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"Des protagonistes aux contentieux lourds et anciens"

"Des coups de feu, des versions divergentes, des protagonistes aux contentieux lourds et anciens… « On est dans du classique » regrette le procureur-adjoint Thierry Villardo, à l’abord de son réquisitoire. « Ce n’est pas la première fois que le tribunal voit des gens naviguant dans le trafic de drogue se confronter… » Mais le magistrat prévient aussi : « Ce dossier sort de l’ordinaire car il est de nature à faire penser à nos concitoyens qu’il y a un dérèglement. Que les tirs au pied des cités deviennent un peu trop fréquents… »

« On a correctionnalisé ce qui aurait dû être jugé par une cour d’assises »

C’était le 27 mars 2011, cité Louis-Gros à Avignon. Un bar, “L’Oxygène”, plein, théâtre d’une altercation, puis des coups de feu en direction d’un homme qui se cache derrière une voiture. Sept tirs, dont l’avocat de la victime M e Lemaire dira qu’ils témoignent d’une « intention homicide. […] On a correctionnalisé ce qui aurait dû être jugé par une cour d’assises : tentative de meurtre ! »

Hier, dans le box du tribunal correctionnel d’Avignon, Hakim Kirane, Grenoblois de 33 ans, a été condamné à cinq ans ferme pour avoir tiré en direction d’Abdelkhader Belkatir. À ses côtés, Abdelhak Abbad, 23 ans, présenté comme le “commanditaire” qui aurait fourni l’arme de poing, écope de 30 mois ferme. Ce qui a dégénéré, ce serait un sérieux conflit entre les familles Abbad et Belkatir. En juin dernier, la cour d’assises du Gard a condamné lourdement le frère d’Abdelkhader Belkatir, pour un braquage de convoi chargé en shit, à Roquemaure, perpétré fin 2009. Le frère d’Abdelhak Abbad, Mohammed, était lui aussi parmi les accusés. Mais condamné moins lourdement : il aurait “balancé”. Depuis, c’était tendu… « On est dans un milieu où ça ne rigole pas » rappelle M e Girault, avocat de M.Kirane. Tous disent « flipper » d’une potentielle agression de l’autre camp. L’un (Mohammed Abbad) a déménagé loin de la cité, l’autre (Abdelkhader Belkatir) réfléchit à fermer son épicerie… Le troisième (Abdelhak Abbad) a été interpellé en octobre 2011, caché dans un placard, en fuite. Ambiance glacée dans le quartier.

M e Marmillot, avocat d’Abdelhak Abbad, a prôné l’apaisement : « Que les Belkatir se calment, que les Abbad se calment, et nous aurons fait preuve de justice mais aussi de pacification. » Et à l’adresse de la partie civile : « Les vraies victimes ne sont pas celles qui vont au conflit, mais celles qui cherchent à l’éviter. »

Chacun sa version

Selon la victime, épicier et père de famille à Monclar, c’est après une altercation entre son frère et Hakim Kirane au bar plus tôt dans l’après-midi, qu’il s’est fait tirer dessus un peu plus tard, devant ce même bar. Le tireur l’aurait visé à plusieurs reprises, d’abord à pied, puis installé sur la fenêtre ouverte d’une voiture conduite par son complice.

Les prévenus, eux, affirment avoir voulu se défendre, puis fuir en voiture, devant l’arrivée de nombreux “belligérants” en voiture à proximité du fameux bar. Tous les témoignages recueillis au cours de l’instruction du juge Mick ont mis à mal leur version."

"No comment", comme nous indique à le faire Le Dauphiné Libéré de ce 24 août 2012.

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