07 juillet 2008
499 !

Tous les ans à la même période, j’éprouve le besoin immarcescible d’écouter du jazz alors que l’hiver, bizarrement est la saison du classique. Cette année, encore, le début juillet est marqué par la redécouverte des vieilles connaissances. Et cela commence toujours par de très adorés albums ou de très ignorés sujets qui, à leur première écoute, ne m’avaient pas laissé un souvenir impérissable. L’album de ce mois de juillet est donc en passe de devenir The out-of-towers du trio de Keith Jarrett enregistré le 28 juillet 2001 à Munich. Deux morceaux, surtout, surnagent parmi l’excellent : : la composition éponyme (à moins que ce soit le titre de l’album qui soit éponyme), un excellent blues, interminable et parfaitement ficelé et le très romantique It’s all in the game que L. trouve être une musique d’ascenseur, ce qui est bien injuste, je trouve. Avec bien peu de notes et très peu d’effets du piano solo, une très grande émotion est diffusée ; en tout cas un grand iceberg flottant pour nourrir un taedium vitae naissant (ou déjà bien mûr). Comment ne pas penser à l’amour en écoutant cette longue phrase mélodique ? Je recommande très chaudement cet album du Trio même si ce n’est peut-être pas le meilleur (encore que) : le double-CD Tribute de 1987 reste le summum, notamment la prise de son est extraordinaire : on se croirait quelque fois entre une cymbale et une dent d’ivoire.
[les liens sont un peu étranges, ils tombent au Japon, mais on peut écouter chaque morceau dans son intégralité]
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10 juin 2008
Fin de saison
MC2 : Stravinski/Kapustin/Beethoven, Quatuor Artemis (le 22 mai) ; Haydn, Sept Dernières Paroles du Christ, Quatuor Rosamunde (9 juin).
Hier soir, c’était pour moi le dernier concert de la saison 2007/2008 de la Maison de la Culture (MC2) de Grenoble. La note finale ne m’a beaucoup émue car ces Dernières Paroles, en version pour quatuor, me semblent d’une très grande faiblesse. A aucun moment, sauf pendant telle ou telle petite phrase qui dure à peine cinq seconde, l’émotion n’apparaît (encore moins ne transparaît). Haydn a, il me semble, fait beaucoup mieux dans le genre du quatuor. Dans cette œuvre, on retrouve sans arrêt les petites pirouettes mélodiques qui, peut-être, pouvaient (jadis) émouvoir une dame pieuse mais à notre époque, ce n’est guère possible. Le ton général est monocorde, même pas triste bien qu’on parle d’adagio grave et cantabile (le second). C’est le ton un peu résigné d’une commande à honorer dont on ne sait pas trop comment s’en débarrasser. Les membres du Quatuor Rosamunde ont donné pourtant une très belle interprétation de ces pièces avec un son très beau, vaste sans aucune sensation d’effort ni de gêne. C’était donc une belle réussite… malgré la musique. Ce concert était à suivre par la version pour orchestre que je n’ai pas pu suivre. Peut-être qu’elle m’aurait réconcilié avec Haydn…
Le 22 mai, le Quatuor Artemis s’attaquait à un répertoire autrement plus fort dans le registre du beau et de l’émotion. Avant de jouer la pièce de Kapustin, le violoncelliste Anja Lechner a longuement expliqué qui était ce musicien russe contemporain, assez peu connu en Europe de l’ouest. Son quatuor opus 88 n’est pas déplaisant, très jazzistique dans son atmosphère. C’est une pièce agréable à entendre, légère et quelques fois (pas souvent) un peu plus grave. Mais, je pense qu’elle ne s’élève pas à des hauteurs stratosphériques dans l’échelle du génie musicale. Surtout, lorsqu’on l’entend entre des œuvres de Stravinski (notamment le Concertino pour quatuor à cordes) et deux quatuors (et lesquels !) de Beethoven (opus 130 & Grande Fugue op. 133). De ce programme fort divers, les Artemis se sont très bien tirés en donnant une belle interprétation, généreuse et personnelle.
Le programme de la saison 2009 est arrivé dans les boîtes à la lettres et sur le site internet de la Maison. Le choix sera encore difficile…
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30 mai 2008
80 !

