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  • Crétins des Alpes

     

    Quelques lignes pour parler un peu de l’élection présidentielle. Jamais élection n’aura été autant pilotée par le journalisme, les « éditorialistes » et la bassesse de ce milieu. Parmi tous les petits sites hideux qui se montent à ce sujet, il faut signaler celui créé par des apprentis journalistes grenoblois avec le grand assentiment du Dauphiné Libéré, il s’agit de « si j’étais président ». Le site outre qu’il est vilain car inspiré de la bande dessinée, malcommode dans la navigation (sans doute pour se donner un genre 9.0) croit pouvoir penser à notre place et nous donne son petit point de vue détestable sur tel ou tel. Qui sont ces crétins ? Et bien, les futures têtes pensantes de France Inter  et, plus surement,  les érudits des faits divers de 20 Minutes ou du journal régional de France 3 Alpes.  

     

  • Vivifiant

     

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    Je recopie, ci-dessous, de très fragmentaires notes que j'ai prises durant la conférence-entretien-débat-lecture de Yves Bonnefoy à l'université Stendhal (Grenoble III) le 1er février dernier. J'avais eu l'occasion d'assister (en 2008 (?)), avec M.A., dans le cadre du printemps du livre de Grenoble, à une première conférence de Bonnefoy qui m'avait fortement impressionné. Cet homme malgré son âge a l'esprit extraordinairement habile, rapide et souple (autre hypothèse: le mien est très en léthargie). Bref, ce fut un moment tout à fait intéressant et fort viviant.

    ***

    Sous le signe de Baudelaire

    Rimbaud (1961)

    Poètes du XIXe s. si  importants. Pourquoi ? Décisifs pour la connaissance de nous-même.

    La poésie est une contrainte dans l’esprit humain.

    L’humanité, le langage.

    Pour parler prendre appui sur un certain aspect.

    Chaînes signifiantes.

    Représentation du monde, un schème, partiel ou fragmentaire.

    Abstraction.

    Poésie : souvenir de ce besoin perdu => réparer le défaut de la langue.

    Mot, son, matière sonore

    Chose désignée, présente pour nous.

    Rythme, musicalité, forme.

    Plénitude de la présence propre.

    La parole par la forme musicale. Constante à travers les siècles.

    Maintenant : nouvelle époque car pensée conceptuelle.

    La poésie pourrait-être oubliée. Mais il faut s’en souvenir !

    Spécificité et besoin. Ce rappel nécessaire.

    Le poète doit-être philosophe de la création poétique.

    Cf. Rimbaud, Baudelaire, Nerval et Mallarmé qui l’ont senti

    Pour écriture et réflexion critique.

    Avant Baudelaire, la poésie n’était pas différente de la littérature.

    Certes, religion, connaissance, transcendance, choses et êtres

    En résumé, avant eux littérature et poésie étaient fondues (Cf. Hugo)

    Forme cardinale de la forme littéraire dans l’écriture poétique.

    Profondeur, rapport à soi noyé dans les lectures conceptuelles.

    Finitude de sa propre vie, autres êtres, => avenir possible.

    Rimbaud à propos de Baudelaire : problème de la forme mais « un vrai Dieu ». Idem pour Mallarmé.

    Plus d’approches depuis.

    XXe : grands poètes mais pas de radicalité.

    Surréalisme : oui par l’intensité mais  aléatoire quant à la vérité. Exemple : Breton.

    Manque de rigueur dans la façon de vivre la poésie.

    Poésie poèmes !

    Poésie : rendre au mot une utilité.

    Le poème est une chute par rapport au progrès de la poésie.

    Le déni interne du poète.

    La poésie est en avance sur le poème qui est une expression formelle.

    Poème : retombée dans la littérature.

    Observation à retenir sur l’échec de la poésie.

    Le livre de notre destin.

    C’est l’écriture qui est le lieu de la poésie.

    La voix, sa présence à soi-même

    Cf. « Raturer outre » = biffer son texte = le travail du poète.

    Cette voix est en avance sur le sens (du poème).

    L’écriture sur d’autres poètes : indispensable : l’approfondissement de son propre travail.

