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Du journalisme

  • L'horreur.

    Le 13 novembre, une dizaine de musulmans a réussi à tuer cent trente personnes et à en blesser plusieurs centaines. Pour la première fois, des terroristes se sont fait exploser sur le territoire métropolitain. Au mois de juin, un homme avait été décapité en Isère par un autre fou de Dieu (présenté d’abord comme déséquilibré puis rapidement reconnu pour ce qu’il est). L’effroi est considérable, à tous les niveaux de la société. Même leurs coreligionnaires, semblent, cette fois-ci abasourdis. On les entend toujours aussi peu (ou aussi mal) mais c’est à peu près le sentiment qui ressort des « micros-trottoirs ». L’état d’urgence a été décrété immédiatement. A Sens, un couvre-feu a même été mis en place. Il n’y a pas de jours sans « annonce » de perquisition, de saisie d’armes, de stupéfiants, etc. Une partie des complices ou des auteurs du carnage a été éliminé le mercredi suivant à Saint-Denis. Ils étaient apparemment logés par un petit caïd de banlieue, lui-même musulman (sans doute pas très pratiquant si on en croit sa parure). Les comparses et complices étaient tous plus ou moins connus des Services de police, fichés pour radicalisation ou pour délinquance « ordinaire ». Tous avaient été en Syrie ou se réclamaient du djihad ; deux ou plus des bombes humaines étaient arrivés, via la Grèce, dans le flux des migrants illégaux qui ne cesse de grossir depuis le début le début de l’année et qui s’est encore accru depuis l’été, date ou la chancelière Merkel les a appelé à venir sans restriction, leur offrant gite, couvert et emploi. Elle a depuis fait marche arrière, son pays étant débordé par la masse considérable des nouveaux-venus, Syriens, Africains, Afghans, que sais-je encore ? La Commission européenne a emboîté le pas de l’Allemagne. La France, pour une fois, a un peu minaudé et pris le « minimum syndical. Les Français semblent majoritairement hostiles à la venue de nouveaux immigrés. Les sondages pour les élections régionales plaçaient dès l’été le Front National en bonne position, les socialistes en nette baisse, et Les Républicains – quel nom de parti ridicule ! – en position incertaine. Si la machine médiatique mise en place par le ministre Cazeneuve s’est attachée à montrer les forces de l’ordre aux frontières avec l’Italie, refoulant les « clandestins », elle a également permis de montrer que le saupoudrage était maintenant la mise et que le plus urgent était de répartir les migrants demandeurs d’asile partout où ils n’étaient pas jusque-là. De courageux et pharisiens maires ont demandés (et obtenus sans délais) leur quota de migrants, pour se donner un beau sauf-conduit médiatique (à défaut d’être toujours populaire auprès de leurs électeurs). Dans le même temps, on apprenait que les déboutés du droit d’asile n’étaient qu’exceptionnellement reconduits à la frontière. Etre en France est maintenant suffisant pour être naturalisé quelques années après. Bref, l’appel d’air n’est pas fini.

    Les récents événements ont montré que les frontières de l’Europe (et les frontières intra-européennes tout autant) étaient des passoires où tout à chacun pouvait librement voyager, les plus malintentionnés encore plus, et sans surveillance ni contrôle. Très rapidement, de nombreuses polémiques ont vu le jour. Les Services antiterroristes furent accusés d’être incapables de rationaliser leur surveillance, d’être même inefficaces malgré les récentes et (trop) nombreux réorganisations. Je n’en sais rien, et ne me joindrai pas à la meute des experts de la vingt-cinquième heure qui nous abreuvent de leurs certitudes sur les chaines d’informations en continu. Ce qui semblent encore fonctionner, pour le coup, c’est le travail rapide d’enquête après le drame qui a permis de retrouver sans délai, les éléments du puzzle jusqu’à mettre hors d’état de nuire certains des terroristes. Malheureusement, tout cela s’accompagne d’une déplorable mascarade médiatique où le « patron » du RAID va (dans une langue bien vilaine, soit dit en passant) raconter, rejouer – je ne vois pas d’autres mots – l’assaut donné par ses hommes dans la cache de Saint-Denis. On l’a vu successivement en treillis ou en grande tenue de policier. Il est probable que ce show médiatique fasse partie de la contre-guerre médiatique nécessaire pour « rassurer » les citoyens, sans doute pas « pour faire peur » aux terroristes, tous en provenance de zone de guerre autrement plus violente. Bref, depuis janvier (au moins) le pays est plongé dans le storrytelling ; tous les ministres s’y sont mis, Cazeneuve en tête qui possède en ce genre un savoir-faire magistral (la mine sombre, le self-control, le vocabulaire choisi). Valls emboîte le pas (ou donne le la). Hollande n’arrive pas à la cheville de ses ministres, ne pouvant pas mettre une once de grandeur dans sa diction. Son redoublement du sujet, maintenant devenu tout à fait pathologique, le dessert beaucoup (encore que bien des journalistes aient emboîté le pas, libérés sans doute qu’ils sont par l’exemple venant du haut, et qui vaut quitus). Le ministère de la Défense, jadis si discret, a maintenant ses communicants en chef. Pas un seul vol de reconnaissance ou largage de bombes n’est suivi d’un communiqué de presse. Bref, il faut baratiner, toujours plus, souvent pour ne rien dire du tout. Les Français demandent leur drogue, ils veulent leur dose d’image et de bavardages, aussi insipides qu’ils soient. Peut-être que tout cela les maintient sous anesthésie générale.

    J’ai appris la commission de ces attentats alors que j’étais dans le TGV en route pour Lille où je me rendais pour l’enterrement de mon amie S. J’ai peu dormi, m’étant couché très tard. Le réveil, avec l’annonce de cette centaine de mort, fut encore plus difficile et, pour tout dire, totalement tragique. Sidération, tristesse infinie comme pour chaque victime du terrorisme, aussi éloigné qu’on soit des victimes. En l’occurrence, la « génération Bataclan » comme il faut maintenant dire en suivant la novlangue officielle est (presque) aussi éloignée de moi que le sont les monstres qui ont commis cet acte. Je ne les mets pas au même niveau, bien au contraire. Ce sont des victimes, des innocents assassinés au hasard, sans une once pitié ou de remords. Très désagréablement, les médias officiels en ont fait des sortes de héros. Le Monde, jamais à court d’idée pour caresser les sentiments dans le sens de l’émotion brute, à même publier de courtes biographies des victimes. Elles sont toutes décrites comme gentilles, attentives, ouvertes aux autres, etc. Je trouve cela totalement déplacé, sans doute en partie par ce que suis moi-même rien de tout cela ; un journaliste aurait sans doute bien du mal à trouver quelque chose de positif dans ma vie. Il faudrait broder alors qu’on souhaiterait être anonyme, une fois de plus, et surtout après sa mort. Pour en revenir à la vie des morts, je fus très troublé d’apprendre que nombre d’ingénieurs, de cadres, d’universitaires, de « professions supérieures » comme on disait jadis, parmi les victimes, avaient des goûts personnels plus proches du divertissement que de la culture. Et même, le rock et la bande dessinée étaient toute leur vie. Je ne me lasse pas de redécouvrir cela à chaque fois. Pour tout dire, je n’arrive pas à m’y résoudre. Mais, à quoi bon ? Puisque maintenant tout se vaut à peu près.

