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  • l'Amour

    « Il y a un signe infaillible auquel on reconnaît qu’on aime quelqu’un d’amour, c’est quand son visage vous inspire plus de désir physique qu’aucune autre partie de son corps. »

    Michel Tournier (1924-2016)

  • Boulez & la princesse de Clèves

    Pierre Boulez est mort. Je l’avais vu dirigé en 2007 (?) à la MC2. Son existence (et maintenant sa vie passée) mérite qu’on s’intéresse à lui. Il pourrait être cité en exemple à qui voudrait s’intéresser à la musique. Il faut à l’auditeur inculte ou ignare, mais soucieux d’en connaitre un peu plus, gravir les échelons un à un pour, un jour, apprécier la musique écrite par le Maître (Pli selon Pli, le très beau Marteau sans maître, etc.) Ce n’est pas facile, mais cela vaut la peine de vivre, comme tout le reste en matière artistique. Hier soir (à la MC2, toujours), j’ai assisté à la seconde partie du marathon théâtral de la représentation, sans exemple antérieur, à ma connaissance, de La Princesse de Clèves mise en scène par Magali Montoya. Les personnages sont joués alternativement par des femmes (sauf Madame de Clèves, jouée uniquement par Bénédicte Le Lamer). Une peintre improvise en direct sur le plateau de la représentation, tout comme un talentueux guitariste. Malgré la durée du spectacle (4 heures et 3 heures, y compris les entractes) il n’y a aucune longueur, et encore moins de langueur. Seule la pauvre Madame de Clèves meurt de langueur, et de tristesse, retirée de tous et de son cher Nemours. Texte de la folie d’aimer et d’être aimé, du mariage et de ses obligations. La performance d’acteurs (des actrices, en l’occurrence) est stupéfiante. Comment font-elles pour retenir un texte aussi long ? Mystère. La langue est, bien entendu, d’une grande pureté portée par le style le plus soyeux de notre histoire littéraire. On rêverait de parler aux femmes ainsi. L’idée de faire jouer tous les personnages par des femmes est riche. L’interprétation et la mise en scène sans chichis, centrées sur le texte sont fluides comme les larmes de la belle blonde. Il y a de purs moments de bonheur (ceux-là même où notre esprit est tout entier au théâtre, où notre médiocre vie a disparu). On est comme porté par une vague, lente et somptueuse. J’avais beaucoup aimé le texte en le lisant ; j’aurais bien du plaisir à m’y replonger (mais il y a tant et tant à lire). Toutes les actrices ont des voix d’une rare beauté, tour à tour chantante, ferme ou douce. Magali Montoya dégage un profond charisme ; on la sent meneuse de troupe, ce qui est de bon aloi pour une metteuse en scène. Plusieurs fois, j’ai senti sont regard doux et accompagnant se poser sur ses actrices. Oui, un très beau moment. Je suis toujours étonné des réactions du public. Hier soir, un bonhomme s’esclaffait à chaque réplique. Ce n’est pourtant pas une pièce cocasse ou qui donne envie de se tordre de rire. Les gens n’ont pas de surmoi, ils se comportent dehors comme ils sont devant leur téléviseur. Avant-hier, pour la première soirée, une petite peste, lycéenne ou étudiante, passait tout son temps à se tortiller sur son siège, celui-ci n’arrêtant pas de couiner. Mais son parfum était très agréable.

  • La vie

    « La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas » Fernando Pessoa