    Pas de progrès dans la poésie : les systèmes, les concepts varient.

    La poésie se forge une voix/voie à travers les concepts.

    Ces chemins sont prépondérants. Exemple : nous avons à comprendre Poussin ou Virgile.

    Le peintre, l’architecte participent de ce projet poétique

    La poésie est une transgression du signifié.

    Appel à la forme.

    Le peintre à la même visibilité que le poète. Cf. façade d’un monument (N.B, Cf. « L’arrière-Pays »).

    Besoin de la poésie = unité du besoin.

    La poésie a également commencé d’elle-même.

    Poésie dans une situation de crise.

    Passé, histoire = > nécessité de « proser ».

    Moment d’affleurements, il faut-être historien.

    Toujours comprendre la poésie.

    La parole poétique a besoin d’être déblayée par la prose critique. (Cf. Baudelaire et ses « Salons »).

    Nécessité d’un discours réflexif sur la poésie.

    Réflexion analytique qui se déplace de la poésie mais qui revient vers la source par la prose.

    Ex. « Spleen de Paris » : poème en prose parallèle aux vers.

    Comment est-ce possible ? => la poésie transgresse le conceptuel.

    La forme (poétique) brise l’enlisement conceptuel.

    Prose => restructuration de la société = valeurs entre les êtres dans un monde social.

    Poésie= changer la vie => travail poétique (Rimbaud)

    Nécessité du contrôle ce qui se passe dans la profondeur de la personne

    La prose est une source poétique délivrée de la forme=> prose mi poétique  par la forme, mi conceptuelle

    La prose est rêve qui tranche la poésie

    Ce supplément d’être va vers notre conscience. Cf. « Deux scènes »

    Mieux comprendre les poèmes formels. Cf. « Ce qui fut sans lumière ». Explication pour faciliter le rapport avec la création sans lumière.

    La prose est là pour éclairer les soubassements de l’écriture poétique.

    Question : « Poésie et université même combat ? »

    Projet poétique : transgresser les représentations du monde.

    Idem historien : celui qui ne se satisfait pas de la représentation du monde. Seul le travail historique peut délivrer de l’apparence

    Nécessité donc pour le poète d’être philologue, historien… donc d’être proche de la recherche, de l’université.

    Le poète n’est pas en combat avec le professeur

    Toutes les formes de recherche sont souhaitables.

    Question : « sur la poésie et les essais, le travail d’essayiste »

    Le poète ne peut pas faire autre chose que d’écrire des essais. Sinon son rêve et son désir reprennent possession de l’autre.

    Il n’y a pas cependant d’histoire (travail de l’historien) qui ne soit rêve. Pb de la vérité historique.

    Ce sont les degrés de rêverie qui séparent le poète et l’historien.

    L’essai est la façon dont on peut écrire. Essai = pas une vérité mais une hypothèse (à vérifier, a posteriori par d’autres).

    Question « sur les entretiens donnés dans le passé, plusieurs centaines et le besoin de les rassembler ensemble, Cf. « entretiens sur la poésie » ou « L’inachevable »).

    C’est un genre particulier, après tout.

    Beaucoup d’entretiens car la critique ne fait plus son travail, notamment donner des valeurs.

    Donc, répondre aux questions au lieu d’écouter les critiques commenter son propre travail (renversement).

    Mais positif car on peut changer d’avis (plus facile dans un entretien) =donne de la mobilité à sa pensée.

    Mais aussi présence à soi-même et aussi aux autres.

    [Fin du dialogue] – questions du public

    Sur l’absence vs la présence : la poésie n’est pas fondée sur la valorisation de l’absence.

    Sur la traduction (traduire et être traduit) : Traduire est une nécessité et un besoin. Traduire s’est s’encouragé à être poète.  Rappel : poésie = rapport de l’autre à soi-même.

    Sur la poésie à l’heure numérique. Le numérique est un média, pas une fin en soi.

    Sur la poésie et la musique (la mise en musique des poèmes) : l’œuvre musicale doit-être autonome par rapport à l’œuvre poétique. Elle n’explique par la poésie.

    [Lecture d’extraits de L’heure présente (le poème éponyme puis Hamlet en montagne puis divers sonnets]