    L’hommage national de vendredi dernier (28 novembre) a été sur ce point tout à fait révélateur. Le discours écrit par François Hollande était, pour ce que j’en ai entendu, bien passable, un peu laborieux et manquant de hauteur (on est habitué). Pour la cérémonie, les chansonnettes de variétés n’avaient guère leur place en ce lieu, même si Bach, également, a été entendu. L’histoire de la  musique française – si l’on voulait faire dans le national – regorge de pièces de choix (le requiem de Duruflé, celui de Fauré, etc.) autrement plus fortes et intenses qu’une chanson de Barbara. Peut-être a-t-on voulu ne gêner personne et satisfaire ce que les familles écoutent chez elle (de la variété, donc). Reste que l’hommage est manqué, à mon sens. L’invitation à pavoiser n’était pas mauvaise, mais la parole politique, le propos de l’élu du Peuple, est à ce point faible, qu’une foule de ricaneurs a trouvé cela déplacé. La République toute entière, par l’affaiblissement de la voix du président, est ainsi meurtrie. Malheureusement, cela ne date pas d’aujourd’hui et les attentats n’en sont pas la cause.

    Un versant intéressant de l’onde de choc post-attentat fut sur les réseaux sociaux. Si vous êtes lecteur de X ou de Y (sans oublier Z) tous critiques du monde comme il va, c’est que vous êtes leur fervent soutien, ami du camp du mal. Des defriendages furent légion dans les premières heures. Il fallait se nommer et dire dans quel camp on était (et surtout pas critiquer tel ou tel). Tout cela venant de personne prêchant au quotidien la tolérance, et toujours attentive à la liberté d’expression (celle-ci étant, justement, de quelques fois n’avoir rien à dire de particulier). Il y eut également des traînées de poudre, des publications en boucle et sans fin. Villepin et Trévidic ont été les plus cités, les plus relayés et quelques fois les plus adorés. Le moment avait besoin d’oracles et de messies. Ces grandes paroles m’ont toute semblé un peu frelatées, même s’il y avait sans doute du vrai dans leur propos.

    Par ailleurs, j’ai senti bien des catholiques mal dans leurs sandales. Ils étaient très justement horrifiés par la situation, mais un peu paralysés par le fait que toute critique un peu forte de l’Islam, était, en filigrane, une certaine remise en question de la religion (même si les Catholiques ne se font pas exploser et ne commettent pas d’attentat aveugle, il leur suffisait de dire cela). Leur Pape (le mien ?) ne les aide pas beaucoup en ce sens, en versant, à mon avis, dans un tiers-mondisme facile et sympa, et vers un refus de reconnaissance d’où vient le mal (sans doute pour éviter de mettre de l’huile sur un feu déjà bouillant).  Le temps de l’ouverture à l’autre, au message d’apaisement sans fin (et sans suite) envers les musulmans est peut-être maintenant dépassé. Sans appeler à la guerre, il faudrait peut-être dire les choses comme elles sont. La situation est à peu près la même pour l’accueil des migrants : respecter, partager et vivre le message de l’Evangile (l’accueil et l’aide aux pauvres, aux nécessiteux) tout en refusant de voir que cette arrivée de populations étrangères, en grande majorité musulmane, accélère le déclin du catholicisme dans le pays, sans pousser les récalcitrants, dont je fais suis, vers l’Eglise. Il y n’y aura donc pas de sursaut de ce côté-là, la croyance religieuse dépassant, hélas, le sentiment d’appartenance à une civilisation commune (qu’on soit croyant ou pas, mais Français, Occidental, avec une histoire commune).

    Pour terminer, les monstres ayants commis ces actes ont à peu près le même profil que ceux du début janvier. Ils sont jeunes, désocialisés avant ou après des faits de délinquance, souvent condamnés mais n’ayant que bien rarement payés leur dette à la société. Ils étaient spontanément les petits chéris d’une certaine classe politique qui ne peut les décrire que comme des victimes du système ou du vieux fond de racisme des Français (les petits blancs). L’Ecole n’a rien pu faire pour eux, ne réussissant pas à les sauver de leur déterminisme social, ethnique et religieux, renforçant même sans doute leur pauvreté intellectuelle.  D’ailleurs, leurs voisins, leurs coreligionnaires, les services sociaux, personne ne comprend leur trajectoire. C’est bien là le plus inquiétant. On ne voit pas la réalité de ces êtres. Ils ne sont pas des têtes pensantes, souvent décrits comme peu religieux, mauvais pratiquants, probablement aussi abêtis par les fripes et les gadgets technologiques que n’importe quel Français de leur âge. Ils sont à ce titre, très Français-du-temps-présent. Reste à comprendre pourquoi ils sont la proie si facile pour les fous de Dieu du drapeau noir. Qu’est-ce qui les pousse dans les bras de la mort ? La volonté d’être un héros ? Mais ils sont déjà caïds de cité avec l’assentiment d’une partie des élus du peuple (la paix sociale n’a pas de prix). Un certain nombre d’entre eux sont des convertis de fraîche date. Ont-ils besoin d’une transcendance qu’ils ne retrouvent pas ailleurs ?  Mais la plupart ne possèdent même pas les rudiments de la religion qu’ils prétendent servir. D’une manière générale, l’Islam semble bien trop compliquée pour les têtes vides. Tous les responsables religieux musulmans paraissent détenir leur vérité du Coran. Tout n'est-il qu’interprétation des sourates, à ne pas prendre au sens littéral, si j’ai bien compris ? Un autre, ailleurs, vous dira le contraire. Pour conclure,

    « Sans rail ni terminus, ne vat-on pas se mettre à baguenauder, se complaire à tout  et n’importe quoi, sans critère ni repères ? Et si tout devient également dérisoire, matière à persiflages et à guignolades, pourquoi se gêner et ne pas demander 100000 euros au Qatar pour une petite conférence ? Le démon de l’absolu nous a quitté en emportant dans ses bagages le noir et blanc, bon débarras ; tant pis pour l’amour immodéré du vrai, qui fait le fanatique, et tant mieux pour les nuanciers et les étalonnages. Mais la remise à l’horizontale d’une société de consommateurs impatients voulant tout,  tout de suite, ne fait pas que décourager l’épargne et l’investissement en encourageant les achats d’impulsion, voire à piquer dans la caisse. Elle devra faire face à l’insurrection meurtrière des verticales refoulées aux confins, dont le feu sacré viendra nous lécher les pieds. Et tenter, à domicile, d’échapper à l’ennui de notre nouvelle triade : compétitivité, productivité, rentabilité. La chair est triste, l’horizontale aussi, surtout quand on ne lit plus de livres ; et les distractions au cynisme assez limité. »

    Régis Debray Madame H.

