28 novembre 2009

Loin

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L’éloignement

05 novembre 2009

Marche forcée


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"A l'automne 1974, le cinéaste allemand Werner Herzog apprend que son amie Lotte Eisner, critique et historienne du cinéma, est très malade. Depuis Munich, il décide de se rendre auprès d'elle à Paris, avec la certitude qu'elle survivra s'il voyage à pied. Tenu du 23 novembre au 14 décembre, ce journal de marche est le témoignage d'un homme qui nous fait partager tour à tour ses moments d'exaltation, d'épuisement, de plénitude."

Excellent petit livre qui se lit d'un trait (ou le temps d'un voyage en bus). Une pépite du présent de narration, aux phrases percutantes. Une aventure insensée au nom de l’amitié. A découvrir.

17 septembre 2009

L'horizon enveloppant

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« Quiconque émet aujourd’hui une phrase écrite ou orale n’entre plus dans les mêmes protocoles, ne convoquent plus les mêmes accords, n’active plus les mêmes liens. La langue n’est plus l’horizon enveloppant et paisible qu’elle fut probablement, jadis, pour quelques-uns ; elle n’a plus l’évidence de l’air qu’on respire, du chemin emprunté chaque jour, de l’arbre au bout de l’allée. » Lire, également, ici.

26 août 2009

Quitter sa dépouille

« L'école est, par excellence, le lieu où l'on doit apprendre à lire. Mais elle a depuis quelque temps changé son fusil d'épaule. Au lieu de mettre l'admiration au cœur du projet éducatif, elle met la culture au pluriel et devient ainsi la poubelle de l'actualité et de la mode. Elle se ferme aux œuvres sous couleur de s'ouvrir au monde. Il faut que le président de la République dise du mal d'un grand roman du XVIIe siècle pour que les tenants d'une pédagogie de proximité redécouvrent ses vertus. Ceux-là mêmes qui considèrent comme arbitraire et réactionnaire l'idée d'une préséance de la langue classique sur la langue des banlieues brandissent maintenant face au bling-bling l'étendard de La princesse de Clèves. Mais une école qui a besoin pour réintégrer Madame de Lafayette de lui décerner, comme au rap, le label de la rébellion a oublié que sa mission première est de dépayser les élèves et de les transporter hors d'eux-mêmes. »

Extrait de l’entretien entre François Busnel et Alain Finkielkraut à l’occasion de la parution du livre du philosophe intitulé Un coeur intelligent (Stock, Flammarion).

09 avril 2009

Pour l'âme

Si vous n’avez plus rien à lire – ce dont je doute –, que l’ennuie vous guette – j’en doute encore plus -, si vous pensez que, décidemment, cette année le printemps est long à venir, alors fouillez dans vos poches et tâchez d’y trouver quelques euros pour lire ceci :

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J’espère que ce livre vous donnera d’aussi vives satisfactions que j’en reçois de lui depuis quelques jours. Il y a peut-être un moment où l’on trouve ce que l’on cherche depuis des années, un moment qui fait de la littérature, au-delà du plaisir de lire, une quête accomplie de soi.

22 octobre 2008

Longue attente

Vivement le 5 novembre ! Je serai à Paris ; j’ai donc quelques chances de trouver mon bonheur sur place (si la date est tenue).

09 octobre 2008

JMG

« La lumière est belle, ici, sur la Cité, tous les jours Lalla n’avait jamais fait tellement attention à la lumière, jusqu’à ce que le Hartani lui apprenne à la regarder. C’est une lumière très claire, surtout le matin, juste après le lever du soleil. Elle éclaire les rochers et la terre rouge, elle les rend vivants. Il y a des endroits pour voir la lumière. Le Hartani a conduit Lalla, un matin, jusqu’à un des ces endroits. »

 

Cet extrait est peut-être un peu brutal mais c’est le premier que j’ai eu sous les yeux en rouvrant Désert, que je n’ai pas touché depuis une lointaine classe de collège. Je n’avais pas beaucoup de souvenirs de Le Clézio mais il ne m’a jamais semblé être parmi ce qu’il avait de plus désirable, de plus urgent à lire. Ces quelques lignes ne vont pas me faire changer d’avis. Dire qu’il vient d’être nobélisé, panthéonisé pour l’éternel et que Philippe Roth – c’est un exemple - ne l’est toujours pas… monde injuste.

