23 octobre 2009
Mélancolie
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23 septembre 2009
Bach + Bach


Deux disques « Bach » (ou de transcriptions de pièces de Bach), deux femmes au piano. Les ressemblances s’arrêtent-là. Le disque de Grimaud est plus vif, tempétueux - le concerto BMW1052 y est pour beaucoup – mais, même la chaconne de Busoni d’après la deuxième partita pour violon, défile au galop (mais sans fausses allures). Chez Queffelec, on est dans la méditation lointaine et mélancolique – trop, à mon goût – ; ça devient une marque de fabrique, un ton qu’on retrouve d’un bout à l’autre du disque. Chaque note est ultra-précise et pourtant on entend énormément l’interprétation, le sens ou la lecture personnelle de la pianiste. Ce n’est pas condamnable mais c’est un peu monotone (chaque note lente, détachée du reste). Ceci dit, cette lecture fonctionne à merveille dans l’aria des Variations Golderg nimbée d’une jolie poésie et d’une grande rigueur métronomique. La prise de son chez Grimaud est très proche. Chez Queffelec - le début du disque surtout - tout est lointain, distancié de l’auditeur. Les deux sont à écouter, bien entendu !
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31 mars 2009
Day is gone
Concert du trio de Brad Mehldau, samedi 28 mars à la MC2. Mine un peu terne, sourire rare, pantalon trop petit et trop court, le pianiste a néanmoins donné un très beau concert pour la clôture du festival de jazz de Grenoble, édition 2009. Il y avait foule dans le Grand Théâtre mais l’Auditorium aurait été mieux adapté. Un concert (Dusapin) était programmé de longue date dans ce dernier. J’avais même pris une place. Mais le grand art contemporain ou la fine fleur du trio jazz, il fallait choisir. Du monde, donc, et de la jeunesse surtout (avec une belle queue de distribution vers les téléramistes). Belle machine que ce groupe qui joue comme il respire avec un grand souffle : du lyrisme sans petitesse. Toujours de grandes idées, portées bien haut. Jeff Ballard à la batterie est très bien, (moins boom-boom que Rossi ?) avec un style et un son très caractéristique. Grenadier, parfait comme d’habitude. Des compositions connues, d’autres un peu moins et cinq bis pour atteindre les deux heures de concert. Joie de jouer, plaisir de l’écoute. Grâce à M. et ses tics de groupie fiévreuse, nous étions excellemment bien placée, en position stratégique : un œil sur la main gauche (et laquelle !) de Brad, l’autre sur les doigts coulissants et agiles de Larry, le troisième sur les balais soyeux de Jeff. L’ère Radiohead semble révolue. La foule, soupirante et anxieuse attendait Exit music for a film. Elle n’aura droit qu’à une très belle version de Still crazy after all this years.
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19 janvier 2009
Roads
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12 décembre 2008
Sarabande, etc.
J’avais noté, l’autre jour, ma déception de n’avoir pu assister au concert de David Grimal à Seyssins. En réalité, la manifestation n’avait pas eu lieu pour une raison que j’ignore. Hier soir, je n’ai donc pas manqué ma seconde chance et je me suis joint à la très modeste assemblée – à peine cinquante personnes, ce qui est une honte pour un interprète de ce calibre – qui assistait à ce très beau moment musical. Bon, l’église était glaciale mais bien plus chaude que le vent du Nord accompagné des derniers flocons qui soufflait dehors. Et puis, la belle musique réchauffe le corps (après avoir échauffé l’esprit). Comment dire qu’on a beaucoup aimé, que certains passages – surtout les plus lents, ceux où l’archet vient, comme une plume, frotter avec une infinie délicatesse les cordes (bourrée de la partita n° 1) – sont absolument inouïs ? L’ensemble n’atteint peut-être pas l’intensité métronomique et canoniale de l’interprétation de Nathan Milstein (que je préfère entres toutes) mais réserve une lecture passionnante et infiniment personnelle de ces pièces passionnantes (pour les détails, les inflexions et les changements de rythme). Ce qui est sûr, c’est qu’on oublie ses soucis quotidiens, notamment de savoir si on a éteint le gaz et ce maudit caillou dans sa chaussure droite. Quand on en arrive là - notamment, lors des longues et inoubliables minutes de la célèbre chaconne de la deuxième partita -, c’est que la musique lumineuse a atteint le point le plus profond de notre hippocampe.
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08 novembre 2008
Trop tard...
J’étais un peu triste de découvrir, jeudi soir, que David Grimal donnait, le soir même, un récital Bach à Seyssins (banlieue huppée de Grenoble, fief de Didier Migaud). Il était trop tard pour s’y rendre, peut-être même pour trouver une place. J’étais déçu pour trois raisons : i) j’aime beaucoup ce musicien : son interprétation de la sonate en la majeur de Franck (avec George Pludermacher) fait partie de mes disques préférés que je réécoute toujours avec beaucoup de plaisir ; ii) je ne connais pas son enregistrement des sonates et partitas pour violon, œuvres majeures que je chérie, iii) l’église Saint-Martin de Seyssins est l’une des plus belles églises du département, à l’éblouissante simplicité et dotée d’une excellente acoustique. Mince !
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27 octobre 2008
Musique analytique
Turangalîla-Symphonie de Messiaen par l’orchestre national de Lyon, direction Jun Märkl, Takashi Harada (ondes Martenot), Pierre-Laurent Aimard (piano).
Il y avait du monde (et que du beau…), vendredi soir au Cargo, pour écouter la gigantesque symphonie de Messiaen. Certaines œuvres ne seront jamais correctement retranscrites sur un système audio ; celle-ci plus que tout autres ! En effet, comment faire passer le gigantisme de l’effectif (100 musiciens) entre deux haut-parleurs ? Le nombre n’induit pas le massacre sonore, bien au contraire. Il est tout à fait aisé de saisir et d’entendre chaque détail, chaque coup d’archet ; aucune précipitation, aucun crépitement mais une diversité et une fulgurance qui laissent pantois. Il y a beaucoup d’idées dans ces dix mouvements, beaucoup trop pour moi, en tout cas. C’est peut-être ce qui déçoit un peu. Il n’y a jamais de grande vague (romantique ?) qui emporte tout dans son passage. On entend des milliers de morceaux de phrases, morcelées qui brillent et scintillent dans l’univers sonore. Le piano a le beau rôle, celui donné au solo brillant quelques fois répétitif et martelant, quelque fois fougueux et imprévisible. Les ondes Martenot sont d’une discrétion ébouriffante dans le tumulte des cuivres mais elles tissent une atmosphère sonore toute à fait envoutante, presque sidérante. Ce Messiaen là, reste donc d’une presque totale obscurité pour moi.
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07 juillet 2008
499 !