  • Race

     

    « A Sébikhotane, après ma conférence, maints élèves vinrent à moi, spontanément. Ni la différence de race, ni celle de l'âge ne nous étaient à contrainte. »

    Maurice Genevoix, Trente mille jours.

     

    « […] je pense beaucoup à ce qui se passe dans notre pays et dans le monde, et j’ai de fréquentes crises d’angoisse, non pas sur l’avenir matériel de notre race, mais sur son avenir moral […]

    Roland Barthes, Lettre à Philippe Rebeyrol, 7 mars 1940, in Roland Barthes - Album (Seuil, 2015)

     

  • Crétins des Alpes

     

    Quelques lignes pour parler un peu de l’élection présidentielle. Jamais élection n’aura été autant pilotée par le journalisme, les « éditorialistes » et la bassesse de ce milieu. Parmi tous les petits sites hideux qui se montent à ce sujet, il faut signaler celui créé par des apprentis journalistes grenoblois avec le grand assentiment du Dauphiné Libéré, il s’agit de « si j’étais président ». Le site outre qu’il est vilain car inspiré de la bande dessinée, malcommode dans la navigation (sans doute pour se donner un genre 9.0) croit pouvoir penser à notre place et nous donne son petit point de vue détestable sur tel ou tel. Qui sont ces crétins ? Et bien, les futures têtes pensantes de France Inter  et, plus surement,  les érudits des faits divers de 20 Minutes ou du journal régional de France 3 Alpes.  

     

  • Frissons d'été

    Comme prévu, le flan médiatique est retombé. Tout est redevenu calme à La Villeneuve (comme à Gennevilliers (guet-apens, cette nuit, contre les forces de l’ordre à coup de parpaings)). Oui, tout est calme ou tout le redeviendra sous peu. A France 3 Grenoble, on a déjà (re)sorti le reportage parfait. Une bonne petite famille de blancs, très « gauche-assosses-médiateurs-grand frères » qui nous (dé)montre par a plus b que la vision du quartier donnée au mois de juillet à la France entière (et jusqu’aux Etats-Unis) n’est pas la réalité, que tout est bien normal, bien convivial, parfaitement métissé et tout et tout. Ah oui, si cela va mal, c’est la faute à l’Etat qui ne paye plus les assosses, etc. Qu’il y ait d’autres problèmes et en premier lieu des voyous, trafiquants en tout genre, on n’en entend pas parler puisque ce n’est pas la réalité et cela n’a jamais été ainsi.

    Jadis, j’avais le projet de noter à chaque fois que je voyais ces pauvres petites dix minutes de désinformation locale, le nombre de reportages consacrés aux sans papiers, aux associations qui les soutiennent, aux instituteurs refuzniks, aux vieilles dames de RESF, à toutes ces populations tellement dans le moule de la plus bête bienpensance. Je crois que je vais finir par m’y atteler.

      

    Nouveau petit chapitre, celui des Roms, absolument insignifiant (le chapitre, pas les Roms) mais qui signe la fin de la politique des communiqués et des effets d’annonce. Mon Dieu, qu’avons-nous fait pour avoir une droite aussi sotte, maladroite et stupide ! Il faut bien entendu faire sans rien dire puisqu’on communique ou pas, il y aura toujours un torche-papier de Libération pour monter un petit article incendiaire aussitôt repris par la cantonade.

    Les Roms chassés de Roumanie par les Roumains qui les traitent, pour le coup, comme des chiens et des moins que rien - et qui, d’ailleurs, on le culot de venir, sans rougir, nous faire la morale – sont, une fois arrivés en France, en situation de non intégration. Pourquoi le sont-ils ? Parce que leur projet n’est pas de rejoindre la communauté nationale mais de vivre entre eux, suivant leurs habitudes et leurs préceptes, bien souvent sous la coupe d’organisation mafieuse (esclavage des enfants, femmes chargés de marmailles trainant toute la journée à la recherche de la pièce, etc.) en sachant que la vie ici (quoiqu’on en dise) est meilleure ici que là-bas. Pourquoi ne pas les accueillir, après tout ? Mais alors, à nos conditions (pas aux leurs) : apprendre notre langue, renoncer à la vie communautaire unilatérale et tout faire pour ne plus donner la terrible impression qu’ils sont là pour simplement profiter du système, en vivant de rapines et d’expédients. Certes, en France leurs enfants sont scolarisés (plus ou moins) et c’est peut-être par eux que les parents pourront changer. Hélas, notre pauvre pays ne peut plus accueillir toute la misère, n’a ni le temps, ni la patience, ni sans doute l’envie de prendre en charge une nouvelle communauté alors qu’elle a déjà bien des soucis avec les éléments récemment associés à la Nation. Bref, comme le dit André Glucksmann dans un article paru dans Le Monde daté d’aujourd’hui, on a sans doute « le droit à l’errance », au vivre librement partout et à tout moment mais ce droit inaliénable ne doit pas se faire au détriment des autres (et principalement au détriment de ceux qui accueillent). Il est d’ailleurs très frappant de noter qu’à chaque fois que des problèmes surviennent (avec certains Roms, avec certains membres de la Nation issus de l’immigration, avec certains manouches, …) c’est obligatoirement du côté de la communauté qui accueille (la France, les Français dans leur ensemble) que sont présentés les problèmes et jamais de l’autre côté.

     

    Tout cela s’explique aisément par la « metissophilie » galopante et dominante qui règne depuis quelques décennies. L’autre -celui qu'on appelait jadis l'étranger, avant que les frontières ne soient doctrinalement abolies - est par essence bon ; en tout cas meilleur que nous, vieux chancres pourris d’une Nation qui n’en finit pas de crever.

     

    [Sur ce, une annonce reçue sur Facebook : au musée Dauphinois, la prochaine exposition s’intitule « Ce que nous devons à l’Afrique », que la réciproque soit possible ou même évocable et bien cela est devenu indicible: nous en sommes arrivés là !]

  • Les joies de la diversité

    « Quartier sensible », « quartier populaire » ? Rétablissons immédiatement la vérité : le « quartier » de La Villeneuve est un quartier peuplé à forte majorité de personnes d’origine immigrée (ou assimilée), plus quelques petits blancs (tiers-mondistes, alters-ceci-cela, ex-crypto, bobos débuts de siècle, ...) heureux de trouver là des appartements de grandes surfaces à prix réduits (et qui vont encore baisser, vu le contexte).

