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Elections 2007

  • Il mouille sa chemise pour nous !

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    "Claire Chazal, je ne veux plus de pitbulls pédophiles qui raquettent de pauvres gens sous prétexte que la BCE ne veut pas baisser son taux directeur !"

    [Image capturée dans un reportage de TF1 lors du déplacement de notre Président en Corse, hier (où il faisait apparemment très chaud)]

  • Députée citoyenne

    Enfin une bonne raison de voter socialiste ! A la page « coups de cœur » ça se gâte sérieusement (mis à part Badinter).

  • Interlude en morale

    A Grenoble, l’ancien maire Alain Carignon se présente aux élections législatives. A l’échelle locale, cette candidature fait des remous. Au premier chef, dans son propre parti où Richard Cazenave, député sortant, n’a pas été adoubé par les hautes instances de l’UMP. Il vient même d’en être exclu par Jean-Claude Gaudin. Les deux membres de la majorité présidentielle se présenteront donc face à face dans la première circonscription de l’Isère. La candidate socialiste Geneviève Fioraso a donc de bonnes chances d’être élue, à moins que les électeurs transcendent les divisions de la droite, ce qui n’est pas certain car les haines semblent féroces entre les uns et les autres. Alain Carignon n’est pas un personnage inconnu. En 1983 il a « pris » la ville au nez et à la barbe des socialistes. S’en suivirent de radieuses années où l’élu du peuple (puis ministre du gouvernement Chirac) commis quelques méfaits, ces actes délictueux ayant été depuis jugés et Alain Carignon condamné en première instance comme en appel et en cassation. Pour ceux que ça intéresse (attention aux vertiges), on peut suivre une intéressante chronologie des frasques de notre homme compilée par une association locale « non à Carignon » (peut-être une officine sous-marine de la majorité municipale sortante, mais peu importe les faits sont là, les attendus aussi). Hier, le philosophe Bernard-Henri Lévy apportait son soutien à son ami.

    Ce cas est assez intéressant car il ouvre la question toujours ouverte qui est de savoir si on est blanchi de ses fautes après avoir été condamné et payé sa dette à la société (ici peines de prison et lourdes amendes). Je pense que non. Les actions frauduleuses engagent non seulement la morale publique de l’élu mais aussi la morale personnelle de l’homme. Comment, ensuite, oser se représenter devant le peuple souverain ? Les arguments de BHL (en résumé « il a payé pour tous les autres ») n’est pas une justification intelligente ni recevable. Ce n’est parce qu’Alain Carignon a été condamné que tous les élus de cette époque ont commis les mêmes faits (heureusement !). Si on fait un holdup dans une banque, qu’on est pris, jugé et condamné, qu’on purge sa peine alors on est quitte vis-à-vis de la société. Lorsqu’on sollicite de nouveau un mandat électif qu’on a jadis trahi, c’est tout autre chose.

  • Déconstruction

    Le Monde 2 de vendredi dernier a publié un débat intéressant entre Edgar Morin et Luc Ferry. L’intégralité de l’échange est à lire- je ne l’ai pas trouvé sur le site du Monde-, notamment parce qu’un certain consensus s’y dégage. Je voudrais simplement citer ici quelques lignes de Luc Ferry :

    « « L’inégalité des chances »« la lutte contre l’exclusion », « la justice sociale » sonnent, qu’on le veuille ou non, comme des formules totalement creuses. Pourquoi ? Parce qu’au cours du XXe siècle, tout ce qui constituait les valeurs traditionnelles a été déconstruit : la tonalité en musique, la figuration en peinture, les règles du roman, les valeurs religieuses, les valeurs bourgeoises traditionnelles… Les grands mots de l’éthique et le politique en ont pris un sacré coup ! Les avant-gardes ont fait table rase du passé au nom de l’innovation absolue. Mais, c’est là le plus grand paradoxe du XXe siècle, cette déconstruction a été réellement menée à son terme par le capitalisme, par la mondialisation libérale. Les idéaux supérieurs se sont perdus dans la marchandisation du monde. C’est donc un problème plus difficile à affronter pour la droite que pour la gauche. »

    « Vous voulez dire que le capitalisme a détruit les valeurs qui étaient celles de la droite traditionnelle ? »