 

16 juillet 2008

Chaîne du livre...

 A la demande de Mlle Elise, le résultat du cogito:

 

1) Quel(s) souvenir(s) avez-vous de votre apprentissage de la lecture ?

Aucun !

2) Vos lectures préférées lorsque vous étiez enfant ?

Oui-oui et Pagnol.

3) Aimez-vous la lecture à haute voix ?

Oui, mais je ne pratique pas.

4) Votre conte préféré ?

Aline et Valcour de Sade.

5) La meilleure adaptation d'un roman ou d'une pièce de théâtre ?

La Captive de Chantal Akerman (d’après la Prisonnière de Proust).

6) Apprenez-vous par cœur certains poèmes, répliques de théâtre, passages de roman ?

J’aimerais mais je n’ai pas assez de mémoire pour cela.

7) Avez-vous des livres ou des magazines dans vos toilettes ?

Oui, actuellement l’Empire des sens de Barthes pour les livres, Questions de femmes, Santé Magazine et Réponses photos pour les magazines.

8) Avez-vous plusieurs lectures en chantier ? Combien ? Lesquelles ?

Oui ! Le Bord des Larmes de Renaud Camus, L’HSQ de Musil et le Complot contre l’Amérique de Roth.

9) Le poète que vous ne cesserez jamais de relire / de vous réciter ?

Relire Mallarmé, réciter Baudelaire.

10) Le livre que vous avez lu le plus rapidement ? Le plus lentement ?

Le plus rapidement : Pays perdu de Pierre Jourde.

Le plus lentement : l’HSQ de Musil.

11) Préférez-vous les éditions de poche aux originales ? Pourquoi ?

Peu m’importe.

12) Le(s) livre(s) que vous ne rangez jamais dans votre bibliothèque et qui traîne(nt) toujours ?

Un tome des Mémoires de Saint-Simon.

13) Quel est votre rapport physique à la lecture ? Debout ? Assis ? Couché ?

Légèrement allongé sur le canapé, une jambe en travers de l’accoudoir.

14) Vos lectures sont-elles commentées crayon en main ?

Très rarement mais je corne volontiers les pages qui m’intéressent le plus.

15) Offrez-vous des livres ?

C’est mon plus grand plaisir !

16) La plus belle dédicace, que ce soit de l'auteur ou de la personne qui vous l'offrit ?

"En espérant que tu te construis du matériau à bonheur !"

17) Quel est votre rapport sensuel au livre ? (Odeur, texture, etc.)

J’ai un livre acheté d’occasion qui a très longtemps empesté le tabac. Il m’a fallu plusieurs années d’attente pour pouvoir l’ouvrir.

18) Quels sont les auteurs dont vous avez lu les œuvres intégrales ?

Saint-Simon.

19) Un livre qui vous a particulièrement fait rire ?

Carnets d’un voyageur zoulou dans les banlieues en feu de Pierre Jourde.

20) Un livre qui vous a particulièrement ému ?

Les Confessions de Rousseau.

21) Le Livre qui vous a terrifié ?

Le Fouet de Martine Roffinella.

22) Le livre qui vous a fait pleurer ?

La jeune fille en bleu de Jean-Paul Goux.

23) L'avertissement / l'introduction qui vous a le plus marqué ?

« À une jeunesse respectueuse et à tous les autres qui ont le cœur pur » (Rilke, Lettres à une musicienne)

24) Le titre le plus marquant, original, décalé, astucieux ?

À l’ami qui ne pas sauvé la vie

25) Décrivez votre bibliothèque.

Pleine à craquer, peu ordonnée mais à garnir urgemment !

26) Les livres dont vous vous êtes finalement débarrassé ?

C'est encore mieux à cinquante ans de Françoise Laborde

27) L'endroit le plus insolite où vous lisez ?

Sur les hauts sommets des Alpes.

28) Il ne vous reste que trois jours à vivre : que souhaitez-vous lire ou relire ?

Histoire de ma vie de Casanova.

29) Votre livre d'art préféré ?

L’Art Roman de Marcel Durliat

30) La bibliothèque idéale ?