    Il n’y a pas besoin d’être bien informé pour savoir que ce « quartier » est aussi un lieu de vie communautaire, ethnique et religieux en marge de la société française et de son Etat de droit. Ce qui prime, ce sont les trafics, les banditismes et les menus larcins (pour la frange la plus criminogène, pour le reste de la population, c’est de couvrir l’autre moitié ou de vivre complaisamment entre soi, selon ses règles (qui ne sont pas les nôtres), souvent bien loin du souci de s’intégrer (ne parlons même pas d’essayer de participer à l’expérience française)). Bien entendu, ils y aussi des exceptions qui crèvent, littéralement, de vivre là et qui n’ont pas le choix d’aller ailleurs, celles et ceux qui voient leur CV refusés vu le quartier dans lequel ils habitent, etc. Ceux-là, on ne les voit jamais ; ils se taisent, par peur sans doute, par souci confraternel ou coreligionnaire de ne pas se plaindre auprès d’un autre que celui de sa communauté.

     

    Tout cela est connu mais le multicultarisme du lieu (qui tend d’ailleurs à la monoculture) est hautement apprécié des édiles locaux qui y voient une illustration réussie du « vivre ensemble » de la « diversité », etc.

    Bref, la boutique tourne tranquillement : on rénove, on repeint les immeubles (souvent, immédiatement dégradés et tagués (on parle d’incivilités depuis que le tag est devenu un « art »), on achète la paie sociale, du moment qu’on ne fourre pas trop son nez dans les petits trafics locaux : tout est tacite et non-dit : respect mutuel (comme ils disent).

     

    Hélas, un jour, un petit voyou déjà condamné, multirécidiviste (d’ailleurs, pourtant en liberté) commet un casse un peu trop gros pour lui. Course poursuite, échange de coups de feu : il meurt devant son immeuble (quel drôle d’endroit pour aller se réfugier alors qu’on est pourchassé ? Preuve, s’il en fallait, pour contredire les vérités toutes faites de « grand banditisme »)).

    Immédiatement, la machine bien huilée de la victimisation (bien aidée par les médias complaisants) se met en place « on l’a laissé crevé comme un chien » et la « maman va porter plainte ». S’en suivent deux nuits d’émeutes, quelques dizaines de tirs de balles (« réelles » comme on dit sur France 3) et deux ou trois dizaines de miracles pour qu’aucun policier ne soit blessé ou tué.

    Sur ce, visite ministérielle : mine sévère, mots durs, ronds de jambe et effets d’annonce (trois quarts d’heure, montre en main). Deux ou trois centaines de policiers mobilisés dont quelques unités d’élites. On attend le verdict de la quatrième nuit. De toute façon, dans huit jours, le petit train aura repris son cours. On continuera à fermer les yeux, à faire comme si rien n’était.

     

    Monsieur notre Maire aura toujours la mèche rebelle et le regard sombre pour appeler à un « Grenelle de la sécurité » (le malheureux n’a donc pas compris que de ces grandes messes, il ne sort jamais rien, sinon des promesses-à-tenir-qu’on-ne-tient-jamais) et que la sécurité publique lui incombe tout autant qu’à l’Etat, démissionnaire (car embourbé dans la média-doxa dominante qui donne à nos petites victimes la stature d’Intouchables) et à court d’argent, sans doute aussi à cause des milliards déversés dans les multiples, redondantes et inutiles politiques de la Ville. Oui, mais voilà, payer quelques policiers municipaux, les doter des moyens nécessaires à l’exercice de leur pouvoir, les mettre sur le terrain, quelle aventure inhumaine pour un socialiste (déjà qu’il faut se coltiner les petits blancs anars qui vous démontent les belles caméras toutes neuves installées dans les zones du centre, lieux de barbarie, eux aussi, passée une certaine heure du soir) et surtout arrêter l’angélisme bien pensant qui fait qu’un voyou d’origine immigré à toujours le bénéfice du doute et deux ou trois dizaines de circonstances atténuantes.

    Bref, le choix est simple, construire moins de lieux à vocation communautaires pour acheter la paie (telle salle, bien utile pour les mariages du « quartier ») ou festifs pour petits blancs (la fameuse salle ethnico-électro-rap attendue depuis des lustres et qui va finir par lui aliéner tout le quartier Championnet si elle n’est pas construite avant la fin de la mandature) et mettre un peu plus de sous dans la sécurité de tous (quel mot odieux !).

     

    Sur le fond, si on voulait en finir (ou tenter d’en finir), on n’attendrait pas le soir venu de se faire tirer dessus par deux ou trois dizaines de petits malfrats bien embusqués dans leur belle Galerie de l’Arlequin (un bel héritage de l’urbanisme du XXe qu’il faudrait songer à raser tant elle est devenue la forteresse imprenable pour les Forces de l’ordre). On aurait profité de ce beau dimanche ensoleillé (le temps était très frais, aussi) pour le vider de fonds en comble de ses habitants et de sa drogue en barre. O certes, quel effort ! Il aurait fallu deux ou trois milliers de policiers déterminés, bien armés et un peu de volonté politique pour affronter les deux ou trois militants écologistes encore à Grenoble à cette heure avancée de l’été (les autres sont dans des campings bio de l’Île de Ré) venus protester officiellement : « c’est une honte ! Stigmatiser (sic) ainsi une population ».

     

    Et puis, comme un dimanche n’aurait pas suffi, on aurait recommencé le lendemain, à l’aube, et puis le jeudi et le vendredi. Autant de fois que nécessaire pour rétablir l’ordre et faire changer le camp de la peur. Et cette fois-ci, après trente ou quarante ans de victimisation et de bonne volonté pas vraiment bijective, on pourrait (un petit peu) redresser la tête. Certes, il aurait aussi fallu tenir les caméras à l’écart (en juillet, ça tombe bien, les journalistes sont eux aussi dans les campings de l’Île de Ré ou occuper à secouer les marronniers de saison (comme le reste de l’année, d’ailleurs))

    Et les petits voyous qu’on attraperait, plutôt que de les mettre avec les leurs en prison (mais, j’y songe, encore faudrait-il qu’ils soient condamnés, et qu’on ne leur trouve pas dix excuses) on les enverrait se fatiguer un peu au travail (combien d’hectares de maquis à débroussailler en Corse ? Combien de kilomètres de digue à refaire face à la mer qui monte, inexorablement ?), sans portable, sans Nike aux pieds, sans BMW rutilantes. Et sans ménagement, en respectant leur dignité d’être humain, en tentant une dernière fois de leur donner une éducation et des règles de vie pour vivre en France.

    Et cela autant de temps que nécessaire et aussi difficile que cela soit pour le pauvre budget de l’Etat (combien de gardiens en plus à embaucher pour les encadrer sous la futaie de châtaigniers de l’Île de beauté?).