    « Oui, parce que la mondialisation a bouleversé de fond en comble la notion de progrès. Au XVIIIe siècle, il allait de soi chez les esprits éclairés que le progrès des sciences et des techniques n’était pas une fin en soi mais qu’il était englobé dans un projet de civilisation plus vaste. La finalité, c’était de rendre les humains plus libres et plus heureux, d’émanciper les individus de la superstition et de l’obscurantisme mais aussi de la tyrannie de la nature. Mais le progrès a changé de sens avec la globalisation. Aujourd’hui, on progresse tous les jours. Nos portables, nos voitures, etc. progressent… mais ils le font hors de tout projet. Ils progressent parce que ceux qui les fabriquent sont condamnés à progresser. Nous sommes prisonniers d’une logique de la performance économique : si je ne progresse pas, je disparais. Si on déplore sans cesse la fin des grands desseins c’est pour cela. Dans l’univers mondialisé, la question des finalités s’est totalement obscurcie. Plus personne ne sait où nous allons ni ne contrôle le processus du fait de la dissémination des foyers de compétition sur l’ensemble de la planète. Or il ne faut pas oublier que le contrôle de l’Histoire, c’était la promesse de la démocratie, cette possibilité de participer à l’élaboration d’un destin commun. »

  • Débat(s)

    Débat entre Ségolène Royal et François Bayrou, samedi dernier. Quelle moche mise en scène avec ces tables recouvertes d’une monstrueuse et bouffante nappe de mariage! Ne manquaient plus que les dragées ! Débat courtois, Bayrou au-dessus de la mêlée (en professeur qui distribue les cartes), c’était peut-être le président qu’il nous faut, surtout face aux deux nigauds qui restent en lice. Dommage.

    Débat entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Hier soir, tout le monde – moi aussi - était devant son poste de télévision : la politique est en représentation. Toute la journée, on n’a parlé que de ça, pas du débat mais de l’affrontement, du match de boxe qui allait se dérouler devant nos yeux. Bien entendu, il ne fallait rien attendre de tout ce cirque. Ce furent des projets et des idées jetés à la tête de l’autre, des chiffres balancés en l’air que personne ne pourra vérifier, d’ailleurs ils sont quelques fois farfelus ou imprécis. A propos du nucléaire, Nicolas Sarkozy aurait été bien inspiré de répondre à Madame Royal que c’est le gouvernement Jospin qui a fermé Super Phénix alors que c’était un réacteur de recherche sur la surgénération, technologie éventuellement capable de transformer les déchets à vie longue en combustible et ainsi de résoudre le problème de l’approvisionnement, à terme, en uranium. Mais pour dire cela, il fallait connaître ses dossiers et ne pas se laisser enfermer dans les querelles de cours de maternelle : «troisième génération, non, quatrième génération, Madame, enfin s’il vous plaît … ».

    Le débat a été extrêmement mal conduit par les deux journalistes. Il aurait fallu poser des questions autrement plus précises et demandant des réponses argumentées que ces simples questions ouvertes du genre « les retraites… ? ». Madame Royal, comme dit Nicolas Sarkozy, a été pugnace, son coaching lui ayant sans doute indiqué qu’il fallait couper la parole le plus possible à son adversaire qui, lui, est resté sur la défensive en essayant d’être courtois et calme. Bref, on a vu deux personnages à l’envers de ce qu’ils sont d’habitude. On a absolument rien appris de plus que ce qui se trouve déjà dans les programmes sauf deux ou trois idées toutes trouvées (raccompagner les femmes policières après leur service par des policiers (!) et financer l’augmentation des retraites par un prélèvement sur les flux d’argent en bourse). Deux minutes sur l’Europe et trois sur l’Iran, le Darfour et la Chine. La France nombriliste n’est pas prête à mourir ! Madame Royal ne m’a toujours pas rallié à elle, Monsieur Sarkozy non plus. Elle a sans doute une grande envie de faire bien, elle semble relativement sincère mais son côté slogan à l’emporte-pièce (« la France présidente »), ses idées vagues, son refus d’engager des réformes sans avoir l’aval des syndicats, son programme économique ne m’ont pas convaincu et tout le reste avec (angélisme sur les banlieues, sur l’Education Nationale, sur l’Europe). Lui transpire la fausseté, l’amateurisme, il est rongé par le désir du pouvoir (et le désir d’être aimé à tout prix) mais son programme est de loin le meilleur, le plus réfléchi et le plus conscient de ce qui fera avancer l’emploi et la situation économique du pays : les entreprises et pas l’Etat. Dimanche prochain, je déposerai donc un bulletin blanc dans l’urne.