80 ans, le génie conserve !
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21 mai 2008
Ou bien
Judith Jáuregui
Dimanche 17 août 2008 à 16h00 au Théâtre Forbin
(Grieg / Mompou / Rachmaninov)
L’été n’est pas encore là mais les brochures des Festivals sont déjà dans les boîtes aux lettres. Ce soir, au retour d’une dure journée de labeur (rien de bien fructueux, en plus) c’était la Roque d’Anthéron. Le programme est, comme tous les ans, assez alléchant. D’un autre côté, les concerts sont retransmis par France Musique – j’espère que ce sera encore le cas cette année. Alors, prendre le risque de se retrouver près d’un tourneur (bruyant) de programme ou siroter tranquillement sa tisane en regardant le coucher de soleil tout en étant stéréophiquement dans l’ambiance ? Autre proposition enthousiasmante mais à l’autre bout de la France : le Festival de Saintes. Des cigales sous les platanes ou une Saintonge romane ?
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05 mai 2008
Grande classe

Un peu par hasard, l’autre jour, alors que je flânais à la FNAC entre les piles de livres consacrés à Mai 68, les têtes de gondoles dédiées aux pléthoriques œuvres de Salomé et les doubles albums d’André Rieu (la FNAC « agitateurs d’idées » ou de « curiosités », je ne sais plus), je suis tombé sur une nouveauté : les partitas de Bach interprétées par Murray Perahia. Si j’avais à recommander un CD de musique pour clavier du maître, je pense que ce serait celui-là. La musique y coule vraiment de source, dans un rythme inégalable, une fluidité parfaite, sans soucis de briller ni de marquer sa touche. La prise de son est remarquable, le son très onctueux. Offrez-vous le !
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09 avril 2008
Tharaud-mania
Le bel Alexandre donnait hier soir un concert dans l’auditorium de la MC2. Au programme : Chopin. Une première partie de Valses et en seconde les 24 Préludes. Son art de pianiste est si fin, qu’il donne aux plates valses une densité qu’elles non pas (je veux dire, que je ne saisis pas). Les Préludes, ce sont bien d’autres choses sur l’échelle du génie en musique. Ces pièces sont extrêmement fortes, elles ouvrent et livrent à l’auditeur autant d’énigmes que de plaisirs plus immédiats. La foule, immense, à double bosse dans la pyramide des âges (la première vers 20 ans, la seconde vers 60), était conquise dès la première note. Je note que beaucoup des fans sont des femmes. Il faut dire qu’il a belle allure dans sa chemise sombre. Deux bis : le premier la Sicilienne du Concerto italien de Bach et le second La marche des sauvages des Indes Galantes. Le premier, infiniment plus subtile et intense que la plus part des Valses de Chopin, enfonce un peu trop la comparaison pour l’ami de George Sand.
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23 mars 2008
Outre-Rhin
Concert Mahler / Brahms à la MC2 (Sine Bundgaard, soprano ; Florian Boesch, baryton ; Collegium Vocal Gent, Orchestre des Champs-Elysées, direction Philippe Herreweghe).
Le grand auditorium était archicomble jeudi 13 mars pour le concert dirigé par Philippe Herreweghe. Au programme, en premier partie, le Todtenfeier de Mahler (futur premier mouvement de la deuxième symphonie) et le Requiem allemand de Brahms (opus 45). Excellent orchestre, chœurs parfaits dans le Requiem (clarté, précisions et justesse). La direction de Herreweghe, elle aussi, au millimètre. Cette œuvre, ce grand chant funèbre en allemand est magnifique, elle me fait beaucoup penser à certains passages des Passions de Bach. L’orchestre est vaste, très fourni, très « tambours et trompettes ». Avec de telles conditions d’écoute, on capte mieux la différence d’avec le compact-disc. La musique, par sa puissance, ses vibrations et sa pulsation envahit le corps de l’auditeur. J’aime beaucoup le troisième mouvement « Herr, lehre doch mich » entre le baryton et le chœur. La première partie, consacrée à l’œuvre de Mahler est plus contrastée : beaucoup d’idées et d’énergie mais, jamais le chemin tracé ne semble aller jusqu’au bout. On repart constamment d’un cap à l’autre, comme un bateau balloté par la houle qui aurait pris les vagues de travers. Dans le Requiem, on est constamment porté par le souffle (assez épique, très « fin du monde ») que Brahms a su imposer à son chef-d’œuvre.