     

    Au passage, on aurait mis deux ou trois milliers de sociologues(*) au boulot (s’il en reste suffisamment hormis ceux qui nous servent la soupe « victimes de la colonisation » depuis trente ou quarante ans) pour nous éclairer un peu sur les causes de tout cela (ou tenter de convaincre ceux qui ne voient pas). Ce qui implique de mettre la barre à 180° dans les écoles de journalismes, histoire de reprendre la main, aussi, sur le seul pouvoir qui reste (à part celui des armes).

     

    Il est bien entendu trop tard pour tous ces travaux d’Hercule. Il faudra, dans le futur, avaler toujours plus de couleuvres, subir d’humiliations en écoutant les antiennes de la diversité obligatoire pour tous (peu importe le prix à payer). Majoritairement, le Pays aura changé, il sera vidé de tout ce qui faisait sa beauté (son Droit (pas coutumier), sa Justice (pas expéditive), sa laïcité, etc.). Nous ne serons plus qu’un pays livré aux bandes de pillard, en proie aux coups d’état permanents, sans aucun recours pour s’en sortir.

    (*) entendu hier soir sur France Info, tel bonhomme, Directeur de recherche au CNRS (ce qui n'est pas rien) nous dire que si les "jeunes" s'arment et tirent sur les policiers, c'est parce que ces derniers portent tout un attirail militaire (gilet par balle, etc.)et que l'escalade venait donc des forces de police ! J'en suis resté stupéfait. Comment peut-on être si con ?

  • Tout va bien !

    « On ne va pas faire toute une histoire pour ce voile ».

    Jean-Marc Souami, présentateur de la météo sur France 3, en introduction au bulletin de ce soir.

     

    Il s’agissait du voile nuageux, bien entendu. En (très gros) sous entendu, c’était le problème de la burqa.

     

    La position devant le prompteur, sans contradiction possible, est le moyen idéal pour faire passer sa petite idée café du commerce. Ce que pense Monsieur Souami de la situation actuelle du pays, on s’en moque un peu car son statut de lecteur- gesticulateur à vie devant un écran virtuel ne l’autorise guère à être écouté es qualité pour débattre des problèmes avec nos minorités visibles et invisibles (rayée la mention inutile). Mais cette petite phrase, pétrie d’humour qui n’en a pas l’air est l’arme absolue du discours bien-pensant : elle désarçonne car elle fait rire. Et de petits rires en petits rires, on finit par rire de tout (voir comment une émission ridicule et insignifiante comme celle de Denisot sur Canal+ a réussi, au fil des années, à se faire une place au soleil dans le paysage audiovisuel).

     

    Pour en revenir à France 3, le décrochage régional (« Alpes ») de ce soir était une nouvelle illustration de l’extraordinaire pouvoir qu’ont les journalistes de choisir ce qu’ils veulent montrer, dire, faire dire, ce qu’ils soutiennent, ce qu’ils n’aiment pas. Vingt-six avril aidant, c’était donc la charge promise contre le nucléaire avec ses illustrations hautement prévisibles : manifs d’A-sauces anti nucléaires, interview de la Dame Rivasi et direct-plateau avec un barbu dont je n’ai pas retenu le nom, actuel président de la CRIRAD. Tous ces personnes défendent des idées hautement estimables (grosso modo, "le nucléaire, c’est dangereux"). D’où une belle charge contre le nucléaire dans son ensemble en oubliant bien entendu de dire que ce qui est arrivé à Tchernobyl fut le résultat d’un pays à bout de souffle, d’une idée du nucléaire emprunte de dogmatisme dans un pays non démocratique (l’URSS) qui méprisait la vie de ses citoyens (enfin, lorsqu’avant d’être écologiste début de siècle, on a été compagnon de route ou sympathisant du Communisme dans les années soixante-dix, c’est toujours un peu dur de cracher dans la soupe).

    Mais de ces évidences, on n’en entend pas parler ; c’est plus facile de tout mettre dans le même sac et de conchier à l’unisson l’idée du nucléaire dans son ensemble. L’ironie du sort – qui me fait toujours rire – est que ce sont les écologistes (et leur mouvance d’activistes très nuisibles et bruyants) qui ont conduit Monsieur Jospin à décréter le démantèlement de Super Phénix, signant par là l’arrêt des recherches sur la transmutation qui aurait (peut-être) permis - dix niveaux de conditionnel - de trouver une partie des solutions au problème – car s’en est un, et très sérieux – de l’élimination (ou de la non élimination) des déchets. Mais passons...

    Si les journalistes faisaient leur travail avec sérieux et compétence, ce serait le genre d’arguments à mettre sur la table comme celui d’aller interviewer la partie adverse. Mais non, c’est plus porteur, d’être partisan, dans l’ambiance actuel de flatter ce qui va dans le sens du vent. Peu importe que celui-ci tourne dans un jour, une semaine ou un an.

    On est journaliste et encore plus, on est journaliste du Service public, on se doit donc de dire et montrer ce qui est bien. La liberté, c’est eux. Avc cela ils vous diront en plus que jamais, au non jamais, ils n’auront été si totalement sous la pression du Pouvoir !

  • Lapsus

    Hier soir, sur France Info: "Usain Bolt a définitivement rayé des tablettes Michael Jackson ... euh pardon.... Michael Jonhson"

  • Sur la suppression de la publicité sur les ondes de France Télévision

    Pour le troisième soir de suite, le 19-20 de France 3 nous présente un long reportage pour dire tout le mal que sera la suppression de la publicité si l’idée sarkozyenne est suivie (comme il fait rarement ce qu’il dit, y faut voir). A d’autres époques, on se serait offusqué d’une telle prise en otage de l’antenne pour faire passer ses médiocres petites idées. Maintenant, tout passe. Il faut dire que les mauvais exemples viennent de haut. Je ne comprends absolument pas la réaction des journalistes de F.T. C’est, au contraire, une chance de se mettre au travail, je veux dire à un travail intéressant. Il faudra tourner des documentaires, des reportages. Il y aura une grande quantité de temps à meubler, ce qui ne pourra se faire qu’avec les journalistes (à moins que l’inspecteur Derrick comble les trous). Mais ces petits médiocres saisissent la balle au bond pour revendiquer et cancaner contre cet ignoble pouvoir. Ce soir, la situation était assez cocasse. Pour illustrer la nécessité d’avoir de la publicité, l’exemple choisi était … le Tour de France et les 23 millions d’euros que F.T. doit débourser pour retransmettre ce triste évènement chaque année (4 millions d’abrutis, en moyenne, regardent, chaque année, les sportifs médico-ionics montés les cols plus vite qu’une mobylette). C’est exactement le genre de dépense qu’on pourra éviter dans le futur. Mieux vaut laisser cette triste farandole à pédales à TF1 : son public est le public du Tour de France. Il faut dire, qu’à F.T., on a perdu depuis longtemps le bon goût (si tenté qu’on l’ai jamais eu) : depuis quinze jours, il n’y en a que pour ce triste film Astérix, dont il ne fallait pas être grand devin (du village) pour voir que c’était un triste navet (*), une opération uniquement et purement commerciale destinée à vendre des produits dérivés en tous genres. Et pourtant, que de reportages sur le tournage en Espagne, que d’interviews insipides de Depardiou et César-Delon ! Début décembre, la star des stars était l’I-Phone. Génie du marketing : pas besoin de campagnes de publicités, F.T. se charge de la promo en paraphrasant le communiqué de presse. Sur TF1, Bouygues oblige, on était moins disert sur le petit joyau commercialisé par France Telecom…