    Quelques perles :

    « Je propose que l’élection du président de la République soit renouvelable une fois… pourquoi ? Parce que sinon on dépense plus d’énergie à durer qu’à faire ». Chirac appréciera ! (Nicolas Sarkozy dans les toutes premières minutes – je cite de mémoire)

    « Parce que moi, je suis une responsable politique responsable », Ségolène Royal vers 21h35.

    « Les financements périns (sic) de nos retraites », Nicolas Sarkozy vers 22h11.

  • No surprise

    Sauf bévue de dernière minute, Nicolas Sarkozy sera donc le prochain président de la République. La soirée électorale d’hier soir était assez intéressante (dans sa nullité). Dès la prise d’antenne (de plus en plus tôt, pour ne rien dire), la messe était dite ; il n’y aurait pas de surprise. Les petites mines journalistiques étaient radieuses et souriantes : PPDA, pour cela, est à bien observer ; on sait, en le regardant, ce qui se passe en coulisses. Les regards tristes de 2002 étaient bien loin : on voyait des petites flammes poindre dans les yeux secs. Les discours d’après-résultat ont été à l’image de la campagne : idiote et imbécile. Sarkozy, très en forme, a sorti un discours rassembleur quoiqu’en dise les crypto-socialistes (ceux qui votent « à gauche », tête baissée, depuis Mitterrand, euh… sauf en 2002). Assez pugnace, très dans son style, bien huilé, etc. Avec en prime, la course poursuite dans Paris le coude à la portière (mais qui étaient les deux jeunes femmes qui l’accompagnaient ?), façon Chirac en 1995 (sauf, qu’il était élu, ce que Sarkozy n’est pas encore). En face, Mlle Royal (mais peut-être faut-il dire Madame pour une femme mère de famille…) a été fidèle à elle-même : nulle et en dessous de tout (les cryptos-socialistes lui trouvent pourtant toujours beaucoup d’à-propos). La mise en scène : sortir d’une école maternelle, pour faire la leçon aux Français… et ces longues secondes qui passent où l’on se demande si elle est bien avec nous (je veux dire, si elle est bien redescendue de sa « Ségosphère »). Tout le reste est habituel : manque de chaleur, de force de conviction, d’enthousiasme même (sourire crispé, regard dans le vague). Enfin bon, je me suis trop plaint de la politique en représentation pour, aujourd’hui, faire la fine bouche. Ce sont sur des programmes et des idées qu’on élit le meilleur candidat, pas sur des sourires ou des grimaces. Bayrou, hilare, semblait presque heureux d’en avoir fini là. Il faut dire que la suite des évènements aurait été sans doute moins drôle. Il est maintenant assis sur un tas d’or mais malheur à lui s’il se trompe de candidat : il retombera dans l’anonymat. Au mieux, ce seront quelques ministères ici ou là (et quelques députés). Il y a tout de même de bonnes nouvelles. La première est la déroute complète de l’extrême gauche, hormis le postier. Le malheur est qu’il est jeune et n’a sans doute pas fini de vitupérer. Bové a fait un énorme flop, tout comme Dominique Voynet qui sauve au moins la mise face aux chasseurs (mais de justesse). Mention spéciale à Marie-Georges Buffet qui nous délivre enfin du communisme (il aura fallu 30 ans depuis le Programme Commun…). Espérons que les électeurs iront jusqu'au bout de l’autodafé et les priveront de députés. Tous ces gens  de gôôôôche  ont beau se rallier à Mlle Royal, mais ils n’apportent rien dans le panier de la mariée, sauf leur vindicte de loosers. Le Pen est fini, place à Marine qui sera autrement plus dangereuse pour Sarkozy en 2012 que son père ne le fut cette année. Mais, c’est donc au centre que se jouera la finale du 6 mai.