Tous les ans à la même période, j’éprouve le besoin immarcescible d’écouter du jazz alors que l’hiver, bizarrement est la saison du classique. Cette année, encore, le début juillet est marqué par la redécouverte des vieilles connaissances. Et cela commence toujours par de très adorés albums ou de très ignorés sujets qui, à leur première écoute, ne m’avaient pas laissé un souvenir impérissable. L’album de ce mois de juillet est donc en passe de devenir The out-of-towers du trio de Keith Jarrett enregistré le 28 juillet 2001 à Munich. Deux morceaux, surtout, surnagent parmi l’excellent : : la composition éponyme (à moins que ce soit le titre de l’album qui soit éponyme), un excellent blues, interminable et parfaitement ficelé et le très romantique It’s all in the game que L. trouve être une musique d’ascenseur, ce qui est bien injuste, je trouve. Avec bien peu de notes et très peu d’effets du piano solo, une très grande émotion est diffusée ; en tout cas un grand iceberg flottant pour nourrir un taedium vitae naissant (ou déjà bien mûr). Comment ne pas penser à l’amour en écoutant cette longue phrase mélodique ? Je recommande très chaudement cet album du Trio même si ce n’est peut-être pas le meilleur (encore que) : le double-CD Tribute de 1987 reste le summum, notamment la prise de son est extraordinaire : on se croirait quelque fois entre une cymbale et une dent d’ivoire.
[les liens sont un peu étranges, ils tombent au Japon, mais on peut écouter chaque morceau dans son intégralité]
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10 juin 2008
Fin de saison
MC2 : Stravinski/Kapustin/Beethoven, Quatuor Artemis (le 22 mai) ; Haydn, Sept Dernières Paroles du Christ, Quatuor Rosamunde (9 juin).
Hier soir, c’était pour moi le dernier concert de la saison 2007/2008 de la Maison de la Culture (MC2) de Grenoble. La note finale ne m’a beaucoup émue car ces Dernières Paroles, en version pour quatuor, me semblent d’une très grande faiblesse. A aucun moment, sauf pendant telle ou telle petite phrase qui dure à peine cinq seconde, l’émotion n’apparaît (encore moins ne transparaît). Haydn a, il me semble, fait beaucoup mieux dans le genre du quatuor. Dans cette œuvre, on retrouve sans arrêt les petites pirouettes mélodiques qui, peut-être, pouvaient (jadis) émouvoir une dame pieuse mais à notre époque, ce n’est guère possible. Le ton général est monocorde, même pas triste bien qu’on parle d’adagio grave et cantabile (le second). C’est le ton un peu résigné d’une commande à honorer dont on ne sait pas trop comment s’en débarrasser. Les membres du Quatuor Rosamunde ont donné pourtant une très belle interprétation de ces pièces avec un son très beau, vaste sans aucune sensation d’effort ni de gêne. C’était donc une belle réussite… malgré la musique. Ce concert était à suivre par la version pour orchestre que je n’ai pas pu suivre. Peut-être qu’elle m’aurait réconcilié avec Haydn…
Le 22 mai, le Quatuor Artemis s’attaquait à un répertoire autrement plus fort dans le registre du beau et de l’émotion. Avant de jouer la pièce de Kapustin, le violoncelliste Anja Lechner a longuement expliqué qui était ce musicien russe contemporain, assez peu connu en Europe de l’ouest. Son quatuor opus 88 n’est pas déplaisant, très jazzistique dans son atmosphère. C’est une pièce agréable à entendre, légère et quelques fois (pas souvent) un peu plus grave. Mais, je pense qu’elle ne s’élève pas à des hauteurs stratosphériques dans l’échelle du génie musicale. Surtout, lorsqu’on l’entend entre des œuvres de Stravinski (notamment le Concertino pour quatuor à cordes) et deux quatuors (et lesquels !) de Beethoven (opus 130 & Grande Fugue op. 133). De ce programme fort divers, les Artemis se sont très bien tirés en donnant une belle interprétation, généreuse et personnelle.
Le programme de la saison 2009 est arrivé dans les boîtes à la lettres et sur le site internet de la Maison. Le choix sera encore difficile…
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30 mai 2008
80 !

80 ans, le génie conserve !
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