    (*) Ce soir, même la page d’accueil du FAI Alice (plus ou moins affiliée à TF1 et dont il se murmure qu’elle pourrait tomber dans l’escarcelle de Bouygues Telecom) est circonspecte quant à la qualité du film. C’est dire le retournement terrible que va subir ce film. Dans quelques jours, il sera de bon ton, sur les canaux qui l’auront le plus encensé, de dire que décidemment ce n’est pas terrible. Ce faisant, on continuera de parler du film, peu importe que ce soit en bien ou en mal. Ceux qui iront le voir (en majorité des adultelescents nostalgiques, non de leur enfance, mais de l’idée de l’enfance qu’on leur sert à longueur de journée) ne sauront pas vraiment dire si c’est un bon film ou pas. Dans tous les cas, ils achèteront le DVD dans le mois qui suivra sa sortie.

  • Glasnost

    Le journaliste Daniel Schneidermann, après avoir tenu le lecteur en haleine sur son blog durant tout l’été a lancé une suite « internétique » à l’émission Arrêt sur images diffusée par France 5 jusqu’au printemps dernier. Le temps semble être aux règlements de compte, puisque la déclaration d’intention (largement amplifiée par un bandeau accrocheur) désigne clairement les adversaires. C’est une drôle d’entrée en matière, pas très fine et qui risque de compliquer la tâche de l’équipe (on ne lui souhaite pas). En effet, en désignant dès le départ des cibles, en agitant des chiffons rouges devant les taureaux à sacrifier, on fait un peu trop son métier de journaliste « Robin des bois ». L’homme est amère ; il dirait sans doute le contraire car la réflexivité n’a jamais été son fort, nonobstant la pseudo-chronique d’une médiatrice – c’est super à la mode, ma banque en a aussi une – qui était censée lui rappeler chaque mois ses petites erreurs, ses petits non-dits et qui, a chaque apparition, tombait sur un mûr, toujours prêt à faire la fine bouche. On l’aura compris, ce qui manquera à ce nouveau média hype, ce sera un Arrêt sur Arrêt sur images. Bien entendu, parmi toute une frange de la population (urbaine, active, diplômée, trentenaire, socialiste et écologiste), Daniel Schneidermann est un Dieu vivant. Elle n’a peut-être pas tort. Mais elle n’a peut-être pas raison. Lorsque je lis cette chronique de Mlle Bernard, je ne vois aucun décryptage de l’actualité. J’y vois une réaction, sincère, brulante, fiévreuse : la journaliste (n’est-elle pas plutôt professeur(e) de français ?) est contre Nicolas Sarkozy, contre l’application des décisions de Justice, contre les expulsions, contre les chiffres (ce qu’elle appelle les quotas), contre la misère, contre ces salauds de préfets, contre, contre. C’est son droit le plus inattaquable, mais pourquoi ne crie t’elle pas sa colère dans des lieux plus appropriés (je ne sais pas, par exemple n’importe quel forum de Libé ou des Inrocks) ? Bizarrement, on ne la voit pas écrire de petite note enflammée (genre, "le cœur me brûle") sur ces pauvres gens, inscrits depuis des années sur les listes d’attente pour obtenir un HFM et qui osent (à mon avis, c’est là la grande première de ce feuilleton médiatique d’Aubervilliers) dire, parler, s’exprimer, que cette fois-ci, ça suffit, qu’en France il suffit de gueuler, de s’épauler à deux ou trois associations bien politisées, pour passer devant les autres sur les listes d’attente. Et oui, l’élection de Nicolas Sarkozy commence à libérer les voix (pas sûr que ceux qui parlent ainsi soient dans les plans médias de l’hyper omniscient, hélas pour eux). C’est ça aussi le changement : la petite glasnost (réchauffement médiatique) qui gagne même les médias les plus dans l’air du vent,  ceux qui dégèlent leur parole la plus officielle pour parler des réalités fâcheuses. 

       Mais bonne chance au libre arbitre et à la sage enquête !

  • Pauvre Cardinal

    Elise Chassaing, présentatrice du journal de la Culture, sur Arte, déclarait ce soir que telle exposition de photographie se tenait actuellement au Passage de Raitze dans le Marais, à Paris. Par ailleurs, son petit haut était très bien, peut-être venu des dernières collections Chattawak.

  • m & r

    « Il [Pierre Stasse, 20 ans, étudiant à Sciences Po Paris] écrit tous les jours. L’envie lui en est venue en découvrant Marguerite Dumas et Stefan Zweig à l’âge de 13 ans. » in Le Monde 2 n°165 du samedi 14 avril 2007 pour le texte « Souvent, je lui ai fait l’amour » gagnant du 4ième Concours de nouvelles de Sciences Po.

    Duras ou Mireille ?

  • Génie génétique

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    19/20 de France 3, ce soir.

    Un cas rare d'hermaphrodisme ?

  • Poisson(s) d'avril au Monde ?

    « Diam’s […] dit l’essentiel sur la question électorale en milieu de concert : éviter le retour du « gros porc au deuxième tour », toujours possible, se méfier des démagos, qui rime avec… (répétition en boucle d’un vers de la Boulette : « Y a comme un goût de démé-démago dans la bouche de Sarko ».) […] Une forêt de bras levés pour accompagner le chant : «  Et si on est des citoyens, alors aux armes la jeunesse, /Ma France à moi leur tiendra tête, jusqu’à ce qu’ils nous respectent » […] Elle parvient à faire refleurir les flammes de briquets, bizarrement mêlés aux téléphones portables allumés que brandissent des bras collégiens. C’est beau ». Véronique Mortaigne in « Diam’s allume un zénith adolescent », Le Monde daté du dimanche 1er – lundi 2 avril 2007.

    Hélas, les paroles de « Ma France à moi » ne sont pas aussi belles que Madame Mortaigne veut bien nous le faire croire. L’intégralité ici.