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12 février 2008
Onze quatuors
Jeudi, vendredi et samedi soirs derniers, le Quatuor Ysaÿe donnait l’intégrale des onze premiers quatuors de Beethoven dans le grand auditorium de la MC2. Expérience véritablement bouleversante. Lors de la première partie du concert de jeudi, j’avais trouvé que le son manquait d’ampleur. Après un changement de place lors de l’entracte, mon sentiment était tout autre (et bien meilleur). Les quatuors étaient mélangés (non donnés par opus), ce qui permettait (à mon avis) de mieux faire passer l’opus 18 (les tous premiers écrits, entre 1798 et 1800) qui doivent encore beaucoup à Haydn et à Mozart et ne me semblent jamais atteindre le style propre au compositeur (enfin, celui que je ressens comme propre) et qui culmine dans le onzième quatuor (op. 95) et surtout dans les trois Razumovsky (op. 59 de 1806) qui, eux, sont de purs chef-d’œuvre comme l’ensemble des derniers quatuors. Plus le concert avançait et plus j’admirais la terrible précision des interprètes, leur grande justesse (analytique, si j’ose dire). Par rapport à mon oreille formatée par l’interprétation des Budapest (dont j’ai déjà dit le plus grand bien ici) enregistrée en 1951-1952, j’étais en terrain connu et très apprécié. Mais seule l’expérience du concert permet à se point de détacher l’apport de chaque instrument et de voir la musique « se faire ». D’où j’étais, je ne pouvais pas suivre avec beaucoup de netteté le regard des musiciens mais il m’a semblé que ceux-ci étaient le nez rivé dans la partition, pas du tout « grand coup d’œil au voisin » avant d’attaquer un mouvement. C’est sans doute la preuve que les membres, lorsqu’ils jouent, ne font plus qu’un. En bis (vendredi et samedi), la célèbre et merveilleuse cavatine (molto expressivo) de l’opus 130.
Les parisiens (les petits veinards) iront écouter l’intégrale des quatuors de Beethoven que les Ysaÿe donneront au musée d’Orsay à partir du 15 mars prochain dans le cadre des week-ends portes ouvertes (concerts gratuits !).
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16 janvier 2008
Schlagt! Schlagt! Trommeln!

Peut-être ai-je enfin trouvé dans ce Trommelschläge (Roulements de tambour), pour chœur mixte et grand orchestre, du compositeur suisse Otmar Schoeck (1886-1957), l’œuvre parfaite. Un extrait ici (fermez les yeux). Je l’ai découverte dans ce magnifique CD de musique pour chœurs et orchestre. Ce morceau a été écrit en une seule journée, le 16 août 1915 : « j’ai laissé éclater toute ma rage contre notre époque » (lettre du compositeur à Hermann Hesse). Tout cela résonne très bien avec l’Action parrallèle qui m’occupe actuellement, notamment pendant la grande séance du chapitre 42 et sqq.
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08 janvier 2008
Un coup d'archet

J’ai oublié de dire que, dans le film de Mouret, Schubert joue un rôle très important, celui d’un cinquième personnage. Actualité oblige, je me suis donc replongé dans le quintet opus 163 interprété par le Quatuor Orpheus et Pieter Wispelwey. La sonorité des instruments est merveilleuse. Beaucoup d’émotions (passion, amertume, désespoir, joie partagée) passent dans ces quatre mouvements.
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