Celle-ci

31) L'incipit qui vous a le plus marquée ?

Incipit vita nova

32) La clausule qui vous a le plus marqué ?

« Les femmes qu’on connait d’abord chez l’entremetteuse n’intéressent pas, parce qu’elles restent invariables. » (Proust, Le Côté de Guermantes II, chapitre 2).

Je passe le témoin à Manue, Charlotte & if.

04 avril 2008

Aux libertins !

La Philosophie dans le boudoir ou Les Instituteurs immoraux de Sade, adaptation et mise en scène Christine Letailleur, avec Stanislas Nordey (Dolmancé), Valérie Lang (Madame de Saint-Ange), Charline Grand (Eugénie de Mistival), etc..

Le grand théâtre de la MC2 était bien rempli, hier soir, pour découvrir cette adaptation du célèbre roman de Sade, publié en 1795 sous le manteau. L’un des dialogues est archi-connu, il s’agit du texte politique intitulé Français, encore un effort si vous voulez être républicains. L’histoire est assez simple. Deux libertins (Dolmancé et Madame de Saint-Ange) donnent une leçon particulière de luxure et de vice à une jeune vierge de 15 ans, Eugénie de Mistival, fille d’une mère dévote et d’un père libertin. Tous les textes de Sade sont extrêmement théâtraux et se prêtent parfaitement aux mises en scène. D’ailleurs, le vice et la luxure sont, chez Sade, totalement des mises en scène, des représentations de l’esprit avant d’être des chevauchements de corps. L’auteur apporte toujours un grand soin à détailler les orgies, à en livrer les prémices et le déroulement, en utilisant tous les sens, notamment la vue qui, à elle-seule, génère bien des plaisirs (ou, au moins, bien des désirs et des envies). Ce texte est si foisonnant, si dense, dans la belle langue du dix-huitième siècle finissant, que l’adapter au théâtre pourrait paraître simple. Il n’en est rien ; notamment parce que le risque principal est de monter la pièce en jouant le texte. Ce serait dur, à moins de jouer une orgie devant trois ou quatre cent personnes, ce qui finirait par ne pas être bien captivant, surtout qu’on ne pourrait que difficilement suivre le texte à la lettre, puisqu’il est lui-même un énorme catalogue d’exploits et de corps qu’on ne trouvent pas si facilement... Le parti pris de la mise en scène est donc de laisser parler le texte et de jouer en face une pantalonnade, un peu bouffonne, très légère (à mesure que le texte devient de plus en plus cru), remplie de références au boudoir et à ses artifices, notamment le rideau, que l’on tire ou que l’on lève, en fonction de l’avancement de l’action. Le choix des musiques, légères (Mozart excellent et tout à fait dans le ton), est absolument en adéquation avec le sujet. Alors certes, on voit bien quelques paires de seins et de fesses mais pas de quoi fouetter un chat (à peine plus que dans Elle). On ne s’ennuie pas durant ces deux heures, on rit souvent et c’est bien là l’essentiel. Un reportage sur la mise en scène est visible ici.

18 février 2008

Démiurge agronome

 

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Alain Robbe-Grillet est mort. Pour rentrer dans l’univers de cet écrivain, cinéaste et théoricien fantasque, bougon et assez insaisissable, je signale le DVD d’entretiens (plus de six heures !) qu’il a eus avec Benoît Peeters en 2002 et dont on peut se faire une idée assez nette ici. C’est absolument passionnant même si on n’a jamais lu une ligne de celui qui disait « le seul engagement possible, pour l’écrivain, c’est la littérature ». A propos du Nouveau Roman, le livre de Jean Ricardou (Seuil, 1973, collection "Ecrivains de toujours") est très clair et passionnant car il donne de précieuses explications sur ce mouvement qui s’enferme assez vite dans un hermétisme total pour le profane. La dédicace du livre est merveilleuse : « Aux nouveaux lecteurs » ; accompagnée d’une belle formule de Boulez : « Les êtres les plus imaginatifs ont le sens de la théorie, parce qu’ils n’ont pas peur qu’elle bride leur imagination, au contraire. Mais les faibles redoutent la théorie et toute espèce de risque, comme les courants d’air. »

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