    ***

    « Les vapeurs électorales provoquent d'étranges pertes de mémoire. Qui se souvient du cycle de violences urbaines sans précédent, survenu en novembre 2005, qui a fait trembler le sommet de l'Etat ? Des milliers de voitures incendiées, des affrontements avec les forces de l'ordre jusqu'au bout de la nuit ? […] Les manifestations contre la loi Fillon sur l'école en 2005, puis celles contre le CPE en février-mars 2006, ont donné lieu à d'autres débordements, cousins des événements de la gare du Nord. Des centaines d'émeutiers, originaires de quartiers sensibles, ont parasité les cortèges en agressant les lycéens et les étudiants, voire en affrontant les forces de l'ordre. Paris la bourgeoise, la protégée, découvrait à ses fenêtres ce que les habitants des quartiers savaient depuis longtemps : on peut frapper fort, et à plusieurs, pour un simple portable. […] Mais, en aucun cas, cette mutation de la police n'éteindrait, comme par enchantement, la violence urbaine. Le courage politique consisterait à tenir les deux bouts : analyser la délinquance telle qu'elle est, dans sa crudité, tout en retrouvant de la sérénité dans l'action policière. Bref, de la proximité les yeux ouverts, sans naïveté ». Piotr Smolar in « L’irruption de la violence urbaine à Paris », Le Monde daté du dimanche 1er – lundi 2 avril 2007.

    Enfin quelqu’un de lucide au Monde ?
  • Nombril

    « […] Dans la catégorie nombrils, inactuel.hautetfort.com. Un site cultureux qui cultive, aussi, l’anonymat, mais le lecteur est prié de comprendre qu’il n’a pas affaire à n’importe qui : ça lit le Monde et l’Obs et ça cite Baudrillard. Mais qui ça peut être ? Nombrils, encore. »  Extrait d’un article du Petit Bulletin de Grenoble (n°609) et  signé « BDV » alias Bernard de Vienne.

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  • Mauvaise langue

    Alors que je pensais que mon message « d’opinion négative » (comme dit France 3) tomberait dans une zone désertée de la banlieue internétique de l’infra cosmos (hum, je me mets à parler comme Dantec), je viens de recevoir un joli accusé de réception :

    « Bonjour,

    Vous avez exprimé votre mécontentement concernant les reportages "Le rallye revient: retour à Burzet" et "Polémique autour du projet installation magasins d'usine "le village des alpes" diffusés les 15 et 16 janvier dernier dans l'édition 19/20 Alpes. Je vous remercie de votre intérêt pour les journaux télévisés de France 3 Rhône-Alpes Auvergne. J'ai transmis votre message à l'équipe de la rédaction de France 3 Alpes afin qu'elle en prenne connaissance. Toute l'équipe vous adresse ses amitiés et vous souhaite d'excellents moments en compagnie des programmes de France 3. Bien cordialement, Amandine B. France 3 Rhône-Alpes Auvergne Service téléspectateurs »

    Pas mal, non ? Je ne pense pas que la chance me sourira à nouveau. Il est probable que cette transmission vers la rédaction alpine tombera dans un vrai, durable et profond néant.

  • ça chauffe à la télé !

    Vendredi soir, Pascal Sevran était convoqué sur le plateau de Canal + pour s’expliquer et, surtout, s’excuser. Michel Denisot, avec son faux air de chien battu, le harcelait pour savoir si oui ou non il s’excusait (d’avoir proférer ces terribles accusations sur le comportement sexuel des noirs, responsable de leur malheur). Le pauvre Sevran n’a rien lâché (enfin, rien sur ça) mais son air de petite bête traquée faisait peine à voir. Il était seul, autour de lui tous les visages étaient figés, austères et inamicaux. Derrière lui, le public applaudissait au signal du chauffeur de salle, participant ainsi à l’exécution publique. Cette scène était dégoutante et révoltante. On se serait cru lors d’une séance d’autocritique en URSS. P.S., pour sauver la farce, multipliait les allégeances et les sourires. Il finissait par être, lui aussi,  dégoulinant.

    Catherine Matausch, hier soir au « 19/20 » de France 3 : « son taux d’alcoolémie était négatif ». Est-ce à dire que le chauffard n’avait que du sang dans les veines ?

    Toujours au « 19/20 », ce soir, un reportage sur le retour du rallye de Monte-Carlo au Burzet, joli petit village ardéchois et haut-lieu de l’épreuve avant 1997. En guise d’illustration, un journaliste de France 3 monte à bord d’une grosse BMW (banale voiture de ville) conduite à plus que vive allure par un « ex-pilote de course ». Celui-ci, au mépris du code de la route, « pilote » son monstre comme une voiture de course. La route semble ouverte normalement au trafic. Pas un mot pour déconseiller ce genre de comportement criminel. Et demain, nous verrons les mêmes journalistes la larme à l’œil nous annonçant un énième drame de la route : « le chauffard, qui roulait à vive allure a fauché deux cyclistes, etc. ». Je me suis plaint sur le site (sans doute bidon) de France 3. Il est probable que je ne recevrai aucune réponse (sauf la stupide newsletter de F3, puisque j’ai justement choisi de ne pas la recevoir, c’est qu’on va me l’envoyer d’office).

  • Un petit col tricolore (rions un peu)

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    Audrey Pulvar, Meilleure Ouvrier de France 2007, catégorie "Journaliste télevisuel"

    [ce soir, au "19/20", édition nationale de France 3]

  • Omerta ?

    Dans une récente émission de France culture (Du grain à moudre), une invitée (Jeanne-Hélène Kaltenbach) rapportait de très graves incidents qui se seraient déroulés à l’hôpital de Grenoble (lequel ?) peu avant la date de l’émission (le 31 octobre). Pour en savoir plus, il faut écouter l’émission à partir de 26’33’’, c’est ici. Si ces faits sont avérés (et je ne vois pas de raison objectif d’en douter), leur occultation par les médias locaux et nationaux me parait assez surprenante…

