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Vivifiant

 

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Je recopie, ci-dessous, de très fragmentaires notes que j'ai prises durant la conférence-entretien-débat-lecture de Yves Bonnefoy à l'université Stendhal (Grenoble III) le 1er février dernier. J'avais eu l'occasion d'assister (en 2008 (?)), avec M.A., dans le cadre du printemps du livre de Grenoble, à une première conférence de Bonnefoy qui m'avait fortement impressionné. Cet homme malgré son âge a l'esprit extraordinairement habile, rapide et souple (autre hypothèse: le mien est très en léthargie). Bref, ce fut un moment tout à fait intéressant et fort viviant.

***

Sous le signe de Baudelaire

Rimbaud (1961)

Poètes du XIXe s. si  importants. Pourquoi ? Décisifs pour la connaissance de nous-même.

La poésie est une contrainte dans l’esprit humain.

L’humanité, le langage.

Pour parler prendre appui sur un certain aspect.

Chaînes signifiantes.

Représentation du monde, un schème, partiel ou fragmentaire.

Abstraction.

Poésie : souvenir de ce besoin perdu => réparer le défaut de la langue.

Mot, son, matière sonore

Chose désignée, présente pour nous.

Rythme, musicalité, forme.

Plénitude de la présence propre.

La parole par la forme musicale. Constante à travers les siècles.

Maintenant : nouvelle époque car pensée conceptuelle.

La poésie pourrait-être oubliée. Mais il faut s’en souvenir !

Spécificité et besoin. Ce rappel nécessaire.

Le poète doit-être philosophe de la création poétique.

Cf. Rimbaud, Baudelaire, Nerval et Mallarmé qui l’ont senti

Pour écriture et réflexion critique.

Avant Baudelaire, la poésie n’était pas différente de la littérature.

Certes, religion, connaissance, transcendance, choses et êtres

En résumé, avant eux littérature et poésie étaient fondues (Cf. Hugo)

Forme cardinale de la forme littéraire dans l’écriture poétique.

Profondeur, rapport à soi noyé dans les lectures conceptuelles.

Finitude de sa propre vie, autres êtres, => avenir possible.

Rimbaud à propos de Baudelaire : problème de la forme mais « un vrai Dieu ». Idem pour Mallarmé.

Plus d’approches depuis.

XXe : grands poètes mais pas de radicalité.

Surréalisme : oui par l’intensité mais  aléatoire quant à la vérité. Exemple : Breton.

Manque de rigueur dans la façon de vivre la poésie.

Poésie poèmes !

Poésie : rendre au mot une utilité.

Le poème est une chute par rapport au progrès de la poésie.

Le déni interne du poète.

La poésie est en avance sur le poème qui est une expression formelle.

Poème : retombée dans la littérature.

Observation à retenir sur l’échec de la poésie.

Le livre de notre destin.

C’est l’écriture qui est le lieu de la poésie.

La voix, sa présence à soi-même

Cf. « Raturer outre » = biffer son texte = le travail du poète.

Cette voix est en avance sur le sens (du poème).

L’écriture sur d’autres poètes : indispensable : l’approfondissement de son propre travail.

Pas de progrès dans la poésie : les systèmes, les concepts varient.

La poésie se forge une voix/voie à travers les concepts.

Ces chemins sont prépondérants. Exemple : nous avons à comprendre Poussin ou Virgile.

Le peintre, l’architecte participent de ce projet poétique

La poésie est une transgression du signifié.

Appel à la forme.

Le peintre à la même visibilité que le poète. Cf. façade d’un monument (N.B, Cf. « L’arrière-Pays »).

Besoin de la poésie = unité du besoin.

La poésie a également commencé d’elle-même.

Poésie dans une situation de crise.

Passé, histoire = > nécessité de « proser ».

Moment d’affleurements, il faut-être historien.

Toujours comprendre la poésie.

La parole poétique a besoin d’être déblayée par la prose critique. (Cf. Baudelaire et ses « Salons »).

Nécessité d’un discours réflexif sur la poésie.

Réflexion analytique qui se déplace de la poésie mais qui revient vers la source par la prose.

Ex. « Spleen de Paris » : poème en prose parallèle aux vers.

Comment est-ce possible ? => la poésie transgresse le conceptuel.

La forme (poétique) brise l’enlisement conceptuel.

Prose => restructuration de la société = valeurs entre les êtres dans un monde social.

Poésie= changer la vie => travail poétique (Rimbaud)

Nécessité du contrôle ce qui se passe dans la profondeur de la personne

La prose est une source poétique délivrée de la forme=> prose mi poétique  par la forme, mi conceptuelle

La prose est rêve qui tranche la poésie

Ce supplément d’être va vers notre conscience. Cf. « Deux scènes »

Mieux comprendre les poèmes formels. Cf. « Ce qui fut sans lumière ». Explication pour faciliter le rapport avec la création sans lumière.