    Quoiqu’il en soit, me voilà bien dans l’expectative pour la suite des évènements…je vais commencer à découper mon carré blanc.

  • La bande des trois

    La prestigieuse revue scientifique Nature publie dans son édition de cette semaine un dossier sur les élections en France. Dans ce domaine aussi, on avance à petits pas, comme si des susceptibilités devaient être ménagées…

  • Fin de partie

    [Suite de l’entretien avec Aline Cut du 20 février dernier]

    Les extrêmes éliminés, qui retenir ?

    Question délicate. Il est probable qu’une fois les « effets de bords » pris en compte (ceux-ci sont tous,  pour l’instant, sous les 5% d’intentions de vote, le FN mis à part], l’élection présidentielle se jouera entre Ségolène Royal, François Bayrou et Nicolas Sarkozy. Le cas de ce dernier me semble assez étonnant. Il est profondément honni par les médias et les forces de gauche (ce qui est à peu près le même périmètre) mais il semble néanmoins assez nettement en tête des sondages (avec toutes les réserves qu’on peut avoir sur ces mesures « statistiques »). C’est tout de même étrange, non ? Dès la fin de l’année dernière, la campagne, à marche forcée, des inscriptions sur les listes électorales visait nettement, sous couvert du « plus jamais Le Pen » à embrigader les « jeunes » contre le vote Sarkozy. Or, malgré le succès des ces inscriptions en masse, les sondages sont toujours aussi radieux pour le leader de l’UMP. Bien entendu, on entend peu de voix dans les médias pour s’interroger sur ce décalage constant. Je ne suis guère surpris car la réflexivité est bien peu répandue dans ce milieu conformiste et sourd. Et si donc, il y avait aussi une France qui adhère aux idées de Sarkozy ? Est-ce que cela serait possible malgré ce vilain bonhomme, antidémocrate, haineux et j’en passe et des meilleurs.

    Vous allez donc voter pour Nicolas Sarkozy ?

    Vous plaisantez, je suppose ? Presque tout, chez cet homme m’insupporte, à commencer par son incroyable propension à se mettre en scène, à se hausser du col (au propre comme au figuré) à dire tout et son contraire. Plus généralement, je doute de sa capacité d’homme d’Etat, de sa capacité à représenter le peuple de France, surtout vis-à-vis de nos engagements extérieurs. Néanmoins, on n’oublie trop souvent de dire que l’élection se cristallise autour d’un homme (ou d’une femme). C’est un peu comme si les Français avaient besoin d’une « maman » ou d’un « papa » qui puisse les bercer le soir où le moral n’est pas bon. Ce sera sans doute l’un des grands enseignements de cette élection : cette recherche assidue d’un être qui fasse rêver (la réalité est tellement triste, il faut bien le dire). Hélas, bien des rêves ne sont pas la réalité. Le plus révélateur de ce phénomène aura été l’extraordinaire montée en puissance des demandes des groupes particuliers vis-à-vis des candidats. Ceux-ci sont à peu près tous tombés dans le piège, en répondant du tac-au-tac « si je suis élu, je vous promets… ». Mais ce n’est peut-être pas nouveau à cette élection. Ce faisant, plus personne n’est en droit ou en mesure de se sentir intégré dans une communauté nationale, ce qui inclut de mettre en réserve ses demandes particulières. Nous sommes tous amenés à nous plaindre de ceci ou de cela, c’est totalement normal de penser qu’il y a trop d’impôts, trop de chômage, pas assez de crèches, pas assez d’espaces verts, etc. Pour en revenir à Sarkozy, il est l’inconsistance même, obnubilé par l’image. Il est Narcisse en politique. Michel Onfray, lors de l’entretien qu’il a eu avec lui, a bien noté cette brisure intime, cette soif de reconnaissance. Hélas (ou heureusement), on ne devient pas président de la République pour combler ses blessures à l’âme. Cependant, il est probable qu’une fois installé, il se tasse dans le moule, comme tous ses prédécesseurs ; vous savez : les grands discours de lendemain de victoire : « je serai le président de tous les Français, etc. ». Malheureusement, s’il est élu, il aura a affronté une fronde sans doute inouïe. Le terrain est déjà bien miné, les embuscades préparées (Education Nationale en grève, SNCF a.k.a. CGT idem, etc.). Enfin, tout ceci n’est pas une raison pour ne pas voter pour lui, si on partage ses idées, ce qui n’est pas mon cas.