  • le bateau sombre

    Au journal Liberation, c’était la journée pleurnicherie, « Deux pages pour expliquer la situation interne à Libération », mais avec quelques instants de lucidité : « Ce serait s'aveugler que d'expliquer la totalité des problèmes de Libération par les difficultés générales du secteur de la presse quotidienne nationale. Le journal doit également faire face à ses propres erreurs. Notre conviction est que, à contexte industriel inchangé, nous disposons d'une réelle marge d'amélioration. La crise que traverse la presse quotidienne est aussi une crise de l'offre » et une bonne idée : « Pour déclencher l'acte d'achat de nos lecteurs et justifier son prix de vente, Libération doit mettre l'accent sur ce qu'il peut apporter en plus de l'actualité : des reportages, des mises en perspective, des enquêtes, des récits, des dossiers, des débats, des espaces de réflexion, pour rendre intelligible le monde dans lequel nous vivons ». Les journalistes sont extraordinaires, ils ont toujours la solution à leur problème (mais ils n’appliquent jamais les solutions qu’ils préconisent d’eux-mêmes, empêtrés qu’ils sont dans leur vulgate). Que Libération soit devenu un journal où les dépêches d’agence de presse sont copiées mot à mot – on peut les suivre à la trace d’un journal à l’autre - et vaguement commentées, c’est devenu une évidence. Le manque d’analyse, d’articles de fond et de réflexions est flagrant. Au Monde, ce n’est pas mieux, même si la reprise du journal « normal » (moyennant 10 centimes d’euro en plus) est meilleure que les parutions de cet été, affligeantes dans la course à la débilité et à l’inintéressant. Les pages Culture, notamment, sont attaquées de toutes parts. De temps à autre, on arrive encore à lire quelques comptes-rendus de concert par Renaud Machart ou Marie-Aude Roux, mais le plus souvent la culture est devenue totalement extensible dans sa définition : des concerts de Johnny à une page entière sur un rappeur. Et toujours ces articles « vie quotidienne », « auto » qui n’ont rien à faire dans un journal qui se veut la référence intellectuelle du pays. L’attrait pour la personnalisation à outrance de la vie politique avec ces dossiers fleuves sur les déboires familiaux des Sarkozy, etc. ne sert pas non plus son prestige, maintenant bien défraichi. Le journalisme à Libération est à bout de souffle, qu’à cela ne tienne, autant ouvrir le débat avec le lectorat (on se croirait à l’Ecole de la République avec le rôle accru promis aux papas et aux mamans). A cette heure, il y avait déjà 743 réactions de lecteurs, certaines très drôles, d’autres justes et sans pitié mais tellement désappointées que cela n’augure rien de bon pour l’avenir du journal.

    [à l’instant, la chronique hebdomadaire de Hector Obalk (sur les vilains nus de Ingres), au journal de la culture d’Arte : très juste et toujours intéressante].

  • Version(s)

    Un fait, des versions.

    Le samedi 7 aout 2006, un adolescent âgé de 16 ans, d’origine vénézuélienne a été agressé à Annecy devant l’entrée d’une boîte de nuit après que l’une de ses amies ait prononcé son prénom (Abraham). L’affaire racontée par diverses sources (c’est moi qui souligne) :

    Texte disponible sur le site de RTL : « A l’origine, samedi devant une discothèque branchée et huppée des bords du lac d'Annecy, juste après le traditionnel feu d'artifice, trois jeunes, très éméchés et agressifs sont refoulés à l'entrée. Là, une jeune fille crie "Abraham", du nom de son ami, future victime ». Le commentaire audio de B. Cabanis est un peu plus complet : « Trois jeunes adultes […] tous Français d’origine maghrébine […]».

    Texte disponible sur le site de LCI : « Trois jeunes originaires de Bellegarde, dans l'Ain, qui avaient consommé beaucoup d'alcool, ont été  écroués après l'agression d'un garçon juif âgé de 16 ans à Annecy, samedi »

    Texte disponible sur le site de Orange ("en ville (Lyon)") : « Quatre jeunes adultes issus de l'immigration, originaires de Bellegarde (Ain), qui avaient beaucoup consommé d'alcool ». On trouve exactement la même formulation sur le site du conseil général de l'Isère.

    Texte disponible sur le site de Libération : « Ces quatre jeunes de Bellegarde (Ain) ont zoné, ivres, une bonne partie de la nuit. […] Ceux de Bellegarde ont tiqué, raconte une source proche de l'enquête, relevant leur origine maghrébine ». [*]

    Texte disponible sur le site du Figaro : « une dizaine d'inconnus originaires d'un quartier sensible de Bellegarde (Ain), errent aux abords de la discothèque Pop Plage […].Quatre des agresseurs ont été tenus en respect le temps qu'une patrouille de police intervienne ».

    Je n’ai rien trouvé au Monde, à l’Humanité, au Dauphiné Libéré, à Europe 1, TFJ, France 3, France 2 et M6. Du côté des organisations « communautaires », je n’ai rien déniché non plus : ni au CRIF, ni au MRAP et encore moins à la Ligue des Droits de l’Homme. Du côte des partis politiques, c’est également calme plat (UMP, Parti Socialiste, Front National, MdC, Parti Communiste, UDF).

    Ce qui manque, également, c’est la dépêche AFP qui semble avoir inspirée une bonne partie des rédactions citant l’affaire. A Libération et RTL, il parait que l’on est allé peut-être un plus loin puisqu’on cite « une source proche de l’enquête » qui indique une « origine maghrébine » des suspects.

    On peut donc regrouper les reportages en quatre groupes. Le premier n‘indique que le lieu de résidence des supposés agresseurs (LCI). Le second indique qu’ils viennent des « quartiers sensibles » de Bellegarde (Figaro). Le troisième précise que les suspects sont issus de l’immigration (Orange news et conseil général de l’Isère). Le dernier groupe est le plus explicite (les suspects sont maghrébins). RTL précise en complément qu’ils sont Français, Libération ne le fait pas.

    En conclusion, on constate une nouvelle fois qu’un fait appelle des versions différentes. Sans connaissance de la dépêche AFP, il est difficile d’établir les éventuelles autocensures des uns et des autres quant à l’origine des agresseurs supposés. Néanmoins, l’agression ne se place pas dans le même contexte si les voyous sont des jeunes / des jeunes issus de l’immigration / des français d’origine maghrébine / des maghrébins. Le lecteur/l’auditeur/le téléspectateur ne reçoit pas la même information et peut percevoir des situations bien différentes. Deux exemples d’association d’idées assez dissemblables :

    « Des Français attaquent un jeune homme parce qu’il se prénomme Abraham » => encore un coup de l’extrême droite ! Ou « des jeunes issues de l’immigration maghrébine attaquent un jeune homme parce qu’il se prénomme Abraham » => encore un évènement lié au conflit israélo-arabe et aux récents évènements au Liban.

    J’ai tenté la même recherche sur le récent saccage de la piscine de Vénissieux. La presse semble avoir, dans son ensemble, recopiée la dépêche AFP. L’origine des suspects n’est pas précisée sauf, bizarrement, qu’ils viennent tous du 8ième arrondissement de Lyon, ce qui ne me dit rien du tout (en terme d’association d’idées) mais qui, pour la population locale, est peut-être, à tord ou à raison, une précision importante, sinon pourquoi ne pas avoir simplement indiqué qu’ils viennent de Lyon ? Oui, mais Lyon est grand et c’est l’usage dans les villes peuplées d’indiquer le « quartier » ou l’arrondissement.

    [*] On notera, au passage, le style de Libération: "zoné", "ceux de Bellegarde ont tiqué". Voilà un journal, qui plus que jamais, se met au niveau de son lectorat. On s'étonne de ne pas trouver un "zoné, quoi" ou un "ceux de Bellegarde ont halluciné".