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  • Bilan (I)

     

     

    Cher Inactuel, je me réjouis de vous retrouver. Que vous inspirent les résultats du premier tour de l’élection présidentielle ?

     

    Cher Aline Cut, tout le plaisir est pour moi. Il y a beaucoup à dire, je vais essayer de faire court. J’élimine rapidement l’hurluberlu Cheminade et les vrais dangers pour la démocratie que sont les deux candidats « révolutionnaires » Poutou et Arthaud qui, dieu merci, n’ont recueillis que les voix des nostalgiques du régime soviétique et de ses quelques millions de morts.

     

    Vous n’exagérez pas un peu ?

     

    Si, bien entendu, vous me connaissez ! Disons que leur discours n’est que doctrinal, une diarrhée verbale contre les « patrons » et « la droite ». Ils n’ont rien à proposer car ils n’aspirent à rien sauf au chaos, d’ailleurs en grande partie fantasmé. Le monde ouvrier les rejette car ils sont forts en gueule mais faibles en idée et nuls en réalité. Le temps n’est plus au grand soir mais à l’approche inventive et réelle des problèmes du petit peuple. Ils sont lassés comme ils doivent sans doute se lasser d’eux-mêmes.

     

    Eva Joly ?

     

    J’ai fini par avoir de la tendresse pour cette femme qui n’était sans doute pas sotte mais loin du calibre pour supporter une telle campagne. EELV a fait une erreur magistrale en ne choisissant pas Hulot. Lui seul avait l’aura pour porter haut leurs idées. Hélas, les Ecologistes ne sont qu’un supplétif du parti socialiste. Ils auront un ministère ou deux. Fondamentalement – je l’ai déjà dit – ces gens sont de gauche avec tout ce qui va avec : l’aveuglement idéologique et le refus de la réalité et du pragmatisme. Leur existence n'est que d’être ultras, arcboutés sur leur position, sans souplesse d’esprit. Ils auront donc quelques députés, feront la bronca sur le nucléaire et puis quoi d’autres ? Dans des villes importantes comme Grenoble, on voit bien leur positionnement : ni dieu ni maître jusqu’à se porter en farouche opposition au maire socialiste. Ici, ils incarnent parfaitement le bobo, c’est-à-dire le petit blanc éduqué qui vit dans les villes (le fameux centre-ville) qui est comme l’extrême gauche, extrêmement doctrinaire, volontiers tiers-mondiste et « immigrationiste » , il est donc à la manœuvre dans toutes les associations (les trop fameuses assauces) d’aide aux soi-disant sans papier. Bien entendu, ses enfants ne vont que dans les meilleurs établissements et ne fréquentent les franges de banlieue que pour se fournir en cannabis. Ils n’ont pas que de mauvaises idées mais ont du mal à se projeter en avant.

     

    Que voulez-vous dire ?

     

    En 2012, une majorité de la population est sincèrement persuadée que le gaspillage énergétique, la consommation de masse et tous les excès ne sont absolument pas supportables. Cet état de fait est intégré. Des solutions arrivent, notamment dans les villes. Roulez moins avec sa voiture, portez attention à l’environnement et aux autres. Les Ecologistes n’arrivent pas à dépasser ce germe qui est leur existence première. L’esprit est revanchard, contre le fameux lobby du complexe « militaro-industriel » et autres courtes idées du genre, ce qui pousse certains d’entre eux (la majorité, hélas) à une opposition d’ultras, notamment vers la peste libertaire. Ils sont antimilitaristes par pose coutumière sans bien réfléchir au monde dans lequel ils vivent. Par exemple, ils ont en horreur de ce dire Français mais se voient « citoyens du monde » et autres sottises de cet acabit. Ils sont l’incarnation même du refus de l’idée national dans les couches éduquées du Pays.

     

    Mélenchon ?

     

    J’ai toujours été magnétisé par son bagout. J’ai le souvenir d’avoir vu et entendu ses diatribes lors du Forum Libération à la MC2 (en 2011 ?) et lors de son passage à l’émission Répliques animée par Alain Finkielkraut. Et puis badaboum le voilà crédité d’un score faible (mais bien au-dessus de ce que les seuls communistes auraient pu obtenir). Bien entendu, ce type et ses idées sont indigestes et dégoutants. Les youyous entendus à Marseille ont été de puissants révélateurs à ce sujet.

     

    C’est-à-dire ?

     

    Eh bien, il n’était là que comme râteau de Hollande : un pur jardinier chargé de collecter à gauche pour que Hollande puisse se centrer au centre-gauche (au moins sur le réalisme économique). Mélenchon a donc promis tout et n’importe quoi, en bon doctrinaire. Le pire est qu’il était peut-être de bonne fois sur certaines propositions (ce qui rend le personnage encore plus monstrueux). Son côté « 1792 », son admiration pour Robespierre, pour la tyrannie du peuple (enfin la tyrannie d’un dirigeant du peuple) le rendait encore plus méprisable. Et puis, hier soir, comme un petit garçon qui a commis une erreur, il s’incline devant Hollande sans rien demander. Les larrons étaient donc bien en foire. Il sera récompensé pour sa juste peine : quelques députés et peut-être même un ministère. Nous verrons après le 6 mai, jusqu’où auront été les petits arrangements entre socialistes.

     

    [la suite demain]

     

  • Fin de partie

     

    à Monsieur G.G., avant-dernier des Mohicans.

    J-4 comme on dit à TF1. Je n’ai rien écrit sur cette campagne présidentielle, qui touche à sa fin. Qu’elle fut nulle et qu’elle signe la signature patente de la désintégration en marche de notre pays, c’est trop net pour le redire. Pour la première fois, on ne choisira pas un président pour la France mais un président pour préserver son emploi, pour payer moins cher son essence et pour se garantir par le droit de vote l’entérinement d’une situation de  fait : la petite vie tranquille parmi sa communauté. Oui, nous allons tranquillement vers une libanisation du pays. Bientôt on nous interdira d’être Français ; il faudra être créole, métisse, idolâtre du coloré et surtout pas blanc. Le petit blanc que je suis a perdu définitivement la partie. Si ce n’est pas maintenant, ce sera pour bientôt. La fabrique du crétin est en marche (on apprend aujourd’hui que la Licence de l’université est frappée du même mal que le baccalauréat: être donné à tous en récompense de l’assiduité) , la culture se confond avec le divertissement, les musées sont des centres commerciaux, la Justice compte les ramettes de papier, nos prisons sont des mosquées, notre ministre des Affaires étrangères s’exprime en anglais à la tribune de l’ONU, etc. Il aura donc flotté sur cette campagne un gout d’égoïsme, un refus du monde, un repli sur soir (sauf pour ce qui concerne les vannes ouvertes de l’immigration, forcément bienveillante, nécessaire et « richesse pour le pays »). Hollande sera élu le 6 mai. Nous aurons le droit à un été radieux : vanne ouverte sur les dépenses et un automne froid et rigoureux (100000 très riches et 20 millions de contribuables payeront pour le reste) . Le pays sera profondément dévasté par l'urbanisation sociale hors norme que nous promet le socialisme triomphant. Ce bonhomme, à l’image de la classe politique dans son ensemble, souffre d’un manque évident de grandeur. Ils sont petits car ils parlent aux uns et aux autres plutôt que de parler au Peuple, dans son ensemble. D'ailleurs, ils ne parlent que sous le contrôle de la toute puissante sphère médiatique, faiseuse de roi ou d'enfer. Après tout nous n’avons que ce que nous méritons.