    Bon alors, si vous n’aimez pas M. Sarkozy vous voterez pour Ségolène Royal ?

    Encore moins ! Malgré mes aspirations à plus de justice sociale (ce qui ne veut pas dire un assistanat généralisé), je ne peux pas me reconnaître dans cette femme. Puisque je le notais plus haut, il s’agit d’élire une « maman » (dans le cas présent) providentielle, la dame (ou demoiselle) Royal est parfaite. « Je veux », « je vous ai compris », etc. voilà son propos. Je pense qu’un certain nombre de cadres du PS ont honte de cette arriviste, sans doute peu intelligente, n’ayant aucune vue profonde et encore moins de « désir d’avenir » comme le dit son stupide slogan. Hélas, donner son avis (négatif) sur cette personne, c’est être catalogué rapidement en atroce misogyne (les vieux réflexes années 70 ont la vie dure). D’un autre côté, je crois en beaucoup d’hommes et de femmes au PS. Ah si Strauss-Kahn avait été choisi, j’aurais sans doute moins hésité ! Lueur d’espoir, les socialistes français sont coutumiers des prises de conscience réalistes après être parvenus au pouvoir. On peut donc parier sur l’avenir mais le Parti est tout de même bien fissuré entre ceux qui s’accrochent à la vision marxisante du monde et ceux qui ont fait le choix d’un pragmatisme serein. Reste quelques âneries comme le SMIC à 1500 euros, justement raillé à droite et même chez les communistes (qui eux, doux utopistes, proposent un SMIC net à 1500 euros, seulement eux peuvent surenchérir, ils n’arriveront jamais au pouvoir, heureusement pour nos libertés fondamentales). Si Ségolène Royal gagne cette élection nous entrerons dans une période confuse faites dans un premier temps d’assistanat puis de « rigueur » (enfin assez douce). Le pays aura encore perdu cinq années. Je n’ai pas du tout aimé le petit voyage (pèlerinage) à Clichy-sous-Bois chez les proches des deux jeunes électrocutés dans la centrale EDF (vous savez, les petites victimes vilainement pourchassées par des flics fachos et assoiffés de « résultats »). Mais c’était une pose comme une autre : une journée de pêche au chalut pour récolter quelques voix de plus…D’ailleurs le personnage Ségolène Royal est tout de même un peu insaisissable. Elle ne dit pas vraiment ce qu’elle pense faire. Elle lance deux ou trois idées, attend le retour et change de sujet, ainsi de suite. Elle a profondément perturbé son Parti ce qui lui a aussi permis de ratisser plus large.

    J’ai trouvé : Bayrou !

    Bayrou me pose un grave problème, je vais l’expliquer. Tout d’abord, il a très adroitement joué le début de campagne en se plaçant sous la pose victimaire (attitude qui a beaucoup de succès en ce moment).  En attaquant les médias, il a brisé un petit tabou. Nos amis journalistes, au lieu de le battent froid, ont redoublé d’allégeance (sans doute pour s’acheter une bonne mine de représentation (ils adorent), à peu de frais). On peut dire, sans trop de tromper, qu’ils ont « fait » Bayrou qui sans tout ce battage serait resté très bas dans les sondages (disons à 10%, l’électorat de l’UDF). Il a ensuite très bien manœuvré sur « les Français veulent du changement, je l’incarne, au-delà du classique affrontement gauche-droite ». Malheureusement, Bayrou pense (ou a pensé) que les partis (e.g. les députés de gauche, notamment) prendraient la perche. Ce n’est pas si sûr, bien que des gens raisonnables, comme Rocard aient compris l’appel. Les autres suivront difficilement car cela revient à manger son chapeau. Pas de majorité, pas de parlement, pas de gouvernement : un coup dans l’eau. Ce qui m’embête le plus, c’est que son programme est tiède, un vrai programme de centriste, pour le coup. Il a une ossature que les deux autres n’ont pas, notamment vis-à-vis de la crédibilité de la France à l’étranger. Il a une petite touche de lettré qui n’est pas déplaisante (malgré ses incessants et pénibles redoublement du sujet « les Français y z’ont ») surtout face à la concurrence (Sarkozy et Johnny, Miss Royale et Diam’s). Bon, en y réfléchissant, ces propositions ne sont pas toutes débiles. Il y a une recherche constante du consensus dans son programme avec quelques stupidité saugrenues, comme la suppression de l’ENA, à l’heure même où il est urgent de renforcer cette élite qui tient la France en faisant tourner les rouages de l’Etat. Son seul aveuglement manifeste concerne les banlieues, l’immigration et les questions de sécurité. Mais dans la période qui est la notre actuellement, il n’est pas bon de dire des vérités qui dérangent. Il y a toujours un Thuram pour vous le rappeler.