La prose est là pour éclairer les soubassements de l’écriture poétique.

Question : « Poésie et université même combat ? »

Projet poétique : transgresser les représentations du monde.

Idem historien : celui qui ne se satisfait pas de la représentation du monde. Seul le travail historique peut délivrer de l’apparence

Nécessité donc pour le poète d’être philologue, historien… donc d’être proche de la recherche, de l’université.

Le poète n’est pas en combat avec le professeur

Toutes les formes de recherche sont souhaitables.

Question : « sur la poésie et les essais, le travail d’essayiste »

Le poète ne peut pas faire autre chose que d’écrire des essais. Sinon son rêve et son désir reprennent possession de l’autre.

Il n’y a pas cependant d’histoire (travail de l’historien) qui ne soit rêve. Pb de la vérité historique.

Ce sont les degrés de rêverie qui séparent le poète et l’historien.

L’essai est la façon dont on peut écrire. Essai = pas une vérité mais une hypothèse (à vérifier, a posteriori par d’autres).

Question « sur les entretiens donnés dans le passé, plusieurs centaines et le besoin de les rassembler ensemble, Cf. « entretiens sur la poésie » ou « L’inachevable »).

C’est un genre particulier, après tout.

Beaucoup d’entretiens car la critique ne fait plus son travail, notamment donner des valeurs.

Donc, répondre aux questions au lieu d’écouter les critiques commenter son propre travail (renversement).

Mais positif car on peut changer d’avis (plus facile dans un entretien) =donne de la mobilité à sa pensée.

Mais aussi présence à soi-même et aussi aux autres.

[Fin du dialogue] – questions du public

Sur l’absence vs la présence : la poésie n’est pas fondée sur la valorisation de l’absence.

Sur la traduction (traduire et être traduit) : Traduire est une nécessité et un besoin. Traduire s’est s’encouragé à être poète.  Rappel : poésie = rapport de l’autre à soi-même.

Sur la poésie à l’heure numérique. Le numérique est un média, pas une fin en soi.

Sur la poésie et la musique (la mise en musique des poèmes) : l’œuvre musicale doit-être autonome par rapport à l’œuvre poétique. Elle n’explique par la poésie.

[Lecture d’extraits de L’heure présente (le poème éponyme puis Hamlet en montagne puis divers sonnets]

 

Commentaires

  • c'est vraiment intéressant, je ne comprends pas tout mais je vais relire et réfléchir tranquillement ...
    la poésie est une contrainte dans l'esprit humain,
    aujourd'hui je retiens cela.
    Merci en tous cas Denis pour ce partage de notes. Je t'embrasse. Passe une bonne semaine . M.

  • Merci, ô combien, cher Denis, de ces précieuses notes, qui s'ajoutent aux livres d'entretiens sur la poésie d'Yves Bonnefoy que j'ai pu lire. Il me faudra également revenir vers elles, tant certaines formules sont denses. J'en retiendrais une, "réparer le défaut de la langue", qui peut-être rejoindrait la réflexion sur le passage du nom commun au nom propre (à quoi aspirerait chaque mot du poème), réflexion qui traverse les écrits critiques du poète. Une autre encore, pour le moment : "Avant Baudelaire, la poésie n’était pas différente de la littérature." Même si j'en entends la portée critique, cette réflexion me semble négliger toute une poésie française souterraine, notamment celle de Maurice Scève, bien "au-delà" de la "littérature". Mais peut-être apparaîtrais-je bien présomptueux de nuancer le maître !... Je crains d'être long, pardonnez-moi. Tous mes remerciements encore, de toute façon.
    (Si je puis me permettre, cher Denis — mais dites-moi tout de suite si je suis indiscret, ou si ce n'est pas le lieu où vous le demander — écrivez-vous vous-même des poèmes ? (Je précise en cela que si je ne dis pas "de la poésie", c'est que je ne suivrai pas nécessairement Bonnefoy quant à la distinction hiérarchique entre les deux termes...))

  • Oui, peut-être faudrait-il mettre Scève et d'autres à part. Dans le cadre de cet entretien, son propos était général et, malgré l'impressionnante densité de sa réflexion (qui fini par faire un système, sans le côté péjoratif du terme), le poète a résumé, je suppose.
    Vous n'êtes jamais long, Cher Frédéric.
    Et pour vous répondre, je ne suis ni poète, ni écrivain de poésie.
    Merci de votre passage ici.

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