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Mali (I)

 

La  guerre qui se mène actuellement au Mali est celle de notre Liberté des années à venir. Le cancer « islamiste » - j’ai de plus en plus de mal à employer ce terme, je préfère mille fois celui de terrorisme musulman – est une plaie toujours sanglante, une épine dans notre pied. Nous sommes partis d’Afghanistan couverts de honte, celle d'avoir dit des années durant que nous n’étions pas en guerre mais à la demande des populations locales ou de leurs dirigeants corrompus et mafieux pour "participer au rétablissement de la paix et au développement du Pays", celle d’avoir affirmé haut et fort des dates de retrait toujours plus rapprochées sans même donner quelques objectifs militaires à atteindre. Cette guerre qui n’a jamais dit son nom nous a coûté 88 soldats et des centaines de blessés. Certes, nous avons formé une armée (ou tenter de le faire) avant même d’avoir gagné une once de terrain. Nos soldats n’ont tenu que des points stratégiques, ils n’ont rien conquis faute d’ordre en ce sens. Ils ont fait de la formation, de la police, de l’assistance aux populations (qui les a souvent bien mal remerciés) mais en aucun cas ils n’ont gagné militairement, sauf quelques coups de force. Les talibans, malins, ont reculés et avancés quand il le fallait. Ils sont toujours là et le seront encore pour longtemps, la zone sera un bubon infecté pour des décennies. Certes, les drones sont là : ils ont permis d’éliminer quelques chefs, de désorganiser ici ou là, mais ces fanatiques ont cette capacité redoutable de toujours se remobiliser juqu'au don de leur vie qui, pour eux, contrairement à nous, ne vaut pas grand-chose. Nous, Occidentaux, ne faisons que de nous démobiliser, ne luttant que pour le maintien de l’univers marchand et la jouissance de l’immédiat par le consumérisme à outrance. Je lisais l’autre jour dans le Monde, un long article consacré aux familles et aux proches de nos militaires tués. Quelques-uns n’ont de cesse que de porter plainte et d’accuser le commandement militaire et au-delà « les politiques » de fautes, d’erreurs, d’errances. Qu’il y ait eu des erreurs, personnes n’en doutent mais, jadis, quand on était militaire (ou d’une famille de militaire) on avait l’esprit du groupe, du corps et celui de l’intérêt suprême de la Nation. On apprend ainsi, au détour de l’article, que malgré l’interdiction formelle des autorités militaires, les soldats ont des portables. Au Mali, on voit un soldat Français porter un foulard avec une tête de mort, sans doute bien loin de l’uniforme officiel. La forme, la tenue, le respect de la règle, tout cela est ce qui nous quitte en premier. Ce qui est très marquant,  également, est que tout le monde parle et veut parler à tort et à travers. L’Etat-major a sans doute dû taper un peu du poing sur la table car, au commencement des opérations maliennes, il suffisait d’écouter tel ou tel homme de troupe pour connaitre les grands mouvements tactiques ou, au moins, les axes d’attaque. Le moindre soldat a donc un portable, un appareil photo, un compte twitter, une ribambelle d’amis sur Facebook. Il est comme le lycéen, il n’a en général rien à dire de bien intéressant mais le dit instantanément à la ronde au grand bonheur du journaliste qui, au Mali, s’étonne que la guerre soit « sans image ».

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