    Pour terminer cette revue, je recopie ici les paroles du général de Gaulle, prononcé le 7 novembre 1962 :

    « Celui a qui notre Constitution confère la tâche très lourde d’être vraiment le chef de l’Etat en aura, après moi, l’obligation et le possibilité grâce au mandat qu’il recevra de la nation. Ainsi devra demeurer cet élément capital de permanence et de solidité que comportent nos institutions, je veux dire la présence au sommet de la République d’une tête qui puisse en être une. »

  • Il n’y a plus de patrie...

    « Il n’y a plus d’identité nationale, chacun est composé d’identités multiples, il n’y a plus de patrie, qu’une accumulation de territoires fluides. Il faut en finir avec ces frontières identitaires. Ce qui oblige, cet abandon des barrières tranchant dans le vif, coupant les familles en deux, à composer avec les marches, les bords, à reconnaître le flou, l’incertain, l’à-peu-près, ce qui est la meilleure façon de rendre fous tous les couperets qui ne sauront plus de quel côté tomber ».

    Jean Rouaud in « la littérature est très malmenée, vous savez… », le Monde des livres, 30 mars 2007.

    Rédigé en réaction au propos de Nicolas Sarkozy le 1er décembre 2006 : «  Car on en apprend autant sur le courage, le civisme et l'amour de la patrie en lisant Daudet et sa Dernière classe, Rouaud et ses Champs d'honneur, Gracq et son Balcon en forêt, qu'en bâillant d'ennui au cours d'éducation civique... » .

  • Propos de campagne

    « les Français y z’ont besoin… » François Bayrou, agrégé de lettres (en 1974) et candidat à l’élection présidentielle.

    « Revenons à ce point de départ, à ce PS français au QI de pétoncle », Eric Le Boucher in « Campagne médiocre : la faute à Blair », le Monde dimanche 25-lundi 26 mars 2007.

  • Ce n'est pas la joie

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  • Haine et clientélisme

    Jean Marie Le Pen, lors d’une réunion avec des chasseurs, le 20 février à Paris (extrait vidéo) :

    « Dans le Marais de Paris, on peut chasser le chapon sans date d'ouverture ou de fermeture, mais dans le marais de Picardie, on ne peut chasser le canard en février »

    Le leader du F.N. dans sa plus horrible réalité, celle des funestes calembours et de la haine féroce de tout ce qui ne lui ressemble pas. Une preuve supplémentaire, s’il en fallait encore, pour définitivement l’écarter des hommes capables de diriger le pays.

    ***

    Ségolène Royal, à Clichy-sous-Bois, s’adressant aux « jeunes », le 27 février, devant la stèle érigée en mémoire des deux adolescents électrocutés en novembre 2005 dans un transformateur EDF alors qu’ils tentaient d’échapper aux policiers (propos rapportés par le Monde dans son édition datée d’hier) :

    « Vous n’êtes pas un problème, vous êtes au contraire une partie de la solution à nos problèmes […] l’inventivité, la créativité, l’envie d’avancer, constituent un élément fort de la relance de la croissance économique »

    Mlle Royal, dans son travers le plus inquiétant, celui de l’aveuglement et des propos convenus. Mais ce n’est peut-être qu’une flatterie passagère, le temps de la chasse aux votes. L'économie des émeutiers de Clichy ne me semble pas être la même que celle de Ségolène Royal...