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  • Vassieux, 21 juillet 1944

    Soixante-dixième anniversaire de l'assaut des Allemands sur Vassieux, prélude tragique au plan d'encerclement du massif.

    « Plus que les pierres, les cœurs gardent la trace des sacrifices irréparables. Sept cents Français reposent sur cette tere sacrée. Sept cents français, maquisards ou montagnards, jeune ou vieux, militaires ou civils, tombés en plein combat ou victimes de tortures ignobles, tous confondus par l’Allemand dans la même haine, et rassemblés par la mort dans la même gloire. »

    (Extrait du discours prononcé par le Maréchal de Lattre de Tassigny à Vassieux-en-Vercors le 21 juillet 1946 aux cérémonies anniversaires des combats de la Libération)

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    (Vassieux, après l'attaque allemande)

     

    Reportage de France 3 Alpes au journal du soir :

     

    Reportage photographique de la cérémonie sur le photoblog de Bruno Rey 

     

  • Un anniversaire et une parution

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    Parmi les témoignages sur le Vercors résistant, la parution récente de La vie inimitable – dans les maquis du Trièves et du Vercors en 1943 et 1944 d’Yves Pérotin « Pothier » est et sera un phare essentiel de l’histoire de la Résistance. Le livre est magnifiquement édité et commenté par la fille de l’auteur, Anne Pérotin-Dumon, chercheur à l’IHTP. Je ne suis pas fan du renvoi des notes à la fin des ouvrages, obligeant ainsi le lecteur à d’interminables tournages de pages. Mais la qualité de cet appareil, souvent très éclairant du point de vue historique, est un atout majeur du livre. Ce récit oscille avec bonheur entre le journal personnel et carnet de marche des unités combattantes. Il relate, au quotidien, la vie des maquisards sans cacher les moments difficiles, y compris ceux liés à la vie en communauté, aux frictions entre hommes. Il ne « psychologise » pas et ne s’aventure pas sur le terrain des explications concernant le manque de soutien des Alliés au printemps 1944. Les combats de Vassieux au col de La Chau sont parfaitement retranscrits dans un style vivant. Il y a un intérêt littéraire à lire ce texte, écrit d’une belle plume vivante et pétrie de références spirituelles et littéraires. En ce sens, il est un parfait complément aux Témoignages sur le Vercors de Joseph La Picirella qui, lui, a visé, jour après jour, à l’exhaustivité, à la relation des faits et des morts, qu’ils soient dans le camp de la Résistance ou dans celui de l’occupant.

    Le soixante-dixième anniversaire de la Libération de la France a donné lieu à plusieurs « évènements » dans notre Région. Le musée de la Résistance et de la Déportation de Grenoble propose ainsi une exposition intitulée Vercors 40/44. Elle est sans doute destinée à un large public de scolaires car elle ne propose presque aucun document original mais que des fac-similés et de grands panneaux verdâtres à visée informative et pédagogique. C’est un peu indigne de l’événement à l’heure où les survivants sont de moins nombreux et où l’Ecole ne transmet plus grand chose. Hélas, le micro-espace au rez-de-chaussée du musée se prête assez mal à des expositions d’envergure. Il aurait sans doute été possible de délocaliser l’exposition dans un des nombreux lieux vides (l’ancien musée de peintures, l’ancien palais de justice, …) de Grenoble qui possèdent de beaux volumes pour de grands événements. Mais peut-être qu’alors, c’est l’exposition elle-même qui serait apparue bien chétive. Le catalogue est plus intéressant et un complément tout à fait indispensable. Malheureusement, on y lit sous la plume Philippe Hanus, une charge contre le discours de Nicolas Sarkozy aux Glières en novembre 2009, accusé cette-fois-ci de ne pas avoir reconnu la contribution des étrangers à la Libération de la France puisqu’il a dit que dans notre pays « il n’y a pas de place pour la burqa ». Ce petit paragraphe tombe très mal à propos dans le contexte actuel et relance une polémique inutile. Sur le fond, je partage bien entendu l’avis du président de la République de l’époque : la burqa n’a rien à faire en France (faut-il encore l’écrire ?).  J’avais déjà noté un changement de ton général sur la vision historique (ou des historiens de notre temps)  dans l’intéressant volume intitulé Vercors – Résistance en résonnance publié en 2008 (sous la direction de Gilles Vergnon et … Philippe Hanus) à l’occasion du soixantième anniversaire. L’Histoire s’ennuie avec le passé, déjà largement relaté par les témoins des combats. Les historiens, à force de mises en perspective, finissent par transférer leurs propres paradigmes dans leurs écrits. Il ne s’agit plus de comprendre, il faut préparer l’acceptation du fait qu’il n’y a pas une Résistance mais des résistances – la majuscule est difficile à mettre – et si possible démontrer  que les « combats » de maintenant (comprendre la lutte pour les soi-disant sans-papiers, les minorités visibles et invisibles) est la mère de toutes les batailles et est, en tous points, comparable à la Libération de la France à la fin de dernière guerre. L’Etranger, la figure de l’Etranger est ainsi mise au firmament  – souvent à raison lorsque son courage  a permis de libérer un Pays qui n’était pas le sien – pour les besoins de la cause du jour.

    Beaucoup plus intéressante est l’exposition Ecrire et résister proposée par la bibliothèque municipale de Grenoble qui a sorti de ses archives de nombreux documents liés aux écrivains résistants, notamment des lettres de Jean Prévost, figure essentielle et tutélaire de cette période pour les gens de lettres. Ici, l’espace est vaste et bien organisé. On est à l’aise pour lire et voir. Il n’y a malheureusement pas de catalogue.

     

    Pour l’instant, les cérémonies de commémoration des premiers combats du Vercors ont eu bien peu de retentissement. La cérémonie au mémorial de Saint-Nizier-du-Moucherotte fut on ne peut plus plate et consensuelle : on fait chanter une classe ou deux de scolaires pensant peut-être ainsi que la transmission de la mémoire de l’Histoire est réalisée. Notre maire, fidèle à lui-même et au soi-mêmisme qui est sa règle suprême est venu comme il va chercher son pain (en jeans et sans cravate). Aucune autorité politique gouvernementale ne s’est déplacée (peut-être n’est-ce-pas si mal vue l’équipe en place). Mais, attendons les « temps forts » de juillet et août pour tirer des conclusions sur le versant commémoratif.