir. 

  • Bonne...

    Parmi tout ce qui nous quitte, la présentation de ses vœux à l'entourage (famille, amis, connaissances, ...) est au firmament du départ. Il était jadis – il y a cinq ans, encore – convenu de présenter ses vœux à ses aînés, aux femmes quand on était un homme. Professionnellement, c’était presque une joie d’écrire un petit message aux collègues d’ici ou d’ailleurs. Mais tout cela a disparu et deux ou trois jours après la reprise de l’activité, vous passez pour un fou. Bien entendu, c’est la contrainte que l’on chasse ; la norme et la forme ne sont plus d’actualité. Je n’arrive pas à m’y faire. Le SMS est roi ; cela ne me gêne pas et j’en ai reçu plus que je n’en ai écrit. Ce qui me perturbe là-dedans, c’est le côté impersonnel du message, envoyé à la volée à une liste de « contacts », ce vilain mot de l’informatique. Où sont passés les amis et l’attention personnelle qu’on leur doit ? Ceci dit, j’ai deux ou trois contre-exemples, ces amis qui prennent le soin d’écrire un message qui vous soit vraiment adressé, mêlant allusion personnelle et souhaits de portée générale (le bonheur, la santé, les bonnes fortunes, en amour comme en  argent). Ces messages-là vont droit au cœur. Mais l’époque est à la simplification, aux cent-quarante caractères pour dire ses états d’âme ou ses compulsions (convulsions) d’achats. Le bizarre ou le drôle est que cette année, j’ai écrit plus de message à de parfaits inconnus – je veux dire à des gens dont je n’ai jamais vu le visage – qu’à des amis (ou d’anciens amis ?). Magie des réseaux, je finis par croire qu’il y a une richesse, ni virtuelle ni désincarnée sur la Toile.  A vous tous, donc, bonne et heureuse année.